L'IMPRIMEUR. - L'IMPRIMEUR.
Et si vous alliez me faire faire une sottise, une brioche, une boulette?
LE JOURNALISTE.
Allez, la Charte ne le défend à personne.
La Charte, soit; mais que dit M. de P***?
LE JOURNALISTE.
Il use de la liberté que lui laisse la Charte.
COUPS DE LANCETTE.
On avait espéré qu'une pétition, adressée à M. de P... par les ouvriers auxquels il prépare une ruine certaine, produirait quelque impression sur son esprit. Pas du tout, il a soutenu cette épreuve avec caractère, il a montré une grande indifférence; bref, il a fait le petit romain. Cependant, il vient de brocher quelques lignes d'une justification tellement incorrecte, qu'elle le fera caser parmi les non-valeurs.
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La Faculté de médecine a trouvé, dit-on, un nouveau moyen pour guérir le mal du péroné.
Jeudi, 21 janvier 1827.
LES TIMBRÉS,
CHANSON NOUVELLE ENVOYÉE DE CHARENTON.
AIR: Sans timbre.
Je suis timbré! (bis) C'est aujourd'hui le cri de guerre; Chacun tremble à ce mot sacré; Déjà j'entends chaque libraire Dire, en étouffant de colère: Je suis timbré! (bis)
Je suis timbré! (bis) Dit ce poëte avec franchise: Mon Pégase à neuf est ferré; Si je rimais quelque sottise? Veuillez excuser ma bêtise... Je suis timbré! (bis)
Je suis timbré! (bis) Malgré la cabale ennemie, Je vais passer pour un lettré; Bientôt j'entre à l'Académie... Recevez-moi, belle endormie... Je suis timbré! (bis)
Je suis timbré! (bis) Dit ce coquin, que par sentence Un fer brûlant a déchiré... De parvenir j'ai l'assurance, Car, pour plaire à son excellence, Je suis timbré! (bis) Qu'ils soient timbrés! (bis) Ce Voltaire et sa secte impie Par qui nous fûmes dénigrés; Honneur à l'escobarderie! Sous le sceau de la barbarie... Qu'ils soient timbrés! (bis)
Ils sont timbrés! (bis) Bon P***, ceux qu'à table tu traites... Pour complaire à ces désoeuvrés, Désormais les plats et les bêtes Qui servent dans ces jours de fêtes Seront timbrés. (bis)
Soyez timbrés! (bis) Vous tous journaux de la finance, Contre la presse conjurés; Vous aurez plus d'esprit, je pense, Quand les autres, par ordonnance, Seront timbrés. (bis)
COUPS DE LANCETTE.
L'article du Moniteur sur la loi de justice et d'amour rappelle ces vers de M. Victor Hugo:
Que n'ai-je aussi des baisers qui dévorent, Des caresses qui font mourir!
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On disait à M. Pi....
--Cela passera difficilement.
--Je digère tout, répondit-il, en tapant sur son ventre.
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Péroné est un mot grec qui signifie: une agrafe, une chaîne.
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M. Villemain a calculé que, si la loi passait, chacune de ses pensées lui coûterait 2,000 fr. de timbre.
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M. le baron Dud***, voyant un Anglais qui dans un moment de colère frappait un nègre de sa cravache:
--Allons, dit-il, c'est bien, on trouve encore quelques saines doctrines.
Dimanche, 14 janvier 1827.
LA LOI D'AMOUR
AIR: C'est l'amour, l'amour.
C'est l'amour, l'amour, l'amour, Qu'un Tartare Omar nous déclare. Pour nous, le timbre en ce jour, C'est un cachet d'amour.
J'entends mille bouches unies Répéter ce joyeux refrain, La gaîté, la chanson bannies, Rentrent sous un ciel plus serein. Ivresse populaire, Rare et touchant accord! Quel pouvoir tutélaire Cause un si doux transport? C'est l'amour, l'amour, l'amour, etc.
Imprimeurs, commencez vos fêtes, Du repos goûtez les plaisirs, De pavots couronnez vos têtes, Un dieu nous a fait ces loisirs. Un dieu, de nos pensées Eteignant le soleil, Sur vos presses brisées Vous invite au sommeil... C'est l'amour, l'amour, l'amour, etc.
Dormez, innombrables familles; Le sommeil échappe à la faim. Pères, laissez dormir vos filles, Au réveil il faudra du pain! L'Espagne apostolique, A vos frais, mangera La soupe économique. Mais qui vous nourrira?... C'est l'amour, l'amour, l'amour, etc.
Chantez, brocheurs, pressiers, copistes, Femmes qu'on réduit à zéro, Auteurs, libraires, journalistes; Gloire à Thymbræus Apollo! De son pouvoir magique, O triomphe éclatant! Avec nous la Belgique Fait chorus en chantant:
C'est l'amour, l'amour, l'amour, Qu'un Tartare Omar nous déclare. Pour nous, le timbre en ce jour, C'est un cachet d'amour.
Lundi, 15 janvier 1827.
FIGARO.
Proprement vêtu, c'est-à-dire le diamant à la cravate, la répétition-Bréguet pendue en sautoir, descend d'un fort joli cabriolet avec l'air d'un capitaliste; puis, prenant une physionomie de circonstance, il monte sur une estrade et salue le public avec une orgueilleuse civilité.
Messieurs (avec sentiment), Mesdames, il y a un an aujourd'hui que fort de ma conscience, de mon zèle...
BASILE (criant de dessous l'estrade).
De nos talents!
FIGARO (à part et donnant un coup de pied à Basile).
Brutal! je t'apprendrai à me casser l'encensoir sous le nez.
BRIDOISON (se montrant à son tour).
Mon cher, po...int... de fau.... au...sse... mo...o...o...destie; tous nos confrè...res se di...i...sent leurs vé...vé...rités sans scru...pu...u...u...pule.
FIGARO (bas à Bridoison).
Au nom du ciel, seigneur Bridoison, taisez-vous; vous allez me donner un ridicule. N'imitons pas, croyez-moi, ces comiques aristarques qui, s'essoufflant pour enfler avec peine les plus modestes pipeaux, croient bonnement emboucher l'héroïque trompette. Eh! mon Dieu, personne aujourd'hui n'est dupe du plus misérable charlatanisme. Les croque-morts de la littérature ont beau répéter que la suspension de leur feuille est un sacrifice fait à la liberté; que, pour se rendre plus dignes de la faveur toujours croissante du public, elles paraîtront moins souvent et à des prix plus élevés; que, pour contenter les bilieux, les mélancoliques et les sanguins, trois ou quatre têtes se réuniront sous un même bonnet, etc., etc., et autres parades semblables; les moins habiles savent à quoi s'en tenir; les journaux ne sont pas comme les ventrus: ils ne meurent jamais d'excès de santé. (S'adressant au public:) Messieurs, je vous en supplie, ayez la complaisance de faire semblant de n'avoir rien entendu. J'avais donc l'honneur de vous dire, quand Basile m'a interrompu, qu'il y a un an aujourd'hui que j'ai consacré ma plume, ma lancette, un peu d'esprit, suffisamment de malice, assez de gaîté, beaucoup de franchise à vos menus plaisirs. (Basile bâille avec bruit.)
GRIPPE-SOLEIL, ANTONIO, L'ÉVEILLÉ, MARCELINE, SUZANNE.
A bas la cabale!
FIGARO (avec emphase).
Le Nil a vu sur ses rivages, etc., etc.
BRIDOISON.
Vraiment il parle bien.
BASILE (criant).
A bas la cabale!...
FIGARO (continuant).
Messieurs, je ne vous ferai pas de belles promesses; je ne vous dirai point que ma feuille est la seule... que ma feuille manquait dans la littérature... qu'elle est rédigée par des hommes du plus grand mérite, etc. Je vous répéterai ce que j'ai dit; il y a quelques années, à Mgr le comte Almaviva: Mon intérêt vous répond de moi. Pesez tant dans cette balance...
BASILE.
Je n'y tiens plus... Messieurs, ce n'est pas cela... Bone Deus! où en est l'éloquence!... Messieurs, la société, semblable à un serpent monstrueux qui, après avoir sucé le suc vénéneux des plantes de la philosophie, se recourbe en replis sur elle-même, toute prête à s'inoculer la rage des idées libérales.......
(Des sifflets se font entendre.)
Qu'entends-je?
BRIDOISON.
C'est vo...otre serpent qui fai...sait des si...si...iennes.
FIGARO (s'avançant vers le public).
Messieurs, je n'ai jamais été fier ni orgueilleux; aussi ma bonne mère Marceline m'a-t-elle dit souvent: Tu feras ton chemin, mon garçon. Je me suis bien décidé à ne pas la faire mentir, et c'est pour cela, Messieurs, que je viens resserrer les liens qui attachent le journaliste reconnaissant au public généreux et connaisseur. Non-seulement, Messieurs, il sera dorénavant loisible de vous abonner à ma feuille pour une année, pour six mois, pour trois mois, pour un mois même, mais vous pourrez encore le faire (c'est particulièrement à vous que je m'adresse, estimables étrangers, studieux élèves, capricieuses petites-maîtresses, rentiers économes, capitalistes prudents), vous pouvez encore le faire, dis-je, pour une, deux et trois semaines; oui, Messieurs, pour une semaine! et aux conditions qui sont exposées sur la première page de ma feuille.
BASILE.
La belle chute!
COUPS DE LANCETTE.
A l'instar des galériens condamnés à perpétuité, les journalistes seront marqués des lettres T. P: ce qui signifiera timbre perpétuel... ou autre encore.
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Quelqu'un disait hier, en parlant de trois journaux fondus:--Ils forment une épée dont la garde est à Paris, rue de.... et la pointe, nulle part.
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Le Moniteur fait de l'esprit; ô scandale!...
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M. de Jouy arrange Moïse; qui arrangera M. de Jouy?
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On prétend que l'acteur Peronnet, de l'Odéon, vient de présenter une supplique à l'effet d'obtenir un changement de nom.
ÉPITAPHE.
Ci-gît un gros pilote, ignorant nautonier, Qui, portant sur son bord Esculape et sa suite, Sans carte et sans boussole, osa, tout le premier, Du pays de l'Absurde aborder la limite. Chez les ventrus jadis il fut bien accueilli; Sur la mer du Pathos il fit plus d'un voyage; Maintenant, sans argent et léger de bagage, Il vogue incognito sur le fleuve d'Oubli.
COUPS DE LANCETTE.
Panem et circenses. Des truffes et des cordons.
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--Quoi de nouveau, ce matin?
--Rien, qu'un opuscule dédié à huit richards, par M. de T..., ayant pour titre: De l'indifférence en matière de soufflet, avec cette épigraphe:
L'habitude fait tout.
Tous ces messieurs ont souscrit.
ÉPITAPHE. Ci-gît monsieur de Montlosier, Qui mourut comme un écolier, Pour avoir pris de l'eau bénite Sur le doigt d'un jésuite.
FICHES DE CONSOLATION.
N'être condamné qu'à dix ans de galères quand on a tout fait pour la perpétuité.
Perdre l'équilibre dans un escalier fort raide, se résigner à dégringoler six étages sur les reins et s'arrêter à l'entre-sol.
Voir un homme s'élancer sur vous, s'imaginer qu'il a un poignard dans la main, et ne recevoir qu'un soufflet.
Commander son deuil pour un oncle affligé de trois maladies et quatre médecins; total: sept. Apprendre sa résurrection miraculeuse, mais trouver l'emploi du costume, grâce à une apoplexie foudroyante qui vous enlève votre chère moitié.
Pour un gastronome convié à un énorme bifteck, s'apercevoir qu'on a perdu en précautions apéritives le temps que les amphitryons ont employé à jouer des mâchoires; mais arriver juste pour le thé avec lequel on vous sert la tartine de consolation.
Etre destitué deux mois avant les 30 ans de service qui vous donnent droit à la pension, vous croire frustré de toute espérance, et recevoir, un an après de S. Exc., une lettre fort honorable, avec une légère gratification.
Aux Français, s'attendant à voir paraître Monrose dans l'Olive, du Grondeur, apprendre qu'il est indisposé subitement, craindre que Faure le remplace, et voir paraître Armand Dailly.
Tenir d'un rapporteur officieux qu'un homme s'est glissé dans votre maison, trembler pour l'honneur conjugal, et le trouver couché avec votre fille.
D'après les chiffres d'une fausse liste de la loterie, penser qu'on n'avait pas eu un seul numéro sorti sur un terne sec, et trouver qu'il vous est sorti un ambe.
Voir le feu à votre bibliothèque, craindre que tout ne soit consumé, et sauver de l'incendie.... les oeuvres de M. de Bonald.
Etre instruit de la banqueroute de votre agent de change, menacé de ne recevoir que cinq du cent, et en retirer sept et demi.
Acquérir la certitude que ce n'est pas votre meilleur ami qu'on a vu avec votre femme dans une loge grillée.
Napoléon, à Sainte-Hélène, disait en parlant des Bourbons: «Ils devaient, à leur rentrée en France, coucher dans mon lit, sans même en faire changer les draps.» C'eût été de bonne politique, en effet; ni Louis XVIII, ni Charles X ne le comprirent. Tout changer fut, au contraire, leur rêve et leur espoir. Ils croyaient pouvoir ramener la France aux beaux jours de Louis XIV, et la faire d'un seul coup, par un acte de volonté souveraine, rétrograder d'un siècle.
Sous les moindres actes de la Restauration, perce sa haine contre les hommes et les institutions de la Révolution et de l'Empire; aussi, était-ce faire sa cour et prendre le bon moyen pour arriver que d'attaquer le passé. Les petits ambitieux ne s'en firent pas faute et, la passion s'en mêlant, les efforts de la contre-révolution atteignirent les dernières limites de l'odieux et du grotesque.
L'un propose, sérieusement, d'en revenir pour les préfets, les maires, pour tous les fonctionnaires, en un mot, aux appellations en vigueur au temps de Henri IV; l'autre propose, non moins sérieusement, de supprimer la guillotine, instrument révolutionnaire et anarchique, et d'en revenir, pour le dernier supplice, au gibet, infiniment plus monarchique et, à ce titre, cher à tous les hommes religieux et dévoués à la cause royale.
Tout ceci n'est que ridicule; mais comment qualifier les persécutions de tous les jours? A la vérité, le temps des cours prévôtales était passé, on ne versait plus de sang, mais toute une génération était sacrifiée. Aux uns, on enlevait les dignités acquises; aux autres, les moyens d'existence; à tous, on fermait toutes les carrières. Les plus maltraités furent les anciens soldats de Napoléon, sans distinction de grade. On voulait épurer l'armée. Aussi, les officiers en demi-solde, qu'on retrouve mêlés à tous les complots, à toutes les conspirations, ont-ils puissamment contribué à la révolution de 1830.
COUPS DE LANCETTE.
A chaque titre que M. d'Ap... enlève à nos maréchaux, il s'écrie en s'essuyant le front:--Encore une victoire de gagnée!...
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M. d'Appony ne veut plus que l'on dise: Un poulet à la Marengo.
PARODIE
Etre des libertés l'effroi, la tyrannie, Proscrire les talents, étouffer le génie, Suspendre les travaux du libraire incertain Aux sinistres accents de ta voix menaçante, Voir succomber enfin la presse chancelante, Quel rêve!... et quel plus beau destin.
ÉPITAPHE.
Ci-gît un journaliste, écrivain sans talents, Qui ne dut son nom qu'a l'intrigue; Qui, de peur des mouchards, cria selon les temps: Vive le roi! vive la ligue! Comme folliculaire il ne fit rien de bon. Il gagna, pour mentir, un modique salaire; Auteur de mélodrame, il fit très-maigre chère, Et vécut vingt-cinq ans sur un Pied de mouton.
A UN AMI.
Je t'aimais, comme on aime un ami du jeune âge, Je t'estimais..., mais sur l'honneur Je ne puis te voir davantage, Tu reçois le Médiateur.
Lundi, 15 février 1827.
LE QUI
Qui, sur les bords de la Gironde, Où le sort plaça son berceau, De son insipide faconde Ennuya jadis le barreau?
Qui, pour le malheur de la France, Couvert de maintes dignités, Garde, dit-on, son éloquence, Pour endormir les députés?
Qui, dans une autre Alexandrie, Rallumant la torche d'Omar, Voudrait, d'un plus vaste incendie, Charmer les enfants d'Escobar?
Ce n'est pas moi, Ce n'est pas toi, Ce n'est pas vous, Ce n'est pas nous.
Mais si ce n'est ni moi, ni toi, ni vous, ni nous, c'est donc un conte?
MUSÉE GROTESQUE
LIVRET D'EXPLICATION.
Nº 1.--M. P..., toisant d'un air chagrin la bouche de Gargantua.
Nº 787.--Lord Cochrane descendant de sa tortue à un relais, pendant qu'on lui selle une écrevisse.
Nº 375.--Les trois cents Spartiates de la rue de Rivoli défendant l'entrée de la cuisine de Grignon.
Nº 542.--Une caravane, rencontrée par des Arabes dans les déserts du Vaudeville.
Nº 224.--La déclaration d'amour du monstre à la fiancée de Zametti qui cherche à s'échapper en criant au secours.
Nº 545.--Diogène sortant de sa société des Bonnes-Lettres avec sa lanterne allumée, et examinant avec dédain la figure de tous ceux qui se pressent à la porte.
Nº 621.--M. Ancelot démontrant la possibilité du miracle de saint Pierre en marchant sur la Seine, qui se gèle à mesure qu'il avance.
Nº 172.--M. de Cuir-Bouilly se hissant sur la pointe du pied pour atteindre la stature de M. de Nonante-Cinq.
Nº 2.--Cadmus semant les dents des Spartiates modernes et ne recueillant que des mâchoires.
Nº 501.--Madame de G..., accroupie sur les degrés de Saint-Roch, et mangeant des pommes de terre frites sur le coin de son cachemire.
Nº 444.--M. le baron d'Eck... taillant son drapeau pour s'en faire une chemise.
Nº 425.--MM. El... et de T... faisant décider par un arbitre à qui des deux une calotte sied le mieux.
Nº 671.--Trait d'égoïsme. Le Pilote refusant un picotin à un de ses collègues destitué.
Nº 52.--Voltaire attaquant M. de Jouy en contrefaçon devant la police correctionnelle.
Nº 272.--M. d'App... se servant de maréchaux de France en guise de muscades et les escamotant, tandis qu'un paillasse, coiffé à la financière, lui sert de compère en soufflant sur des gobelets.
Nº 5348.--Le beau grenadier traçant des petits amours sur les panneaux de M. Fenaigle, pour suivre un cours de Mnémosine.
Nº 1001.--Le maire de Perpignan faisant exécuter en effigie le carnaval sur la place de l'Hôtel-de-Ville.
COUPS DE LANCETTE.
L'auteur du Pied de mouton, ex-rédacteur du Drapeau blanc, va, dit-on, s'occuper d'un nouvel ouvrage, intitulé: le Pied de nez.
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Thémis a maintenant pour attributs un bâillon et un timbre.
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DÉCOUVERTE. L'imprimerie était une des sept plaies de l'Egypte.
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Bravo: fleur de rhétorique.--Murmure: réfutation.--Clôture: argument sans réplique.
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La liberté est trop lourde, a dit M. de Cur... Il se rappelle peut-être le temps où il traînait le char de la déesse.
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A chaque bêtise qu'il entend dire, M. de Saint-Ch... ôte son chapeau.
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On parle beaucoup du ventre de M. de V..., mais on ne dit rien de ses entrailles.
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M. Dudon, auquel s'adresse l'épigramme qui suit, avait cet avantage d'être une des «bêtes noires» de Figaro. Et véritablement, pour les coups de lancette, jamais homme ne présenta une plus large surface.
M. Dudon était un de ces hommes trop compromis pour pouvoir l'être davantage, comme tous les partis en traînent à la remorque; hommes de tous les dévoûments dangereux et bien payés, compères de tous les tours de passe-passe politiques. Serviteur à tout faire du ministère, on le mettait en avant dans toutes les questions scabreuses. Réussissait-on, tant mieux; échouait-on, on le désavouait.
A la tribune il recevait sans sourciller toutes les bordées d'injures de tous les partis; il eut presque autant à souffrir de l'extrême droite que de l'extrême gauche. Manuel l'appelait «un homme dangereux et compromettant pour son propre parti.» Le général Foy disait, en parlant de M. Dudon: «Il est des hommes dont la position est si malheureuse et si embarrassante, qu'ils ne peuvent monter à la tribune que pour débiter des calomnies.»
Figaro revient à chaque instant sur les malversations dont M. Dudon était accusé, malversations qu'il appelle d'un nom beaucoup plus vif. Le petit journal n'était pas le seul à rappeler les accidents de la vie publique de l'homme-écran du ministre. M. Dupont (de l'Eure) lui criait en pleine chambre: «Liquidez vos comptes et ne calomniez pas d'honnêtes gens;» en pleine chambre encore, on lui jetait au visage cette rude apostrophe: «Je le déclare ici, je défie ouvertement M. Dudon de citer une seule transaction véreuse (et certes, il en connaît beaucoup) à laquelle j'aie pris part. Je ne suis pas de ces hommes justement méprisés qui ont indignement abusé de leurs fonctions pour s'enrichir par des rapines et des liquidations scandaleuses, qui ont forcé les ministres du roi à les chasser de leur administration, et à proclamer leur infamie.»
Pour tout dire, «M. Dudon avait été, sous l'Empire, enfermé à Vincennes pour avoir déserté son poste, abandonné l'armée d'Espagne et répandu la terreur dont il était saisi sur toute la route qu'il avait parcourue.» A la chute de l'Empire, il fut tiré de prison par M. de Talleyrand et chargé d'enlever à Orléans le trésor particulier de l'Empereur. Il réussit; il est vrai que l'histoire a qualifié de vol cette spoliation. Plus tard, il fut destitué par M. de Richelieu de la présidence de la commission de liquidation des créances étrangères.
C'est à ces deux aventures surtout qu'à tout moment il est fait allusion.
ÉPIGRAMME.
Lui, se vendre; et quel prix voulez-vous qu'on l'achète Sans craindre d'avoir fait la plus mauvaise emplette? --Alors, il s'est donné.--Donné pour rien, pardon; Mais qui même à ce prix pourrait vouloir du don?
Mercredi, 21 février 1827.
NOUVEAU DIALOGUE DES MORTS