XXIII
C'est aux clameurs furieuses d'une foule exasperee, que le lendemain, le dimanche, des le matin, Mme Favoral et ses enfants s'eveillerent, apres quelques heures de ce sommeil de plomb qui suit les grandes catastrophes, et qui est le dernier bienfait de la nature violentee.
Chacun d'eux, du fond de sa chambre, comprit que l'appartement venait d'etre envahi.
Aux coups violents frappes a la porte, se melaient des trepignements sourds, des jurons d'hommes et des piailleries de femmes. Et au-dessus de ce tumulte confus et continu, des vociferations se detachaient:
--Je vous dis qu'ils y sont!...
--Canailles! Filous! Voleurs!...
--Nous voulons entrer, nous entrerons!...
--Que la femme vienne alors, on veut la voir, on veut lui parler!...
Par instants, un grand silence se faisait, et on distinguait la voix dolente de la servante, mais presque aussitot les cris et les menaces recommencaient de plus belle.
Pret le premier, Maxence courut au salon, ou ne tarderent pas a le rejoindre sa mere et sa soeur, pales, les traits bouffis par le sommeil et par les larmes.
Mme Favoral tremblait si fort qu'elle ne pouvait venir a bout d'agrafer sa robe.
--Entendez-vous? disait-elle d'une voix etranglee.
Du salon, separe de la salle a manger par une porte a deux battants, ils ne perdaient pas une insulte.
--Eh bien! dit froidement Mlle Gilberte, ne devions-nous pas nous attendre a cette supreme avanie! Si Bertau est venu seul, hier soir, c'est que seul, parmi les gens que depouille notre pere, il etait prevenu. Voici les autres, maintenant!...
Et se retournant vers son frere:
--Il faut les voir, ajouta-t-elle, leur parler.
Mais Maxence ne bougea pas. L'idee d'affronter les injures et les maledictions de ces creanciers furibonds lui soulevait le coeur.
--Aimes-tu mieux leur laisser enfoncer la porte? reprit Mlle Gilberte. Ce ne sera pas long.
Il n'hesita plus. Rassemblant tout son courage, il s'elanca dans la salle a manger...
Le desordre y depassait toutes les bornes. La table avait ete repoussee dans un coin, les chaises etaient renversees. Ils etaient la une trentaine, hommes et femmes, concierges, commercants, petits bourgeois du quartier, la face enflammee, les yeux hors de la tete, qui gesticulaient avec des mouvements de convulsionnaires, menacant le plafond de leurs poings crispes.
--Messieurs... commenca Maxence.
Mais des huees epouvantables couvrirent sa voix. A peine entre, il avait ete entoure et serre de si pres, qu'il lui avait ete impossible de refermer sur lui la porte du salon, et avant de pouvoir se reconnaitre, il s'etait trouve porte et accule dans l'embrasure d'une fenetre.
--Mon pere, messieurs,... reprit-il.
De nouveau, il fut interrompu. Ils etaient devant lui trois ou quatre qui pretendaient avant tout etablir nettement la situation.
Ils parlaient tous a la fois, chacun haussant la voix pour etouffer celle des autres. Et neanmoins, a travers leurs explications confuses on pouvait suivre les agissements du caissier du Credit mutuel.
Ce n'etait que par exception, autrefois, et apres s'etre bien fait prier, qu'il consentait a se charger des fonds qu'on lui proposait. Il n'acceptait que des sommes d'une certaine importance, jamais moins de dix mille francs, et encore avait-il bien soin de dire que, n'etant pas sorcier, il ne repondait de rien, qu'il pouvait se tromper tout comme un autre.
Depuis la Commune, au contraire, avec une duplicite que jamais on n'eut soupconnee de son caractere reveche, il s'etait ingenie a provoquer des depots. Sous le premier pretexte venu, audacieusement, il entrait chez les voisins, chez les fournisseurs, et apres avoir gemi avec eux de la stagnation des affaires, des difficultes chaque jour plus grandes de gagner de l'argent, il finissait toujours par faire miroiter a leurs yeux les eblouissants benefices que donnent certains placements inconnus du public.
Si ses manoeuvres ne l'avaient pas denonce, c'est qu'a chacun il recommandait le secret le plus inviolable, disant qu'a la moindre indiscretion il serait assailli de demandes, et qu'il lui serait impossible de faire pour tous ce qu'il faisait pour un seul.
Il prenait, d'ailleurs, tout ce qu'on lui offrait, meme des sommes insignifiantes, affirmant avec une imperturbable assurance, qu'il saurait les doubler ou les tripler avant peu, sans le moindre risque, et qu'on pouvait dormir sur les deux oreilles.
La debacle venue, les petits creanciers se montraient, comme toujours, les plus irrites et les plus intraitables. Moins on a d'argent, plus on y tient.
Il se trouvait la une marchande de journaux, une vieille femme qui avait confie a M. Favoral tout ce qu'elle possedait au monde, l'epargne de sa vie entiere, cinq cents francs.
Desesperement cramponnee aux vetements de Maxence, elle le conjurait de les lui rendre, protestant que s'il ne les lui rendait pas, c'en etait fait d'elle, et qu'il ne lui resterait plus qu'a s'aller jeter a la Seine.
Ses gemissements et ses cris de detresse exasperaient les autres creanciers.
Que le caissier du Credit mutuel eut detourne des millions, ils le comprenaient, disaient-ils. Mais qu'il eut vole cinq cents francs a cette pauvre vieille, cela depassait tout ce qu'on peut imaginer de bas, de lache, de vil, et la loi n'a pas de chatiments assez forts pour punir un tel crime.
--Rendez-lui ses cinq cents francs! criaient-ils.
Car il n'en etait pas un qui n'eut parie sa tete que M. Favoral avait mis de l'argent de cote, beaucoup d'argent; et quelques-uns meme pretendaient qu'il devait l'avoir cache dans la maison, et que si on le cherchait bien on le trouverait.
Etourdi, ahuri, ne sachant auquel entendre, couvert de huees des qu'il ouvrait la bouche, Maxence perdait la tete, quand, par bonheur, tout a coup, au milieu de cette foule hostile, il apercut le visage ami de M. Chapelain.
Chasse, des l'aube, de son lit, par les amers regrets de la perte enorme qu'il venait de faire, l'ancien avoue etait arrive rue Saint-Gilles, au moment meme ou les creanciers se ruaient dans l'appartement de M. Favoral.
Debout, au dernier rang, il avait tout vu, tout entendu sans souffler mot, et s'il intervenait, c'est qu'il jugeait que les affaires allaient prendre une vilaine tournure.
Il etait bien connu; aussi, des qu'il se montra:
--C'est un ami du brigand, cria-t-on de tous cotes.
Mais il n'etait pas homme a s'effrayer de si peu. Il en avait vu bien d'autres, pendant vingt ans qu'il avait ete avoue et qu'il s'etait trouve mele a toutes les comedies sinistres et a tous les drames bouffons de l'argent.
Il savait comment on parle a des creanciers furieux, comment on les manie, et quelles cordes on peut faire vibrer en eux.
Du ton le plus tranquille:
--Certainement, repondit-il, j'etais l'ami intime de Favoral, et la preuve, c'est qu'il m'a traite plus amicalement que les autres. Je suis pris pour cent soixante mille francs.
Par cette seule declaration, il conquerait les sympathies de l'assemblee. C'etait un confrere en infortune, on le respecta. C'etait, on le savait, un homme d'affaires habile, on se tut pour l'ecouter.
Aussitot, d'un ton bref et tranchant, il demanda a ces envahisseurs ce qu'ils venaient faire et ce qu'ils voulaient. Ignoraient-ils a quoi ils s'exposaient, en violant un domicile? Que fut-il advenu si, au lieu de parlementer bonnement, Maxence eut envoye chercher le commissaire de police?
Etait-ce a Mme Favoral ou a ses enfants, qu'ils avaient confie leurs fonds? Non. Que leur reclamaient-ils, alors? Se trouvait-il donc parmi eux de ces fins matois qui toujours essaient de se faire payer integralement au detriment des autres?
Il suffisait de cette derniere insinuation pour rompre l'accord parfait qui avait existe jusqu'alors entre tous les creanciers. Les defiances s'eveillerent. Des regards soupconneux furent echanges.
Et comme la vieille marchande de journaux, sur laquelle on s'etait tant apitoye l'instant d'avant, continuait a geindre:
--Ah! ca! pourquoi seriez-vous remboursee plutot que nous? lui dirent brutalement deux femmes. Est-ce que nos droits ne valent pas les votres?...
Habile a profiter des dispositions de la foule:
--Et d'ailleurs, poursuivait l'ancien avoue, qui donc en Favoral avait notre confiance? Etait-ce l'homme prive? Oui, mais c'est plus encore le caissier, l'associe du Comptoir de credit mutuel. Donc, ce Comptoir nous doit au moins des explications. Et ce n'est pas tout. Sommes-nous reellement ecorches, pour crier si fort? En somme, que savons-nous? Que Favoral est accuse de detournements, qu'on s'est presente pour l'arreter et qu'il s'est enfui. S'ensuit-il que notre argent soit perdu? J'espere encore que non. En l'etat, que faire? Prendre toutes les mesures conservatoires que suggere la prudence et attendre que la justice fasse son oeuvre...
Mais deja, un a un, les creanciers se retiraient, et bientot la servante encore tout effaree, referma la porte sur le dernier d'entre eux.
Alors Mme Favoral, Mlle Gilberte et Maxence entourerent M. Chapelain, et lui serrant les mains:
--Ah! monsieur, comment vous remercier du service que vous venez de nous rendre?...
Mais l'ancien avoue ne semblait nullement enorgueilli de sa victoire.
--Ne me remerciez pas, disait-il, je n'ai fait que mon devoir, ce que tout honnete homme eut fait a ma place.
Et cependant, sous les apparences d'impassible froideur qu'il devait au long exercice de la plus desillusionnante des professions, on devinait une emotion reelle.
--C'est que je vous plains, ajouta-t-il, et de toute mon ame, vous, madame, vous, ma chere Gilberte, et vous aussi, Maxence. Jamais je n'avais si bien compris a quel point est coupable le chef de famille qui laisse les siens exposes aux suites deplorables de ses fautes.
Il s'arreta. La servante, tant bien que mal, reparait le desordre de la salle a manger, roulant la table au milieu de la piece, et relevant les chaises renversees.
--Quel pillage, grommelait-elle. Des voisins! des gens chez qui nous nous fournissons! Mais ils etaient pires que des sauvages, impossible de les arreter!...
--Soyez tranquille, ma fille, dit M. Chapelain, ils ne reviendront plus.
A l'attitude de Mme Favoral, on eut dit qu'elle allait tomber aux genoux de l'ancien avoue.
--Ah! vous etes bon, vous! murmura-t-elle.
--Il ne faudrait pas s'y fier, repondit-il.
--Vous n'en voulez pas trop a mon pauvre Vincent?
De l'air d'un homme qui a pris son parti d'un desastre contre lequel il ne peut rien, M. Chapelain haussait les epaules.
--C'est a moi surtout que j'en veux, prononca-t-il d'un ton bourru. Moi, un vieux vautour, m'etre laisse prendre a un piege a pigeons! Je suis inexcusable. Mais on veut s'enrichir. L'argent du travail est lent a amasser, et on a sitot fait de le prendre tout gagne dans la poche du voisin. Je n'ai pas su resister a la tentation. C'est bien fait! Et je dirais que c'est une bonne lecon, si elle ne me coutait pas si cher!...
Jamais, de sa part, on ne se fut attendu a tant de philosophie.
--Tous les amis de mon pere n'ont pas votre indulgence, monsieur, dit Maxence. M. Desclavettes, par exemple...
--Vous l'avez revu?
--Hier soir, vers minuit. Il venait nous demander d'obtenir de mon pere, si nous le revoyons jamais, de le rembourser...
--C'est peut-etre une idee!
Mlle Gilberte bondit.
--Quoi! s'ecria-t-elle, vous aussi, monsieur, vous pouvez croire que mon pere s'est enfui avec des millions!...
L'ancien avoue secouait la tete:
--Je ne crois rien, repondit-il. Favoral m'a si etrangement abuse, moi qui avais la pretention de connaitre les hommes, que rien de lui, desormais, soit en bien, soit en mal, ne saurait me surprendre...
Mme Favoral voulait lui presenter une objection, il l'arreta d'un geste.
--Et cependant, poursuivit-il, je parierais qu'il s'est enfui les poches vides. Ses manoeuvres, en ces derniers temps, ne revelent-elles pas une effroyable detresse! S'il eut eu mille ecus seulement a sa disposition, serait-il alle extorquer cinq cents francs a une pauvre vieille femme, a une malheureuse marchande de journaux? Qu'en voulait-il faire? Tenter la chance encore une fois. A ce trait, se reconnait le joueur incorrigible qui, toujours et quand meme, attend une martingale triomphante, le joueur qui, apres avoir perdu des sommes immenses, depouille, ruine, decave, rode autour des tables de jeu mendiant une derniere mise.
Il s'etait assis, et le coude sur le bras du fauteuil, le front dans la main, il reflechissait, et la contraction de ses traits disait la tension extraordinaire de son esprit.
Tout a coup il se dressa:
--Mais a quoi bon, s'ecria-t-il, s'egarer en conjectures chimeriques! Que savons-nous de Favoral? Rien. Tout un cote de son existence nous echappe, ce cote fantastique dont les prodigalites insensees et les inconcevables desordres nous ont ete reveles par les factures trouvees dans son bureau. Assurement, il est coupable, mais l'est-il autant que nous le pensons, comme nous le pensons, et surtout l'est-il seul? Est-ce uniquement pour lui que, pris de vertige, il puisait dans sa caisse a pleines mains? Les millions detournes sont-ils veritablement perdus, et serait-il impossible d'en retrouver la plus grosse part dans la poche de quelque complice?
Les hommes habiles ne s'exposent pas. Ils ont a eux des malheureux sacrifies a l'avance, et qui, en echange de quelques bribes qu'on leur abandonne, risquent la Cour d'assises, sont condamnes et vont en prison...
--Voila ce que je disais a ma mere et a ma soeur, monsieur, interrompit Maxence.
--Et voila ce que je me dis, continua l'ancien avoue. A force de tourner et de retourner dans mon esprit la scene d'hier soir, il m'est venu des doutes etranges. Pour un homme a qui on a vole une douzaine de millions, le baron de Thaller etait bien tranquille et bien maitre de soi. Favoral m'a paru bien calme, pour un caissier convaincu de detournements et de faux. Leur discussion, dans le salon, cette altercation dont il ne nous arrivait que des lambeaux a travers la porte, etait-elle aussi violente, aussi serieuse surtout, qu'elle nous a paru l'etre? En matiere de fraude financiere, tout est possible, surtout ce qui semble impossible. Responsable de l'argent vole, puisqu'il est le directeur du Credit mutuel, M. de Thaller n'eut-il pas du tenir a garder le coupable, pour le montrer, pour le produire? Eh bien! pas du tout. Il voulait que Favoral prit la fuite, il lui apportait de l'argent pour fuir. Esperait-il etouffer l'affaire? Evidemment non, puisque la justice etait prevenue. Favoral, d'un autre cote, paraissait beaucoup plus irrite que surpris de l'evenement. Sa stupeur n'a ete manifeste qu'au moment ou le commissaire de police s'est presente. Alors, oui, il a perdu la tete, il ne s'attendait pas a ce coup. Aussi, lui est-il echappe des propos etranges avec des reticences que je ne m'explique pas...
Il marchait comme au hasard dans le salon, et il semblait bien plus, vers la fin, repondre aux objections de son esprit que s'adresser a Mme Favoral, a Mlle Gilberte et a Maxence, qui l'ecoutaient avec toute l'attention dont ils etaient capables.
--C'est a s'y perdre! poursuivait-il. Un vieux routier comme moi, etre joue ainsi! Evidemment, il y a la-dessous quelqu'une de ces combinaisons diaboliques que le temps meme ne debrouille pas. Il faudrait voir, s'informer...
Brusquement il s'arreta devant Maxence.
--Combien M. de Thaller apportait-il a votre pere, hier soir? demanda-t-il.
--Quinze mille francs.
--Ou sont-ils?
--Serres dans la chambre de ma mere.
--Quand comptez-vous les reporter a M. de Thaller?
--Demain.
--Pourquoi pas aujourd'hui?
--C'est aujourd'hui dimanche, les bureaux du Credit mutuel sont fermes...
--Apres ce qui s'est passe, M. de Thaller doit etre a son bureau. Ne savez-vous pas, d'ailleurs, son adresse particuliere?
--Pardonnez-moi.
Les petits yeux de l'ancien avoue brillaient d'un eclat extraordinaire. Certes, il etait bien sensible a la perte de son argent, mais l'idee qu'il avait ete joue et que ses cent soixante mille francs profitaient a quelque habile gredin lui etait absolument insupportable.
--Si nous etions sages, reprit-il, voici ce que nous ferions. Mme Favoral prendrait ces quinze mille francs, je lui offrirais mon bras, et nous irions ensemble trouver M. de Thaller...
C'etait pour Mme Favoral un bonheur inespere, que M. Chapelain consentit a la servir. Aussi, sans hesiter:
--Le temps de m'habiller, monsieur, repondit-elle, et je suis a vous.
Elle se hata de quitter le salon, mais, au moment ou elle arrivait a sa chambre, son fils l'y rejoignit.
--Je suis oblige de sortir, chere mere, lui dit-il, et je ne serai probablement pas rentre pour dejeuner.
Elle le regardait d'un air de surprise douloureuse.
--Quoi! fit-elle, en un pareil moment?...
--On m'attend chez moi.
--Qui?
Il ne repondit pas, et alors, tous les reproches adresses jadis a Maxence par son pere, se representerent a l'esprit de Mme Favoral.
--Une femme!... murmura-t-elle.
--Eh bien! oui.
--Et c'est pour cette femme que tu veux laisser ta soeur seule a la maison?...
--Il le faut, ma mere, je te le promets, et si tu savais...
--Je ne veux rien savoir...
Mais sa resolution etait prise, il s'eloigna. Et quelques instants plus tard, Mme Favoral et M. Chapelain prenaient place dans un fiacre qu'ils avaient envoye chercher, et se faisaient conduire chez M. de Thaller.
Restee seule, Mlle Gilberte n'avait plus qu'une preoccupation. Prevenir M. de Tregars, obtenir un mot de lui. Tout lui paraissait preferable a l'horrible anxiete ou elle se debattait.
Elle venait de commencer une lettre qu'elle comptait faire porter chez le comte de Villegre, lorsqu'elle tressaillit a un brusque coup de sonnette, et presque aussitot la servante entra, lui disant:
--C'est un monsieur, mademoiselle, qui demande a vous parler, un ami de monsieur, vous savez, monsieur Costeclar...