L’INNOCENT.
Oui... oui... Balthazar.
ROSE.
Il t’aime plus que nous, cet enfant.
BALTHAZAR.
A qui la faute, maîtresse? Pour Innocent qu’il soit, il comprend bien que vous l’avez tous un peu abandonné...
ROSE.
Abandonné! Que veux-tu dire? Est-ce qu’il lui manque quelque chose? Est-ce qu’on n’a pas soin de lui?
BALTHAZAR.
C’est de la tendresse qu’il lui faudrait. Il y a droit au moins autant que l’autre. Je vous l’ai dit souvent, Rose Mamaï...
ROSE.
Trop souvent même, berger...
BALTHAZAR.
Cet enfant est le porte-bonheur de votre maison. Vous devez le chérir doublement, d’abord pour lui, et puis pour tous ceux d’ici qu’il protège.
ROSE.
C’est dommage que tu ne portes pas tonsure, tu prêcherais bien... Adieu; je rentre. (Elle fait quelques pas pour sortir, puis revient vers l’enfant, l’embrasse avec frénésie et s’en va.)