L’INNOCENT.
Je sais que mon frère a un grand chagrin, et que vous me faites coucher dans sa chambre de peur qu’il ne retourne son chagrin contre lui-même... Aussi voilà plusieurs nuits que je ne dors que d’un œil... Depuis quelque temps il allait mieux, mais cette fois la nuit a été bien mauvaise... Il a recommencé à pleurer, à parler tout seul. Il disait : « Je ne peux pas... je ne peux pas!... il faut que je m’en aille!... » Puis à la fin, il s’est couché. Maintenant, il dort, et je me suis levé doucement, doucement, pour venir vous le dire... Pourquoi me regardez-vous comme cela, ma mère?... Ça vous étonne que j’y voie si fin et que j’aie tant de raisonnement... Mais vous savez bien ce que Balthazar disait : « Il s’éveille, cet enfant, il s’éveille! »
ROSE.
Est-ce possible?... Oh!... O mon Innocent!