‹ L'eau profonde; Les pas dans les pasChapitre 31 sur 31 · IV

IV

... Quelques heures après cette scène, deux personnes étaient assises, au coin du feu, dans le petit salon bleu de l'hôtel Le Hélin. Elles regardaient la flamme mourir sur la braise des bûches écroulées, et elles ne se parlaient pas. C'était Albertine et son ami,--non plus l'Albertine du commencement de l'après-midi, ranimée, rajeunie par la joie de donner une profonde joie à son fidèle de tant d'années,--non plus ce fidèle, rajeuni lui-même par l'espérance d'achever sa vie sur le rêve de ses trente ans, enfin réalisé, mais une vieille femme et un vieil homme qui venaient d'un commun accord de renoncer à ce beau rêve. Les deux anciens amants sentaient, avec une égale mélancolie, peser sur eux la rançon de leur longue vie: ils avaient perdu le droit à la vérité, et l'amertume de devoir continuer à mentir toujours, toujours, se mélangeait en eux à la crainte, presque à la terreur de ne pas mentir assez bien jusqu'au bout.

Décembre 1902.

TABLE DES MATIÈRES

L'EAU PROFONDE 1

I.--Sur une piste 7

II.--Histoire abrégée d'une longue haine 18

III.--Premières sapes 36

IV.--Certitudes 57

V.--La lettre anonyme 76

VI.--Un orgueil d'homme 98

VII.--Le portrait 121

VIII.--L'énigme 138

IX.--La morte 159

X.--Épilogue 183

LES PAS DANS LES PAS 201

I.--LE COB ROUAN 205

II.--LE PORTRAIT DU DOGE 249

III.--DERNIÈRE POÉSIE 281

IV.--L'AVEU 310

V.--FAUSSE MANOEUVRE 331

VI.--LA RANÇON 358

PARIS. TYP. PLON-NOURRIT ET Cie, 8, RUE GARANCIÈRE.--4732.

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