‹ L'Epouse du soleilChapitre 52 sur 52 · EPILOGUE

EPILOGUE

Il faut à cette histoire un épilogue, à cause que nous n’avons pas eu l’occasion de reparler, dans le dernier chapitre, d’Oviedo Huaynac Runtu, ex-commis à la banque franco-belge de Lima, dernier roi des Incas.

Après mille aventures mystérieuses dans les Andes, que nous raconterons peut-être un jour et où la police du bon Natividad le traqua, lui et tous les Indiens qui avaient soutenu la révolte de Garcia, Oviedo Runtu demanda à traiter.

Il eut la vie sauve, à condition qu’il incitât les derniers rebelles à faire leur soumission. Condamné par un tribunal militaire à l’exil perpétuel, l’astuce de Natividad lui valut la grâce et ce fut encore l’ancien commissaire de Callao qui lui procura une place à Punho, dans une succursale de la banque franco-belge.

Là, Natividad put surveiller tous ses gestes à loisir et constater qu’il ne faisait plus rien pour ressusciter le merveilleux Raymi. Oviedo Runtu mourut fort bourgeoisement après avoir épousé une dame de Lima qui avait fait le voyage du lac Titicaca pour voir le dernier roi des Incas. Ils se marièrent et les voyageurs qui passaient par Punho et auxquels on montrait le couple royal souriaient quand on leur disait que le roi gagnait, derrière le grillage de son administration, cent cinquante soles par mois.

Un jour que l’on s’amusait du petit train de maison de la veuve du roi, que l’on nommait par dérision la Coya, celle-ci raconta que, s’ils avaient voulu, ils auraient été les époux les plus riches de la terre, mais les trésors des Incas, disait-elle, appartiennent aux morts et aux dieux et il est défendu d’y toucher. Alors on lui demanda si elle les avait vus, ces trésors.

Elle répondit que son mari les lui avait montrés et elle raconta des histoires fabuleuses sur les richesses du Temple de la Mort que personne, naturellement, ne crut[57].

Ainsi personne ne croyait les soldats de Pizarre quand ils racontaient qu’au Pérou ils ferraient leur cavalerie avec des fers d’argent !

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[1] Lire le Pérou Economique de M. Paul Walle.

[2] Ondegardo. Rel. Prim.
Le mot Mamacona signifiait « matrone », « mama », la première moitié de ce mot composé signifiant « mère ». Voir aussi Garcilasso.

[3] Pedro Pizarro, Descub. y Conq.

[4] A ce sujet voici ce que dit Paul Walle dans son Pérou :
« C’étaient des gens pratiques que les Incas et qui, même pendant leurs jeux ou leurs assemblées, n’aimaient pas à être surpris par l’ennemi. Et de cette place même du Rodadero partait un souterrain qui avait plusieurs issues : l’une aboutissait à la colline fortifiée ; l’autre allait jusqu’à l’entrée même de Cuzco ; une autre, plus longue, débouchait à l’endroit où est actuellement l’église Santo-Domingo, édifiée sur le temple du Soleil, situé à l’autre bout de la ville. Mais ces souterrains si intéressants, qui pourraient être un si beau sujet d’études pour l’amateur, ont été obstrués, claustrés par ordre du gouvernement, sous prétexte que plusieurs personnes s’y étaient perdues ! »

[5] Cette Société a été chargée également de continuer l’œuvre de Raimondi : El Perus. Travail immense, dont tous ceux qui parlent du Pérou sont tributaires.

[6] Voyage de L. et J. Verbrugghe au Pérou.

[7] M. Paul Walle, qui a visité le Pérou, dit dans son livre :
« Les voyageurs se rendent à Ancon pour y voir les cimetières souterrains de période incaïque ensevelis sous les dunes de sable. Le spectacle, s’il est instructif, n’est guère attrayant, et il faut avoir les nerfs peu sensibles pour considérer sans horreur ni dégoût le spectacle qu’offre l’espace immense où les Incas avaient établi leur nécropole.
«De tous côtés, au bord des dunes, à côté des huacas, éventrées et béantes, on aperçoit des tronçons de momies, des crânes encore pourvus de leur chevelure, des bras, des jambes recouverts de lambeaux de peau jaunie et racornie, le tout mêlé à une multitude de débris de poterie et à des linges en guenilles. »

[8] Le docteur Morton signale la présence en Amérique de quatre déformations artificielles :
La tête cunéiforme (déformation occipito-frontale).
La tête symétrique allongée (déformation fronto-sincipito-pariétale).
La tête irrégulièrement comprimée et dilatée.
La tête quadrangulaire.
Le docteur Gorsse, lui, en ajoute douze autres.

[9] Le Pérou, par Paul Walle.

[10] Xerez. Conq. del Peru, tom. III, p. 195.

[11] Prescott, traduit par Poret : Histoire de la conquête du Pérou.

[12] Xeres. Conq. del Peru. (Ce Xeres était secrétaire de l’expédition de Pizarre.)

[13] Prescott, Pedro Pizarro, Xeres. Les Indiens venus avec Atahualpa étalent-ils armés ? L’auteur de la Relacion del primer descubrimiento dit que quelques-uns de ceux qui entouraient l’Inca avaient des arcs et des flèches et que d’autres étaient armés de maillets, ou massues d’argent et de cuivre, qui toutefois étaient plutôt des ornements que des armes. – Pedro Pizarro et quelques auteurs plus modernes disent que les Indiens apportaient des courroies pour lier les hommes blancs captifs, tellement ils étaient sûrs que leur petit nombre ne pouvait leur permettre la résistance. Fernand Pizarro et le secrétaire Xeres s’accordent à dire que leurs armes étaient cachées sous leurs vêtements, mais, comme ils ne prétendent pas qu’elles aient été employées et que l’Inca avait annoncé qu’il venait sans armes, l’assertion peut bien être mise en doute ou même rejetée. Tous les auteurs sans exception s’accordent à dire qu’on n’essaya pas de résister.

[14] Voir Prescott qui a adopté les dimensions données par le secrétaire Xeres (Conq. del Peru, ap. Barcia, t. III, p. 202). Suivant Fernand Pizarre, la chambre avait neuf pieds de haut, mais trente-cinq de long sur dix-sept ou dix-huit de large (Carta MS). Le chiffre le plus modéré est suffisamment élevé.

[15] Stevenson dit qu’on montre encore « une grande chambre faisant partie de l’ancien palais, qui, lorsqu’il y passa, était la résidence du Cacique Astopilca, où l’infortuné Inca avait été retenu prisonnier » ; et il ajoute que la ligne tracée sur le mur est encore visible (Résidence in South America, vol. II, p. 163). Le Pérou abonde en ruines aussi anciennes que la conquête, et il n’est pas étonnant que la mémoire d’un événement aussi étonnant se soit conservée.

[16] Xeres, Acta de Reparticion del Rescate de Atahualpa. Herrera, Histoire générale. Prescott, Histoire de la conquête du Pérou.

[17] Il est sans exemple qu’un pareil butin, et sous la forme la plus réalisable, en argent comptant pour ainsi dire, soit tombé en partage à une petite bande d’aventuriers, tels que les conquérants du Pérou, et l’histoire en est si incroyable que l’auteur de l’Epouse du Soleil n’a pas hésité à en rapporter les détails très peu connus, jamais vulgarisés et dormant sous la poussière des bibliothèques.

[18] Pues si yo no lo quino, ni las avei lolarasens, mi tierra. Zarate, Conq. del Peru. liv. II, chap. VII.

[19] Historique.

[20] Quatre mille victimes, selon Sarmiento, honorèrent les funérailles de Huayna Capac, dernier Inca mort avant l’arrivée des Espagnols. Relacion. M. S. cap. LXV.

[21] Voyage au Pérou. Charles d’Ursel, secrétaire de légation, page 279.

[22] Voir le comte d’Ursel.

[23] Le général Dara, à la Paz, agissait ainsi en dictateur vis-à-vis des éléments.

[24] Le président usurpateur Melgagero faisait ainsi sauter ses soldats par la fenêtre à la Paz, devant les étrangers stupéfaits, puis il ordonnait à son aide de camp de faire, au commandement, le « beau » ou le « mort » tout comme un caniche.

[25] C’est dans ce pays même qu’à été découvert le secret de l’écorce du quinquina.

[26] La robe en « peau de chauve-souris » était vêtement royal.
Voyez Prescott, d’après Pedro Pizarro, Tome II, page 96 : « Il (l’Inca) était entouré de ses femmes et des jeunes filles de son harem, qui, comme à l’ordinaire, le servaient à table, et remplissaient les autres charges domestiques autour de sa personne. Un corps de seigneurs indiens se tenaient dans l’antichambre ; mais ils ne se présentaient jamais devant lui sans être appelés, et lorsqu’ils entraient ils se soumettaient au cérémonial humiliant, imposé aux plus puissants de ses sujets. Sa table était servie en vaisselle d’or et d’argent. Son costume qu’il changeait souvent se composait de manteaux de laine de vigogne, si fine qu’elle avait l’apparence de la soie. Il le remplaçait dans les grandes circonstances par une robe en peau de chauve-souris aussi douce et aussi lisse que du velours. »

[27] Les Incas avaient toujours pour première femme légitime leur sœur aînée.

[28] L’étoile du Berger, Vénus.

[29] La quenia, dit le comte Charles d’Ursel, est une espèce de flûte taillée dans un tibia humain d’où sortent des notes étranges qui semblent exhaler plutôt une plainte qu’une mélodie ; les descendants des Incas aiment à chanter ainsi, au milieu de la nuit, leur grandeur d’autrefois et leur asservissement actuel.

[30] Historique.

[31] Cieza de Léon et Garcillasso.

[32] Ce que l’on peut voir des constructions incaïques au Pérou et particulièrement au Cuzco, étonne et stupéfie le voyageur, arrivât-il d’Egypte, des plaines de Thèbes aux cent portes ou des rives de Philæ. La masse des monuments tient du prodige si l’on songe aux infimes moyens mécaniques dont les Incas disposaient pour le transport de ces pierres dont ils bâtissaient leurs temples. Ceux-ci étaient ordinairement de porphyre ou de granit, en blocs colossaux, aux curieuses figures géométriques s’encastrant les unes dans les autres, ce qui leur donnait une solidité d’ensemble que les tremblements de terre les plus violents n’ont pas même, depuis tant de siècles, ébranlée. Si la conquête n’avait pas passé sur ces édifices avec sa torche enflammée et sa puissance de destruction, ils seraient encore tous debout, tels qu’au premier jour. Les différents blocs étaient ajustés avec tant d’exactitude et si étroitement unis, qu’il était impossible d’introduire entre eux la lame même d’un couteau. Plusieurs de ces pierres, nous dit Acosta qui les a mesurées lui-même, avaient trente-huit pieds pleins de long sur dix-huit de large et six d’épaisseur. Il est certain que les Incas avaient leur secret, comme les Egyptiens ont eu le leur, pour le remuement et le transport de ces poids formidables et il semble bien que ce secret, pour les uns comme pour les autres, a du être hydraulique. Dès lors il ne faut plus s’étonner si l’on voit un pan de muraille cyclopéenne obéir à la poussée du doigt ou tourner sur lui-même. Ainsi peut-on s’expliquer les quelques miracles – toujours les mêmes – qui s’accomplissaient dans les temples, dont parlent les auteurs, et qui étaient destinés à frapper l’esprit des foules. Les Incas n’ont rien ignoré, en effet, du travail des eaux et de la force que l’on peut demander à une goutte d’eau.

[33] Ondegardo, Rel. Prim. Ms ; Garcilasso, Com. Real, parte I, lib. V, cap. XXIX. Les Péruviens cachèrent les momies de leurs souverains après la conquête, afin qu’elles ne fussent pas profanées par les insultes des Espagnols. Ondegardo, étant corrégidor de Cuzco, en découvrit cinq, trois d’hommes et deux de femmes. Les premières étaient les corps de Viracocha, du grand Tapac Inca Yupanqui et de son fils Huayna Capac. Garcilasso les vit en 1560. Ils étaient revêtus de leurs robes royales, sans autres insignes que le llantu sur leurs têtes. Ils avaient l’attitude de personnes assises, et, pour employer son expression, ils offraient la perfection de la vie réelle, sans qu’il manquât un poil de leurs sourcils. Quand on les transporta par les rues, décemment enveloppés d’un manteau, les Indiens se jetèrent à genoux, en signe de respect, avec des pleurs et des gémissements et furent encore plus touchés quand ils virent quelques Espagnols se découvrir pour rendre hommage à cette royauté évanouie. Les corps furent ensuite portés à Lima d’où ils disparurent plus tard, mystérieusement. Le P. Acosta, qui a pu les voir, atteste leur parfait état de conservation. « On eût dit une assemblée religieuse solennellement recueillie dans sa dévotion, tant les formes et les traits conservaient fidèlement l’expression de la vie. » Les Incas ne réussissaient pas moins bien que les Egyptiens dans l’effort orgueilleux de perpétuer l’existence du corps au-delà des limites que leur assigne la nature. Ils étaient aidés, du reste, par un sel qui, encore maintenant, produit de funèbres merveilles. Riche en salpêtre, le sable de la Costa a la propriété de conserver les corps comme s’ils avaient été précieusement embaumés.

[34] Les prêtres incas, comme les prêtres égyptiens, avaient créé au fond de leurs sanctuaires, pour frapper l’imagination des foules, de curieux mécanismes dont le ressort devait rester secret, sous peine de mort. Voir à ce sujet Pedro Pizaro et Garcilasso. La légende qui s’attache à la Maison du Serpent, lequel ne laissait jamais échapper sa proie, est due certainement à quelque mécanisme de ce genre.

[35] Les Incas ne connaissaient point le fer.

[36] Ces souterrains, ces couloirs de la nuit, existent en réalité et forment un véritable labyrinthe, non seulement sous la ville, mais sous toute la province. Voir tous les auteurs anciens et modernes qui ont parlé du Pérou.

[37] L’époque des équinoxes était célébrée par des réjouissances publiques. Le gnomon était surmonté par le trône doré du Soleil ; dans ce temps, ainsi qu’aux solstices, les colonnes étaient ornées de guirlandes et l’on faisait des offrandes de fleurs et de fruits pendant que, dans tout l’empire, on célébrait une grande fête. C’était au moyen de ces périodes que les Péruviens réglaient leurs rites et leurs cérémonies religieuses et prescrivaient la nature des travaux de l’agriculture. L’année même commençait à la date du solstice d’hiver. Les conquérants espagnols abattirent la plupart de ces colonnes comme sentant l’idolâtrie. (Garcilasso, Retangos, Acosta.)

[38] Cette entrée de Pizarre a Cuzco avait lieu le 15 novembre 1533. Il ne peut y avoir de meilleure relation à ce sujet que le récit de Pedro Sancho et la lettre des magistrats de Xauxa que Prescott a suivi dans le texte. Les Espagnols étaient tout au plus cinq cents contre tout ce peuple.

[39] Le Cuzco veut dire en quichua l’Ombilic.

[40] Des historiens prétendent que cette chaîne d’or était si grande qu’elle pouvait faire le tour des murailles du Cuzco.

[41] Voir comte d’Ursel à son retour de Bolivie.

[42] Les acclamations étaient si grandes, dit Sarmiento, qu’elles faisaient quelquefois tomber les oiseaux du haut des airs.

[43] L’architecture des Incas ne connaissait pas la voûte, c’est-à-dire l’arc de pierres suspendues. Dans le Temple de la Mort de l’île Titicaca, la voûte était creusée à même le roc.

[44] Cieza de Léon, dans sa chronique, chapitre XCIV, parle d’un ciment composé en partie avec de l’or liquide, qu’on avait employé dans la décoration intérieure des temples et dans les édifices royaux de Tambo. Cette richesse inouïe de la construction inca explique aujourd’hui bien des ruines et la rage destructive des premiers conquistadors, avides de butin.

[45] Cieza de Léon, Sarmiento, Prescott.

[46] Prescott. Si le lecteur ne voit dans ce tableau que les couleurs romanesques de quelque El Dorado fabuleux, il doit se rappeler ce qui a été dit des palais des Incas et considérer que ces maisons du Soleil comme on les nommait, étaient le réservoir commun où se réunissaient tous les ruisseaux de la bienfaisance publique et privée dans toute l’étendue de l’empire. Certaines assertions peuvent avoir été fort exagérées par la crédulité, et d’autres par le désir d’exciter l’admiration. Ce qu’il y a de certain c’est que la peinture brillante que j’ai reproduite est garantie par ceux qui virent ces édifices au moment de la conquête et dans toute leur magnificence. A l’arrivée des étrangers, beaucoup d’objets précieux furent enterrés par les indigènes ou jetés dans les eaux des rivières et des lacs ; et le lac Titicaca doit garder aujourd’hui encore dans son lit profond de fabuleuses richesses.

[47] Lorsque la science moderne étonnée de l’immobilité de l’Inca, c’est-à-dire de la perpétuité de ses mœurs, de ses croyances et de son souvenir, se demande à quel phénomène est dû un pareil miracle et qui peut, ainsi, chez eux, entretenir de cette façon le feu sacré, elle est obligée d’envisager l’hypothèse de cérémonies mystérieuses qui continuent à être célébrées loin de tout élément européen dans quelque coin perdu des Andes.

[48] Voir Garcilasso : Cérémonial du huiracu.

[49] Garcilasso.

[50] Garcilasso, Sarmiento. Suivant Fernandez, les candidats portaient des chemises blanches avec une espèce de croix brodée sur le devant. Montesinos dit, à propos des pendants d’oreilles : « Les novices s’approchaient et quand ils s’étaient agenouillés devant l’Inca, celui-ci leur perçait les oreilles avec un énorme poinçon d’or, susceptible de faire un trou permettant d’y suspendre les pendants particuliers à l’ordre des Incas, ce qui fit donner aux Indiens le surnom de Orejones, de Oreja (oreille). L’ornement, qui avait la forme d’une roue, était passé dans le cartilage et avait le diamètre d’une orange : « Plus le trou est grand, dit un des anciens conquérants, plus il convient à un gentilhomme ! » Pedro Pizarro.

[51] Ce qui rappelle les cérémonies où l’on chaussait les éperons aux chevaliers chrétiens. Voir Prescott.

[52] La cérémonie du ceinturon répondait à la prise de la Toja virilis, chez les Romains, et signifiait que le néophyte avait acquis l’âge d’homme.

[53] Prescott. A la fête de Raymi, on allumait les bûchers au moyen d’un miroir concave de métal poli, qui, concentrant en un foyer les rayons de soleil sur un monceau de coton sec, l’enflammait promptement. C’était l’expédient usité en pareille circonstance chez les anciens Romains, du moins sous le règne du pieux Numa.

[54] Pour ces atroces sacrifices, voir tous les auteurs qui se sont occupés de l’ancien Pérou.

[55] « Simplicité, symétrie et solidité, voilà les trois caractères par lesquels se distinguent avantageusement tous les édifices péruviens. » Humboldt. Vues des Cordillères, p. 115. Les pierres étaient taillées avec une grande régularité et ajustées avec une si exacte précision que, sans les cannelures, il serait impossible d’indiquer les joints. Les arêtes sont si finement travaillées et ajustées entre elles qu’il est impossible d’y glisser la lame d’un contenu. (Prescott.)

[56] Eau de quinquina.

[57] L’auteur anonyme des Antiy y monumentos del Peru, M. S., nous dit textuellement :
« C’est une assertion très avérée et généralement admise qu’il existe une salle secrète dans la forteresse de Cuzco où se trouve caché un immense trésor, composé des statues en or de tous les Incas. Une dame qui a visité cette salle, Dona Maria de Esquivel, femme du dernier Inca, vit encore, et je l’ai entendue raconter comment elle y fut conduite.
« Don Carlos, mari de cette dame, ne vivait pas convenablement à son rang. Dona Maria lui faisait quelquefois des reproches, déclarant qu’elle avait été trompée en épousant un pauvre Indien sous le titre pompeux de seigneur ou d’Inca. Elle le disait si souvent que Don Carlos s’écria une nuit : « Madame, voulez-vous savoir si je suis riche ou pauvre ? Vous verrez qu’aucun seigneur et aucun roi du monde ne possède un plus grand trésor que moi. » Lui couvrant alors les yeux d’un mouchoir, il la fit tourner deux ou trois fois, et, la prenant par la main, il la conduisit à une petite distance avant de retirer le bandeau.
« En ouvrant les yeux, quelle fut sa surprise ! Elle avait fait à peu près deux cents pas, et descendu un étage assez court et elle se trouvait dans une grande salle quadrangulaire où elle vit, rangées sur des bancs autour du mur, les statues des Incas, chacune de la taille d’un enfant de douze ans, toutes en or massif !
« Elle vit aussi beaucoup de vases d’or et d’argent. En effet, dit-elle, c’était un des plus magnifiques trésors du monde entier ! »

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œuvre du domaine public

Source :

B.N.F. - Wikisource

Ont contribué à cette édition :

Gabriel Cabos

Fontes :
David Rakowski's
Manfred Klein
Dan Sayers
Justus Erich Walbaum - Khunrath