IX - X - XI
Voilà pourquoi Anna, à genoux sur le beau tapis, regardait, souriante, avec des yeux très rouges, Zan, qui piétinait de joie, dépouiller à pleines mains, à pleine bouche, l’arbre de Noël, trop grand pour lui...
Quand il eut bien mangé, bien bu, bien joué, bien sauté, bien crié, bien ri, Zan pleura.
--Ze veux voir maman!
Ce fut, pour Anna, comme un réveil terrible; il lui sembla qu’elle venait d’être folle et que, brusquement, sa raison lui revenait, sautait dans sa tête, d’où, plusieurs heures, elle était sortie!
La pendule sonnait une heure du matin. Que faire? Rendre le petit, le rendre tout de suite, il n’y a que ça! Elle expliquerait... on comprendrait...--«Reconnaîtras-tu ta maison?--Oh oui!--Attends-moi là, bien sage!»
En rentrant, elle s’était déshabillée. Elle se rhabilla, se fit très belle.--«On verra bien que je ne suis pas une voleuse... j’expliquerai.»
... Quand elle revint au salon, Zan, ses deux petits poings fermés et très serrés, comme s’il était en colère, dormait en souriant. Le pantin de cinq sous, le pantin de Paul, dormait entre ses bras...