‹ L'hôte inconnuChapitre 13 sur 109 · VII

VII

Remarquons que cette survivance des morts, telle que la conçoivent les néo-spirites, semble bien moins invraisemblable depuis qu’on étudie de plus près les manifestations de l’extraordinaire et incontestable puissance spirituelle qui se cache au fond de nous. Ne dépendant ni de notre pensée, ni de notre conscience, ni de notre volonté, il est fort possible qu’elle ne dépende pas davantage de notre vie. Tandis que nous respirons encore sur cette terre, elle surmonte déjà la plupart des grands obstacles qui limitent et paralysent notre existence. Elle agit au loin et pour ainsi dire sans organes. Elle passe à travers la matière, la désagrège et la reconstitue. Elle semble avoir le don d’ubiquité. Elle ignore le temps et l’espace. Elle échappe aux lois de la pesanteur et soulève des poids qui n’ont parfois aucun rapport avec la force réelle et mensurable du corps dont on croit qu’elle émane. Elle se dégage et s’éloigne de celui-ci; elle va et vient librement et revêt des substances et des formes qu’elle emprunte autour d’elle; il n’est donc plus aussi étrange de la voir survivre quelque temps à ce corps auquel elle ne semble pas, comme notre existence consciente, indissolublement liée. Est-il nécessaire d’ajouter que cette survivance d’une partie de nous-mêmes que nous ne connaissons guère et qui paraît d’ailleurs incomplète, incohérente et éphémère, ne préjuge nullement notre sort durant l’éternité des mondes? Mais c’est là une question que nous n’avons pas à étudier ici.

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