III
A vrai dire, ces manifestations surnaturelles semblent moins féeriques et moins fantastiques qu’il y a quelques siècles; et l’on est tout d’abord un peu déçu. On croirait que le mystère, lui aussi, a des hauts et des bas et demeure soumis aux caprices d’on ne sait quelles modes d’outre-terre; ou, pour être plus exact, il est évident que la plupart de ces miracles légendaires ne résisteraient pas à l’examen rigoureux d’aujourd’hui. Ceux qui triomphent de l’épreuve et bravent notre regard moins crédule et plus pénétrant, méritent d’autant plus de fixer notre attention. Ce ne sont point les derniers survivants de l’énigme, puisque celle-ci subsiste tout entière et s’étend à mesure qu’on l’éclaire; mais peut-être y peut-on voir les suprêmes ou les premiers efforts d’une puissance qui ne paraît pas résider entièrement dans notre sphère. On dirait des coups frappés du dehors par un inconnu plus inconnu que celui que nous croyons connaître, un inconnu qui n’est peut-être pas celui de l’univers dont nous avons fait peu à peu un inconnu de tout repos, comme nous avons fait de l’univers une sorte de province de la terre, mais un étranger qui nous arrive d’un autre monde, un visiteur inattendu qui vient assez sournoisement troubler la quiétude satisfaite où nous nous endormions, bercés par la main ferme et vigilante de la science classique.