‹ L'hôte inconnuChapitre 74 sur 109 · XVII

XVII

De quelle façon, ceux qui se sont occupés de ces manifestations insolites, ont-ils essayé de les expliquer?

Donnons en passant un coup de faux dans les menues broussailles des hypothèses puériles ou saugrenues. Je ne m’arrêterai donc point à la fraude, aux signaux évidents, visuels ou acoustiques, à l’installation électrique qui commanderait les réponses et autres fantaisies trop grossières. Il suffit, pour constater leur inanité sans excuse, de passer quelques minutes dans l’honnête écurie d’Elberfeld.

J’ai, au début de cette étude, parlé de l’attaque de Herr Pfungst. Herr Pfungst, on se le rappelle, prétend établir que toutes les réponses du cheval sont déterminées par des mouvements imperceptibles et probablement inconscients de l’interrogateur. Cette interprétation qui ne tient pas plus que les précédentes devant la simple réalité des faits, ne mériterait pas qu’on la discutât sérieusement, si le rapport du psychologue berlinois n’avait eu, il y a quelques années, un immense retentissement et n’était parvenu à intimider jusqu’à ce jour la majeure partie de la science officielle allemande. Il faut du reste reconnaître que ce rapport est un monument de pédantesque sottise. Il n’en est pas moins vrai que tel quel, il anéantit le pauvre von Osten, qui, n’étant pas un polémiste et ne sachant comment s’y prendre pour proclamer la vérité qui l’étouffait, mourut tristement dans son coin.

Pour en finir avec cette théorie encombrante et puérile, est-il nécessaire de faire remarquer une fois de plus que les expériences, où l’animal ne peut apercevoir l’interrogateur, réussissent aussi régulièrement que les autres? Krall, si vous le désirez, se tiendra derrière le cheval, parlera du fond de la salle, quittera l’écurie; et les résultats seront identiques. Ils le sont encore quand les épreuves ont lieu dans l’obscurité ou que la tête de l’animal est strictement encapuchonnée. Ils ne varient pas davantage lorsqu’il s’agit de Berto qui n’y voit point, ou qu’un assistant quelconque, en l’absence de Krall, propose le problème. Soutiendra-t-on que ce profane ou ce nouveau venu connaît d’avance et d’instinct les signes imperceptibles qui dicteront la solution qu’il ignore souvent lui-même? Mais à quoi bon prolonger ce combat contre un nuage de poussière? Tout cela ne résiste pas à l’examen, et il faut un véritable effort de conscience pour se résoudre à réfuter sérieusement d’aussi minables objections.

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