XXXV
Maintenant, faisons rapidement le compte de ce que nous ont apporté ces expériences d’Elberfeld. Ayant écarté la télépathie, au sens étroit du mot, qui a peut-être part à plus d’un phénomène, mais n’y est pas indispensable puisque nous voyons ces mêmes phénomènes se reproduire alors qu’elle est pratiquement impossible, nous en venons à constater que si l’on nie l’existence ou l’influence du subliminal il est d’autant plus difficile de contester l’existence et l’intervention de l’intelligence, tout au moins jusqu’aux extractions de racines; après quoi, c’est un brusque précipice qui plonge dans les ténèbres. Mais même en s’arrêtant aux racines, la soudaine découverte d’une force intellectuelle si pareille à la nôtre, là où nous n’avions accoutumé de ne voir qu’une irrémédiable impuissance, est sans doute une des révélations les plus inattendues que nous ayons eues depuis que l’invisible et l’inconnu nous pressent avec une insistance, une impatience qu’ils n’avaient pas manifestées jusqu’à ce jour. Il n’est pas facile de prévoir dès à présent les conséquences et les promesses de cet aspect nouveau que prend soudain la grande énigme de l’intelligence. Mais nous aurons, je pense, à reviser bientôt quelques idées essentielles sur lesquelles nous vivions; et c’est dans l’histoire de la psychologie, de la morale, des destinées humaines et de bien d’autres choses, d’assez étranges horizons qui se dévoilent.