XXI, 211.]
[Note 63: M. BOULE, L'origine des éolithes; VI (1905), 263.]
Il n'en est pas moins vrai que nous ne pouvons nier les probabilités de l'existence d'une industrie très inférieure à celle du type paléolithique, ainsi que de la vie de l'homme vers les derniers temps du tertiaire. Malheureusement nous ne connaissons que bien peu de chose des dépôts terrestres laissés sur les continents durant les périodes miocène et pliocène; presque tous ont été lavés par les eaux lors des grandes inondations quaternaires et d'autres se sont abîmés dans les mers avec les continents qui les portaient: or c'est seulement parmi l'humus de ces époques que peuvent se rencontrer, dans des conditions probantes, les vestiges de l'homme et de ses industries.
[Illustration: Fig. 7--Éolithes. 1, 2 et 2 a, Thenay (Loir-et-Cher).--3 et 3 a, Otta (Portugal)--4 et 4 a, Puy-Courny.--5 et 6, Belgique.]
Le type chelléen.--Les plus anciens instruments, manifestement taillés par la main de l'homme, dont la connaissance nous soit parvenue, sont des silex en forme d'amande, grossièrement éclatés par percussion sur leurs deux faces, terminés en pointe à l'une de leurs extrémités, arrondis à l'autre et légèrement renflés en leur milieu. Ils différent de dimensions et souvent aussi de forme générale, sont plus ou moins allongés, plus ou moins arrondis: leur taille est très variable, cependant ils présentent le plus souvent une longueur oscillant entre dix et quinze centimètres. C'est à Abbeville et à Amiens, dans le département de la Somme, puis à Chelles, dans la Seine-et-Marne[64], au milieu d'alluvions quaternaires, que ces instruments ont été rencontrés pour la première fois (fig. 8, nos 1, 1 a et b, n° 2); puis on a signalé leur présence dans les alluvions du nord de la France, de là Belgique, à Taubach[65], en Saxe-Weimar, dans les grottes de Grimaldi[66], près de Menton et en maintes autres localités de l'Occident européen; cependant en Saxe comme en Provence les coups de poing sont plutôt de type acheuléen.
[Note 64: Cf. D'ACY, I (1891), 348; P. CAPITAN, XII (1900), 55.]
[Note 65: Cf. KLAATSCH, XLIX, II, 269; S. REINACH, VI (1897), 53.]
[Note 66: Cf. M. BOULE, VI (1906), 257; J. DÉCHELETTE, XXVI (1908),