‹ L'Ile et le voyage: petite odyssée d'un poète lointainChapitre 25 sur 52 · L’ILE NATALE

L’ILE NATALE

O mon pays natal, dès que je t’ai quitté Je songe à tes palmiers, à tes buissons d’icaque; Et sous les ciels d’hiver et sous les nuits d’été Je suis comme un Ulysse évoquant son Ithaque.

EN FACE DES FLORIDES

Ces effluves légers qui parfument la mer Dites-nous, n’est-ce pas un appel des Florides? La nue est embrasée et le flot est sans rides Et des astres nouveaux montent dans le ciel vert.

VOL D’OISEAUX

Où vont les blancs oiseaux dont les ailes trop calmes Font songer à l’hiver, sous ce beau ciel si pur? Sont-ils des goélands, ne sont-ils pas les âmes Des matelots sombrés aux gouffres de l’azur?

CLAIR DE LUNE

Le couchant sur la mer dessine des rivages Chimériques; la mer semble un Sahara d’or. Il n’est pas de pays réel dont le décor Vous vaille, beaux pays, créés par les nuages.

ON MIAMI SHORE

Ah! jouez-nous encor, orchestre, sur la mer Cette belle valse divine! Océan, la musique est ta sœur enfantine. Je vois trois goélands dans l’air!

KEATS ET SHELLEY

Les violettes sont le sourire des morts.

J.-P. TOULET.

Quand nous serons à Rome à la fin de ce mois, Nous irons respirer l’odeur des violettes Au bord de vos tombeaux perdus, divins poètes Et nous dirons vos plus beaux vers à douce voix.

AUX BERMUDES

Bermudes, beaux jardins suspendus sur la mer Où brillent les coraux dans les palais de l’onde, Vos ciels et vos climats sont les plus doux du monde, Pourtant vous n’avez su guérir mon cœur amer.

LE FROID

Sur l’océan et dans le ciel c’est le grand froid. Déjà les alizés ont fait place au zéphire. Vers le Baudrier d’or Sirius monte droit. Je respire l’odeur de l’Europe... délire!

CHANT DANS LA TEMPÊTE

Ecoutons la chanson du mât, La chanson du mât de misaine, Qui fut, sous un autre climat, Un grand arbre bleu dans la plaine.

Lui qui charmait l’air du vallon, Il est nu sur la mer sauvage. Il a pour fleur le pavillon! Il a les agrès pour feuillage!

Se souvient-il des grands étangs Où se miraient les pâles Ourses? Se souvient-il des courts printemps Où riaient les nymphes des sources?

Ecoutons le large soupir Du mât de misaine en détresse. O mon cœur, que va devenir L’arbre vert de notre jeunesse?

DEVANT LES AÇORES

Entre deux continents, Açores, îles pâles, Grâce à vous, je revois la brume, sur les bois. Je voudrais, sous vos cieux, vivre quelques beaux mois Quand vos soirs automnaux sont couronnés d’opales.

Page 1