X - XI
C’est devant un coucher de soleil sans pareil Que j’écris ces quatrains. Je donnerais la gloire De la mer embrasant un quatre-mâts vermeil, Pour un soir sans éclat reflété par la Loire.
Près du flot sans reflet du fleuve glorieux, Vous seriez près de moi, ma vivante statue; La voix des mariniers dans la nuit s’étant tue, Je reverrais les soirs de la mer dans vos yeux.
CLAIR DE LUNE A MINUIT
Roseau la nuit semble une ville Des mille et une nuits Aux parfums des jardins de l’Ile Se mêlent ceux des fruits.
Au port désert un chien aboie, Un grillon dit son chant. Et la mer plus douce que soie S’étend comme un grand champ.
On dirait la ville enchantée Aux fontaines sans bruits, Où la pleine lune argentée Miroite au fond des puits.