‹ L'Illusion ComiqueChapitre 37 sur 43 · Scène IX

Scène IX

Clindor, Isabelle, Lyse, le Geôlier

Isabelle dit ces mots à Lyse, cependant que le geôlier ouvre la prison à Clindor.

Lyse, nous l’allons voir.

Lyse

Que vous êtes ravie !

Isabelle

Ne le serais-je point de recevoir la vie ?

Son destin et le mien prennent un même cours,

Et je mourrais du coup qui trancherait ses jours.

Le Geôlier

Monsieur, connaissez-vous beaucoup d’archers semblables ?

Clindor

Ah ! madame, est-ce vous ? Surprises adorables !

Trompeur trop obligeant ! tu disais bien vraiment

Que je mourrais de nuit, mais de contentement.

Isabelle

Clindor !

Le Geôlier

Ne perdons point de temps à ces caresses.

Nous aurons tout loisir de flatter nos maîtresses.

Clindor

Quoi ! Lyse est donc la sienne ?

Isabelle

Ecoutez le discours

De votre liberté qu’ont produit leurs amours.

Le Geôlier

En lieu de sûreté le babil est de mise,

Mais ici ne songeons qu’à nous ôter de prise.

Isabelle

Sauvons-nous : mais avant, promettez-nous tous deux

Jusqu’au jour d’un hymen de modérer vos feux :

Autrement, nous rentrons.

Clindor

Que cela ne vous tienne,

Je vous donne ma foi.

Le Geôlier

Lyse, reçois la mienne.

Isabelle

Sur un gage si beau j’ose tout hasarder.

Le Geôlier

Nous nous amusons trop, il est temps d’évader.

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