II) :
FALSTAF Bonjour, ma bonne femme. QUICKLY Plaise à Votre Seigneurie, ce nom ne m'appartient pas.
FALSTAF Ma bonne fille, donc.
QUICKLY J'en puis jurer ; comme l'était ma mère quand je suis venue au monde. [75] Cervantès veut parler de l'hébreu, et dire qu'il aurait bien trouvé quelque juif à Tolède. [76] On a donné le nom de _Morisques _aux descendants des Arabes et des Mores restés en Espagne après la prise de Grenade, et convertis par force au christianisme. Voyez, à ce sujet, mon _Histoire des Arabes et des Mores d'Espagne, _t. I, chap. VII. [77] Pour accommoder son livre à la mode des romans de chevalerie, Cervantès suppose qu'il fut écrit par un More, et ne se réserve à lui-même que le titre d'éditeur. Avant lui, le licencié Pedro de Lujan avait fait passer son histoire du chevalier de la Croix pour l'oeuvre du More Xarton, traduite par un captif de Tunis.
L'orientaliste don José Conde a récemment découvert la signification du nom de ce More, auteur supposé du _Don Quichotte. _Ben-Engéli est un composé arabe dont la racine, _iggel _ou _eggel, _veut dire cerf, comme Cervantès est un composé espagnol dont la racine est _ciervo. Engéli _est l'adjectif arabe correspondant aux adjectifs espagnols _cerval _ou _cervanteño. _Cervantès, longtemps captif parmi les Mores d'Alger, dont il avait appris quelque peu la langue, a donc caché son nom sous un homonyme arabe. [78] Au contraire, c'est la seule fois que Sancho soit nommé Zancas. Il est presque superflu de dire que _Panza _signifie panse, et _Zancas, _jambes longues et cagneuses. [79] Cervantès fait sans doute allusion au nom de _chien _que se donnaient réciproquement les chrétiens et les Mores. On disait en Espagne : _Perro moro._ [80] La _Santa Hermandad, _ou _Sainte Confrérie, _était une juridiction ayant ses tribunaux et sa maréchaussée, spécialement chargée de la poursuite et du châtiment des malfaiteurs. Elle avait pris naissance dès le commencement du treizième siècle, en Navarre, et par des associations volontaires ; elle pénétra depuis en Castille et en Aragon, et fut complètement organisée sous les rois catholiques. [81] Ou _Fier-à-Bras. _« C'était, dit l'_Histoire de Charlemagne, _un géant, roi d'Alexandrie, fils de l'amiral Balan, conquérant de Rome et de Jérusalem, et païen ou Sarrasin. Il était grand ennemi d'Olivier, qui lui faisait des blessures mortelles ; mais il en guérissait aussitôt en buvant d'un baume qu'il portait dans deux petits barils gagnés à la conquête de Jérusalem. Ce baume était, à ce qu'on croit, une partie de celui de Joseph d'Arimathie (qui servit à embaumer le Sauveur). Mais Olivier, ayant réussi à submerger les deux barils au passage d'une profonde rivière, vainquit Fier-à-Bras, qui reçut ensuite le baptême et mourut converti, comme le rapporte Nicolas de Piamonte. » _(Historia de Carlo Magno, _cap. VIII et XII.) [82] _Orlando furioso, _canto XVIII, CLXI, etc. [83] Voici le serment du marquis de Mantoue, tel que le rapportent les anciens _romances _composés sur son aventure : « Je jure de ne jamais peigner mes cheveux blancs ni couper ma barbe, de ne point changer d'habits ni renouveler ma chaussure, de ne point entrer en lieux habités ni ôter mes armes, si ce n'est pour une heure, afin de me laver le corps, de ne point manger sur nappe ni m'asseoir à table, jusqu'à ce que j'aie tué Charlot, ou que je sois mort dans le combat... » [84] Dans le poëme de Boyardo, le roi de Tartarie, Agrican, vient faire le siége d'Albraque avec une armée de deux millions de soldats, qui couvrait quatre lieues d'étendue. Dans le poëme de l'Arioste, le roi Marsilio assiége la même forteresse avec les trente-deux rois ses tributaires et tous leurs gens d'armes. [85] Royaumes imaginaires cités dans l'_Amadis de Gaule._ [86] Il peut être curieux de comparer cette description de l'âge d'or avec celles qu'en ont faites Virgile, dans le premier livre des _Géorgiques, _Ovide, dans le premier livre des _Métamorphoses, _et le Tasse, dans le choeur de bergers qui termine le premier acte de l'_Aminta._ [87] Presque tous les instituts de chevalerie adoptèrent la même devise. Dans l'ordre de Malte, on demandait au récipiendaire : « Promettez-vous de donner aide et faveur aux veuves, aux mineurs, aux orphelins et à toutes les personnes affligées ou malheureuses ? » Le novice répondait : « Je promets de le faire avec l'aide de Dieu. » [88] _Rabel, _espèce de violon à trois cordes, que l'on connaissait en Espagne dès les premières années du quatorzième siècle, car l'archiprêtre de Hita en fait mention dans ses poésies. [89] Il y a dans l'original « ... Plus que _sarna _(la gale) » pour Sara, femme d'Abraham. Don Quichotte répond ensuite : « _Sarna _vit plus que Sara. » Ces jeux de mots ne pouvaient être traduits. [90] Il est dit, au chapitre XCIX du roman d'Esplandian, que l'enchanteresse Morgaïna, soeur du roi Artus, le tenait enchanté, mais qu'il reviendrait sans faute reprendre un jour le trône de la Grande-Bretagne. Sur son sépulcre, au dire de don Diégo de Véra _(Epitome de los imperios), _on avait gravé ce vers pour épitaphe :
HIC JACET ARTURUS, REX QUONDAM, REXQUE FUTURUS,
qu'on pourrait traduire ainsi :