‹ L'Instruction Publique en France et en Italie au dix-neuvième siècleChapitre 31 sur 32 · IV

IV

Puisque au total, en Italie et en France, les éditions scolaires se rapprochent plus ou moins des éditions savantes, puisqu'elles visent, soit à les résumer, soit à en tenir lieu, demandons-nous en finissant si les incontestables mérites qu'elles présentent sont bien ceux que réclame l'enseignement secondaire.

Certes un homme d'esprit n'est jamais trop savant pour accomplir la plus modeste des tâches; et c'est même le devoir strict de tout homme qui veut éditer un ouvrage pour la jeunesse, de s'assurer au préalable qu'il connaît toutes les découvertes des érudits qui se rapportent à son auteur. Il doit aux élèves, sous la réserve des suppressions que leur âge exige, un texte authentique, et, par conséquent, il faut qu'il ait consulté les travaux où l'on a corrigé les mauvaises leçons. Il leur doit de ne jamais les induire, par ses commentaires, dans des erreurs déjà réfutées, et par conséquent il faut qu'il ait lu les érudits et les critiques dont les lumières s'ajouteront utilement aux siennes. Mais il ne s'ensuit nullement qu'il doive faire passer dans son édition la plus grande somme possible de la science qu'il a pu acquérir. Une édition destinée aux érudits n'est jamais trop érudite parce qu'elle doit répondre à d'innombrables questions. Vingt savants qui viennent interroger l'un après l'autre notre admirable collection des grands écrivains de la France, la feuillettent chacun dans une pensée différente. Il a donc fallu, dans la mesure du possible, prévoir et satisfaire tous leurs désirs. Les tout jeunes gens ont des besoins tout autres. Cet ouvrage que vous mettez sous leurs yeux pour la première fois, qui cédera la place à un autre dans quelques semaines, ils n'en peuvent saisir que l'essentiel, et ce n'est pas trop, pour qu'ils y parviennent, de tous leurs efforts et de tous les vôtres. Ces beautés saillantes, que peut-être dans le fond de votre âme vous êtes las d'admirer et de commenter, ils ne les découvrent pas d'eux-mêmes et ne les comprendront bien que grâce à vous. Toutes les questions subsidiaires qui s'imposent à qui veut approfondir, ne se présentent pas à leur esprit; les leur proposer, c'est les distraire de l'objet principal qu'ils ont déjà beaucoup de peine à ne pas manquer. Toutes les notions qui nous ont fait pénétrer depuis notre jeunesse dans les auteurs que nous avions étudiés au collège, la vie, la lecture nous les ont données peu à peu; nous les avons digérées, et c'est pour cela qu'elles nous profitent. En présenter à la jeunesse un résumé, même fort judicieux, fort élégant, c'est lui donner une nourriture trop forte. Il faut donc s'accommoder à sa faiblesse. Dans une savante revue italienne que nous avons citée un peu plus haut, M. S. Morpurgo, répondant à un de ses compatriotes qui déclarait qu'on traite trop les lycéens en enfants, fait spirituellement observer que ce traitement n'est pas très disproportionné à leur âge. Il faut sans doute ouvrir l'esprit des enfants, mais il importe encore bien davantage de le fixer. Il n'est pas mauvais de leur indiquer d'un mot qu'il y a d'autres questions à étudier que celles qu'on étudie avec eux, mais il faut aussitôt après les ramener sur ces dernières. La meilleure édition classique est celle qui, tout en leur fournissant les indications dont ils ont besoin, disperse le moins possible leur attention et la concentre le mieux sur le texte lui-même.

Une des principales qualités qu'il y faut est donc la brièveté, la sobriété. Nous avons raison d'exiger qu'on place en tête du volume une biographie, une introduction. Rappelons-nous toutefois que c'est pour nos enfants que l'édition est faite et non pas pour nous, et que ce n'est peut-être pas faire l'éloge d'un livre scolaire que de constater l'intérêt que les parents prennent à le lire. Ces longs morceaux pleins de faits et d'idées qui font honneur à l'érudition, à l'étendue d'esprit, au style du professeur qui les a composés n'effraieront-ils pas l'élève? S'il les lit, lui qui dispose de si peu d'heures, lui restera-t-il le temps de lire, de relire le texte? En aura-t-il même le désir? Les vastes perspectives que vous lui aurez ouvertes ne l'en auront-elles pas détourné? Prenons garde de rebuter les élèves légers, et, ce qui serait encore pis, de donner aux élèves studieux une habitude qu'hélas! nous avons peut-être contractée nous-mêmes, celle de lire trop vite. Prenons garde de leur en donner une autre, celle d'encombrer leur mémoire au lieu d'exercer leur jugement. Beaucoup de laborieux élèves n'ont que trop perdu l'habitude de l'effort personnel. On raillait autrefois certains exercices de la rhétorique dont les paresseux se tiraient, dit-on, par des larcins qualifiés de réminiscences; mais nos élèves ont aujourd'hui la tête si remplie de notices biographiques et critiques, que de la meilleure foi du monde ils les récitent sans s'en apercevoir; il leur semble même, comme aux légistes de l'époque antérieure à Cujas, que la seule manière d'étudier un texte soit d'en étudier les commentateurs. Voici une anecdote dont j'ai de bonnes raisons pour garantir l'authenticité: il y a trois ans, à la Faculté des lettres de Paris, à la suite d'une conférence de littérature française, un jeune homme à figure ouverte et sympathique vint demander de quel manuel on recommandait particulièrement l'usage; on lui répondit naturellement que l'on conseillait plutôt de ne faire usage d'aucun manuel, du moins à propos des auteurs marqués au programme, et de lire assidûment ces auteurs pour se mettre en état de répondre même aux questions imprévues. Le jeune homme insista, expliquant qu'il appartenait à un lycée de province et ne pouvait venir que de loin en loin à la Sorbonne. On l'assura que le jour de l'examen on demandait au candidat, non pas l'opinion des critiques, mais la sienne, et que rien n'était plus facile pour les examinateurs que de discerner les compositions dont la mémoire seule avait fait les frais. Sa figure prit une expression d'incrédulité, de tristesse, et il partit évidemment persuadé que les maîtres de conférences de la Sorbonne, afin de ne point faire de tort à leurs auditeurs réguliers, gardaient pour eux le secret des recettes infaillibles grâce auxquelles un étudiant docile devenait à coup sûr licencié. Nos éditions scolaires ont contribué à cette disposition des esprits: dans les livres de cette nature, telle préface qui stimule la réflexion chez un homme fait l'engourdit chez les écoliers.

En accordant qu'il faut donner aux élèves le texte véritable de nos classiques, nous n'avons pas voulu dire qu'il fallût y conserver une orthographe archaïque ou capricieuse; c'est leur prêter une apparence rébarbative. Quant aux notes, elles doivent, à mon sens, n'être pas trop multipliées. On pourrait ménager davantage les notes curieuses seulement en elles-mêmes, celles qu'on peut lire à part; car, si ces notes amusent, instruisent même, elles n'exercent pas assez l'esprit. Peut-être abuse-t-on quelquefois des variantes, des rapprochements, de l'indication des passages que l'auteur a imités. Il ne faut, pour ainsi dire, interrompre la conversation de l'auteur et de l'élève que pour expliquer à celui-ci le langage de celui-là, pour l'aider à en comprendre la force, pour l'inviter à interroger respectueusement son interlocuteur. Il ne faut que rarement lui parler d'autre chose à propos de ce que dit Racine ou Bossuet. Il a déjà quelque peine à soutenir le dialogue et ne le quittera que trop volontiers pour le commentateur qui lui conte de piquantes historiettes. Les notes véritablement utiles sont celles qui soulèvent à demi le voile qui lui cache les beautés de l'éloquence et de la poésie, qui lui promettent au prix d'un effort un plaisir flatteur pour son amour propre et, ce qui vaut mieux, un plaisir d'imagination et de coeur. Quelquefois les notes pourraient prendre la forme d'un questionnaire. Par exemple, on demanderait pourquoi l'on tient pour vraie telle maxime que tel et tel fait paraissent contredire, pourquoi tel vers est éloquent ou spirituel, en quoi l'idée d'une scène est dramatique ou fine. En un mot, tandis que l'auteur d'une édition savante doit faciliter l'étude de l'ouvrage dans ses rapports complexes avec l'histoire littéraire et morale de l'humanité, l'auteur d'une édition scolaire se proposerait seulement de faciliter l'étude de l'ouvrage en lui-même. On se rappellerait qu'il est dangereux de vouloir tout enseigner à qui a tout à apprendre.

Circonscrite de cette manière, la tâche ne serait pas beaucoup plus facile ni moins capable de tenter les hommes dévoués et distingués auxquels nous prenons la liberté de soumettre ces réflexions. Pour atteindre la perfection dans le genre qui nous occupe, il ne leur manque plus qu'une chose, mais qui me paraît aussi malaisée qu'indispensable, c'est de vouloir bien se faire petits.

APPENDICES

APPENDICE A.

Le pensionnat de Mme Laugers à Bologne.--Les collèges de jeunes filles de Naples.--Le pensionnat de Lodi.

LE PENSIONNAT DE Mme LAUGERS À BOLOGNE.

Outre la plupart des documents qui m'ont servi à faire connaître cette maison, MM. Capellini et Malagola m'ont encore fourni les deux pièces dont voici la traduction et dont les originaux sont aux Archives d'État de Bologne.

ROYAUME D'ITALIE.

Bologne, 17 avril 1807.

Le préfet du département du Reno,

Vu le plan organique de la Maison Royale Joséphine, présenté antérieurement par M. le chevalier Salina, président royal,

Considérant qu'il s'agit d'un établissement honoré d'une spéciale protection par S. A. I. le prince Vice-Roi,

Qu'il a pour objet la garde la plus vigilante, la culture la plus pure des âmes des jeunes filles,

Que des fins aussi importantes peuvent être pleinement atteintes sous la direction de l'institutrice actuelle, Mme Thérèse Laugers[215],

Et que, pour accroître le nombre de ces chères écolières (_delle tenere alunne_), qui feront ensuite passer dans leurs familles et dans la société l'éducation parfaite qu'elles y auront puisée, il sera bon de faire connaître les dispositions précises et louables du plan susvisé,

Décide:

Le plan organique de la Royale Maison Joséphine sera imprimé et publié.

La présente décision est communiquée en copie conforme à Mme la directrice Laugers, pour qu'elle l'exécute.

Signé: MOSCA, et, au-dessous: ZECCHINI, secrétaire général.

Pour copie conforme: F° Zecchini.

Plan de la Maison Royale Joséphine de Bologne.

I.--_Caractère particulier de ce pensionnat._

La Royale Maison Joséphine de Bologne, située rue Nosadella, dans l'ex-couvent des Franciscaines du Tiers-Ordre, est dirigée et administrée immédiatement par Mme Laugers, qui y donne l'instruction. La discipline est sous la surveillance d'une commission nommée par la municipalité de Bologne et par un président choisi directement par S. A. I. le prince Vice-Roi. Les jeunes élèves sont partagées en trois classes d'après leur âge et leur capacité. Les unes sont pensionnaires, les autres demi-pensionnaires, les autres externes.

II--_Culture de l'esprit._

La religion catholique et la saine morale sont l'objet principal et capital de cette éducation. Aussi, outre la règle pour la pratique journalière des actes de religion, les instructions morales, le catéchisme des samedis, les exercices spirituels du 28 octobre au 1er novembre[216], il y aura un ou plusieurs prêtres chargés spécialement de cultiver l'esprit et le coeur des pensionnaires.

III.--_Travail manuel._

Tous les travaux à l'aiguille et à la maille qui conviennent au sexe féminin sont dirigés par la directrice elle-même, aidée d'une sous-maîtresse, et sont traités avec le soin que réclame ce genre d'occupation. On forme, en outre, les jeunes filles, dans la mesure du possible[217], à ce qui concerne le ménage domestique.

IV.--_Études._

La directrice enseigne la grammaire française, la géographie, la sphère, la chronologie, l'histoire et d'autres sciences et langues selon la capacité des enfants.

Des maîtres probes et habiles enseignent à toutes les élèves l'écriture, l'arithmétique, la langue italienne.

Pour celles qui désireraient apprendre le dessin, la danse, la musique vocale ou instrumentale, il y aura des maîtres spéciaux.

V.--_Examens._

Tous les six mois, il y a une épreuve publique à laquelle sont invités les parents, les autorités, et, à cette occasion, l'on distribue des prix.

Tous les trois mois, on fait une récapitulation des études de chaque classe. La jeune fille qui s'est distinguée par-dessus toutes les autres par la douceur de son caractère, l'exactitude dans l'accomplissement de ses devoirs sans mériter aucun reproche, reçoit un insigne qu'elle porte durant trois mois, c'est-à-dire jusqu'à l'examen suivant.

VI.--_Divertissements._

Aux heures de récréation, les enfants se promènent ou se livrent, à l'intérieur, aux amusements de leur âge et de leur sexe. Tout jeu de cartes ou de dés est interdit.

VII.--_Dépenses à la charge des pensionnaires[218]._

1° La pension est de 30 livres italiennes par mois. Les étrangères[219] payent toujours quatre mois d'avance. Les Bolonaises payent également d'avance, mais seulement par trimestre. La nourriture est saine et bonne.

2° L'habillement, le papier, les livres, les dépenses en cas de maladie sérieuse, sont également à la charge des élèves.

3° De même l'enseignement de la danse, du dessin, de la musique vocale et instrumentale.

4° Chaque élève apporte: un lit complet, avec les couvertures pour l'été et pour l'hiver; 4 paires de bas et 4 petites taies d'oreiller; 6 serviettes; 6 essuie-mains; 6 chemises; 4 mouchoirs blancs, 4 de couleur; 2 jupons d'hiver, 2 d'été; 8 paires de bas; 2 tabliers blancs, 2 de couleur; 4 bonnets de nuit; 4 camisoles de nuit; 2 bobines à dévider; 1 peigne et l nécessaire de toilette; une chaise; 6 assiettes; 1 verre; 1 couvert.

Comme la libre disposition de l'argent peut être cause, chez les jeunes filles, de nombreux désordres, on désire que les sommes accordées pour leur honnête divertissement soient remises à la directrice, qui en disposera avec une sage économie.

VIII.--_Dépenses à la charge de l'établissement outre l'entretien quotidien._

1° Tous les meubles d'un commun usage;

2° Le feu pendant l'hiver, l'éclairage, l'encre;

3° Les dépenses de voyage, aller et retour, quand on mènera les élèves à la campagne;

4° La messe, les cierges et tout ce qui sert aux cérémonies de la chapelle;

5° Les honoraires du médecin et du chirurgien dans les petites maladies;

6° Les dépenses pour les examens et les séances publiques;

7° La garde du vestiaire, le blanchissage de la literie et du linge de table;

8° Les gages du cuisinier et des femmes de service.

Pour toutes ces dépenses, les pensionnaires versent, par an, cent livres italiennes, payables par trimestre et d'avance.

IX.--_Entrée, séjour, sortie des élèves._

On n'admet les pensionnaires que de l'âge de cinq ans à douze ans révolus, et sur le vu d'un certificat qui prouve qu'elles ont eu la petite vérole ou qu'elles ont été vaccinées.

Les payements qu'on acquittera, comme il a été dit; d'avance, se feront toujours en monnaie ayant cours légal.

Les pensionnaires ne pourront dîner dans leurs familles qu'une fois tous les deux mois. Elles ne coucheront jamais hors du collège.

Tous les quinze jours, un jeudi, de quatre à six heures dans l'après-midi, les parents pourront venir visiter leurs filles, mais toujours dans le parloir et en présence de la directrice ou de la sous-maîtresse.

Nul ne pourra pénétrer dans le pensionnat, sauf les personnes qui en auront obtenu de la directrice une permission qu'il faudra faire renouveler à chaque fois.

L'accès des chambres de l'étage supérieur est interdit à toute personne autre que celles qui sont commises à cet effet, le médecin et le chirurgien.

Toutes ces règles concernent également les demi-pensionnaires et les externes pour toute la partie qui peut leur être appliquée.

Le supplément à payer pour les unes et pour les autres est réglé par la directrice d'après les études et les leçons particulières que les parents auront demandées.

Collèges de jeunes filles du Royaume de Naples, fondés par Joseph Bonaparte et Joachim Murat.

Le plan de notre étude ne nous a permis que de faire quelques emprunts à la notice que M. Benedetto Croce a bien voulu fournir sur ces collèges. Nous n'avons garde d'en priver le lecteur. Voici donc la traduction de la partie que nous n'avons pas employée:

Le décret de Joseph Bonaparte du 11 août 1807 (dont nous avons extrait ci-dessus les dispositions fondamentales) fixait que cinq dames seraient chargées de l'éducation des jeunes filles, sous la surveillance de personnes qualifiées de première et de deuxième dames. Le règlement de la maison d'Aversa devait être établi par une commission composée du président du conseil d'administration du collège, du _capellano maggiore_, de la première et de la deuxième dames, et de la plus âgée des autres, et approuvé par la reine. Un décret du 1er septembre 1807 assigna pour local dans Aversa le couvent de l'ordre supprimé du Mont-Cassin et les jardins attenants. Une décision du 2 novembre nomma un administrateur des rentes du collège; une autre, du 27 novembre, renvoya, à l'arrivée de la reine, les travaux d'appropriation. Ces arrêtés et d'autres relatifs à l'administration de la maison se trouvent aux Archives d'État de Naples, à la section _Ministero dell'Interno_, fascicule 714. On y voit que, jusqu'au milieu de 1808, le collège n'était pas encore installé.

Joseph Bonaparte avait aussi institué pour chaque province du royaume une maison d'éducation pour les jeunes filles de bonne famille (_di civili natali_); pour la province de Naples, cette maison fut établie au ci-devant monastère des bénédictines de San Marcellino.

Joachim Murat, par un décret du 21 octobre 1808, disposa que le ministre de l'intérieur prendrait les ordres de la reine, sous les ordres de laquelle serait placé le collège d'Aversa, et qui en établirait le règlement; le même décret mit une rente de 24,000 ducats à la disposition du président de l'établissement, qui serait nommé par la reine. Des lors, le collège put fonctionner.

Peu de temps après, ces deux institutions d'Aversa et de Naples furent réunies dans le local de la première, sous le nom de Maison Royale Caroline; une série de décrets de Joachim accrut les rentes et modifia l'administration de cet établissement.

Le couvent de San Marcellino demeurait vide, mais il eut bientôt un emploi analogue. Par un décret du 12 décembre 1810, Joachim maintint dans son royaume les visitandines, «vu l'avantage que l'Empire français et le Royaume d'Italie tirent pour l'éducation des filles de l'ordre de la Visitation, rétabli et modifié par les décrets de notre auguste beau-frère l'empereur Napoléon[220].» Voulant donc, disait-il, procurer le même avantage à ses États, _où tant et de si grands motifs ordonnent de multiplier les maisons d'éducation pour les deux sexes_, Joachim autorisait à perpétuité les couvents de cet ordre actuellement établis dans le royaume, permettait d'en instituer d'autres là où il serait nécessaire et plaçait l'ordre sous la protection de la reine; les visitandines étaient autorisées à recevoir des novices et à les lier par des voeux simples, renouvelables chaque année, les voeux éternels demeurant interdits à tous les membres de la congrégation, quelles que fussent leurs conditions d'âge ou autres; les statuts de Saint-François de Sales étaient maintenus, sauf à être revus et approuvés; l'Ordre ressortirait pour le spirituel à l'évêque diocésain, pour l'administration économique et pour l'enseignement au ministère de l'intérieur. Un décret du 10 janvier 1811 assigna aux visitandines de Naples le couvent de San Marcellino.

Ces Dames avaient alors pour supérieure une Française, Mme Eulalie de Bayanne.--J'interromps ici la notice de M. Croce pour dire que Mme de Bayanne était une des trois filles de Louis de Lathier, marquis de Bayanne, qui, à l'époque où Lachesnaye-Desbois imprimait son _Dictionnaire de la Noblesse_, étaient visitandines à Grenoble. Elle était assez avancée en âge au temps de Murat, puisque sa naissance remontait à l'année 1741, comme on peut le voir par son acte de baptême, que je dois à M. Lacroix, archiviste départemental de la Drôme: «L'an 1741 et le 2e janvier a été baptisée Geneviève-Eulalie, fille naturelle et légitime de Mre Louis de Lathier de Bayane, seigneur d'Oursinas et autres places, et de dame Catherine de Sibeud de Saint-Ferréol, ses père et mère. Le parrain a été M. François Blancher, soubsigné, et la marraine a été Mlle Marguerite Bonal, aussi soubsignée.» Signé: Bayane, François Blanchet, Marguerite Bonnard, le chevalier de Bayane, Victoire de Bayane, Duperon de Ravel, Trévy curé[221]. Mme Eulalie de Bayanne avait sans doute passé en Italie à la suite de son parent, le duc Alphonse-Hubert Lathier de Bayanne, auditeur de Rote en 1777, plus tard cardinal, qui mourra le 6 avril 1813. Revenons à la notice de M. Croce.--Les autres soeurs et les professeurs du couvent furent (à en juger d'après les noms rencontrés par M. Croce, qui n'a point trouvé l'état complet du personnel) des natifs de l'Italie et même de Naples.

Le 27 février 1811, Murat approuva le règlement de l'institution; le 24 septembre de la même année, il mit à la charge de la municipalité de Naples l'entretien de l'édifice, la dépense de la chapelle, l'acquittement de la contribution foncière, etc.

Dans la correspondance du ministère de l'intérieur avec Mme de Bayanne, on trouve une lettre du ministre en date du 31 mars 1811, où il lui fait connaître que la volonté de Sa Majesté est qu'on forme non des religieuses, mais des femmes utiles à la société civile, et prend des mesures pour être informé, chaque semaine, de l'enseignement distribué dans la maison et des progrès de chaque élève[222]. Le 22 août 1811, un décret interdit de recevoir pour élèves à San Marcellino les enfants de plus de douze ans; le 29 août, la maison fut autorisée à acquérir des biens. Le 24 janvier 1812, le gouvernement approuva un règlement pour les examens des élèves de San Marcellino.

Tous ces documents proviennent encore du fascicule 714.

Pendant ce temps, un établissement particulier de Naples, celui de Mme Rosalie Prota, dans l'ex-couvent de San Francesco delle Monache, avait acquis une grande réputation. Il existait donc alors dans le royaume trois établissements importants pour l'éducation des filles.

En 1813, la Maison Royale Caroline fut transférée d'Aversa à l'édifice de Naples, appelé les Miracoli, en vertu d'un décret du 6 septembre de cette année. Des décrets de ce même jour, du 13 janvier et du 17 novembre 1814, en accrurent encore les rentes. La reine Caroline déployait, en effet, une grande sollicitude pour ce collège, aidée, dans son oeuvre intelligente, par le ministre Capecelatro, archevêque de Tarente.

L'année 1815 ramena les Bourbons...

Le collège royal jouissait alors d'un revenu d'environ 40,000 ducats. La direction et l'administration n'en relevaient d'aucun ministère[223], parce qu'il était uniquement et directement gouverné par Caroline Murat; Capecelatro, sous le titre de président, n'en réglait que la partie morale. Un décret du 27 juin 1815 fit passer la maison sous la direction du ministère de l'intérieur et en nomma président le prince de Luzzi, dont un rapport, daté du 2 août suivant, constata que l'ordre et la régularité qui y régnaient étaient absolument parfaits; le prince proposait seulement l'adjonction d'un professeur de catéchisme, vu l'importance suprême de cet enseignement...

Sans continuer l'histoire de ces établissements, nous nous en tiendrons aux faits que voici:

En avril 1829, les visitandines quittèrent volontairement Naples, et l'établissement de Mme Prota fut transporté au couvent de San Marcellino qu'elles laissaient, et fondu avec leur collège.

La même année, la reine Isabelle de Bourbon, femme du roi François Ier, prit la direction des deux maisons, des Miracoli et de San Marcellino, qui reçurent respectivement les noms de _Primo_ et_ Secondo educandato Regio Isabella di Borbone_; toute la différence entre les deux établissements était dans la classe sociale à laquelle appartenaient les élèves; la discipline et l'instruction étaient les mêmes dans l'un et dans l'autre. Le premier, qui comprenait les enfants des familles les plus relevées, comptait deux cents places gratuites; le deuxième en comptait cent quatre; les autres places des deux collèges étaient payantes. La reine nommait aux places gratuites. Le programme des études et le règlement se trouvent dans l'ouvrage intitulé: _Napoli e luoghi celebri delle sue vicinanze_ (Naples, 1845, 2e volume, p. 45-51)[224].

Après 1860, la distinction de naissance établie entre les élèves des deux collèges a été supprimée. Un statut organique commun aux deux maisons a été promulgué le 12 septembre 1861, puis modifié le 13 février 1868 et le 3 octobre 1875. La maison des Miracoli porte le nom de _Collegio Principessa Maria Clotilde_; celle de San Marcellino s'appelle _Collegio Regina Maria Pia_.

Pendant l'impression de ce volume, le hasard m'a fait connaître un opuscule qui prouve une fois de plus l'estime dont jouissaient nos collèges, et qui m'apprend en outre que Mme Prota, elle aussi, était notre compatriote. C'est une brochure intitulée: _De la musique à Naples, surtout parmi les femmes_. L'auteur en est la comtesse Cecilia De Luna Folliero, qui a composé également des poésies et un livre intitulé: _Moyens de faire contribuer les femmes à la félicité publique et à leur bien-être individuel_. Ce dernier ouvrage a été traduit en français, et le traducteur a réimprimé à la suite le susdit opuscule, qui avait été composé et publié une première fois à Paris en 1826. Mme De Luna Folliero reconnaît aux Napolitaines les plus heureuses dispositions pour la musique, mais se plaint que trop souvent à Naples les dames du monde, qui prétendent rivaliser pour les fredons avec les chanteuses d'opéra, ignorent le premier mot de la musique vocale et instrumentale. (Rappelons qu'un autre écrivain des Deux-Siciles, Ant. Scoppa, avait soutenu que les connaissances musicales étaient moins répandues dans sa patrie qu'à Paris.) Mais Mme De Luna Folliero termine en exprimant l'espoir que l'éducation des napolitaines sera par la suite moins négligée: «Déjà deux excellents établissements d'instruction publique ont donné à Naples des jeunes personnes remplies de vertus, d'esprit et de talents, dont l'heureux caractère empreint de cette aimable franchise, de cette piquante vivacité qui caractérisent les Napolitaines, leur fait soutenir sans crainte la comparaison avec les femmes les plus distinguées de l'Europe. En un mot, elles ont tout ce qu'il faut pour être des musiciennes parfaites, et font, par le double charme de leurs vertus et de leur talent distingué, les délices et la gloire d'un des plus beaux pays de la terre.» En note, elle désigne ces deux établissements, celui des Miracoli et celui de Mme Prota: «Qu'il soit permis à ma reconnaissance,» dit elle à propos de cette dernière, «de rendre ici un hommage public au noble caractère et aux rares qualités de cette dame aussi vertueuse que spirituelle. Née en France, elle a transporté à Naples avec elle ses vertus, ainsi que les talents qu'elle y avait acquis. Là, ses lumières l'ayant mise à même d'être à la tête d'une grande maison d'éducation, son exquise sensibilité a fait de cet établissement respectable le centre du bonheur pour les jeunes demoiselles qui y sont élevées, et qui trouvent en elle une mère tendre et éclairée. Cette digne Française, honneur de son sexe et de sa patrie, a voulu en mon absence me remplacer à Naples auprès de mes filles, qui, grâce à ses bontés, vont recevoir dans son institut une richesse qui n'est point sujette aux revers de la fortune, une excellente éducation.» Une des filles de Mme De Luna Folliero, Mme Aurelia Folliero, est en effet devenue un écrivain distingué, et s'est notamment occupée de l'éducation de la femme italienne, comme on peut voir dans un article de la _Bibliografia femminile italiana_ (Venise, 1875), par M. Oscar Greco.

Pensionnat de jeunes filles de Lodi.

Voici la traduction de la notice que je dois à l'amabilité de M. Agnelli, de Lodi.

La baronne Maria Hadfield Cosway fonda, en 1812, à Lodi, sous les auspices de Franc. Melzi d'Eril, duc de Lodi, un pensionnat pour élever les enfants de bonne condition dans les principes d'une saine morale et faire d'elles à la fois de bonnes mères de famille et l'ornement de la société.

À l'origine, le personnel se composait de maîtresses laïques sous la direction de la fondatrice; mais l'instabilité de ce personnel se prêtait mal à l'adoption d'une méthode fixe telle que la voulait Mme Cosway. Cette dame, qui joignait à son talent de peintre la passion des voyages, crut voir au cours d'une de ses excursions en Allemagne, en visitant les maisons consacrées dans ce pays à l'éducation des jeunes filles, que les meilleures étaient celles que dirigeait l'association religieuse des Dames Anglaises. D'accord avec le gouvernement, elle en appela quelques membres à Lodi pour son collège.

Dès lors, on nomma indifféremment cette maison Institut Cosway ou des Dames Anglaises, et son existence légale fut constatée à l'occasion des dispositions testamentaires de la fondatrice et sanctionnée dans un acte du 7 juin 1833 par les soins de Me Giuseppe Carminali, notaire à Lodi.

Le zèle des Dames Anglaises, dont Mme Cosway n'eut jamais qu'à se louer, le patronage de la municipalité de Lodi, ont maintenu la prospérité du collège, qui est aujourd'hui en grande partie peuplé de filles et de petites-filles d'anciennes élèves de la maison.

Le patrimoine du collège est, aux termes du testament de la directrice, administré par une commission de cinq personnes; le revenu en est administré par les Dames Anglaises. L'édifice est grandiose, bien approprié à l'objet, et comprend: chapelle, vastes dortoirs, réfectoires, salles pour les séances publiques, classes, bains et cabinets de douches, bibliothèque, cabinet de physique, d'histoire naturelle, gymnase, cours spacieuses, jardins, le tout bien aéré et salubre.

L'instruction est donnée par des institutrices italiennes pourvues des diplômes de l'enseignement élémentaire et supérieur; on suit les programmes officiels. Pour les langues française, anglaise, allemande, il y a des institutrices appelées des maisons que la Congrégation possède à l'étranger. Des maîtresses du dehors viennent donner les leçons de musique, de dessin et de danse.

Le nombre des élèves varie de 70 à 90[225]; le prix de la pension est de 800 francs, non comprises les leçons de musique et de dessin, qui se payent à part.

L'instruction se donne en cinq classes divisées chacune en deux sections. Les trois premières embrassent l'enseignement élémentaire; la quatrième prépare à l'instruction supérieure, qui s'achève en trois années, c'est-à-dire dans la cinquième classe et dans deux cours de perfectionnement. Puis, les élèves, quand elles le désirent, sont admises au concours pour la patente normale supérieure qui a lieu dans un établissement public. Le collège a figuré avec honneur dans ces concours durant les années 1880 et suivantes.

Les jeunes filles sortent d'ordinaire une fois par mois pour aller dans leurs familles, où elles passent de plus, tous les ans, les quinze premiers jours d'octobre; le reste des vacances s'écoule pour elles à la maison de campagne du collège, sur les hauteurs de San Colombano.

Un règlement intérieur détermine tous les détails d'administration, d'instruction et d'éducation.

La notice de M. Agnelli se termine par deux citations. La première est extraite du journal _La Donna_, dirigé par M. Vespucci: «Je n'hésite pas à affirmer que le collège Cosway, de Lodi, est un des meilleurs de l'Italie et qu'il se place dans le petit nombre de ceux qui peuvent soutenir la comparaison avec les plus renommés de l'étranger» (Numéro 15 de la Ve année, 22 juillet 1879). L'autre citation est extraite du dernier livre de Bonfadini: «Parmi les réformes pédagogiques dont Francesco Melzi caressait l'idée, il faut mettre en première ligne l'intérêt croissant qu'il porta aux nouvelles méthodes anglaises d'instruction et d'éducation[226]. Ce fut lui qui, en 1812, acheta, à un certain Luigi Piccaluga, l'ancien couvent de Santa Maria delle Grazie, de Lodi, pour y installer un de ces établissements, qui acquit, par la suite, tant de réputation sous le nom de Maison des Dames Anglaises. Ses héritiers et successeurs continuèrent et parachevèrent ses intentions, et, en 1833, le duc Giovanni Francesco céda, par acte notarié, à Mme Maria Cosway, représentée par don Palamede Carpani, alors conseiller inspecteur des écoles élémentaires, tout l'édifice de Lodi, où le pensionnat a, depuis lors, siégé et fait honneur aux principes sur lesquels il repose.

À cette notice, pour laquelle je renouvelle ici mes remerciements à M. Agnelli, j'ajouterai seulement que, à juger de Maria Cosway par l'article que le _Dictionary of national Biography_ de M. Leslie Stephen lui consacre, on prendrait une idée un peu moins favorable, non pas certes de son zèle ou de son intelligence, mais de sa gravité; cette femme de peintre, peintre elle-même, qui, entre deux accès de vocation religieuse, parcourt, à ce qu'il semble, l'Italie en compagnie d'un ténor italien (à la vérité sexagénaire et castrat), paraît moins bien préparée à la direction d'un pensionnat que Mme de Lort et Mme de Bayanne. Mais enfin, en lui conseillant de fonder un pensionnat, le cardinal Fesch avait sans doute trouvé le moyen de la fixer, puisque Melzi d'Eril se félicita de l'avoir encouragée. L'oncle de Napoléon aurait même voulu l'attacher à la France, car c'est à Lyon, d'après son biographe, l'abbé Lyonnet, qu'il aurait voulu lui confier une maison d'éducation[227].

APPENDICE B.

Projet de Napoléon Ier de fonder dans toutes les capitales de l'Europe un lycée français.--Professeurs français et professeurs de français en Italie, sous Napoléon Ier.

Pendant l'impression de ce volume, M. Caussade, l'aimable érudit de la Bibliothèque mazarine, m'a fait une communication fort intéressante. Il m'a raconté qu'au cours des travaux de la commission qui, sous l'Empire, publiait la correspondance de Napoléon Ier, un membre de la famille impériale, ayant pris l'habitude d'anéantir les documents dont la divulgation lui aurait déplu, feu le docteur Bégin, un des membres de la commission, eut l'idée de copier une partie des papiers qu'il classait. Toutefois, ne voulant pas encourir l'accusation d'abus de confiance, il cacha ses copies dans un coin de la Bibliothèque du Louvre, remettant au hasard le soin de les faire retrouver un jour et au temps celui de dissiper les scrupules qui en dictaient alors la suppression. Les incendiaires de 1871 firent, sans le savoir, aux parents de l'Empereur, le plaisir de les protéger contre l'indiscrétion de l'avenir. Or, parmi les copies du Dr Bégin, brûlées avec la Bibliothèque du Louvre, il ne se trouvait pas seulement des lettres, mais une foule de plans que Napoléon jetait sur le papier, dans ses heures de loisir et qu'il se réservait d'exécuter plus tard; et, parmi ces plans, se rencontrait celui d'établir dans toutes les capitales de l'Europe un lycée français, pour répandre dans tous les pays civilisés notre langue et notre littérature. N'est-il pas curieux de voir Napoléon rêver longtemps à l'avance l'oeuvre de l'Alliance française? Je remercie donc vivement M. Caussade, qui tient ces détails de M. Bégin, de m'avoir fourni une nouvelle preuve de l'importance que l'Empereur attachait à la collaboration de l'Université.

Il faut cependant reconnaître que Napoléon aurait fort malaisément appliqué son vaste dessein. La preuve en est dans la peine qu'il eut à recruter le corps enseignant pour la France même et dans la lenteur que le prince Eugène et lui furent obligés de mettre à la nomination des professeurs dont nous rassemblerons ici les noms.

À part Silvio Pellico, qui enseigna le français à l'orphelinat militaire de Milan, à partir de 1810, les noms à citer sont bien obscurs; toutefois on ne jugera peut-être pas que ce soit trop d'accorder une ligne de souvenir à des hommes qui ont travaillé à la propagation de notre langue.

Dans les Universités impériales, on trouve comme professeurs de littérature française à Turin Gabriel Dépéret, à Gênes Marré, à Pise P. d'Hesmivy d'Auribeau. Dépéret était membre de l'Académie de Turin, pour la classe des sciences morales, de la littérature et des beaux-arts. Il a inséré dans les _Mémoires_ de cette classe des _Recherches philosophiques sur le langage des sons inarticulés_ (tome Ier, 1803), des _Réflexions sur les divers systèmes de versification_ (tome II, 1805), et une dissertation intitulée: _Principe de l'harmonie des langues, de leur influence sur le chant et la déclamation_ (tome III, 1809). Sur les nombreux écrits d'Auribeau, on peut consulter la _France littéraire_ de Quérard et la _Biographie des hommes vivants_ (Paris. Michaud, 1816-1819, 5 volumes). D'après les recherches que M. Ach. Neri, bibliothécaire de l'université de Gênes, a bien voulu faire, à la prière de M. le professeur Franc. Novati, Marré a laissé quelques écrits, notamment celui-ci: _Vera idea delle tragedie di Vitt. Alfieri_; et le _Giornale degli studiosi_ lui a consacré une notice en 1869. Je n'ai pu me procurer cette notice. Ce Marré était sans doute le même que Gaet. Marré, qui, professeur de droit commercial à l'université de Gênes en 1821, publia cette année-là à Milan une dissertation intitulée _Sul merito tragico di Vitt. Alfieri_ composée pour un concours ouvert, en 1818, par l'Académie de Berlin, et destinée à défendre le poète d'Asti contre les critiques de Schlegel.

On voit dans le discours de P. d'Auribeau auquel nous avons fait des emprunts, que, dans sa chaire de l'Université de Pise, il unissait, comme il pouvait, l'enseignement de notre langue et celui de notre littérature; il y dit qu'il commencera par examiner ce que ses élèves savent de français, qu'il divisera d'abord ses leçons entre la grammaire et la littérature, que ses élèves lui en rendront compte sous forme de lettres; dans une note de la page 25, il se loue du soin et du succès avec lesquels ils pratiquent cet exercice; quelques-uns traduisent en vers italiens ou latins les vers français qu'il leur cite; à la page 3 d'un avis aux élèves, placé à la fin, on voit que la leçon durait une heure et demie, dont une demi-heure employée à la revision de la leçon précédente et à des exercices de prononciation et de grammaire, puis le cours de littérature commençait.

Voici les noms des professeurs de français dans les lycées du prince Eugène:

Udine, Ant. Orioli; Capo d'Istria, Vincenzo Rebuffi; Bellune, Ant. Ochofer, Trévise, Giov. Zucconi ou Souchon, prêtre; Vicence, Giov. Domen. de Majenza[228]; Reggio d'Emilie, Tonelli[229]; Ferrare, Franc. Guazagni, ex-comptable de la Compagnie de Jésus; Fermo, Arcang. Corelli, de Faenza[230]; Crémone, Pierre Prégilot; Brescia, Jérôme Borgne; Modène, Maselli; Côme, Carlo Bonoli; Cesena, Baldass. Gessi[231]; Trente, Agost. Lutterati; Vicence, Emanuele N. fre (ces abréviations indiquent peut-être qu'il s'agit d'un religieux)[232].

Pour les lycées des pays annexés à la France, on trouve à Gênes, Berthon, qui, d'après M. Neri, devait être un religieux; à Casal, Pachoud; à Parme, Reynaud. Ce Reynaud était probablement le Français de ce nom qui dirigeait le collège des nobles, au moment où le fougueux préfet du Taro y faisait régner, aux risques et périls de la maison, l'esprit dont nous avons parlé. C'était peut-être aussi le conseiller de préfecture qui, dans ce département, est appelé du même nom.

Nous avons dit qu'Aimé Guillon était professeur de français à l'école des pages du vice-roi. Si, comme le dit la _Biographie_ précitée des _Hommes vivants_, il faut lui attribuer dans le _Giornale italiano_, non seulement les articles signés _Guill._, mais les articles signés _O. N._, ce serait probablement lui qui se serait attiré, par un article de cette biographie, la réplique de Ludovico di Breme.

Je dois à l'amitié de M. le professeur Morsolin, de Vicence, quelques documents qui montrent les difficultés que le gouvernement rencontra dans le recrutement du personnel. On trouve dans les archives du lycée de Vicence une lettre du proviseur qui avertit que le jour de la rentrée de 1809, Majenza ne s'est pas trouvé à son poste, non plus que le suppléant qu'il a fallu lui donner l'année précédente pendant la plus grande partie de laquelle Majenza a été absent; il prie donc le préfet de faire cesser ce désordre; le préfet répond que, le directeur général de l'Instruction publique ayant accordé à ce professeur un congé jusqu'au 18 décembre, avec obligation de se faire suppléer à ses frais, le proviseur est invité à trouver un suppléant capable. Le proviseur réplique le lendemain qu'il s'étonne que le professeur de français, après avoir si mal répondu l'année précédente au choix qu'on avait fait de lui, ait eu le courage de solliciter encore un suppléant; que, si M. Majenza continue, le nombre des élèves, déjà tombé de cinquante à cinq, tombera à néant. Il n'en fallut pas moins chercher un suppléant, et Majenza continua à ne plus se montrer.

M. Morsolin m'a procuré deux autres communications, l'une de M. Vinc. Joppi, bibliothécaire à Udine, qui m'apprend qu'un programme de ce Lycée du 31 mars 1808 porte, comme grammaire française, la grammaire de Goudar, précisément celle que, le 8 mai 1809, le _Giornale italiano_ déclarera mauvaise[233]; l'autre de M. Pellegrini, bibliothécaire du _Museo civico_ de Bellune sur Ochofer, qui eut l'honneur d'avoir pour beau-frère le naturaliste Tommaso Catullo, mais le malheur d'appartenir à une famille où tout le monde était fou, ses frères, sa soeur et lui; un de ses frères se jeta dans la Piave, et lui-même se coupa la gorge en 1820.

On pourrait presque compter comme un Français Ferri di San Costante, ce recteur provisoire de l'Académie universitaire de Rome, qui n'eut sans doute pas en cette qualité des occupations bien pénibles, car il constituait son Académie à lui tout seul. Il n'avait nullement renié l'Italie, puisqu'il écrivait dans la Gazette de Gênes contre les déprédations commises par les Français aux dépens de cette ville; mais il s'était certainement pénétré de notre esprit, puisqu'il s'était établi de bonne heure chez nous, avait rempli la fonction de secrétaire auprès de nos ambassadeurs en Hollande, puis, après avoir quitté la France pendant la Révolution, avait été quatre ans proviseur du Lycée d'Angers (Voir sur lui Quérard, la _France littéraire_; la Nouvelle Biographie Générale; le quarantième volume de l'_Antologia_ de Vieusseux, année 1830, page 203 et suiv. La même Revue apprécie dans son quatorzième volume un de ses ouvrages, _Lo Spettatore_, où Ferri examine les moralistes des divers pays et donne de petites dissertations morales dans le goût de J.-J. Rousseau; cet ouvrage est à la Bibliothèque nationale. S'il faut en croire le Dictionnaire de Larousse, San Costante n'était que la traduction du nom de sa femme qu'il avait ajouté au sien. Ces derniers documents m'ont été signalés par M. Luigi Ferri, qui a bien voulu rechercher pour moi la trace de cet ancien recteur).

Le décret qui établissait le concours pour toutes les chaires de facultés ou de lycées est du 17 juillet 1807; les professeurs de français y étaient soumis comme les autres (Voir le _Giornale italiano_ du 21 juillet 1807).

Dans l'enseignement libre, parmi les cours de français, nous citerons les suivants: Charles Rouy, après avoir fait quelque bruit à Milan par des leçons d'astronomie en 1809, annonça le 4 janvier de l'année suivante dans le _Giornale italiano_, la fondation d'une école secondaire française et italienne dans cette ville, rue du Gesù, n° 1285. La Bibliothèque Brera, à Milan, a de lui un _Saggio di cosmografia e descrizione del mecccanismo_, Milan, Pirotta, 1812, in-8.--Le 3 septembre 1809, Bern. Rossi annonça dans la même feuille des cours d'anglais, d'allemand, de français, d'italien qu'il ouvrait à Milan, rue de la Passarella, n° 517.--Le 26 septembre 1809, G. B. Scagliotti fit connaître par la même voie qu'il allait ouvrir, rue de la Marine, n° 1139, une triple école, 1° pour ceux qui ont les organes en bon état, 2° pour les sourds-muets; 3° pour les aveugles; que de plus il ferait pour les adultes des cours de psychologie et de grammaire philosophique; que par là il mettrait en état de comprendre non seulement les auteurs italiens, latins ou français, mais les anglais, etc.!

Nommons, en terminant, deux hommes qui firent aussi connaître la France en Italie: Ant. Eyraud, qui mérita, par ses leçons aux sourds-muets les éloges de Lodovico di Breme, aumônier du vice-roi et fils du prédécesseur de Vaccari au ministère de l'intérieur, et Louis Dumolard, qui ouvrit à Milan, derrière le _Coperto dei Figini_, près du café Mazza, un cabinet de lecture, fort bien fourni, pour les livres français (_Giornale italiano_ du 26 juillet 1808).

APPENDICE C.

Le personnel français au collège des jeunes filles de Milan.--La comtesse de Lort.--Mme de Fitte de Soucy.--Institutrices et professeurs de français.

LA COMTESSE DE LORT.

La Chesnaye-Desbois, dans son Dictionnaire de la Noblesse indique deux familles nobles de ce nom: l'une dont il écrit le nom en deux mots et qui était du bas Languedoc, l'autre dont il écrit le nom en un seul mot et qui était de Guyenne; c'est sans doute à cette dernière qu'appartenait la première Directrice du collège de Milan, non par la raison insignifiante que ses contemporains écrivent tous son nom en un seul mot, d'autant qu'elle même l'écrivait en deux, mais parce que La Chesnaye dit que quelques membres de cette deuxième famille s'étaient transportés en Lorraine. En effet, La Folie, dans le catalogue placé en tête de son histoire pseudonyme de l'administration du royaume d'Italie, nous apprend que Mme de Lort avait été chanoinesse; or, en 1785, parmi les _dames nièces_ du chapitre de Bouxières-aux-Dames, abbaye située à 8 kilomètres de Nancy, où l'on ne pouvait être admis qu'en prouvant seize quartiers de noblesse suivant les uns, neuf quartiers de chaque côté suivant les autres, on trouve une dame de Lort et une dame de Montesquiou[234]; et d'autre part, La Chesnaye nous dit qu'un arrêt qui établissait la noblesse purement militaire de la famille Delort de Guyenne, et que la Chambre des Comptes de Lorraine enregistra le 21 mars 1764, permit l'entrée de Mlle de Montesquiou, fille du chevalier Delort, commandant de la ville, et de la citadelle de Nancy, au chapitre de Bouxières. Ce chevalier et cette dame de Montesquiou sont évidemment parents de Caroline de Lort: reste à savoir à quel degré, ce que j'ignore.

En 1785, un membre de la même famille, De Lort de Saint-Victor, était membre du chapitre noble de la cathédrale de Nancy; à la même époque, un baron de Lort figurait parmi les Commandeurs de Saint-Louis pour le service de Terre; sa promotion remontait au 1er septembre 1766. (_La France chevaler. et chapitr._)

Je dois dire que M. Duvernoy, archiviste paléographe de Meurthe-et-Moselle, qui a bien voulu, à la prière de M. l'inspecteur général Debidour, consulter en ma faveur les archives et la bibliothèque de Nancy, m'avertit que d'après une liste des dames qui composaient le chapitre de Bouxières au moment où ce chapitre fut supprimé[235], Mme De Lort avait pour prénoms Marie-Rose, que sa parente y est appelée Marie-Thérèse-Agnès-Angélique De Lort-Montesquiou, et que ni l'une ni l'autre ne porte le prénom de Caroline, invariablement attribué à la Directrice du Collège de Milan. Mais l'assertion positive de La Folie que notre Directrice avait été chanoinesse, l'uniformité avec laquelle elle est appelée comtesse, me semblent exiger qu'on la reconnaisse dans une des deux Dames du chapitre de Bouxières et qu'on admette qu'après la Révolution elle aura pour une raison ou pour une autre signé avec un autre prénom.

Je dois également à M. Duvernoy le début de la lettre patente précitée: «Vu par la Chambre la requête à elle présentée par le Sr Maximilien De Lort, chevalier, seigneur de Montesquiou-Levantès, commandeur des villes et citadelle de Nancy, la dame Elisabeth-Agnès De Lort de Saint-Victor, son épouse, et le sieur Ch. Frédéric De Lort de Saint-Victor, brigadier des armées du Roi Très Chrétien, son lieutenant au Gouvernement de Strasbourg, chevalier seigneur de Tanviller, Saint-Maurice et Saint-Pierrebois, expositive que, étant originaires de Guyenne et du pays de Comminges, mais se trouvant établis en Lorraine... (Registre des arrêts d'entérinement de 1764; coté B. 258 aux Archives de Meurthe-et-Moselle, pièce n°11).

D'après les registres de la paroisse Notre-Dame de Nancy, Maximilien De Lort était mort le 6 décembre 1777, à l'âge de soixante-dix-sept ans (Henri Lepage, _Archives de Nancy_, Nancy, Wiener, 1865, p. 372 du IIIe vol.)

Mme DE FITTE DE SOUCY.

Une dame de Soucy est comprise, ainsi que la veuve de Bernardin de Saint-Pierre, parmi les dames dignitaires de Saint-Denis, dont Louis XVIII approuva la nomination le 26 mars 1816 (p. 400 de l'_Histoire de la Légion d'Honneur_ par Saint-Maurice, Paris, Dénain, 1833) et portée comme trésorière cette année-là et l'année suivante dans l'Almanach Royal, d'où elle disparaît en 1818; c'est sans doute l'ancienne Maîtresse du collège de Milan.

INSTITUTRICES ET PROFESSEURS DE FRANÇAIS.

Outre les dames citées au cours de notre étude[236], nous nommerons Mme Rollin, qui se trouvait en fonctions depuis environ deux ans lors de l'entrée des Autrichiens, et qui est indiquée comme Parisienne, ainsi que Mme Dehuitmuid, dans le tableau du personnel rédigé en cette occasion; vers la fin de 1815, rappelée chez elle pour des affaires de famille, elle donna sa démission.

Mme Joséphine De Laulnes ou Delaunes, qui figure dans le tableau du personnel de 1815.

Mme Gabrielle Rendu, fille d'un propriétaire de Gex, qui avait vingt-quatre ans, lorsqu'elle remplaça la précédente; toutefois, dans le tableau du personnel de 1822, on la fait naître à Mégrin-Genève.

Mme Maire, de Besançon, qui entra au collège, le 9 avril 1827, à trente-neuf ans, après avoir été dans l'établissement de Mme Lille (ou Lilla) Viala, et en sortit le 30 avril 1830.

Mme Negrotti, née à Marseille, était d'une famille gênoise; Mmes Paccoret, Laracine, Tisserand, institutrices au collège, à l'époque de la Restauration, étaient toutes trois de Chambéry; Mme Antoinette-Jeanne Berthollet, entrée le 19 avril 1831, était de Carouge, près Genève. J'ignore si Mme de l'Orne et Mme Luayon étaient des Françaises de France.

Garcin (J.-B. ou plutôt Balthazar) professeur de français au collège depuis l'origine, prit sa retraite en 1830. Le Rapport dans lequel on l'avait proposé pour cette place, lui attribuait la qualité de prêtre, de professeur de français au collège de Porta Nuova à Milan et l'âge d'environ quarante-cinq ans. Il eut pour successeur Salvatore Torretti, de Gênes, qui avait étudié à Paris, et qui, en 1830, avait cinquante-deux ans; Torretti employa dans son cours une grammaire de sa composition (Voir sur toutes ces personnes, les divers cartons relatifs au collège des jeunes filles de Milan, dans les Archives de l'État de cette ville).

APPENDICE D.

Élèves et professeurs italiens au collège de Sorèze pendant la Révolution et l'Empire.

Le général baron de Marbot a résumé dans ses Mémoires[237] l'histoire du collège de Sorèze, une des quatre maisons bénédictines où l'on avait entrepris de prouver que la suppression des jésuites ne privait pas irrévocablement le monde de maîtres habiles; les élèves y affluèrent bientôt, et l'on vit même beaucoup d'étrangers, surtout des Anglais, des Espagnols, des Américains, s'établir à Sorèze pour la durée des études de leurs enfants. Pendant la Révolution, à la vente des biens du clergé, le Principal, dom Ferlus, se porta acquéreur du collège et tout le pays lui facilita le payement. La maison comptait alors, s'il faut en croire le général, sept cents élèves; ce chiffre surprend un peu, d'autant qu'à une époque bien plus favorable, en 1802, le collège comptait seulement, d'après une brochure publiée cette année-là, le nombre déjà respectable de trois ou quatre cents écoliers. Il fallut seulement que le Principal feignant de s'accommoder aux idées du moment, tolérât chez les élèves une tenue passablement négligée, et déployât toutes les ressources de son esprit pour apprivoiser les représentants en mission, dont au reste il fit ce qu'il voulut.

Un peu après le temps où s'arrête, pour ce collège, le récit du général, la réaction sanglante qui accompagna en Italie la destruction des républiques fondées par la France, obligea de nombreux patriotes à chercher un refuge dans notre pays. Deux Italiens, qui ont laissé un nom dans la littérature, Urbano Lampredi et Filippo Pananti professèrent alors à Sorèze, après avoir lutté pour les idées nouvelles, l'un à Rome, l'autre en Toscane. Mais, parmi leurs élèves, se trouvaient beaucoup de leurs compatriotes dont plus d'un appartenait à des familles mêlées aux événements récents. Les Génois surtout connaissaient déjà le chemin de Sorèze; car une partie des jeunes gens qui, avant l'occupation de Gênes par les Français avaient essayé de renverser dans leur patrie le gouvernement aristocratique, sortaient de ce collège. Ce piquant détail d'une maison de bénédictins formant et recueillant des républicains italiens a échappé à l'auteur du Voyage à Sorèze (Dax. 1802), J.-B. Lalanne, et à celui de la Notice Historique de l'Ecole de Sorèze, Dardé. Voilà pourquoi nous donnerons le tableau suivant que le Père Louis Selva a bien voulu, avec la permission de M. le Directeur du collège, rédiger pour moi. Nous rangerons les élèves italiens d'après l'année de leur entrée au collège de Sorèze.

Ant. Greppi, de Milan (Probablement de la famille d'un des rédacteurs de la Constitution de la Cisalpine en 1797), entré en l'an VIII.

Léon. Bensa, de Gênes ou de Porto Maurizio[238], probablement de la famille du personnage du même nom qui a travaillé à la Constitution de la République Ligurienne; Gianpietro et Giuseppe Franco, de Gênes; Luigi, Giulio, Orazio, Galeas Calepio, de Bergame; Visconti, de Milan, parent peut-être de Franc. Visconti qui a fait partie du gouvernement de la Cisalpine; Giov. Carlo Bataglini, de Nice, entrés en l'an IX.

Giovanni et Ridolfo Castinella, de Pise (Ce sont évidemment les fils de Castinelli, chef des démocrates de Pise, dont M. Tribolati nous apprend que les fils vinrent étudier à Sorèze, à la suite des troubles de la Toscane. _Saggi critici e biografici_, Pise, Sproni, 1891, p. 260, n. 1), entrés en l'an X.

Angelo Campana, de Turin (dont le père servit avec honneur comme général dans les armées de Napoléon Ier); Franc. Guide, de Nice; Gius. Avogrado (sans doute, pour Avogadro), de Turin, de la famille de Pietro Avogadro, comte de Valdengo et Formigliana et membre du gouvernement provisoire que le Directoire avait institué en Piémont[239]; Auguste Sibille, de Nice; G. B. Bobone, de San Remo ou de Gênes; G. B. et Luca Podestà, de Gênes; Luigi Littardi, de Gênes, probablement de la famille de Nicoló Littardi, membre du Directoire de la République Ligurienne; Bartolomeo, Luigi et Enrico Boccardi, de Gênes; Giuseppe Franchetti, de Final, entrés en l'an XI[240].

Carlo Alessandro Camilla, de Turin; Francesco Gioan, de Nice, entrés en l'an XII.

Cesare Rufli, Ant. Feraudi, Charles Bades, Lorenzo Gioan, tous quatre de Nice; Em. Orosco, de Milan, entrés en l'an XIII.

Bartol. Pontio, de Gênes; Giov. Freppa, de Livourne; Luigi Grillo, de Moneglia; Bartol. Costa, de Gênes, de la famille de Paolo Costa, qui fut membre du gouvernement de la République Ligurienne, entrés en 1807.

Alexandre Roux, de Livourne, entré en 1808;

Luigi Viala, de Ferrare, entré en 1812.

À ces noms j'ajouterai ceux des enfants de Lavilla qui étudiaient à Sorèze en 1803, tandis que leur père et le beau-frère de celui-ci, Saint-Martin La Mothe, administraient des départements italiens (Préface du livre de Denina, _Dell'uso della lingua francese_... Berlin, 1803).

Les nominations obtenues par les élèves italiens pendant ces années (les registres du collège ne mentionnent pas d'italiens pour les années 1813 et 1814) prouvent qu'ils y firent très bonne figure, surtout les Castinella. Sans les transcrire, notons les titres des cours qu'on suivait au collège; on ne sera pas surpris d'apprendre qu'on enseignait à Sorèze, le latin, l'histoire, la géographie, la mythologie, l'éloquence, l'idéologie, la littérature, la géométrie, la physique, l'histoire naturelle, les langues vivantes; celles-ci avaient été dès l'origine cultivées dans le collège; M. Liard a rappelé que dom Ferlus a proposé un plan pour la réforme des Universités où figure l'étude de l'anglais et de l'allemand avec obligation aux candidats aux examens de Droit de connaître cette dernière langue; mais on s'attendait moins à des prix de statistique, de fortifications, de poésie dramatique, d'apologue, de poésie pastorale, de poésie lyrique, épique, didactique, de déclamation théâtrale.

Pananti, qualifié de citoyen d'abord, de monsieur ensuite, est porté sur les registres comme professeur d'italien, en l'an VIII, en l'an IX, en l'an X[241]; Lampredi, comme professeur de métaphysique et de physique générale, en l'an X; comme professeur de physique générale, de latin et de grec, en l'an XII; comme professeur de physique générale, de calcul différentiel et intégral en l'an XIII. Une telle variété d'attributions préparait ce dernier à mériter l'éloge que lui donne Lodovico di Breme (_Grand Commentaire sur un Petit Article_) quand il dit que lui et Carpani, professeurs à l'Ecole des Pages, le premier pour les mathématiques, le deuxième pour l'histoire, tempéraient heureusement l'instruction trop scientifique qu'on y donnait par les digressions qu'ils faisaient, l'un dans la théorie fondamentale du raisonnement, l'autre dans ses applications morales et politiques. D'après la Nouvelle Biographie Générale, Lampredi ne quitta Sorèze qu'en 1807.

Un de leurs collègues français de Sorèze, Cavaille, qui y enseigna de 1795 jusqu'à 1825, où ses opinions libérales lui firent perdre sa place, traduisit en vers Virginie, Saül et Myrrha, d'Alfieri; et, sans une cabale, Talma, dit-on, eût fait jouer ces traductions au Théâtre-Français. (Magloire Raynal, 1er volume de _Bibliographies et Chroniques Castraises_. Castres, 1833-7, 4 volumes.)

APPENDICE E.

Cours d'italien à Lyon sous Napoléon Ier.

Aux indications données dans cette étude j'ajouterai ce qui suit: dans le _Giornale Italiano_ du 15 juin 1812, Raymond annonce que l'Ecole de Commerce de cette ville, située Coteau du Verbe-Incarné, n° 153, enseignera, entre autres choses, l'italien et l'allemand. Dès avant la Révolution, entre 1780 et 1790, sur treize maîtres de langues étrangères, huit, dont six italiens, y enseignaient l'italien. Je dois cette dernière particularité à une obligeante communication de M. Bleton, membre de l'Académie de Lyon et secrétaire du palais des Arts, que M. Bayet, recteur de l'Académie de Lille, avait interrogé pour moi. L'italien était enseigné dans l'établissement fondé à Lyon par Esclozas et loué dans un article du _Courrier_ du 25 juillet 1786.

J.-B. Say, dans le fragment de Mémoires publié par M. Léon Say dans les _Débats_ du 8 juillet 1890, dit que, à neuf ans (par conséquent vers 1776), il fut mis dans la pension que venaient d'établir à une lieue de Lyon, au village d'Ecully, l'abbé Gorati et le Napolitain Giro, qui fut plus tard un des martyrs de la république parthénopéenne; que cette école, où l'on appliquait des méthodes très incomplètement inspirées par l'esprit philosophique, essuya des persécutions de la part de l'archevêque de Lyon; que, au surplus, les deux chefs de la maison étaient bons, dévoués à leurs élèves, et que, s'ils enseignaient fort mal le latin, ils enseignaient assez bien l'italien.

APPENDICE F.

Ginguené.

La vie et les ouvrages de Ginguené offriraient une étude très intéressante. D'une part, on y tracerait la triste et curieuse histoire de ces hommes honnêtes mais prévenus qui se laissèrent maladroitement entraîner à recommencer sous une autre forme la guerre que La Montagne avait faite au christianisme, qui se crurent modérés parce que, à la guillotine, ils substituèrent les tracasseries, les coups d'État sans effusion de sang et la déportation, qui achevèrent de perdre, par leur imprudence, la République qu'ils honoraient par leur désintéressement et qu'ils eurent l'honneur de regretter toujours. D'autre part, on comparerait les travaux de Ginguené sur la littérature italienne avec ceux de Tiraboschi, de Quadrio, de Fontanini, de Corniani, etc.; on y verrait l'esprit voltairien fausser quelquefois l'appréciation des siècles, mais diriger l'érudition au profit du bon goût et de la science véritable. Ginguené, dont la bibliothèque comprenait trois mille volumes italiens, avait de bonne heure et profondément étudié la littérature de nos voisins, mais il croyait qu'un érudit n'a fait qu'un tiers de sa tâche quand il a recueilli des faits, et qu'il lui reste à en discerner l'importance et à présenter d'une manière piquante ceux qui méritent d'être conservés.

Parmi les articles de journaux écrits contre Ginguené, à l'époque où son amour inquiet et intolérant pour la liberté s'exhalait dans son ouvrage _de M. Necker et de son livre intitulé De la Révolution française_, nous citerons la _Gazette française_ du 15 juillet 1797, qui commente le frontispice du 32e numéro de l'_Accusateur public_, de Richer Sérisy, où l'on voit _un petit homme comme Ginguené, chauve comme Ginguené, portant des lunettes comme Ginguené_, qui reçoit une bourse d'un homme en manteau de Directeur et bossu, c'est-à-dire de Larevellière-Lépeaux; le lieu de la scène est le club de Salm; tous les membres aiguisent des poignards; sur la figure de chacun d'eux, dit la _Gazette_, on peut mettre le nom d'un coquin connu. (Voir une autre annonce de ce numéro de l'_Accusateur public_, dans le _Courrier républicain_ du 15 juillet 1797. Le 30e numéro de l'_Accusateur public_ traite Necker aussi mal que faisait Ginguené, au nom de principes différents.) Par contre, quand, au lendemain du 18 fructidor, on planta un arbre de la liberté au club de Salm, et que Benjamin Constant harangua, du haut d'une galerie, l'assistance répandue dans le jardin, le directeur de l'instruction publique, Ginguené, qui chante, en l'honneur du récent coup d'État, des vers _qu'il faisait en quelque sorte à mesure qu'il les chantait_, reçoit les félicitations du Conservateur de Garat, Daunou et Chénier (numéros des 18 et 21 septembre 1797). Daunou écrira plus tard une notice très bienveillante sur Ginguené pour la deuxième édition de l'_Histoire de la littérature italienne_. Lady Morgan, qui avait visité Ginguené dans ses dernières années, lui consacre aussi un passage très sympathique, dans la relation de son voyage en France, aux pages 272-283 du deuxième volume de la traduction française (Paris, Treuttel et Wurtz, 1818, 2 vol. in-8).

Ginguené est encore fort maltraité par Mme Vigée-Lebrun, dans les _Portraits à la plume_, insérés à la suite de ses _Souvenirs_; par Mme de Genlis, au Ve vol., p. 281 et suiv. de ses _Mémoires_; par Chateaubriand, qui le citait avec honneur dans son _Essai sur les révolutions_, mais qui marque peu de sympathie pour lui, dans ses _Mémoires d'outre-tombe_, à la p. 239 du Ier vol., et à la page 223 du IIe.

Sur ses leçons à l'École normale, voir l'_Histoire littéraire de la Convention_, par Eug. Maron, p. 159-160, 328-331. M. Ristelhuber a rappelé la candidature malheureuse de Ginguené contre Andrieux, pour un fauteuil de l'Académie française, dans la préface des _Contes d'Andrieux_, pour l'édition de MM. Charavay, Paris, 1882.

Il importerait aussi d'examiner le rôle diplomatique de Ginguené en Italie[242]. Il a pu s'y montrer hautain à l'égard du roi de Sardaigne, et peu scrupuleux observateur de l'indépendance de la Cisalpine, comme le dépeint M. Tivaroni (_L'Italia durante il dominio francese_, I, 43, 47, 143); encore Ginguené protestait-il qu'il avait, au péril de sa vie, sauvé le Piémont de _révolutions subversives et sanglantes_, ajoutant que, quand on avait voulu un agent pour jouer un rôle perfide à Turin, on avait cherché un autre que lui (Lettre précitée à un académicien de l'Académie impériale de Turin). Quoi qu'il en soit, il paraît difficile d'admettre qu'il se soit fait donner des présents par le gouvernement provisoire de Turin, comme le dit encore M. Tivaroni, qui cite pourtant, mais sans en tenir compte, le jugement de Botta sur Ginguené: _homme vraiment probe, âme bienveillante_ (ceci est un peu exagéré, quoique Lady Morgan prétende qu'on disait _le bon Ginguené_), _esprit cultivé, mais imagination ardente, et très tenace dans ses idées_.

C'est dans les _Débats_ qu'il faut chercher les nombreux articles de Féletz, contre le cours de Ginguené à l'Athénée d'où est sortie l'_Histoire de la littérature italienne_; car Féletz ne les a pas tous recueillis dans ses _Mélanges_. En réponse à ses attaques quelquefois justes, plus souvent malveillantes, on peut citer les articles de Fauriel dans le _Mercure_ (31 août, 7 septembre, 19 octobre 1811, 5 décembre, 12 décembre 1812, 30 janvier 1813), et l'unanimité des journaux italiens du temps, par exemple le _Poligrafo_, de Monti du 21 avril 1811, du 16 février 1812; le _Conciliatore_ du 12 novembre 1818, du 1er avril 1819; le _Spettatore_, p. 335-9 et 353 du IXe volume; le _Giornale enciclopedico di Firenze_, p. 97 du IIIe volume. Une preuve curieuse de l'estime dont Ginguené jouissait en Italie, est que le _Giornale bibliografico universale_ déclare, dans son Ve volume, que la lettre où notre compatriote qualifie d'_ingrat_ et de _lâche_, le procédé fort étrange en effet d'Alfieri à son égard, est dictée par un _noble ressentiment_. Quelques-unes des dates qui précèdent prouvent que ce ne fut pas seulement sous la domination française qu'on s'exprima ainsi. D'ailleurs, Ginguené ne comptait pas parmi ceux dont le gouvernement français eût récompensé les flatteurs. Enfin, veut-on des témoignages intimes? Sismondi s'exprime avec éloge sur l'ouvrage de Ginguené dans ses lettres à la comtesse d'Albany, et Giordani écrit à Cicognara: «Si Ginguené veut savoir combien d'Italiens l'estiment et l'aiment, ne manque pas de m'inscrire sur ce très long catalogue.» (Lettre du 14 juillet 1813, p. 55 du IIIe volume de son _Epistolario_.)

APPENDICE G.

Conversion de La Harpe.--Sa conduite pendant la Terreur.

Les défauts de La Harpe, en survivant à sa conversion, ne contribuèrent pas peu à la faire taxer d'hypocrisie par les philosophes. Toutefois, non seulement Mme de Genlis, qui avait autant à se plaindre qu'à se louer de lui, mais Benjamin Constant qui était allé, dans le feu de la polémique, jusqu'à dire que La Harpe avait été _athée par peur_, et, avant eux, Daunou, Dacier, Morellet, ont rendu hommage à la sincérité de son changement[243]. On trouve, d'ailleurs, dans ses controverses contre les philosophes, dans son _Apologie de la religion_ qui fait partie des _OEuvres choisies et posthumes_, des passages touchants ou énergiques d'autant plus concluants que le talent naturel de La Harpe n'était pas de ceux qui suppléent à une émotion véritable. Dans l'article du _Cours de littérature_ sur Diderot, par exemple, il relève vivement le mot célèbre: «Élargissez Dieu!» il montre combien il est faux que les gens du peuple croient que Dieu est renfermé dans les églises, en donne pour preuve la fête des Rogations et, à propos des arrêtés qui interdisent cette fête, s'écrie en apostrophant Diderot: «Ah! lorsque Dieu et ses adorateurs sont légalement confinés dans les temples, ce mot qui, dans ta bouche, n'était qu'un extravagant blasphème; ce mot, pris dans un sens trop réel et trop juste; ce mot nous appartient aujourd'hui, et c'est bien nous qui avons le droit de dire: «Élargissez Dieu!» On pourra lire encore, dans la préface de son _Apologie de la religion_, quelques lignes émouvantes sur le bienfait que Dieu accorde aux incrédules quand il les éclaire, et cette forte peinture de la jalousie des philosophes contre l'Église: «J'ai vu moi-même mille fois saigner cette plaie honteuse, surtout depuis que nos philosophes, faisant corps sous les remparts de l'Encyclopédie, enhardis les uns par les autres, fortifiés par la renommée littéraire devenue une espèce d'idole pour un peuple qui ne voulait plus avoir que de l'esprit, en vinrent jusqu'à s'indigner tout haut qu'il y eût au monde une autorité, une puissance au-dessus des _précepteurs du genre humain_, titre modeste, comme on voit, et qu'ils se prodiguaient à tout moment les uns aux autres en prose et en vers.» De même le passage où il se promet de montrer _combien ceux qui s'exagèrent la puissance révolutionnaire et ses effets possibles et sa durée probable, sont loin de la juger dans leurs craintes comme elle se juge dans les siennes_[244]. Il y a aussi de la sensibilité dans les passages où La Harpe cite, pour les condamner, ses anciens sarcasmes contre le christianisme. Enfin cette Apologie et son Discours sur le style des prophètes et l'esprit des Livres saints attestent qu'il a compris et goûté l'Écriture. Dans ce dernier ouvrage, il explique judicieusement qu'il ne faut pas confondre les exigences particulières du goût de chaque nation avec les règles universelles du goût; que, d'ailleurs, quand on approfondit les sentiments qui font parler les écrivains hébreux, notre goût même cesse de réclamer; que les répétitions d'idées, de sentiments dans les _Psaumes_ sont les effets naturels de l'amour pour Dieu qui y déborde, car _celui qui aime ne s'occupe uniquement qu'à répandre son âme devant ce qu'il aime et à exprimer ce qu'il sent, sans songer à varier ce qu'il dit_. L'éloquence des Psaumes, qui triomphe de ses scrupules littéraires, touche aussi son coeur: il affirme que nul écrivain non chrétien n'a si bien peint la bonté familière qui, suivant un prophète, _retournerait le lit de l'homme qui souffre_, et qui, jointe à la plus magnifique peinture qu'on ait jamais faite de la majesté de Dieu, forme _une démonstration morale venue de l'inspiration divine_; et montre que si, de tout temps, on a détesté le vice, seuls, dans l'antiquité, les prophètes ont souffert à la vue des péchés d'autrui.

On retrouve malheureusement l'âpreté habituelle de La Harpe dans la manière dont il s'exprime sur les incrédules dans son _Apologie de la religion_, soit parce que, en psychologue de l'ancienne école, il sait mal apercevoir chez le même homme des qualités contradictoires, soit parce qu'il était malaisé d'apprécier la philanthropie de Voltaire et de Rousseau au moment où leurs disciples venaient de gouverner par la guillotine. Il va jusqu'à absoudre l'inquisition et les supplices d'hérétiques, sinon comme hérétiques du moins comme factieux. Mais l'intolérance, qui n'est pas en elle-même un signe de foi, n'est pas non plus un signe d'hypocrisie.

Quant au reproche souvent répété d'avoir sous la Terreur flatté et excité la démagogie, La Harpe ne le mérite point davantage.

Sans doute, il avait partagé à cette époque l'espérance haineuse que caressaient également Mirabeau, les Girondins et Robespierre, de voir bientôt disparaître le catholicisme. Il faut en croire l'abbé Morellet, quand il dit au chapitre XXII de ses _Mémoires_ que La Harpe _venait s'asseoir content de lui-même_ entre l'abbé Barthélemy et lui à l'Académie française, _après avoir imprimé dans le «Mercure» contre les prêtres une satire sanglante_: tel est en effet l'esprit qui inspire tous les articles de critique littéraire insérés alors dans ce journal par La Harpe[245], mais il ne faut pas faire de lui un pourvoyeur ni un panégyriste de l'échafaud.

1° Les expressions de la fameuse _Ode_ lue au Lycée le 3 décembre 1792, où Palissot voit une glorification des massacres de septembre, s'appliquent au 10 août; les menaces que La Harpe y fait entendre visent les ennemis du dehors.

2° On a dit souvent qu'il avait, dès 1792, coiffé spontanément le bonnet rouge au lycée. Il s'est expliqué sur ce point dans le _Mémorial_ du 10 juillet 1797; il y déclare que c'est au renouvellement des cours de 1794, et pour obéir à une disposition prise par les administrateurs du Lycée, qu'il s'en coiffa un instant, comme ses collègues Sue, Deparcieux, Le Hoc; et je n'ai pas vu que les deux journaux contre lesquels il se défend, dans cet article, d'avoir appuyé la Terreur, le _Journal de Paris_ et le _Rédacteur_, feuille en partie officielle, contredisent cette réplique[246].

3° Attaqué sur ses articles du _Mercure_, notamment le 6 juillet 1797 par le _Journal de Paris_, La Harpe a prouvé victorieusement que, durant l'année 1793, longtemps encore après le 31 mai, il n'avait cessé d'y faire entendre à la Convention de sages et courageuses vérités[247]. Il est inutile de transcrire tous les passages qu'il cite, je me bornerai à cette phrase que j'ai relevée dans le _Mercure_ même[248], sur l'imprudente déclaration de guerre faite aux puissances; après avoir dit que la politique d'un peuple libre _ne doit être que la fermeté calme et intrépide d'une nation qui a proclamé son indépendance, et non l'orgueil insensé qui proclame la guerre contre tous les rois_, il ajoute: «Nous avons fait de cruelles fautes, parce que l'ostentation d'un charlatanisme mercenaire a pris la place de ce courage tranquille et désintéressé qui caractérise les vrais républicains.» Qu'on lise les autres articles de 1793 auxquels il renvoie, et l'on avouera que peu de victimes des _décemvirs_ avaient condamné plus fortement leur politique.

4° M. Aulard a très justement blâmé La Harpe, dans la _Justice_ du 25 novembre 1889, d'avoir proposé, au club des Jacobins, le 17 décembre 1790, d'ôter des tragédies les maximes monarchiques, et, dans le _Mercure_ du 15 février 1794, de faire disparaître sur les livres de la Bibliothèque nationale les armoiries royales; il s'est félicité à bon droit que La Harpe n'ait pas reçu satisfaction sur ce dernier point. Ces deux motions de La Harpe étaient à la vérité fort ridicules. Mais heureux qui, parmi les hommes en vue de cette époque d'affolement, n'a dénoncé que des vers, même classiques, et des armoiries, même artistiques, alors qu'autour de lui, par frénésie, par rancune ou par peur, tant d'autres demandaient ou accordaient la tête d'un Lavoisier, d'un André Chénier, d'un Malesherbes!

Il faut toutefois reconnaître que le courage de La Harpe a fini par faiblir, vaincu par la durée affreuse et l'accroissement incessant du péril. Il ne faut sans doute pas abuser contre lui d'une assertion de Laya déclarant, près de quarante ans après, avoir vu, au lendemain du 10 thermidor, une lettre pleine de flagornerie, que, du fond de sa prison, La Harpe aurait écrite à Robespierre à propos de son discours en l'honneur de l'Être suprême[249]; car, outre que la mémoire de Laya a pu le tromper sur l'existence ou sur l'auteur de cette lettre, il a pu à distance s'en exagérer la politesse. Mais il y a dans le _Mercure_ de 1794 quelques passages que La Harpe n'a pas réussi à justifier. Il prétend que ce sont des expressions à double entente que ces épithètes de _mémorable_, de _si constamment et si éminemment révolutionnaire_ qu'il applique le 15 février 1794 à la Commune de Paris dans un article de complaisance sur les poésies d'un de ses membres, Dorat-Cubières; il explique de même le passage du 8 mars, dans lequel il dit que, si l'on n'avait pas encore formé le projet de reviser les noms des rues de Paris, _c'est qu'il n'y avait pas non plus de modèle de cette autorité révolutionnaire qui a produit tant de merveilles inouïes jusqu'à nos jours, parce qu'elle tient à un enthousiasme patriotique qui se porte sur tout et fait exécuter d'un commun accord ce qui, par sa nature, ne saurait se commander et ce que, partout ailleurs, on tenterait vainement_. Mais en vérité, à lire ces deux articles, il est impossible d'y apercevoir l'ironie que l'auteur des courageux articles de 1793 avait peut-être voulu y mettre. Or, un compliment ironique dont l'intention moqueuse passe inaperçue ressemble fort à une flatterie.

Il se peut donc que La Harpe ait cédé à un moment de défaillance, mais il a racheté cette faiblesse, d'abord par sa détention de quatre mois (avril-juillet 1794) qu'il encourut pour avoir blessé les puissants du jour, soit dans leur fanatisme politique, soit dans leur vanité de littérateurs[250], puis par l'intrépidité avec laquelle, depuis sa sortie de prison, il lutta pour ses croyances. Si sa conversion ne l'a guère rendu plus charitable[251], ni plus modeste, elle l'a rendu plus courageux; c'est une nouvelle preuve qu'elle fut sincère.

On n'a voulu voir dans sa polémique de 1795 et de 1797 que l'emportement d'un zèle aussi impuissant qu'imprévu, comme si, à braver la Convention et le Directoire, il n'avait encouru que des épigrammes. N'est-ce donc rien que d'avoir dû se cacher un an après le 13 vendémiaire, deux ans après le 18 fructidor? On ne l'inquiéta pas durant ces retraites forcées; mais serait-il mort dans son lit si les agents de Larevellière l'avaient arrêté en 1797? La _Décade_ du 10 frimaire an IX raille comme plat et injuste le mot de La Harpe, qu'au 18 fructidor _on ne tuait plus, mais on faisait mourir_; la bonne _Décade_ prend apparemment pour une excursion de plaisance la déportation à la Guyanne, et croit que tout le monde en est revenu. Faut-il d'ailleurs oublier le dénuement auquel l'impossibilité de reparaître en chaire condamnait La Harpe[252]?

Refusons-lui donc l'aimable modération qui attire la sympathie, mais accordons-lui, pour sa conduite pendant ses dernières années, la loyauté courageuse qui commande l'estime[253]!

APPENDICE H.

Liste des professeurs de l'Athénée.

On nous pardonnera sans doute les lacunes de ce tableau qui, tout incomplet qu'il est, nous a coûté de très longues recherches. Les programmes des cours se publiaient tantôt en octobre, tantôt en novembre, tantôt en décembre, quelquefois en janvier; un même journal ne les publiait pas toujours: on voit combien pour trouver celui d'une seule année il faut feuilleter de périodiques, quand on n'a pas la chance rare de mettre la main sur les prospectus que l'établissement publiait.

Pour les années antérieures à 1789, à la réserve de 1785, je ne puis rien ajouter aux indications fournies dans mon étude, sauf que Chazet (Éloge de La Harpe, 1805) compte, comme La Harpe dans sa Correspondance Russe, Marmontel et Monge parmi les professeurs de la maison, et que d'autre part on ne trouve rien à cet égard dans les _Mémoires_ de Marmontel ni dans les notices composées sur Monge par son neveu Barnabé Brisson et par Charles Dupin.

1784-1785.

Mithouard (chimie); Deparcieux (physique); Flandrin (hippiatrique); Sue (anatomie); Prévost (mathématiques et astronomie); l'abbé Curioni (italien); Lenoir (anglais); l'abbé Pelicer (espagnol); Friedel (allemand) (_Liste de toutes les personnes qui composent le premier Musée_... 1785).

1789-1790.

Aux professeurs que j'ai cités pour cette année, il faut, d'après la _Chronique de Paris_, du 4 décembre 1789, ajouter l'abbé Ray, qui, l'histoire naturelle ne pouvant être enseignée par un seul maître, se chargea d'un cours de zoologie. Pendant cette année lycéenne, La Harpe se fit quelquefois remplacer par Jacques-François-Marie de Boisjolin, lecteur du duc de Montpensier; celui-ci, selon l'article que lui consacre la _Nouvelle biographie générale_, aurait simplement lu au Lycée les cahiers de La Harpe; mais l'article de la _Chronique de Paris_, du 27 mars 1790, ne paraît pas réduire M. de Boisjolin à ce rôle effacé. Le _Moniteur_ du temps donne de nombreux extraits du cours de l'avocat de La Croix, sur lequel on peut consulter, outre la Table de ce journal, pour la suite de sa vie, ses propres ouvrages: _Constitutions des principaux États de l'Europe et des États-Unis d'Amérique_; le _Spectateur français pendant le gouvernement révolutionnaire_. (En 1815, il donna une édition retouchée de ce dernier ouvrage,) Le _Moniteur_ du 10 février 1790 donne des détails sur le cours de Fourcroy.

1790-1791.

La _Chronique de Paris_ du 9 janvier 1791 dit que le Lycée maintient, cette année, avec les mêmes professeurs, les mêmes cours que l'année précédente, savoir: littérature, histoire, physique, chimie, anatomie, histoire naturelle, anglais, italien. Sur les leçons d'ouverture de Fourcroy, Sue, Boldoni, La Harpe, voir le numéro de ce journal du 13 janvier 1791. Pendant cette année, le Lycée projeta un cours d'allemand et ouvrit un cours de grec fait par un Grec (_ibid._, n°s du 11 février et du 4 mai 1791.) Sur les embarras financiers du Lycée à cette époque, voir ibid., n°s du 13 septembre et 26 décembre 1790 et du 9 janvier 1791. Consulter encore sur le Lycée le même journal, p. 139 du IIe volume, p. 377 du IVe et le _Moniteur_ du 14 janvier 1791.

1791-1792.

Le registre des assemblées générales des nouveaux fondateurs du Lycée donne, pour cette année, le 17 août 1792, à la fois les noms et les honoraires: Fourcroy, 2000 fr.; Deparcieux, _id._; Garat, 1000 fr.; Sue, 1200 fr,; Roberts (Anglais), 800 fr.; Boldoni (Italien), _id._; Selis (qui, à défaut de La Harpe, avait fait lire un cours de littérature), 300 fr.; Domergue, _id._ (Manusc. Bibliothèque Carnavalet). Durant cette année, Cailhava fit un cours de littérature dramatique et Sicard donna quelques séances.

AN I, 1792-1793.

Fourcroy, Deparcieux, Sue, Roberts, Boldoni, tous aux mêmes conditions que l'année précédente; La Harpe, 1800 fr.; Thiéry, suppléant de Garat, 600 fr.; Brongniart, 300 fr. (Même registre, 2 août 1793). À la date du 6 novembre 1792, il y avait été dit que Fourcroy, n'ayant pas le temps de faire ses deux leçons par semaine, en confierait une à Vauquelin. Le _Moniteur_ du 26 novembre rédige ainsi la liste: Deparcieux (physique); Fourcroy et Vauquelin chimie; _id._, pour l'histoire naturelle; Sue (anatomie et physiologie); La Harpe et Selis (littérature); Garat et Théry (histoire); Roberts (anglais); Boldoni (italien); dans les séances extraordinaires, Delille, Sélis, Sicard, M. Chuquet, dans le compte rendu qu'il a bien voulu faire de ma première étude sur ce sujet (_Revue critique_, 4 novembre 1789), dit que le dimanche 20 janvier 1793, Roederer ouvrit au Lycée un cours d'organisation sociale, et que le mercredi 27 février de la même année, dans une séance extraordinaire, Gail lut une traduction de quelques morceaux de Bion et d'Anacréon, et Sélis la première partie de l'_Anecdote de M. Salle_.

AN II, 1793-1794.

Deparcieux (physique); le même (mathématiques pures et appliquées); La Harpe; Ventenat (botanique); Sue (anatomie et physiologie); Parmentier (économie rurale); Boldoni; Garat (histoire); Tonnelier (minéralogie); Fourcroy (chimie); Hassenfratz (arts et métiers); Richard (zoologie); Publicola Chaussard (droit public); Le Hoc (lectures sur les rapports politiques et commerciaux de la France avec l'étranger)[254].

AN III, 1794-1795.

La Harpe[255], Garat, Molé (déclamation); Mentelle (géographie); Deparcieux, Fourcroy; les autres cours, dont la _Décade_ du 10 nivôse an III, que nous suivons ici, n'indique pas les professeurs, sont la zoologie, l'anatomie, la botanique, la minéralogie, les mathématiques, les arts et métiers, l'économie rurale, l'italien et l'anglais. Le _Moniteur_ du 30 décembre 1794 annonce qu'à la séance d'ouverture, La Harpe lira un discours sur la guerre déclarée par les derniers tyrans à la raison, à la morale, aux lettres et aux arts (ce morceau fait partie du cours de littérature); Le Hoc présentera des considérations sur la Hollande et l'Angleterre; Boldoni traitera des troubles de Florence et de Dante. Il ajoute qu'à la demande de beaucoup de citoyens retenus par leurs affaires durant la journée, les deux séances décadaires du cours de littérature auront lieu le soir, que les cours de Sicard (grammaire générale), et de Molé (déclamation), ne pourront s'ouvrir dans la première décade. Le professeur de botanique était alors Ventenat, qui publia aussitôt son cours sous ce titre: _Principes élémentaires de botanique expliqués au Lycée républicain_, Paris, Sallior, 1794-1795, in-8.

AN V, 1796-1797.

Le registre des Assemblées générales donne, à la date du 16 messidor, un nom de plus que notre liste empruntée au _Journal de Paris_, celui de Perreau (cours sur l'homme physique et moral), et trois noms en moins: Gautherot, Coquebert, Sicard.

AN VI, 1797-1798.

Deparcieux (physique expérimentale); Fourcroy (chimie élémentaire et chimie appliquée à la physique; ces deux cours sont distincts); Brongniart (histoire naturelle); Sue (anatomie et physiologie); Coquebert (géographie physico-économique); Hassenfratz; anglais, italien (_Décade_ du 10 frimaire an VI).

AN VII, 1798-1799.

Mercier (littérature); Garat, Fourcroy, Brongniart, Deparcieux, Sue, Boldoni, Roberts, Weiss, ce dernier pour l'allemand (_Révolution française_ du 10 juin 1888; toutefois, on voit par la _Décade_ du 10 thermidor an V que Garat ne fit pas son cours cette année).

AN VIII, 1799-1800.

Fourcroy, Brongniart, Sue, Hassenfratz (arts et métiers); Coquebert (géographie physico-économique); Roberts; Boldoni. Ces deux derniers touchent 800 francs chacun; Fourcroy 1500; les autres 1200. Ginguené, Demoustier, Ducray-Duminil, Butet offrent gratuitement des cours, les trois premiers sur la littérature, le quatrième sur la physique (_Décade_ du 10 frimaire an VII; Délibérations et Arrêtés du conseil d'administration, 29 fructidor an VII). Fourcroy, ayant été chargé de fonctions publiques par Bonaparte, fut suppléé par Brongniart, que Cuvier s'offrit à suppléer (V. le même registre manuscrit de délibérations, 15 nivôse an VIII, au musée Carnavalet).

AN IX, 1800-1801.

Butet (physique expérimentale); Fourcroy (chimie); Cuvier (histoire naturelle); Sue (anatomie); Moreau (hygiène); Hassenfratz (arts et métiers); Adolphe Leroi (éducation des facultés physiques et morales de l'homme); La Harpe (littérature, en particulier étude de l'éloquence et de la philosophie au dix-huitième siècle); Garat (histoire, surtout celle de l'Égypte); De Gérando (philosophie morale); Legrand (principes généraux de l'art du dessin et histoire de l'architecture); Roberts (étude des poètes anglais); Boldoni (étude de la versification italienne). Il y aura en outre des séances littéraires, dont quelques-unes seront consacrées à la grammaire générale, et Sicard y prêtera son concours (_Moniteur_ du 13 brumaire an IX). Toutefois, les délibérations et arrêtés du conseil d'administration, à la date du 27 prairial an IX, portent seulement à l'article des professeurs de cette année: La Harpe, 2,400 fr.; Fourcroy, 1,200 fr.; Cuvier, _id._; Hassenfratz, Sue, De Gérando, Roberts, Boldoni, 600 fr. chacun.

AN X, 1801-1802.

Butet (physique); Fourcroy (chimie); Cuvier (histoire naturelle); Ventenat et Mirbel (botanique); Sue (anatomie et physiologie); La Harpe (littérature); De Gérando (philosophie morale); Hassenfratz (arts et métiers); Legrand (architecture); Roberts (anglais); Boldoni (italien); Weiss (allemand) (_Moniteur_ du 18 brumaire an X).

AN XII, 1803-1804.

Biot (physique); Fourcroy et Thénard (chimie); Sue; Cuvier; Mirbel (botanique); Hassenfratz (arts et métiers); Lavit (perspective); Vigée (littérature); Garat (histoire de la Grèce); Ginguené (histoire littéraire moderne); Sicard (grammaire générale); Roberts, Boldoni (_Décade_, 30 vendémiaire an XII).

AN XIII, 1804-1805.

Biot (physique expérimentale); Fourcroy et Thénard (chimie); Sue (anatomie et physiologie); Cuvier (histoire naturelle); Coquebert-Monbret (géographie physique et économique); Mirbel (botanique); Hassenfratz (arts et métiers); Vigée (littérature); Sicard (grammaire générale); Roberts (anglais); Boldoni (italien). (_Moniteur_ du 12 novembre 1804.)

AN XIV, 1805-1806.

Biot (physique expérimentale); Fourcroy et Thénard (chimie); Sue; Richerand (physiologie); Esparron (hygiène); Cuvier, Mirbel (physiologie végétale et botanique); Ducler (cosmographie et géologie); Hassenfratz, Vigée, Ginguené, Millin (histoire des arts chez les anciens); Sicard, Roberts. Boldoni (_Décade_, 10 frimaire an XIV, 1er décembre 1805). Le _Moniteur_ du 3 février 1806 donne quelques détails sur les cours de Hassenfratz, Fourcroy, Thénard, Esparron, Biot, Cuvier, Ducler, Ginguené, Boldoni, Roberts, Vigée, et ajoute que Desodoarts a continué la lecture de son histoire de France.

1806-1807.

Trémery (physique expérimentale); Fourcroy et Thénard (chimie); Sue (anatomie et physiologie); Richerand (physiologie); Esparron (hygiène); Cuvier (histoire naturelle); Ducler (cosmographie et géographie); Ampère (théorie des probabilités appliquée aux diverses branches des connaissances humaines); Hassenfratz (arts et métiers); Chénier (origines et progrès de la littérature française); Ginguené (littérature italienne); J.-J. Combes-Dounous, ex-législateur (histoire des guerres civiles de la république romaine); Desodoarts (histoire de France); Roberts (anglais); Boldoni (italien) (_Moniteur_ du 29 novembre 1806; on y trouve des détails sur les cours que doivent faire ces professeurs.)

1807.

Voir dans les délibérations et arrêtés de l'établissement quelques traits de délicatesse, de causticité et d'irascibilité de Joseph Chénier.

1807-1808.

Trémery (physique expérimentale); Thénard (chimie); Pariset (organisation de l'homme); Richerand (physiologie); Esparron (hygiène); Cuvier (histoire naturelle des animaux); Ducler (cosmographie et géographie); Boldoni (italien); Roberts (anglais). (_Moniteur_ du 6 novembre 1807; on y voit que Boldoni avait été autrefois professeur dans les écoles centrales, de même que Roberts, qui avait de plus enseigné à l'École royale militaire, et qui était alors professeur au lycée Napoléon; on y voit aussi que durant cette année les cours littéraires seront remplacés par des séances littéraires où on lira des morceaux acceptés par Legouvé, Luce de Lancival et Parceval de Grandmaison.)

1808-1809.

Cuvier, Trémery, Thénard; Barbier (botanique et physiologie végétales); Pariset (physiologie et anatomie); Esparron (hygiène); Prévost d'Iray, inspecteur général des études (histoire moderne); Ducler (histoire et géographie); J.-J. Leuliette (histoire littéraire); de Murville (littérature et poésie); Roberts, Boldoni. (_Moniteur_ du 3 octobre 1808.)

1809-1810.

Cuvier, Trémery, Thénard, Barbier, Pariset; Ducler (chronologie, histoire et géographie); Caille (botanique); Népomucène Lemercier (littérature générale); Boldoni, Roberts. (_Moniteur_ du 4 novembre 1809.)

1810-1811.

Sur le cours d'histoire de l'éloquence professé pendant cette année par Victorin Fabre, voir le _Moniteur_ du 14 décembre 1810, le _Mercure de France_ des 9 et 23 février et du 27 juillet 1811.

1811-1812.

Thénard (chimie); Trémery (physique); Chaussard (littérature); de Blainville (zoologie); Gall (physiologie générale de l'homme et particulièrement du cerveau). (_Gazette de France_ du 24 novembre 1811. Je ne suis pas sûr que la liste donnée par ce journal soit complète.)

1812-1813.

Les _Débats_ du 19 février 1813 annoncent que Lhéritier (géomètre, alors âgé de vingt-trois ans) ouvrira le 4 du mois suivant un cours d'arithmétique de la vie humaine à l'Athénée.

1813-1814.

Aimé Martin (littérature française); Thénard; Pariset (physiologie et hygiène); Trémery (physique); Jussieu (minéralogie), (_Débats_ du 3 novembre 1813. Cette liste doit être fort incomplète.)

1814-1815.

Thénard; Jay (histoire); Trémery, Pariset; Lemercier (littérature); Lucas (minéralogie); Virey (histoire naturelle générale); Circaud des Gelins (physiognomonie). (_Débats_ du 1er novembre 1814. Liste incomplète.)

1815-1816.

Le _Moniteur_ du 11 décembre 1815 annonce que Ch. Lacretelle va ouvrir un cours d'histoire ancienne à l'Athénée.

1816-1817.

Thénard; Say (économie politique); Trémery (physique); Buttura (littérature italienne); Hippolyte Cloquet (physiologie); Pariset (entendement humain); Rougier de la Bergerie (agriculture et physique végétale); Brès (physiologie appliquée aux beaux-arts); Michel Beer (littérature allemande). (_Débats_ du 9 novembre 1816. Liste incomplète.)

1817-1818.

Trémery; Chevreul (chimie); de Blainville (zoologie); Cloquet; Pariset (entendement humain); Tissot (littérature); Choron (théorie de la musique); Roberts, Boldoni. Benjamin Constant (lectures sur l'histoire et le sentiment religieux). (_Débats_ du 7 novembre 1817.)

1818-1819.

Say (économie politique); Trémery (physique); Magendie (anatomie et physiologie); Orfila (chimie); Buttura (littérature italienne); Bérenger (droit naturel et des gens); de Blainville (zoologie); de la Bergerie (agriculture); Benjamin Constant (maximes fondamentales de la Constitution anglaise). (_Débats_ du 3 novembre 1813, _Moniteur_ du même jour.) Buttura a publié chez Firmin Didot, en 1819, le discours qu'il avait prononcé à l'Athénée le 6 mars de cette année sur la littérature de son pays.

1819-1820.

Fresnel (physique); Magendie (anatomie et physiologie); Daunou (lectures sur l'histoire); Despretz (chimie); Lemercier (lectures sur la littérature); de Blainville, le baron Fourier, de l'Institut d'Égypte (cours tout neuf sur les applications des mathématiques aux besoins de la société); Alex. Lenoir (antiquités). (_Débats_ du 13 novembre 1819, et Programme imprimé, à la bibliothèque Carnavalet.)

1820-1821.

Trognon (histoire); Pouillet (physique); Robiquet (chimie); Magendie (anatomie et physiologie); Jouy (littérature et morale); Flourens (théorie des sensations); de Blainville; Francoeur (astronomie). (_Débats_ du 16 novembre 1820. Liste incomplète.)

1821-1822.

Pouillet, Robiquet, de Blainville, Magendie, Francoeur; Const. Prévost (géologie appliquée aux environs de Paris); Lingay (littérature); Azaïs (philosophie générale)[256].--Nous avons dit qu'Azaïs a publié son cours.

1822-1823.

Pouillet, Robiquet, de Blainville, Magendie; Levillain (géographie générale); Berville (littérature); Victorin Fabre (recherches sur les principes de la société civile); Mignet et Bodin (histoire). Outre ces cours, Jomard, de l'Institut, traitera des sciences et arts chez les anciens Égyptiens; Denon, de l'Institut, donnera plusieurs séances sur l'étude de l'art par les fac-similés; Lenoir traitera des antiquités de Paris; Viennet, Merville, Boucharlat et plusieurs hommes de lettres feront des lectures[257]. Sur le cours de Fabre, voir l'article de Sainte-Beuve sur lui dans les _Portraits contemporains_.

1823-1824.

Pouillet; Dumas (chimie); Magendie; Francoeur (astronomie); Parent Réal (littérature); Villenave (histoire littéraire de la France); Merville (art oratoire); Mignet (histoire d'Angleterre); outre ces cours, Jomard, Denon, F. Bodin, Victorin Fabre, le baron de la Bergerie, Dubois, Febvé Savardan et autres hommes de lettres ont promis des lectures[258].

1824-1825.

Pouillet, Dumas, Magendie, de Blainville, Ad. Brongniart, Eus. de Salles, Villenave; Amaury Duval (histoire philosophique des beaux-arts); Dunoyer (morale et économie politique); Artaud (tableau de la littérature en Europe aux quinzième et seizième siècles); Mignet, Casimir Bonjour, d'Anglemont, etc., feront des lectures[259].

1825-1826.

De Montferrand (physique); Dumas (chimie); Magendie (physiologie); de Blainville (zoologie); Eusèbe de Salles (hygiène); Auzoux (anatomie au moyen de pièces artificielles); Const. Prévost (géologie générale); Babinet (météorologie); Villenave (histoire littéraire de la France); Gall (philosophie des facultés intellectuelles); Dunoyer (morale, et économie politique); Alexis de Jussieu (considérations sur la civilisation aux dix-huitième et dix-neuvième siècles)[260].

1826-1827.

De Montferrand, Dumas, de Blainville, Constant Prévost, Villenave; Adolphe Brongniart (anatomie et physiologie appliquées à l'agriculture et à l'horticulture); Amussat (anatomie); Bertrand (extase et magnétisme animal); baron Ch. Dupin (forces productives et commerciales de la France); Crussole-Lami (histoire de la révolution des Pays-Bas); Buttura (poésie italienne). De plus, Auzoux fera quelques démonstrations avec les pièces articulées de son invention, et Maisonabe quelques leçons sur les difformités dont le corps humain est susceptible (_Moniteur_ du 26 novembre 1826). Ch. Dupin a publié son cours, Paris, Bachelier, 1827, 2 vol. in-4°.

1827-1828.

Gall (philosophie); Adolphe Blanqui (histoire de la civilisation industrielle des nations européennes); Levasseur (éloquence française); Parisot (l'école romantique); de Blainville (zoologie); de Montferrand (physique); Dumas (chimie appliquée aux arts); Constant Prévost (géologie); Adolphe Brongniart (physiologie comparée des végétaux et des animaux); Amussat (anatomie et physiologie); Mélier (médecine publique). (_Courrier français_ du 8 décembre 1827.)

1828-1829.

Pouillet (physique); Dumas (chimie); Constant Prévost (géologie); Bory de Saint-Vincent (géographie physique); Babinet (météorologie); Amussat (anatomie et physiologie); Trélat (hygiène); Armand Marrast (philosophie); Amédée Pommier (littérature); Doin (histoire des établissements d'utilité publique en France depuis le dixième siècle); Adol. Blanqui (économie politique). De Guy, avocat, ex-professeur de rhétorique, fera des lectures sur les opinions de la nouvelle école philosophique. (_Moniteur_ du 30 novembre 1828.)

1829-1830.

Nicollet (astronomie); Pouillet (physique); Dumas, Const. Prévost; Requin (physiologie); Trélat (hygiène); Aug. Comte (philosophie positive); Mottet (art dramatique); Mézières (littérature anglaise). (_Courrier français_, 1er décembre 1829.)

1830-1831.

Nicollet et Lechevalier (astronomie); Bussy (chimie); Requin (anatomie et physiologie); Isid. Geoffroy Saint-Hilaire (zoologie); Aug. Comte; Villenave (littérature); Gandillot (économie politique); Jules Desnoyers (antiquités du moyen âge) (_Ibid._, 7 décembre 1830).

1831-1832.

Lechevalier (physique); Bussy (chimie); Requin (hygiène); Isid. Geoffroy Saint-Hilaire; Spurzheim (anthropologie); Am. Pommier (littérature contemporaine); Ch. Durosoir (histoire de France); Filon (sur la France et l'Angleterre)[261]. Filon a publié son cours de cette année.

1832-1833.

Gaultier de Claubry (physique expérimentale); Bussy (chimie); Laurent (physiologie philosophique); Isid. Geoffroy Saint-Hilaire; Const. Prévost (géologie); Filon (histoire du seizième siècle); Legouvé (littérature dramatique); Eugène de Pradel (poésie et improvisation française); Delestre (étude des passions appliquées aux beaux-arts)[262]. Filon et Delestre ont publié des ouvrages sur les sujets qu'ils avaient traités durant cette année.

1833-1834.

Gaultier de Claubry (physique); Bussy (chimie); Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (zoologie); Rozet (géologie); Léon Halévy (littérature française); le comte Mamiani (philosophie italienne); Parisot (histoire des croyances religieuses); Nau de la Sauvagère (droit commercial.) (_Moniteur_ du 6 décembre 1833.) Au 12e volume de la revue la _France littéraire_, on trouve un extrait du cours de Parisot; le volume précédent de cette revue donne un aperçu du cours de M. Mamiani, dont l'auteur a d'ailleurs publié une partie en français dans son livre _Dell'ontologia e del metodo_ (Paris, Lacombe, 1841).

1834-1835.

Aug. Comte (astronomie); Payen (chimie agricole et manufacturière); Lesueur (chimie toxicologique); Rozet (géologie); Audouin (zoologie); Ach. Comte (physiologie animale); Jules Janin (littérature); de Mersan (philosophie de l'histoire); Nau de la Sauvagère (droit commercial et économie politique). (_Courrier français_, 5 décembre 1834.)

1835-1836.

Sainte-Preuve (physique); Payen (chimie appliquée); Rozet (géologie); Ach. Comte (physiologie comparée et zoologie); Audouin (entomologie); Léon Simon (homoeopathie); Philarète Chasles (histoire de l'intelligence au seizième siècle); Leudière (littérature grecque); Henri Duval (phraséologie poétique et prosodie française) (Programme imprimé à la bibliothèque Carnavalet).

1836-1837.

De La Borne (physique générale); Payen; Ach. Comte (histoire des animaux); Léon Simon (doctrine homéopathique); Watras (économie politique); Sainte-Preuve (examen de quelques grandes questions d'industrie); Gandillot (finances publiques); Considérant (science sociale); E. Lambert (histoire philosophique); Leudière (philosophie et éloquence grecques); Philar. Chasles (le roman en Angleterre); Raimond de Véricour (Milton et la poésie épique); Ch. Loubens (la comédie au dix-huitième siècle); Eug. de Pradel (improvisation)[263]. E. Lambert a publié son cours de cette année sous le titre de _Histoire des histoires_, Paris, 1838, in-8°.

1837-1838.

De La Borne; Babinet (météorologie); Rivière (géologie); Payen; Galy-Cazalat (machines à vapeur); de Rienzi (géographie encyclopédique); Cazalis (physiologie expérimentale); Casimir Broussais (phrénologie); de la Berge (hygiène); Turck (application de la physique et de la chimie à la physiologie); Dréolle (influence du principe religieux); Mme Dauriat (droit social des femmes); Henri Prat (histoire des premiers temps de la France); Charles Loubens (la comédie au dix-neuvième siècle) (Programme imprimé à la Bibliothèque Carnavalet). Dréolle a publié son cours (Paris, Ebrard, 1838).

1838-1839.

Babinet (physique et météorologie); Horace Demarçay (chimie générale); Payen (chimie appliquée); Rivière (géologie); Halmagrand (physiologie); Gervais (zoologie générale); Morand (histoire philosophique des sciences); Hippeau (philosophie de l'histoire); Henri Prat (féodalité en France); OElsner (histoire générale de l'Europe); Gaubert (causes primordiales, géographiques et historiques); Ottavi (littérature); Charles Loubens (le roman au dix-huitième siècle); Michelot (théorie alphabétique de la parole). Loubens rendra compte tous les quinze jours des principales pièces de théâtre. Ch. Bonjour, Alf. de Musset ont promis des lectures. Hipp. Colet fera un cours d'harmonie. Tous les quinze jours, soirées musicales sous la direction de Richelmi[264]. A. Rivière a publié la même année des _Éléments de géologie_. Paris, Méquignon-Marvis, in-8°.

1839-1840.

Babinet (cosmographie et physique du globe); Baudrimont (chimie); Const. Prévost (physique générale), Rivière (géologie industrielle); Gervais (zoologie); Halmagrand (physiologie); Hollard (anthropologie); Léon Simon (homéopathie); Monneret (hygiène); Henri Prat (histoire des Valois directs); Ottavi (littérature française); Loubens (de la poésie en France jusqu'au dix-septième siècle); Cellier-Dufayel (littérature et législation comparées); Bouzeran (système d'unité linguistique); Midy (sténographie). Richelmi et Larivière continueront à donner leurs concerts tous les quinze jours (Programme imprimé, Bibliothèque Carnavalet).

1840-1841.

Babinet (physique); Tavernier (expériences et instruments de physique et de météorologie); Rivière (géologie); Raspail (chimie); Hollard (philosophie naturelle); Laurent (développement des corps organisés); Gervais (zoologie générale); Halmagrand (physiologie); Léon Simon (philosophie médicale); Samson (hygiène publique); Ricard (magnétisme animal); de Marivault (économie politique); Glade (histoire des religions); Bailleul (de la civilisation égyptienne par les monuments); de la Fage (histoire de la musique); Sudre (langue musicale); Henri Prat (la France au seizième siècle); Ch. Loubens (littérature contemporaine); Ottavi (histoire des journaux depuis 1789); Régnier (littérature arabe); Thénot (perspective pratique). Soirées musicales sous la direction de Larivière et d'Aristide Delatour (_Courrier français_, 16 décembre 1840).

1841-1842.

Babinet (physique); Tavernier (instruments d'observation); Dupuis Delcourt (aérostats); Laurent (développement des corps organiques); Voisin-Dumoutier (phrénologie); Belhomme (études sur la folie); James (galvanisme); Léon Simon (homéopathie); Al. Samson (hygiène publique); Glade (étude sur la religion primitive); Artaud (philosophie de l'histoire); Henri Prat (histoire de France); Fresse-Montval (poèmes d'Hésiode); Bern. Julien (littérature française de l'époque impériale); Ottavi (littérature de la Restauration); Ch. Loubens (poésie au dix-neuvième siècle); Casella (Divine Comédie); Lourmand (lecture expressive). Discussions littéraires et philosophiques une fois par semaine. Répétitions chorales de musique religieuse. Séances de déclamation (_Courrier français_, 5 décembre 1841). Fresse-Montval a imprimé sa leçon d'ouverture de cette année à la suite de sa traduction en vers d'Hésiode (Paris, Langlois et Leclercq, 1842, in-12).

1842-1843.

Babinet (généralités d'une instruction libérale tant scientifique que littéraire); Tavernier (instruments d'observation et de voyage); Edm. Becquerel fils (de la lumière et de l'art photogénique); Jules Rossignon (chimie); Laurent (zoologie); Dr Grauby (humeurs et tissus); Dumoutier (phrénologie); Belhomme (maladies mentales); Maisonabe (erreurs et déceptions en médecine); Glade (histoire des religions); Em. Broussais (philosophie religieuse); Henri Prat (histoire de France); Joseph Garnier (économie politique); comte de Lencisa (institutions municipales de l'Europe); V.-H. Cellier Dufayel (Études sur les femmes); Fresse-Montval (poésie des peuples de l'Hellade); Casella (Divine Comédie); Ch. Loubens (la Comédie de Molière); Bern. Jullien (littérature française de l'époque impériale); de la Fage (histoire de la musique); Thénot (science et art de la perspective). Discussions littéraires et philosophiques de temps en temps (_Courrier français_ du 23 décembre 1842). Bern. Jullien a publié son cours en 1844 (2 vol. in-12); en 1844 également, Adr. de la Fage a publié l'_Histoire générale de la Musique et de la Danse_ (Paris, 2 vol. in-8°).

1844-1845.

Plisson (astronomie); Anatole de Moyencourt (chimie); Grauby (physiologie); Mlle Magaud de Beaufort (botanique); Leharivel-Durocher (philosophie); Ch. Husson (philosophie de l'histoire); Jos. Garnier (économie politique); Fréd. Charassin (philosophie des langues); Bern. Jullien (littérature française); Loubens (Molière); de la Fage (histoire de la musique) (_Courrier français_, 27 décembre 1844).

1847-1848.

Auguste Bolot fit, durant cette année, un cours sur la poésie légère en France aux dix-septième, dix-huitième et dix-neuvième siècles, qu'il ouvrit par un discours en vers, dont un fragment imprimé existe à la Bibliothèque Carnavalet.

1848-1849.

Ch. Loubens (études sur Molière); l'abbé Auger (littérature française); Fresse-Montval (de l'idée et de la forme dans les oeuvres de l'intelligence); Léon Simon (homéopathie); Guézon-Duval (botanique); Vanier (physiologie générale); Josat (hygiène); Alexandre Ferrier (phrénologie); Camille Duteil (écriture hiéroglyphique); Hoefer (histoire des sciences physiques) (Programme imprimé à la Bibliothèque Carnavalet).

L'abonnement, qui avait coûté trois louis par an à l'origine, quatre louis à partir de la réorganisation qui suivit la mort de Pilâtre, coûtait l'an I et l'an II 100 francs pour les hommes, 50 francs pour les femmes (_Moniteur_ du 14 novembre 1793); l'an IV, 1,000 livres en assignats pour les hommes, moitié pour les femmes (_Quotidienne_ du 10 décembre 1795); l'an V, 90 francs pour les hommes, 48 pour les femmes (_Révolution française_ du 14 juin 1888)[265], même prix en l'an IX (Décade du 20 frimaire an IX); sous l'Empire, quatre louis (V. le 3e des articles sur le Lycée recueillis par Féletz, au IIIe vol. de ses Mémoires); puis 120 francs pour les hommes, 60 francs pour les femmes (_Moniteur_ du 11 octobre 1808, _Débats_ du 7 novembre 1817, _Courrier français_, du 14 novembre 1821 et du 30 novembre 1824).

APPENDICE I.

Professeurs du Lycée des Arts en l'an II, l'an III et l'an IV.

AN II.

Désaudray (droits et intérêts des nations); Descemet (agronomie); Targe (mathématiques appliquées); Dumas (mécanique et perspective linéaire; géométrie pratique à l'usage des constructeurs; ce sont deux cours distincts); Neveu (calcul appliqué au commerce et aux banques, et géographie, histoire avec ce qui se rapporte au commerce et aux manufactures; ce sont aussi deux cours distincts); Millin (zoologie); Gillet-Laumont et Tonnellier (minéralogie); Fourcroy (physique végétale); Sue (anatomie, physiologie, hygiène). Puis deux cours dont on n'indique pas les professeurs: chimie appliquée aux arts et cours théorique et pratique de peinture, sculpture et architecture; enfin Langlé (harmonie théorique et pratique, contrepoint, composition); Lépine (anglais); Hassenfratz (technologie, c'est-à-dire ce qui se rapporte aux manufactures).

AN III.

Laval (arithmétique décimale; poids et mesures); Leschard (écriture et orthographe); Perny (astronomie appliquée aux besoins usuels et à la navigation); Igoard et Breton (tachygraphie); Delmas (commerce, finances et tenue de livres; langue française et géographie); Daubenton (dessin appliqué); Dumas (géométrie appliquée aux constructions et à la mécanique); Lépine (anglais); Targe (mathématiques élémentaires); Désaudray (prononciation, art oratoire, déclamation; premiers éléments de la constitution d'un peuple libre et état civil et politique de la France); Millin (histoire naturelle). De plus, un cours particulier de mathématiques fait par le même Targe, et pour lequel on souscrit à part et à son profit.

AN IV.

Sue (anatomie); Laval (arithmétique décimale); Igoard et Breton (tachygraphie); Perny (astronomie appliquée); Brongniart (chimie); Neveu et Delmas (commerce, finances et tenue de livres); Daubenton et Bellot (dessin appliqué aux cartes, aux plans, à l'arpentage); Gervais (dessin pour la figure et l'ornement); Leschard (écriture et orthographe); Désaudray (économie politique; élocution française et art oratoire); Descemet (économie rurale); Dumas (géométrie pratique; perspective linéaire); Langlé (harmonie); Ventenat (histoire naturelle); Delmas (langue française et géographie); Lépine (anglais); Targe (mathématiques); Gillet-Laumont (minéralogie); Fourcroy (physique végétale); Millin (zoologie); professeur non indiqué (technologie)[266].

L'Annuaire de ce Lycée, pour l'an VI, nous apprend qu'un de ses élèves, Guyot, âgé de quatorze ans, vient d'être admis premier à l'École Polytechnique: que le _secours provisoire_ de vendémiaire an IV s'est réduit à fort peu de chose par la dépréciation des assignats; que Désaudray l'a distribué aux professeurs; que le gouvernement voulait convertir ce lycée en école spéciale de mécanique pratique, mais qu'il y a renoncé faute d'argent. La bibliothèque Carnavalet possède un exemplaire de cet Annuaire. On y trouvera aussi quelques détails sur la fondation du lycée des Arts, ainsi que dans l'opuscule: _Établissement d'une école athénienne, sous le nom de Lycée des Arts_ (même bibliothèque). Le carton F17 1143 des Archives nationales fournirait un supplément d'indications sur les embarras financiers de l'établissement et sur les expédients proposés pour l'en tirer.

APPENDICE J.

De quelques Sociétés ou Cours qui ont porté le nom de Lycée ou d'Athénée.

Outre les associations sur lesquelles porte cette notice, citons encore:

Le Lycée de l'Yonne, dont il est parlé dans le _Moniteur_ du 2 frimaire an X, et dont Féletz examine, au 6e volume de ses _Mélanges_, des Mémoires écrits dans l'esprit des philosophes du dix-huitième siècle; le Lycée de Caen, qui tint sa première séance le 15 germinal an IX (v. la _Décade_ du 10 floréal an IX et du 10 floréal an X); le Lycée de Grenoble: Berriat Saint-Prix, un de ceux qui en soutenaient le mieux l'honneur, constatait, en 1802, qu'en cinq ans cette société avait reçu cent vingt mémoires ou pièces détachées[267]; le Lycée de Bourges; le Lycée de Toulouse, sur lequel on peut consulter, à la bibliothèque municipale de la ville: 1° un recueil contenant les noms des associés correspondants; les lectures faites dans les séances publiques, depuis le 10 floréal an VI jusqu'en l'an IX; 2° un recueil d'éloges, discours, poésies, notices de travaux, de l'an VII à l'an IX; 3° un discours en vers du citoyen Saint-Jean, professeur à l'École centrale, sur ce Lycée, en l'an VI; 4° des registres conservés aux archives de Toulouse. (Ces détails sur le Lycée de Toulouse m'ont été fournis par M. Lapierre, bibliothécaire de la ville, à la prière de M. Ernest Mérimée).

C'étaient là de petites académies; voici des cours.

Le Lycée de Marseille, pour lequel, grâce à Mgr Ricard interrogé pour moi par M. le recteur Bizos, son ancien collègue de la Faculté d'Aix, je puis fournir les éléments d'une notice. Autorisé le 7 décembre 1828, ce Lycée renonça assez promptement aux cours pour les simples séances littéraires, et bien avant d'être fermé en 1885, il n'était plus qu'un cercle; mais pendant le temps où il tenait école, il avait compté parmi ses professeurs, outre Ampère et Brizeux, quelques hommes distingués, tels que Bérard, plus tard membre de l'Institut et doyen à Montpellier; le cours de Brizeux fut consacré à la littérature française: celui d'Ampère avait roulé sur la poésie du Nord; la leçon d'ouverture du 12 mars 1830, qu'Ampère en avait publiée, a été réimprimée dans ses _Mélanges d'histoire littéraire et de littérature_, publiés après sa mort, par M. de Loménie (Paris, Mich. Lévy, 1867, 2 vol. in-8°); la _Revue de Provence_ a donné un résumé de ce cours. On peut consulter, sur ce Lycée: 1° à la bibliothèque de Marseille, qui a acquis la presque totalité de l'importante bibliothèque que possédait l'établissement, les statuts (F p b 47); quelques recueils des lectures faites par des membres de l'association; des leçons sur différents sujets et en particulier des leçons d'Ampère; 2° une notice par M. Tamisier, dans la _Revue de Marseille_, année 1856, p. 79 et suiv., 140 et suiv.; 3° du même M. Tamisier, les _Noces d'or de l'Athénée_ (de Marseille), Marseille, 1879. Les historiens provençaux qui ont parlé _passim_ de ce Lycée, sont: Marius Chauvelin, Augustin Fabre dans _Les Rues de Marseille_; Justin Cauvière, dans le recueil appelé _le Caducée_.

Le Musée de Bordeaux, fondé à l'imitation du Musée de Court de Gébelin, et dont il est parlé dans la _Séance du Musée de Paris du 5 février 1784_ (Bibliothèque Carnavalet), n'avait été qu'une Académie; mais M. Dezeimeris m'apprend qu'il eut pour successeur une Société Philomathique qui se rapprochait davantage de l'établissement de Pilâtre. Bordeaux a eu un Athénée.

Pour Paris, nous citerons:

L'Athénée de la langue française, rue Neuve-des-Bons-Enfants, 25, sous le premier Empire (Voir aux Archives nationales le carton F17 1144 et le _Publiciste_ du 16 décembre 1809).

L'Athénée central qui avait deux établissements, l'un rue Vivienne, 10, l'autre rue de Touraine Saint-Germain, 6, près de l'Odéon, et qui enseignait l'anglais, l'allemand, l'espagnol, le droit commercial, l'arithmétique commerciale; le seul nom un peu connu qu'on voie parmi ses professeurs dans le _Courrier français_ du 14 décembre 1828, dont j'extrais ce qui le concerne, est Suckau.

L'Athénée des familles, rue de Monsigny, 6[268].

L'Athénée populaire du XIIe arrondissement, où, sous la deuxième République, Demogeot enseignait l'histoire de France, M. A. Macé, alors professeur d'histoire au lycée Monge, l'histoire des institutions politiques; Demontz, la comptabilité commerciale; Gouiffès, la législation commerciale[269].

L'Athénée de la jeunesse, 3, quai Malaquais, qui donnait un cours complet pour l'éducation des jeunes personnes.

L'Athénée Européen, 33, rue de Montreuil.

Le Lycée industriel et commercial, passage Saunier, 11.

L'Athénée polyglotte, qui promettait de se charger de toute sorte de travaux, traduction, copie, rédaction, etc.

L'Athénée des Beaux-Arts, rue de Seine, 37, fondé en 1834 par M. Gendrin, et dont le nom indique assez l'objet.

J'ignore ce qu'était l'Athénée oriental situé quai des Grands-Augustins, 47.

APPENDICE K.

Liste des professeurs de la Société des bonnes lettres.

On se rappellera que les cours de cette Société se composaient de leçons assez espacées, et que les trois ou plutôt les deux séances par semaine dans lesquelles on entendait les orateurs ou lecteurs étaient surtout consacrées à des conférences isolées. Autrement le tableau qui va suivre donnerait une idée fausse.

1821[270].

Duviquet (cours de littérature française), dont l'objet est de prouver que toutes les beautés préconisées par l'école romantique se rencontrent chez les classiques; Laurentie (littérature latine); Raoul Rochette (considérations sur l'histoire); Abel Hugo (lectures sur la littérature espagnole); Ch. Lacretelle (lecture de fragments de son Histoire du XVIIIe siècle); Michaud (lecture de fragments de son Histoire des Croisades) (Annales de la littérature et des arts, vol. II et III, _passim_). Laurentie a publié son cours sous le nom de _Études littéraires et morales sur les historiens latins_ (Paris, Méquignon, 2 vol.).

1822.

Duviquet (littérature); Ch. Lacretelle (morale); Abel Hugo (littérature espagnole); Nicollet (astronomie); de Bois-Bertrand (économie politique); Berryer (cours pratique d'éloquence parlementaire); Dr Véron (physiologie) (Annales précitées, vol. V et VI; Véron, _Mémoires d'un bourgeois de Paris_).

1823.

À la page 121 du XIe volume des mêmes Annales, on trouvera quelques détails sur les cours de cette année; Malitourne a lu notamment une notice sur Balzac et commencé un essai sur le roman.

1824.

Bayard ou Savary (physique); Véron (physiologie); Pariset (causes qui troublent ou favorisent dans l'homme l'économie animale); Abel Rémusat (lettres sur la Chine); Ch. Lacretelle (histoire du XVIIIe siècle); Berryer (éloquence parlementaire); Duviquet (étude des auteurs qui ont écrit après La Harpe); Malitourne (continuation de l'essai sur les romans); Auger (réflexions sur la comédie); Dussault (critique littéraire). (Mêmes Annales, XIIIe vol., p. 388; Discours d'ouverture prononcé à cette Société par Ch. Lacretelle, le 4 décembre 1823, et qui fut publié aussitôt.--Je ne sais si Dussault, mort en 1824, eut le temps de commencer son cours.)

1825.

Pariset, Abel Rémusat, Auger, Malitourne, continuent leurs cours; Patin (tragédie grecque); Robert (histoire naturelle); Raoul Rochette (théâtre grec) (en particulier, je crois, la comédie); Auger, Laurentie (extrait d'un traité des bonnes lettres); Alletz (essai sur la morale dans ses rapports avec les arts); Rio, professeur au collège Louis-le-Grand (histoire générale et histoire de France en particulier); Raoul Rochette, Ch. Lacretelle, ont dû aussi se faire entendre quelquefois. (Mêmes annales, XVIIe vol., p. 390-391; _Moniteur_ des 15 et 24 janvier 1815.)

1826.

Pariset, Rio, Patin, Auger, Alletz, Malitourne, continuent leurs cours; Gaultier de Claubry (physique); Raoul Rochette (essai sur les révolutions de Genève); Girardin, professeur au collège Henri IV (littérature française). (Mêmes annales, XXIe vol., p. 432-433.)

1827.

Patin, Gautier de Claubry, continuent les mêmes cours; Pariset (histoire des moralistes); Abel Rémusat (génie et moeurs des peuples orientaux); Rio (histoire du moyen âge); Caïx, professeur d'histoire au collège Charlemagne (histoire de France); Alletz (littérature sacrée); Indelicato (et non Indedicato) (littérature italienne), (Mêmes annales, XXVe vol, p. 516; _Moniteur_ du 20 décembre 1826 et du 9 janvier 1827.)

1828.

Pariset (hygiène); Rio (histoire); Laurent de Jussieu (morale); Despretz, professeur au collège Henri IV (physique expérimentale); Patin (tragédie grecque); Fallon, professeur à Sainte-Barbe (poésie anglaise); Paoli (littérature italienne); Auger et Abel Rémusat ont dû aussi donner des conférences. (Mêmes annales, XXIXe vol., p. 443; _Moniteur_ du 11 janvier 1828.)

1829.

Despretz, Rio, Patin, Fallon continuent leurs cours; Dr Meyranx (sciences naturelles); baron d'Eckstein (philosophie du catholicisme); Febvé (cours de lecture à haute voix). (_Moniteur_ du 13 janvier 1829.)

1830.

Le _Moniteur_ du 7 mars 1830 contient la liste des séances de ce mois. Cette liste, qui comprend des conférences isolées et des cours, donne l'idée de la façon dont la Société concevait et composait l'ensemble de ses séances.--Lundi 1er mars, esquisses dramatiques sur la Révolution, par Ducancel.--Vendredi 5, lecture du discours sur le caractère moral et politique de Louis XIV, par Anatole Roux de Laborie, ouvrage couronné par la Société en 1829; contes en vers, par Vial.--Lundi 8, essai sur la tragédie grecque, par Patin; cours de morale, essai sur l'imagination, par Laurent de Jussieu.--Vendredi 12, cours d'histoire et d'éloquence parlementaire, par Moret, avocat à la Cour royale; cours de littérature française, par Nettement.--Lundi 15, littérature portugaise, fin des Lusiades, par Sarmento; fragment d'un voyage en Italie, par Lafitte.--Vendredi 19, poésie anglaise, Shakespeare, par Fallon; cours de morale, essai sur la curiosité, par Laurent de Jussieu.--Lundi 22, essai sur la tragédie grecque, par Patin; cours de littérature française, par Nettement.--Vendredi 26, cours d'histoire et d'éloquence parlementaire, par Moret; pièce de vers, par Lesguillon.--Lundi 29, sur l'état de la littérature au Brésil et les moyens de la développer, par Sarmueto; cours de morale, essai sur l'étude, par Laurent de Jussieu.

INDEX DES NOMS PROPRES

(On ne relève pas dans cet index les noms trop obscurs ou mentionnés d'une façon trop incidente.)

Achillini.

Ademollo.

Agnelli.

Alfieri (Vitt.).

Alfieri di Sostegno.

Ampère (A.-M.).

Ampère (J.-J.).

Amussat.

Ancona (Aless. d').

Andrieux.

Angeloni.

Arioste.

Artaud (Nic.-Louis).

Astor (A.).

Atenco de Madrid.

Athénée (fondé par Pilâtre de Rozier sous le nom de Musée, appelé ensuite Lycée, Lycée Républicain, Athénée, Athénée Royal et Athénée National).

Audouin.

Aulard (A.).

Auribeau (P. d'Hesmivy d').

Auzoux.

Azaïs.

Azuni.

Babinet.

Bacchi Della Lega.

Bavoux.

Bayanne (Mme Eulalie de).

Bayet.

Beauharnais (le prince Eugène de).

Beccaria (Giulia).

Beer (Mich.).

Bentivoglio (le Card. Guido).

Bernardin de Saint-Pierre.

Berryer.

Berthelot.

Bertoldi (Alf.).

Biadego (Gius.).

Biagi (Guido).

Biagioli.

Bianchi (Nicom.).

Biot.

Bizos.

Blainville (de).

Blanqui (Ad.).

Bleton.

Boccace.

Bodoni (G.-B.).

Boileau.

Boissy d'Anglas.

Boldoni.

Bolza (G.-B.).

Bonaparte (Joseph).

Borromeo (Famille).

Bory de Saint-Vincent.

Bouhours.

Brissot.

Brizeux (Aug.).

Brongniart.

Broussais (Em.).

Brunetière.

Buttura.

Cailhava.

Calvi (Felice).

Campan (Mme).

Canova.

Cantù (Cesare).

Capellini.

Carutti.

Casella.

Casini (T.).

Cattaneo (Amanzio).

Caussade.

Cesarotti.

Championnet.

Chasles (Phil.).

Chateaubriand.

Chénier (Jos.).

Chevreul.

Choron.

Chuquet.

Cimarosa.

Collège de jeunes filles projeté pour Bologne.

Collège de jeunes filles de Milan.

Collèges de jeunes filles de Naples.

Collège de jeunes filles de Vérone.

Collège de jeunes filles fondé par Joseph II à Vienne.

Colletta (Pietro).

Comte (Ach.).

Comte (Aug.).

Comte (Ch.).

Condorcet.

Confalonieri (Fed.).

Considérant (Vict.).

Constant (B.).

Corniani.

Correspondance générale et gratuite pour les sciences et les arts.

Cosway (Maria).

Court de Gébelin (Voir au mot _Musée de Paris_).

Cousin (Vict.).

Croce (Benedetto).

Cusani.

Cuvier.

Dacier (Bon Joseph).

Dante.

Danton.

Daunou.

Davanzati.

Debidour.

_Décaméron (Le)_.

Delille.

Demogeot.

Demoustier.

Denina (l'abbé).

Deparcieux.

Dépéret.

Desaudray (Gaullard).

De Velo.

Dezeimeris.

Didot (Les).

Ducler.

Dumarsais.

Dumas (le chimiste).

Dunoyer.

Dupin (Ch.).

Dussault.

Duval (Amaury).

Duvernoy.

Duviquet.

Escherny.

Eugène (le prince).

Fabre (Victorin).

Falorsi (G.).

Fauriel.

Féletz.

Ferrari (Sever.).

Ferrazzi (G.-J.).

Ferri (Luigi).

Ferri di San Costante.

Filon.

Flamini (Franc).

Fontanes.

Fornaciari (Raffaello).

Foscolo (Ugo).

Fourcroy.

Fourier (J.-B.-Jos.).

Fresnel.

Gall.

Garat (Dominique).

Garnier (Joseph).

Gazier.

Gebhart.

Genlis (Mme de).

Genovesi.

Geoffroy Saint-Hilaire (Isid.).

Gérando (de).

Gillet-Laumont.

Ginguené.

Giordani (Pietro).

_Giornale italiano (Il)_.

Grasseau (Mme et Mlles).

Grégoire (l'abbé).

Gricourt (Mme de).

Guasti.

Guazza (Mme Amalia).

Gueneau de Mussy.

Guillon (Aimé).

Guizot (Franc.).

Halévy (Léon).

Hassenfratz.

Himly (A.).

Hippeau.

Hoefer.

Hoffmann (Fr.-Ben.).

Hugo (Abel).

Hugo (Vict.).

Janin (J.).

Janvier (Aug.).

_Jérusalem délivrée (La)_.

Joppi (Vinc.).

Joret-Desclosières.

Joubert (Jos.).

Jouy.

Jussieu (Al. de).

Jussieu (Laur. de).

La Blancherie.

Labra (Raf. de).

Lacépède.

Lacretelle (Ch.).

Lacroix.

La Croix (de).

La Fage (Adr. de).

La Folie (Ch.-J.).

La Harpe (Jean-François).

Lama (de).

Lampredi (Urb.).

Lapierre.

Larevellière-Lépeaux.

Laugers (Mme Thérèse).

Lavoisier.

Laya (Jean-Louis).

Legouvé (Ern.).

Lemercier.

Lenient (Ch.).

Lenoir (Alex.).

Lévesque.

Liard.

Lingay.

Londonio.

Lort (Mme Caroline de).

Loubens (Ch.).

Lycée de Lyon, fondé par Bassi.

Lycée Républicain.

Macé (A.).

Magendie.

Magnabal.

Maisonabe.

Malagola.

Malaspina (le marquis).

Malte-Brun.

Mamiani (Ter.).

Manin (Dan.).

Manno (le baron Ant.).

Manzoni (Aless.).

Marini.

Marmontel.

Marrast (Arm.).

Martin (Aimé).

Maulevrier (Mmes de).

Mazade (de).

Méjan.

Melzi d'Eril (duc de).

Ménage.

Mercier (Louis-Sébastien).

Mérimée (Ernest).

Métastase.

Michaud.

Mignet.

Millin.

Miollis.

Monge.

Montanelli (Giuseppe).

Monti (Vinc.).

Moreau de Saint-Méry.

Morgan (Lady).

Morpurgo (S.).

Morsolin (Bern.).

Mosca (Filippo).

Mozart.

Murat (Caroline).

Murat (Joach.).

Muratori.

Musée fondé par Pilâtre de Rozier.

_Musée de Paris_.

Napoléon Ier.

Naudet.

Neri (Ach.).

Nettement.

Nicollet.

Novati (Franc.).

Orfila.

Ottavi.

Pananti (Fil.).

Parini (Gius.).

Pariset.

Parisot.

Parmentier.

Patin.

_Paul et Virginie_.

Payen (le chimiste).

Pellegrini.

Pellico (Silvio).

Pensionnat de jeunes filles de Bologne.

Pensionnat de jeunes filles de Lodi.

Pétrarque.

Picavet.

Picciola.

Pilâtre de Rozier.

_Poligrafo_ (_Il_).

Pommereul (de).

Porro (famille).

Pouillet.

Pradel (Eug. de).

Prat (Henri).

Prévost (Const.).

Prota (Mme Rosalie).

Proust.

Prudhomme.

Puccianti (Gius.).

Rambaud.

Raspail.

Raucourt (Mlle).

Regnier-Desmarais.

Rémusat (Abel).

_Revue internationale de l'enseignement_.

Ricard.

Richerand.

Rigutini.

Ristelhuber.

_Rivista critica della letteratura italiana_.

Robecchi (Levino).

Robespierre.

Robiquet (P.).

Rochette (Raoul).

Roederer.

Roger (Franc.).

_Roland furieux (le)_.

Romaniaco,

Rousseau (J.-J.).

Rusca.

Saint-Lambert.

Saint-Marc Girardin.

Sainte-Beuve.

Saxy-Visconti (Mme Carlotta de).

Say (J.-B.).

Scopoli.

Scoppa (Ant.).

Selva (Le P.).

Sforza (G.).

Sicard.

Simon (Léon).

Sismondi.

Smith (Mme Henriette).

Société des bonnes lettres.

Sorèze (collège de).

Soucy (Mme Angélique de Fitte de).

Spurzheim.

Stendhal.

Sue (Pierre).

Tasse (le).

Thénard.

Tissot.

Tivaroni.

Trélat.

Tribolati (Fel.).

Vaccari.

Vanhove-Talma (Mme).

Vauquelin.

Ventenat.

Véron (Dr).

Victor Amédée.

Vigée.

Villemain.

Villenave.

Villoteau.

Visconti (Gasp.).

Voltaire.

Zamboni (Virginio).

Zannoni.

Zobi.

NOTES:

[1: _Giornale italiano_ du 12 mai 1805. Une preuve que chez les Italiens de cette époque les plus amères représailles contre les prétentions littéraires des Français n'impliquaient pas la révolte contre la suprématie politique de la France, c'est que Cattanco, dans l'année où il qualifie, comme on le verra tout à l'heure, notre littérature, donne, dans son _Discorso sull'apparecchio allo studio della storia universale_, les plus grands éloges au prince Eugène et à son secrétaire Méjan. Ajoutons qu'en 1825 il chanta la venue de l'empereur d'Autriche en Italie.]

[2: _Che la lingua italiana dovesse mettersi in fondo_. Préface de son livre: _Sopra la vita, le opere e il sapere di Guido d'Arezzo_, Paris, 1811, écrit contre les _Recherches_ de Villoteau _sur l'analogie de la musique avec les arts qui ont pour objet l'imitation du langage..._ Paris, 2 tomes in-8°, 1807.]

[3: _Dell' uso della lingua francese, discorso in forma di lettera, diretto a un letterato francese_, Berlin, 1803. Réserve, X, 1195 A, à la Bibliothèque nationale de Paris.]

[4: Tivaroni, _L'Italia, prima della Rivoluzione francese_, Turin-Naples, Roux, 1888, p. 525.]

[5: Paris, 1809. Voir, sur la querelle des partisans des _Noces de Figaro_ de Mozart, et des partisans du _Matrimonio Segreto_ de Cimarosa, un article signé L. V. P. dans la _Gazette de France_ du 28 décembre 1808.]

[6: Son livre: _Les vrais principes de la versification développés par un examen comparatif entre la langue italienne et la française_ (Paris, 1811-1814, 3 vol. in-8°), a été, au cours de la publication, l'objet d'un rapport intéressant de Choron; on y trouve, au milieu de paradoxes, des vues neuves et justes.]

[7: Page 136-138 du premier volume.]

[8: Le passage de Malte-Brun est extrait du _Journal de l'Empire_ du 26 juin 1810; celui de Ginguené, du _Mercure de France_ du 29 octobre 1808.]

[9: _Mercure de France_ du 24 février 1810.]

[10: Voir les recherches bibliographiques de M. G. J. Ferrazzi sur Arioste, de M. Bacchi della Lega sur Boccace, et la réimpression que M. Guasti a donnée du livre de Serassi sur le Tasse; on y verra aussi les éditions françaises du texte de ces classiques.]

[11: _Orateurs de la Législative et de la Convention_ (Paris, Hachette, 1886, II, p. 174-175). Sur Rusca, voir p. 183 du 1er vol. des _Curiosità e ricerche di Storia subalpina_, publication dirigée par M. Nicom. Bianchi (Rome, Turin, Florence; Bocca, 1875); Ginguené est plus indulgent pour Rusca (_Mercure de France_ du 24 février 1810). Le passage de _L'Année littéraire_ est tome II, lettre 10.]

[12: Voir ses articles du 12 janvier 1807, des 4, 5 et 9 décembre 1809, du 19 juillet 1810 dans le _Giornale italiano_.]

[13: _Vita del cavaliere G.-B. Bodoni_, Parme, 1816, par Gius. de Lama. L'article de Ginguené pour les Didot est dans le _Mercure de France_ du 29 juillet 1809.]

[14: Le décret du 12 août 1807, qui décide qu'une troupe italienne sera formée sous la protection et avec subvention du gouvernement, ordonne qu'elle jouera à Milan et dans les principales villes du royaume, et que nulle troupe italienne ne pourra jouer en même temps qu'elle dans une ville à l'époque (annoncée à l'avance) où elle y donnera des représentations (_Giornale italiano_ du 22 août 1807, 11 juillet 1812, 30 août 1812). En fondant cette troupe, le gouvernement français donnait satisfaction à un des voeux émis par Londonio en 1804, dans ses _Succinte osservazioni di un cittadino milanese sui publici spettacoli teatrali della sua patria_.]

[15: Voir, sur ces représentations, qui avaient lieu le plus souvent au théâtre de la Canobiana, des articles du _Giornale italiano_ du 9 janvier et du 12 mars 1807, du 21 avril et du 27 mai 1808, du 6 février 1809, du 28 novembre 1810, du 5 juin, des 4 et 29 octobre, du 22 novembre, du 10 décembre 1811, du 24 janvier, du 18 mars, du 8 avril 1814, et une lettre de S. Pellico, p. 179 du 1er vol. des _Curiosità... di storia subalpina précitées_.]

[16: Voir ces décisions dans le _Giornale italiano_ du 3 décembre 1808, et dans le discours précité d'Auribeau.]

[17: Le passage cité du _Rapport_ de Scopoli se lit aux pages 32-33 de l'extrait que M. Giuseppe Biadego en a publié à Vérone en 1879. M. Biadego y a joint d'utiles éclaircissements; j'en détacherai une preuve touchante des bonnes relations dans lesquelles les officiers français et la population devaient vivre à Vérone: Le 15 octobre 1813, peu de temps avant que nos soldats abandonnassent l'Italie, un militaire français, offrant à la ville un ouvrage de sa composition, écrivait sur le volume: «Déposé à la Bibliothèque publique de S. Sébastien à Vérone, comme un témoignage de souvenir et d'attachement que je désire laisser aux habitants de cette ville où j'ai passé trois années avec ma famille...» Vers le même temps, quelques pauvres Espagnols, internés dans un village du Forez, offraient à l'église une corbeille tressée par leurs mains en souvenir du bon accueil qu'ils avaient trouvé dans le pays. On saisira l'analogie de ces deux faits]

[18: _L'Italia prima della rivoluzione francese_, p. 290, et p. 369 et suiv.]

[19: _L'Italia sotto il dominio francese_ (Rome, Turin, Naples, Roux, 1889, p. 266 du 2e volume).]

[20: Cantù, _Dell' indipendenza italiana, cronistoria_, 1er vol.; Zobi, _Storia civile della Toscana dal 1787 al 1848_ (Florence, Molini, 1851), p. 431-435, 458 et suiv., 713-715 du 3e vol.; Cusani, _Storia di Milano dall' origine ai di nostri_ (Milan, typogr. Albertari, 1867), 6e vol., p. 104-106, 132-133, 349-350.]

[21: Tivaroni, _L'Italia prima della rivoluzione francese_, p. 371.]

[22: _Madame de Staël et l'Italie_ (Paris, Colin, 1890), p. 67-75.]

[23: Voir les instructions et les arrêtés du ministre aux pages 34-41 et 70 du 4e vol. de la _Raccolta delle leggi, proclami, ordini ed avvisi pubblicati in Milano nell'anno VIe_. Ce recueil, édité à l'époque même par Veladini, est devenu si rare que, non seulement on ne le trouve pas à la Bibliothèque nationale de Paris, mais à Rome même M. Zannoni l'a vainement cherché pour moi. C'est grâce à M. Lev. Robecchi, le libraire érudit de Milan, que j'ai pu le consulter.--Le comte Litta, dans le livre cité un peu plus bas, ne donne pas la particule à Mme de Saxy; il dit que son père avait pour prénom Gianluigi. Il existait en Provence une famille noble appelée Saxi. Je ne sais si la surintendante en descendait.]

[24: Ce Rapport, qui porte le numéro d'ordre 18792, figure dans les Archives d'État de Bologne, dont le savant directeur, M. Malagola, à la prière de MM. Aless. d'Ancona et Capellini, a bien voulu l'extraire pour moi. C'est également à M. Malagola que je dois la plupart de mes autres données sur ce pensionnat.--Sur la subvention donnée par le prince Eugène à Mme Laugers, voir le _Giornale italiano_ du 22 décembre 1805.]

[25: Dans le Règlement dont le préfet avait ordonné la publication, le 17 avril 1807, afin d'inviter, comme il le disait un peu naïvement, les Bolonais à grossir le nombre des élèves (Archives d'État de Bologne), le prix de la pension est de 30 livres italiennes par mois, plus cent francs par an de faux frais, et non compris les arts d'agrément.]

[26: Mme Laugers se chargeait du français, de l'histoire, de la géographie _et d'autres sciences et langues_, selon la capacité des élèves; elle dirigeait les travaux à l'aiguille avec l'aide d'une sous-maîtresse; des professeurs enseignaient l'écriture, l'arithmétique et l'italien. Les arts d'agrément étaient facultatifs.]

[27: Ces examens avaient lieu tous les six mois. Chaque trimestre, on procédait à une récapitulation, et la plus méritante recevait un insigne qu'elle gardait pendant trois mois.]

[28: Je n'ai pas ce document.]

[29: L'établissement était auparavant rue Nosadella.]

[30: C'est à la prière de M. Flamini, professeur d'histoire à l'Istituto tecnico de Turin, et auteur d'un très estimable ouvrage sur les poètes lyriques de la Toscane au quinzième siècle, que M. Agnelli m'a fourni cette notice que je donnerai en appendice. Le passage de lady Morgan forme une note du morceau qu'elle consacre aux collèges napoléoniens de jeunes filles, p. 248-254 du 1er volume.]

[31: Voir le _Giornale italiano_ des 10 et 13 novembre 1808, et les documents originaux qui se trouvent aux Archives d'État de Naples, à la section _Ministero dell'Interno_, fascicule 714; M. Benedetto Croce a eu l'obligeance de m'envoyer un extrait de ces papiers, auquel je viens de faire quelques emprunts, et dont le reste se placera dans un appendice.]

[32: Tivaroni, _L'Italia durante il dominio francese_, II, p. 266.]

[33: Page 27 du 2e volume de la _Correspondance inédite de Mme Campan avec la reine Hortense_, Paris, Levavasseur, 1835.]

[34: Voir le carton intitulé _Studj Collegi Milano Collº Re delle Fanciulle Prowidenze Generali dal 1808 al..._--Les deux Règlements de la Légion d'honneur se trouvent à la Bibliothèque nationale de Paris.]

[35: Ce blanc qui est dans le texte manuscrit devait sans doute être rempli par les mots «l'Econome.» Toutefois, d'après une traduction faite plus tard pour le gouvernement autrichien, il s'agirait ici de la Maîtresse.]

[36: Je n'ai point trouvé ce nom dans les dictionnaires, et soupçonne, par conséquent, une erreur du manuscrit.]

[37: Probablement par erreur, au lieu de Pfeffel.]

[38: Cette liste est, dans le texte, rédigée en italien.]

[39: Voir aux Archives de Milan, dans le carton précité, une lettre de Lacépède à Mme Campan, du 28 septembre 1808; on y verra aussi une lettre de Lacépède, du 5 du même mois, qui s'accordait mieux avec la gravité du plan de Napoléon, en prescrivant la célébration d'une messe annuelle en souvenir des parents qui viendraient de mourir.]

[40: C'est M. Lenient qui m'a appris qu'elle avait demandé l'interdiction du _Pacha de Suresnes_, comédie d'Etienne et de Gaugiran-Nanteuil, jouée en 1802, où la maîtresse d'un pensionnat morigénait en ces termes ses élèves: «On doit vous établir en sortant de chez moi; et si vous n'apprenez pas à dessiner, à chanter, à danser, à faire des vers et à jouer la comédie, comment voulez-vous devenir de bonnes femmes de ménage?»]

[41: Voir la Lettre de M. Ginguené, membre de l'Institut de France à un académicien de l'Académie impériale de Turin (Valperga di Caluso) sur un passage de la Vie de Vitt. Alfieri (Paris, imp. Colas, 1809).]

[42: C'étaient, pour l'italien et l'histoire, Luigi Romanelli; pour la calligraphie et l'arithmétique, Giuseppe Bissi; pour la danse, Mme Coralli, dont la directrice apprécia bientôt le tact; pour le chant, Ant. Secchi; pour le piano, Bened. Negri; pour le dessin, Giuseppe de Albertis.--Voir ces nominations dans le _Giornale italiano_ des 2 février et 5 avril 1809, 1er avril et 9 décembre 1810. J'ai rectifié plusieurs noms français d'après les Archives de Milan. Il y eut toujours aussi, sous Napoléon, une ou deux institutrices italiennes. D'ailleurs, Mme Gibert, souvent appelée Giberti, est portée comme Milanaise dans une pièce du carton Ufficj PG et AZ (Archives de Milan).]

[43: La notice de M. Croce, que nous publierons en appendice, donnera des détails sur ce collège.]

[44: Le passage suivant de sa lettre de refus m'a paru mériter d'être traduit: «Madame Rambaldi (elle parle d'elle à la troisième personne) avait fort peu d'inclination pour les emplois publics de toute espèce; depuis douze ans, le destin a voulu qu'elle assumât la charge de diriger l'hospice civil de Vérone, où elle se trouve encore, et d'où elle ne pourrait s'éloigner sans une immense douleur. Cet emploi surpasse ses forces, et ce n'est qu'en redoublant de zèle qu'elle essaie de suppléer à l'insuffisance de ses talents dans l'exercice de ses fonctions; mais elle ne pourrait certes en faire autant au Collège Royal des jeunes filles, où on vient de la nommer, car il faudrait là, sans conteste, bien plus de lumières et de capacité qu'elle n'en possède. Accepter ce suffrage honorable et trop flatteur, ce serait se trahir elle-même, en même temps que trahir les vues sages de notre paternel gouvernement.» On s'était de même inutilement adressé, pour le poste de directrice du collège de Vérone, à une dame piémontaise nommée Dauptan.--Sur ces deux dames, voir aux Archives de Milan, le carton intitulé _Collegi d'educ. Verona, Collegio femminile. Ufficj_.]

[45: Voir aux Archives de Milan le carton _Studj. Collegj d'educazione. Verona. Coll° Femminile. Prowe GenII_ et le _Giornale italiano_ du 23 septembre 1812.--À l'occasion d'une visite des enfants du prince Eugène au collège de Milan, le 21 juin 1811, on avait construit un théâtre de marionnettes qui coûta plus de sept cents francs (_Studj. Colleg. d'educ. Milano. Coll° delle Fanciulle A-Z_. Archives de Milan).]

[46: Voir un rapport ministériel qui porte en marge les observations ci-dessus du prince Eugène, datées du 13 juillet 1812, et une lettre du ministre, du 31 du même mois, dans le carton _Studj. Collegj d'educaz. Verona. Coll° Femminile Prow. Genli_, et dans un autre carton relatif au même collège qui porte la rubrique _Ufficj_ (mêmes Archives).]

[47: Sur ces divers démêlés, voir _Studj. Collegj d'educaz. Milano. Coll° Reale delle Fanciulle, Direttrici. Uff. Istit. e Maestre. Prow. Gener._ (Arch. de Milan).--Conséquence plus inoffensive de son origine aristocratique, Mme de Lort attachait une grande importance à l'élégante simplicité de la démarche: un professeur de danse qu'on accusait de ne pas faire faire de progrès aux élèves répondra que la faute en est à Mme la Directrice, qui les dégoûte de la danse, en l'obligeant à ne donner presque que des leçons de maintien.]

[48: Archives de Milan, carton _Studj. Collegj d'educ. Verona. Coll° Femminile. Prow. Gener_.]

[49: Rapport du 7 décembre 1812, même carton des Archives de Milan. Les arrêtés de nomination de Mme Guazza comme Maîtresse, puis comme Directrice, sont dans le _Giornale Italiano_ du 28 juillet 1812 et du 7 février 1813. Son nom est souvent estropié dans les pièces qui la concernent.]

[50: Voir aux Archives nationales de Paris, dans le dossier Théâtre, Bibliothèque et Collège (de Parme), du carton Fle85 des lettres de ce préfet, notamment celles du 25 août et du 11 octobre 1806. Dans le même dossier, on trouve une lettre du même préfet, en date du 10 septembre 1806, écrite dans un esprit analogue sur l'emploi à faire des comédiens français en Italie.]

[51: Hugo Schiff, article sur l'École des hautes études de Florence, dans la _Revue internationale de l'enseignement_ du 15 septembre 1891.]

[52: Carton _Studj. Collegj. Milano Coll° R. delle Fanciulle. Ufficj. PG ed AZ._]

[53: Même carton et carton _Direttrici, Ufficj, Istit. e Maestre. Prow. Gener._]

[54: _Il governo, dovendo render giustizia alle cure della Direttrice ed alla saviezza dei regolamenti, non puo non chiamarsi estremamente soddisfatto sotto ogni rapporto dell'andamento di questo Istituto. A simile testimonianza lusinghiera per parte del governo corrisponde pienamente il voto della pubblica opinione e il suffragio autorevole dei padri e delle madri di famiglia delle più cospicue classi della società, che riguardano come un favore insigne quello di ottenere per le loro figlie un posto nel collegio, anche contro la corrisponsione dell'intiera pensione. Carton Prow. Gener. dal 1808 a...,_ aux Archives de Milan.]

[55: _Ibid._]

[56: Premier volume de la traduction française de 1821, p. 248 et suiv.]

[57: Sur les modifications que les Autrichiens apportèrent au règlement original, sur l'importance inégale donnée dans le collège au français et à l'allemand, sur la longue opposition aux économies, voir, aux Archives de Milan, celui des s précités qui est intitulé: _Prow. Gener, dal 1808, a..._]

[58: Au moment où une de ses filles, Anna Maria, atteignit l'âge de dix-huit ans auquel les élèves devaient quitter la maison, elle était, non plus seulement orpheline de mère, mais privée de son père, qui avait dû fuir en 1821 et resta vingt ans environ en exil (Voir quelques mots sur la famille dans un article de M. Felice Calvi, _Archiv. Stor. Lombardo_, 2e série, 2e vol., 12e année). Son tuteur, le comte Giberto Borromeo, demanda qu'on voulût bien la garder; sur le rapport de Mme de Lort, qui déclara que la jeune fille était d'un excellent exemple par _sa piété, sa douceur, sa docilité et son application_, le gouvernement y consentit (1823. Archives de Milan, carton _Alunne, G. L._). Le tableau du personnel du collège pour 1824-5 porte une institutrice du nom d'Anna Porro, née à Milan, âgée de vingt et un ans, et entrée en fonctions le 1er janvier 1822. Ne serait-ce pas la fille du comte Luigi?]

[59: Voyez aux Archives de Milan, parmi les cartons relatifs au collège, celui qui porte la rubrique _Alunne, A. G._]

[60: Sur la population du collège à ces différentes époques, voyez, aux mêmes archives, le carton souvent cité _Prow. Gener. dal 1808 al.._, et le carton _Alunne, Prow. Gener. 1831_, dans la série des documents relatifs au collège.]

[61: Voir le premier des deux cartons cités dans la note précédente.]

[62: C'est dans l'Almanach officiel de 1828 que le nom de Mme de Lort se trouve accompagné de ce titre; nous empruntons la définition de l'ordre à la _Collection historique des ordres civils et militaires_ de A. M. Perrot. Paris, André, 1820, in-4°.]

[63: Je n'avais eu entre les mains que les almanachs antérieurs à 1849 qui la portent tous comme Directrice depuis l'époque de sa nomination. M. le professeur Novati, qui a bien voulu continuer mes recherches sur ce point, la trouve mentionnée, avec cette même qualité, dans la _Guida di Milano_ de 1849; en 1850, le nom de la Directrice est en blanc; en 1851, la nouvelle titulaire est Mme Rosa Scatiglia. M. Novati fait observer à ce propos que, cet annuaire se publiant alors comme aujourd'hui entre les mois de février et de mars de l'année dont il porte le millésime, Mme Smith, du moment où elle ne figure plus dans l'édition de 1850, doit avoir cessé ses fonctions à la fin de 1849. Aux Archives de Milan, les particularités sur Mmes de Lort et Smith se trouvent surtout dans les cartons _Prow. Gener, dal 1808 al..._, et _Direttrici Uff. Istit. e Maest. Prow. Gener._]

[64: _Regno d'Italia. R. Collegio Femminile di Verona_. Vérone, typogr. Gaetano Franchini. J'en dois la connaissance à M. Giuseppe Biadego.]

[65: Voir la note qu'elle a mise au passage précité de sa relation de voyage.]

[66: Le passage de Colletta est tiré de la _Storia del Reame di Napoli dal 1734 sino al 1835_, liv. VII, ch. I, § 7. Pour l'histoire des collèges de jeunes filles de Naples sous les Bourbons, j'ai mis à profit la notice de M. Croce que j'ai déjà citée et dont je donnerai le reste en appendice.]

[67: Voyez p. 173 du 18e volume des _Mémoires secrets pour servir à l'histoire de la république des lettres_, à la date du 2 décembre 1781, et Dulaure, _Histoire de Paris_, 6e vol. de la 6e édit., p. 381.]

[68: _Mémoires secrets_, 3 décembre 1781.]

[69: _Ibid._, 3 décembre 1782.]

[70: _Ibid._, 2 décembre 1781.]

[71: _Ibid._, 3 janvier 1782.]

[72: Par exemple, le 7 décembre 1784.]

[73: La _Corresp. génér._ de La Blancherie avait été fondée sur le modèle du Lycée de Lyon, établi d'après les _Mémoires secrets_ en 1777, par un certain Bassi, à l'imitation du fameux club littéraire du café de Saint-James (Voir, sur le Lycée de Lyon, le _Courrier_ du 25 juillet 1786). Le musée de Court de Gébelin datait du 17 novembre 1780. Bassi songea, en 1784, à ouvrir un club littéraire dans les nouvelles constructions du Palais-Royal, sous le nom que nous verrons reparaître, plus tard, de Lycée de Paris: on peut voir son prospectus imprimé à la Bibliothèque Carnavalet.]

[74: _Mémoires secrets_ du 3 janvier 1782.]

[75: Voyez la curieuse histoire des efforts de La Blancherie, dans les _Mémoires secrets_, 22 et 23 avril, 28 octobre, 9 décembre 1782, 20 août et 24 novembre 1783, 18 décembre 1784, 2 mars 1785, 17 avril, 7 mai, 20 novembre 1786; mais il faut contrôler les assertions des _Mémoires secrets_, en consultant le journal de La Blancherie.]

[76: Sur ce musée, voy. _Mém. secr._, 10 mars 1782, 4 juillet, 7, 9, 10, 13, 21 août, 2 septembre 1783, 1er janvier 1784 (on voit, par l'article de ce jour, que le musée de Paris siégeait rue Dauphine), 25 mai 1784, et les deux pièces suivantes qu'on trouve à la Bibliothèque Carnavalet: _Séance du musée de Paris du 5 décembre 1784_; _Règlements du musée de Paris, 1785_. Le Prévost d'Exmes a consacré quelques pages de ses _Entretiens philosophiques_ (Genève, 1785) au musée de Paris, sur lequel il revient encore à la note D de cet opuscule.]

[77: Sur les fêtes données au musée de Pilâtre, voyez _Mém. secrets_, 7 décembre 1784, 31 janvier 1785, le Courrier du 18 janvier 1785. Sur la médaille destinée aux Montgolfier, _Mém. secrets_, 9 septembre 1783.--Le musée de Gébelin avait, le 11 mars 1783, fait une cantate en l'honneur de Franklin et couronné son buste.--Le 20 novembre 1783, à la reprise des cours de Pilâtre, Mme de Chartres couronna le buste du plus jeune des frères Montgolfier.]

[78: Sur ces incidents fâcheux ou heureux, voy. Lenoir, _Eloge funèbre de M. Pilâtre de Rozier_, Londres et Paris, 1785, l'autobiographie de Pilâtre, les _Mém. secrets_, 9 septembre 1783, 31 janvier 1785. Les dissidents du musée de Paris se rejoignirent à leurs anciens confrères après la mort de Gébelin et de Pilâtre (_Mém. secrets_, 18 décembre 1785).]

[79: Sur les péripéties du Musée à la mort de Pilâtre, voyez un article de la _Révolution française_ du 14 juin 1888 sur le Lycée Républicain; la _Vie de Louis XVIII_, par Alph. de Beauchamp, Paris, Naudin, 1825, 1er vol., p. 14; la _Nouvelle Biographie générale_, au mot Flesselles; la 239e lettre de la _Correspondance russe_ de La Harpe. Les _Eloges funèbres_ de Pilâtre ont été publiés.]

[80: Voir, dans le _Courrier_ du 7 février 1786, un article daté du 17 janvier et la _Nouvelle Biographie générale_, au mot Garat.]

[81: Voir les lettres 201 et 239 de la _Correspondance russe_, la note ajoutée par Grimm dans sa _Correspondance littéraire, philosophique et critique_ à la lettre de février 1786 et _ibid_. la lettre du mois de mai de la même année. D'après Grimm, le professeur de physique du Lycée était alors Deparcieux; nous avons suivi l'assertion de La Harpe comme de l'homme en position pour être le mieux informé, quoique, avant et après cette date, Deparcieux ait certainement enseigné au Lycée auquel il demeurera fidèle jusqu'à sa mort, 1799.]

[82: _Mémoires secrets_, 8 janvier 1786. Les Espagnols continuèrent, après la mort de Pilâtre, à jouir de ces divers avantages.]

[83: _Mémoires secrets_, 22 décembre 1786. Ce discours de Condorcet est celui que l'on rapporte d'ordinaire à l'année 1787, parce qu'il inaugurait l'année scolaire ou, comme l'on disait, l'année lycéenne, qui suivit celle durant laquelle il avait prononcé au Lycée un autre discours, le 15 février 1786; je soupçonne encore une erreur dans la date de ce dernier discours que, d'après un article du 17 janvier de cette année inséré dans le _Courrier_ du 6 février, je rapporterais au 8 janvier 1786.]

[84: _Moniteur_ du 21 brumaire an III.--Quand La Harpe publia son cours de littérature, il rétracta cette réfutation de Montesquieu, qui, dit-il, avait eu un tel succès qu'on le sollicitait de toutes parts de l'imprimer sur-le-champ (V. la note 1 de la page 266 du 3e vol. de l'édition de Firmin-Didot, 1863).]

[85: _Mémoires de Brissot_, p. 61-62 du 2e volume, et, d'après les _Mém. secrets_, 11 février 1785, le n° 9 du _Courrier de l'Europe_ du même jour. Brissot a publié un _Journal du Lycée de Londres_ ou _Tableau de l'état présent des sciences et des arts en Angleterre_ (Paris, Périsse jeune, 1784, in-8°).]

[86: Voir le _Moniteur_ du 6 décembre 1789.]

[87: Voir, sur cette société, un article de M. Berthelot dans le _Journal des savants_ d'août 1888.]

[88: Voir la _Biographie Michaud_ au mot de Saudray et surtout l'_Annuaire du Lycée des Arts pour l'an III_.]

[89: Sur les embarras pécuniaires où le Lycée des Arts tomba dès 1793, voir, aux Archives nationales, le carton E 1143; on y lira, entre autres choses, une curieuse lettre de Fourcroy, du 12 brumaire an II, où il prie le ministre de l'Intérieur, qu'il tutoie, de subvenir à cette détresse; Fourcroy ne demande pas à être payé tout seul; il se confond dans la liste des professeurs de l'établissement; mais, en homme avisé, il glisse sur la demande d'indemnité qu'en conscience il ne peut s'empêcher de présenter en faveur des bailleurs de fonds: «Il est,» dit-il, «dans mes principes et dans mon coeur d'insister davantage auprès de toi sur le salaire dont les professeurs seraient frustrés.» Pourtant, la créance de ceux qui avaient engagé leur fortune dans le Lycée des Arts était au moins aussi respectable que celle des maîtres qui ne lui avaient donné que quelques mois de leçons.]

[90: Sur tous ces détails, consulter l'_Annuaire du Lycée des Arts pour l'an III_. On y verra, de plus, que ce Lycée donnait un prix pour les arts agréables à chaque séance publique.]

[91: _Moniteur_ du 14 novembre 1793 (On voit, dans ce numéro du _Moniteur_, que le prix d'abonnement venait d'être et allait être encore l'année suivante de 100 francs pour les hommes et de 50 francs pour les femmes), et Reg. ms. des assemblées générales des nouveaux fondateurs du Lycée (Hôtel Carnavalet).]

[92: La Harpe, Introduction à son Discours sur la guerre déclarée par les tyrans révolutionnaires à la raison, à la morale, aux lettres et aux arts.]

[93: La Harpe, _Histoire de mon bonnet rouge_, dans le _Mémorial_, 10 juillet, et 1er supplément au n° du 13 juillet 1797.]

[94: Registre précité des assemblées générales des fondateurs.]

[95: Voir le _Moniteur_ du 25 brumaire an III (15 nov. 1794); _Décade_ du 20 brumaire an III. On peut soupçonner toutefois que Lakanal, dans un rapport de 1795, que cite l'_Annuaire du Lycée des Arts pour l'an III_, exagère un peu le courage des administrateurs de cet établissement.]

[96: Voir l'accueil que fit Danton, dans la Convention, à la renonciation patriotique de Désaudray à une pension de 1,000 livres (_Moniteur_ du 7 frimaire an II, 27 novembre 1793).]

[97: _Moniteur_ du 20 brumaire an III (19 novembre 1794) et le numéro du lendemain. Nous avons extrait ci-dessus la partie du rapport qui loue l'esprit indépendant dont le Lycée, dès avant la Révolution, se montrait animé.]

[98: Voir ce discours et l'introduction qui le précède dans le _Cours de littérature_ de La Harpe; voir aussi la _Décade_ du 20 nivôse an III.]

[99: _Du fanatisme dans la langue révolutionnaire_. Migneret, 1796, in-8°, 3e édit.]

[100: _Débats_ du 9 décembre 1800.]

[101: Voir la note qui termine l'introduction de La Harpe à son étude de la philosophie du dix-huitième siècle, dans le _Cours de littérature_; l'avertissement à l'appendice de l'article sur Vauvenargues, _ibid._; le discours préliminaire de Daunou sur les ouvrages de La Harpe et spécialement le passage sur son _Cours de littérature_; l'article de Dussault dans les _Débats_ du 26 novembre 1801.]

[102: La Harpe au Lycée lisait ses leçons. C'est à partir de notre siècle seulement que l'habitude de parler d'abondance s'est répandue parmi les professeurs: auparavant, ils récitaient par coeur des discours d'apparat ou lisaient des commentaires qu'ils avaient entièrement rédigés dans leur cabinet. Nos premiers orateurs politiques ne se fièrent pas davantage à la facilité de leur parole (voir le livre de M. Aulard sur les orateurs de la Constituante). La Harpe avait la voix naturellement rauque, mais Daunou (Disc. prélim. déjà cité) et Dussault (_Débats_ du 26 janvier 1802) sont d'accord pour louer son talent de lecteur.]

[103: _Journal de Paris_, 23 et 24 nivôse an III (12 et 13 janvier 1795).]

[104: _Journal de Paris_, 1er pluviôse an III.]

[105: _Moniteur_ du 22 nivôse an III (11 janvier 1795).]

[106: _Journal de Paris_ du 25 ventôse an III (15 mars 1795).]

[107: Article du 22 fructidor an III (8 septembre 1795), trois semaines seulement avant le 13 vendémiaire.]

[108: En juin 1796, les amis de La Harpe commençaient à penser qu'il pouvait se montrer sans inconvénient (_Gazette française_ du 21 de ce mois); mais le mandat d'arrêt n'était pas encore levé; c'est seulement en novembre 1796 qu'une sentence d'acquittement fut rendue (voir l'_Eclair_ du 20 nov. 1796). Dans les papiers de Lemaître, agent royaliste, qui furent analysés le 23 vendémiaire an III devant la Convention, La Harpe figurait parmi les personnages représentés comme _intéressants aux succès du plan_ (_Moniteur_ du 28 vendémiaire an IV).]

[109: C'est par une erreur évidente et d'ailleurs rectifiée quelques jours après que ce numéro donne cette liste comme celle des professeurs du Lycée des Arts.--Sur les bons rapports de la Harpe avec le _Journal de Paris_ en 1796, voir aussi le numéro du 21 octobre.]

[110: Les attaques de La Harpe contre la République se trouvent particulièrement dans les articles du cours de littérature sur Helvétius et sur Diderot; le mot tiré du _Mémorial_ s'y trouve dans le 1er supplément du n° du 13 juillet 1797.]

[111: _Moniteur_ du 23 fructidor an V (9 septembre 1797).]

[112: C'est-à-dire dans un troisième Lycée dont il sera parlé plus loin.]

[113: _Histoire de la Révolution française_, VIIe vol., ch. XXVII.]

[114: Sur les opinions politiques de l'auditoire, voir l'article de la _Quotidienne_, cité ci-dessus.]

[115: Voir les savantes _Études sur l'histoire religieuse de la Révolution française_, de M. GAZIER, A. Colin, 1887.]

[116: Il serait curieux d'étudier une pareille transformation dans les articles que Roederer a insérés à cette époque dans le _Journal de Paris_.]

[117: Voir l'article du _Cours de littérature_ sur Diderot.--Il paraît que La Harpe ne ménageait guère les prêtres assermentés (voir le post-scriptum d'une lettre insérée dans leur journal, _Les Annales de la religion_, le 24 juin 1797).]

[118: Sur la condamnation de La Harpe à la déportation en fructidor, voir le _Moniteur_ du 27 fructidor an V (13 septembre 1797) et le livre de Peignot.--Arnault, bonapartiste mais voltairien, ne lui avait pas encore pardonné, en 1833, de s'être converti (voir la note 12 de ses _Souvenirs d'un sexagénaire_), et l'on sait comment M. Paul Albert a jugé de cette conversion dans sa _Littérature du dix-huitième siècle_.]

[119: Voir le _Messager du soir_ du 18 janvier 1797 et la _Décade_ du 30 nivôse an V.]

[120: Fourcroy a longtemps professé à la fois au Lycée Républicain et au Lycée des Arts. Durant l'an VI, Sue fit simultanément un cours d'histoire naturelle au Lycée Républicain (_Décade_ du 10 frimaire an VI) et un autre chez lui (_Décade_ du 10 brumaire an VI).]

[121: _Décade_ du 30 prairial an V; réponse du _Déjeuner_ du 23 juin 1797; rétractation de la _Décade_ du 10 messidor an V.]

[122: Voir, sur ce Lycée, le _Journal des veillées des muses_, le _Conservateur_ du 3 floréal an VI, la _Décade_ du 30 prairial an VIII, du 10 floréal an IX; le _Moniteur_ du 6 brumaire an IX, des 15 et 29 brumaire an X; les _Débats_ du 26 février, du 20 et du 29 décembre 1808; les _Souvenirs de Paris en 1804_, par Kotzebue, p. 116-117 de la traduction française de 1805.]

[123: On trouvera, dans les numéros de la _Décade_, le compte rendu de toutes les inventions propagées par le Lycée des Arts; celles que nous mentionnons sont consignées dans les numéros du 20 frim. an III, du 10 germin. an IV et dans le _Moniteur_ du 28 fructidor an II.]

[124: _Décade_ du 20 frim. an III; lettre de Désaudray du 1er pluviôse an V, dans le _Moniteur_ du 4 du même mois.]

[125: Voir les _Annuaires du Lycée des Arts_ pour l'an III et pour l'an