‹ L'intelligence des fleursChapitre 16 sur 68 · XV

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Ceux qui voudraient étudier à fond tous ces problèmes, je les renvoie aux ouvrages de Christian-Konrad Sprengel, qui le premier, et dès 1793, dans son curieux travail: Das entdeckte Geheimniss der Natur, analysa les fonctions des différents organes chez les Orchidées; puis aux livres de Charles Darwin, du docteur H. Müller de Lippstadt, de Hildebrandt, de l’Italien Delpino, de Hooker, de Robert Brown et de bien d’autres.

C’est parmi les Orchidées que nous trouverons les manifestations les plus parfaites et les plus harmonieuses de l’intelligence végétale. En ces fleurs tourmentées et bizarres, le génie de la plante atteint ses points extrêmes et vient percer d’une flamme insolite la paroi qui sépare les règnes. Du reste, il ne faut pas que ce nom d’Orchidées nous égare et nous fasse croire qu’il ne s’agit ici que de fleurs rares et précieuses, de ces reines de serres qui semblent réclamer les soins de l’orfèvre plutôt que ceux du jardinier. Notre flore indigène et sauvage, qui comprend toutes nos modestes «Mauvaises herbes», compte plus de vingt-cinq espèces d’Orchidées, parmi lesquelles, justement, se rencontrent les plus ingénieuses et les plus compliquées. C’est elles que Charles Darwin a étudiées dans son livre: De la Fécondation des Orchidées par les insectes, qui est l’histoire merveilleuse des plus héroïques efforts de l’âme de la fleur. Il ne saurait être question de résumer ici, en quelques lignes, cette abondante et féerique biographie. Néanmoins, puisque nous nous occupons de l’intelligence des fleurs, il est nécessaire de donner une idée suffisante des procédés et des habitudes mentales de celle qui l’emporte sur toutes dans l’art d’obliger l’abeille ou le papillon à faire exactement ce qu’elle désire, dans la forme et le temps prescrits.

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