‹ L'Œuvre Poètique de Charles Baudelaire: Les Fleurs du MalChapitre 23 sur 52 · III

III

LE CADRE

Comme un beau cadre ajoute à la peinture, Bien qu'elle soit d'un pinceau très vanté, Je ne sais quoi d'étrange et d'enchanté En l'isolant de l'immense nature,

Ainsi bijoux, meubles, métaux, dorure S'adaptaient juste à sa rare beauté; Rien n'offusquait sa parfaite clarté, Et tout semblait lui servir de bordure.

Même on eût dit parfois qu'elle croyait Que tout voulait l'aimer; elle noyait Dans les baisers du satin et du linge

Son beau corps nu, plein de frissonnements, Et, lente ou brusque, en tous ses mouvements Montrait la grâce enfantine du singe.

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