‹ La Bataille invisible, Aventures effroyables de M. Herbert de RenichChapitre 29 sur 29 · Chapitre 30 EPILOGUE

Chapitre 30 EPILOGUE

L’auteur, ou si vous voulez le collectionneur, a fait de son mieux pour garder à ces mémoires ou plutôt à ces confessions d’une aventure en effet exceptionnelle l’unité morale qui, certainement, a guidé, à travers mille méandres, l’esprit un peu inquiet quelquefois, souvent pusillanime, mais toujours honnête, de M. Herbert de Renich.

Nous pouvons nous demander, maintenant, ce qu’est devenu notre héros.

Les quelques papiers qui me restent ne m’instruisent guère à cet égard et tendraient plutôt à me faire croire qu’il n’a point goûté, finalement, le repos tant désiré, tout compte fait, bien mérité !

Le demi-garçon, comme il dit, qui m’apporta sur une petite planchette ces documents (et ce ne peut être que Potaje) disparut sans me dire un mot, et je ne le revis plus depuis !

Je vois bien, d’après les derniers documents que j’ai entre les mains, que M. Herbert de Renich ne présageait point grand-chose de bon de son prochain avenir, à cause justement qu’il en savait trop long sur certains galions et à cause d’un certain neveu de von Treischke, de la mort duquel il n’était point sûr (car quelques prisonniers boches avaient pu s’échapper au dernier moment du Vengeur).

En ce qui concerne le sort de von Treischke et celui d’Amalia, je possède une note qui nous explique en quelques mots comment les choses se passèrent pour eux, au moment de la fin si glorieuse du vaisseau sous-marin.

M. Herbert de Renich avait pu sauver la malheureuse femme et ses petits enfants, et les avait fait monter sur une chaloupe déjà quasi pleine. Amalia était évanouie.

Or, dans le moment que la chaloupe s’éloignait de l’endroit où allait disparaître pour toujours Le Vengeur, un homme qui nageait avec désespoir s’accrocha au bord et faillit faire chavirer l’embarcation, ce que voyant, M. Herbert de Renich le pria de lâcher la chaloupe.

En même temps, il reconnaissait dans le nageur l’amiral von Treischke ; alors, comme le von Treischke n’hésita pas à monter dans la chaloupe, Herbert de Renich n’hésita pas, lui, à lui décharger à bout portant, dans la tête, toutes les cartouches de son revolver.

C’est ici qu’Amalia, réveillée par le bruit, ouvrit les yeux juste pour voir ce qui se passait :

« Malheureux ! dit-elle à M. Herbert de Renich, qu’avez-vous fait ?… Je ne pourrai jamais épouser l’homme qui a tué le père de mes enfants !… »

A quoi M. Herbert de Renich aurait répondu avec cette logique assez mélancolique qui ne le quittait guère.

« Mais si votre mari avait vécu, chère Amalia, comme vos principes vous interdisent le divorce, je n’aurais pas pu vous épouser davantage !… »

q

œuvre du domaine public

Source :

B.N.F. - Wikisource

Ont contribué à cette édition :

Gabriel Cabos

Fontes :
David Rakowski's
Manfred Klein
Dan Sayers
Justus Erich Walbaum - Khunrath

Page 1