‹ La Chanson de l’aubépinChapitre 16 sur 17 · Romance

Romance

Si j'osais espérer qu'ell' m'aime
Ça m'f'rait passer plus d'un défaut ;
Je n's'rais pas si défiant d'moi-même,
A travailler, j's'rais moins nigaud.
J'saurais ben trouver dans ma tête,
L'moyen d'y être utile en ce lieu (bis)
En un mot, j'crois que j's'rais moins bête (bis)
Si Fanchette m'aimait un peu ! (bis)

Fanchette, (nazillant toujours)

Et pourquoi qu'vous n'y avez pas dit tout ça

Loriot

Ah ! Pourquoi ? c'est c'te gueuse d'amour-propre. Voyez-vous ! j'aurais pas voulu avoir l'air... d'autant que l'père Calhouic l'a fait sa légateuse universelle... et... elle pourrait croire que c'est pour ça ! Si ben... qu'si n'fallait qu'un mot, pour qu'elle sache à quoi s'en tenir...

Loriot

Ma foi ! j'oserais pas l'dire... et puis... Bath ! ... elle va s'marier avec Yvon.

Fanchette, (vivement)

Et... si c'était une frime pour se mettre à votre unisson... si elle vous avait attendu, sans rien promettre à personne... quoique vous en diriez ?

Loriot, (transporté)

Ah ! la joie m'rendrait fou ! et j'lui dirais du fond d'mon âme...

S'il est vrai qu'y t'soit agréable
Fanchette d't'unir avec moi !
Si mon bonheur n'est point un' fable
Ah ! j'veux vivre et mourir pour toi !
Je croyais te r'trouver oublise
Ça n'est point, j'en reçois l'aveu (Bis)
Va, j'suis sûr de t'rendr' ben heureuse (Bis)
Si tu veux m'aimer un p'tit peu. (Bis)

Fanchette, (se jetant à son cou)

Oui, va que j't'aime ! et d'tout mon coeur

Loriot, (reculant)

Hé ! la vieille, est-ce que ça vous reprend ? (Fanchette arrache ses lunettes et jette son déguisement) Fanchette ! c'était Fanchette !

Fanchette, (rian)

Loriot

Et, tu n'me ris point z'au nez comme à ordinaire ?

Fanchette, (tendrement)

Hé non ! puisque j'ai quasiment envie d'pleurer, au contraire.

Loriot, (étonné)

Et pourquoi donc ça ?

Fanchette

Et d'joie, donc ! d'avoir r'trouvé mon vrai Loriot.

Loriot, (regardant le déguisement de Fanchette)

Mais qu'est-ce que c'est donc que c'te défroque, qui t'cachait si bien ?

Fanchette

C'est une vieille robe à mamzelle de Kéradec, qui n'pensait point qu'ça m'servirait à repêcher un mari !

Loriot, (vivement)

Un mari ? Ah ! c'te fois, ma Fanchette, c'n'est point-z-une frime ?

Fanchette, (passant son bras sous le sien)

Tu l'verras ben j'suppose !

Loriot, (tendrement)

Et quand ça ?

Fanchette, (baissant les yeux)

Dame ! nous v'la en avril... et la chanson dit comme ça :
Dès que l'aubépin fleurira
La la la

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