VII
Aussi calme et aussi froide que si elle se fût occupée de l’action la plus naturelle, miss Sticker s’éloignait du cabinet des arrêts, où elle avait laissé Aline, libre de retourner à sa chambre, avec un mot l’exemptant de tout supplément de punition. Elle marchait lentement, perdue dans ses réflexions. Éprouvait-elle du remords ? Non, non. Reine, Hilda, Aline, trois pucelles avaient succombé sous ses désirs mâles. Elle valait donc les autres hommes ! Nelly, Gertrie, complétaient la liste de ses maîtresses. Mais, toutes s’effaçaient devant la gracilité d’Hilda. Ah, ce qu’elle rêvait de donner des joies de vanité à la chère petite ! Ah, comme elle lui prouverait sa reconnaissance pour les félicités plus subtiles qu’elle lui devait ! Certes, elle n’oubliait pas toutes celles vécues avec Reine, la débauchée française, qui éveilla ses sens des longs sommeils léthargiques, les annihilant, cette ravissante prêtresse de lascivités qu’elle savait apprécier, et qu’elle baisait encore de temps en temps, non, elle ne l’oubliait pas. Hilda cependant, c’était la fleur délicate qu’elle arracha aux mains d’un rustre, afin de se la réserver. Elle l’avait dépucelée, et maintenant elle entrait dans son petit con sans trop de difficulté, et elle en jouissait avec des raffinements de luxure, bien à son propre goût, non inculqués par Reine. Ses lèvres souriaient en pensant à sa petite maîtresse, et elle se réjouissait du charme qu’elle exerçait sur sa nervosité. En évoquant son image, elle rebandait déjà, et elle serait en mesure de lui tirer son coup avant de se coucher. La chère adorée l’attendait sans doute dans sa chambre pour savoir si elle voudrait faire l’amour ! Elle appelait ainsi d’intuition l’acte d’être baisée. Ah, quel fond de gentillesse elle possédait dans l’âme, et combien elle fut séduisante en effeuillant la rose sur le joli postérieur de Reine ! Miss Sticker allait à petits pas à travers un long couloir, et descendait au premier étage, sans s’occuper des élèves qui, profitant de l’heure de récréation donnée, malgré qu’elles eussent dû être retirées dans leurs chambres, avaient prolongé cette heure, et regagnaient leurs lits sur les objurgations réitérées des maîtresses. Elles montaient par bandes dans l’escalier, et miss Sticker, voulant se rendre compte de l’état des esprits, se dissimula dans une encoignure, d’où elle pouvait les voir et les entendre. Les maîtresses, qui précédaient leurs divisions, frappaient et refrappaient dans leurs mains, criant :
— Miss, miss, vous lasserez la bonté de miss Sticker, et on reviendra aux dures punitions corporelles. Allons, allons, de la bonne volonté, et entrez vite dans vos chambres.
Les élèves grimpaient en courant, par groupes de quatre à cinq ou par couples, et suivaient à d’irrégulières distances la surveillante, les obligeant à la retraite. Des rires, des exclamations de joie, de bonheur, retentissaient, et il se produisait entre quelques-unes des arrêts pour échanger les dernières confidences, arrêts s’effectuant juste devant le coin où se cachait miss Sticker, parce qu’il était point de démarcation pour séparer les diverses divisions.
— Ah, quel changement dans la maison ! répétait-on fréquemment. Et comme la vie de pension devient agréable, on voudrait toujours y rester, même y passer ses vacances !
— Dis, ne t’endors pas de suite, je viendrai te souhaiter un bon bonsoir, et me réchauffer un moment dans tes draps.
— Ne croirait-on pas qu’il gèle !
— Tu ne veux pas ? j’irai voir ta voisine.
— Non, non, je t’attendrai.
Oh, les effrontées ! Miss Sticker souriait et pensait à la jolie quantité de pucelles en train de s’ouvrir les idées, pour préparer le dépucelage de leur con. Elle surprenait des traîneuses, marchant loin, loin, après les autres, ne se pressant pas d’avancer, afin d’échanger une brusque caresse et de profiter de leur isolement pour se regarder sous des jupes prestement troussées, se patouiller et pas craindre de risquer quelques minettes ou quelques feuilles de rose. Le feu de luxure ravageait bien tous les cerveaux. Cependant, peu à peu le vide s’accentuait : miss Sticker entendit un pas qui se précipitait, un pas de fillette qui grimpait l’escalier quatre à quatre, alors qu’une voix au-dessous suppliait :
— Lucy, Lucy, veux-tu bien m’attendre ?
— Non, je ne veux pas, je ne veux pas. Une ravissante blondinette, au type très pur et très idéal, une enfant d’à peine dix ans, fut rejointe par une grande et jolie fille de quinze à seize ans, qui la saisit par les bras et lui dit :
— Ne sois pas méchante, Lucy, tu sais que je te bourre de petits gâteaux !
— Tu as des bonbons ?
— Pas dans ma poche, mais dans ma chambre, je t’en donnerai.
Lucy Barrissor et Christya Zolvoff, une autre blonde, s’arrêtaient devant la cachette de miss Sticker, la grande tenant serrés les bras de la petite.
— Asseyons-nous une minute sur l’escalier, et puis tu viendras prendre tes bonbons.
— Tu me feras attraper et punir, Christya.
— Je dirai que c’est moi la fautive, et je me moque, même du chevalet ! Tiens, vois mon petit minet que tu aimes tant à regarder et à toucher.
— Parce que ça me semble drôle de voir des poils sur le bas-ventre ! Ils sont bien dorés, dorés, les tiens.
Assise sur une marche de l’escalier, Christya avait ramené ses jupes, de façon à découvrir son chat et ses cuisses, apparaissant sous le pantalon très écarté, et de guider la main de la fillette sur son con, son clitoris.
— Chatouille doucement, murmura-t-elle.
— Non, je ne veux pas, tu vas me mouiller les doigts et j’ai peur que ça se devine.
— Que tu es nigaude ! Tu te laveras en te couchant ; et puis, ça ne laisse pas de traces. Va bien doucement, doucement ; c’est meilleur en commençant, ça donne de petits frissons, parce que tu sais, tu es tout plein jolie et gentille, ma belle petite Lucy !
— J’aimerais bien de m’asseoir sur tes genoux, et que tu me caresses, en bien m’embrassant, comme tu fais quelquefois, quand nous nous enfermons dans le water-closet.
— Tout à l’heure, tout à l’heure, ne t’arrête pas de branler, ma chérie.
— Non, j’ai peur. Prends-moi sur tes genoux un instant, et puis sauvons-nous.
— Tu ne veux pas m’embrasser là, dis, là, sur le petit bouton ?
— Non, non, pas ça.
La fillette se glissa sur les genoux de la grande, lui passa les bras autour du cou, et se fit câliner comme une enfant gâtée. Chrystia envoyait la main sous ses jupes courtes et la fouettait sur son jeune postérieur de petites claques caressantes. En ce moment, miss Sticker, malgré tous ses efforts pour se retenir, éternua vigoureusement. Épouvantées, les deux retardataires se séparèrent, et Lucy, la plus vite prête, courut précipitamment dans la direction de son dortoir, sans s’occuper de sa compagne. Celle-ci, presque aussi vite, bondit en avant, mais dans son trouble, elle faillit se jeter sur miss Sticker, qui sortait de son encoignure, la tête dissimulée sous un mouchoir pour n’être pas reconnue. Chrystia tourna brusquement du côté opposé, mais l’effroi qui s’exprimait sur ses traits, leur donnait une joliesse toute spéciale. Involontairement et sans réfléchir, miss Sticker s’élança à sa poursuite ; elle ne savait pas quel démon la poussait, elle bandait encore plus qu’avec Alice. Il semblait que ses sens s’éveillaient par périodes pour l’inciter à des ruts de plus en plus fréquents ; puis, sa semence ne se répandant pas à gros flots, la piqûre du désir renaissait plus vite. Chrystia courait comme une biche ; mais la peur la dominant, elle s’effarait, se trompait de chemin, ne prenait pas le couloir voulu, et tournait, retournait par les mêmes galeries. Miss Sticker, qui veillait à ne pas se découvrir le visage, sans savoir pourquoi, en était gênée dans sa poursuite. Elle eut autrement déjà saisi la jeune fille. Soudain Chrystia s’engagea dans un vestibule précédant un grand salon, pénétra dans ce salon plongé dans l’obscurité, chercha à s’abattre derrière un sopha : elle était prise par les jambes, retenue sur place. Elle supplia à tout hasard :
— Miss, miss, ne me dénoncez pas à la directrice.
Elle supposait avoir affaire à une maîtresse quelconque. Jean Sticker maintenait la fillette sous son emprise, comme il agit la première fois avec Reine de Glady, lorsqu’il la surprit en faute dans la nuit. Il la patouillait sans scrupule et la branlait comme elle venait de l’être par la petite Lucy. S’excitant au jeu, elle lui soulevait les jupes, dénouait les cordons du pantalon, le tirait vers les pieds, donnait la liberté aux fesses et aux cuisses, et elle envoyait la langue dans la fente du cul, vers le con, en écartant les jambes. Surprise de ce qui se passait, Chrystia se rassurait, ne résistait pas davantage, se prêtait. Jean Sticker était de nouveau à point ; il rejetait ses propres jupes sur les épaules de la fillette, approchait le ventre, et sa queue en érection heurtait les cuisses qui s’offraient à sa concupiscence. Une minute, Christya s’affolait à la reconnaissance du véritable sexe de la femme dont elle se trouvait la proie : elle cherchait à se glisser, à se relever, à fuir ; une main de fer l’obligeait à rester prostrée, et des cuisses musculeuses enserraient sa croupe comme dans un étau : elle ne se défendait plus. Comme la gazelle sur qui vient de bondir un tigre, elle attendait ce qui allait s’accomplir en victime résignée, et dans cette résignation elle puisait une certaine félicité, sous laquelle elle répondait de son mieux à l’attaque qui la pressait. Qu’était donc cette nouvelle sensualité qui l’intriguait autant qu’elle la domptait ? Elle obéissait à la volonté de l’être inconnu qui la subjuguait ; elle se sentait le cul rivé à un ventre endiablé de mouvements, au bas duquel la machine masculine se frayait son chemin entre ses cuisses pour chatouiller son petit bouton, son con. Et là, agrippée à la taille par des mains robustes, elle comprenait que cette queue, sûre de son but, ne quitterait le lieu du combat que la porte du sanctuaire violée et conquise. Et cette porte se rendait, courait au devant du crochetage ! Y avait-il derrière elle une virginité entamée, se demandait Jean Sticker ! Non pas, mais Christya appartenait au clan des débauchées formées par Reine, qui la gougnottait souvent avec amour : elle était de celles qui, ne se contentant pas de la Française, s’adressaient à ses élèves dans l’art de lécher un con, et le sien frétillait sans cesse à la recherche d’une bonne camarade qui la dévorerait de minettes. Elle se donnait à Reine et à Alexandra dans le passé : et à présent, elle marchait avec Jane Tirressy, celle désignée par Aline comme coupable présumée de l’écriteau placardé à la porte de Reine, avec Lisbeth, et avec la petite Lucy, qu’elle débauchait depuis quelques jours. Son con, si souvent mouillé par la salive de ses compagnes, jouissant souvent sous le branlage ou sous les minettes, n’aspirait qu’à l’invasion victorieuse des queues viriles. La pine de Jean Sticker avait raison du fragile obstacle virginal encore plus facilement qu’avec Aline, et Christya recevait la décharge du sperme dans son vagin, avec plus de plaisir que de douleur. Une pucelle disparaissait de ce monde, une putain y apparaissait. Sa jouissance éprouvée, Jean, se reculant, appliquait une grosse claque sur le cul de la jeune fille, et se redressant, lui murmurait :
— Fruit pourri, rentre dans ta chambre, et tâche d’oublier ce qui vient d’être.
Elle laissa la fillette stupéfiée, dans une angoisse terrible, se croyant l’objet de quelque sortilège. Un homme se cachait sous les jupes d’une femme, cet homme possédait la voix de la directrice, ce ne pouvait être qu’un démon, elle serait une possédée comme le furent au moyen-âge tant de femmes. Folle de terreur, elle se leva, frottant à sa chemise le sperme qui suintait à son con, et se réfugia, sans plus regarder derrière elle, dans sa chambre. Oh, que de réflexions contradictoires l’envahirent ; elle se rappelait toutes les phases de son aventure, se rassurait et s’effrayait tour à tour, et elle finissait par toucher avec plus de joie que de remords son con, troué et mis à mal. Le calme revenait peu à peu dans son esprit, et, dans son lit, elle s’endormit en pensant que d’éternelles félicités la consoleraient de l’outrage vomi par l’être bizarre qui la dépucela.