‹ La Comédie de la MortChapitre 34 sur 58 · Destinée

Destinée

sonnet.

Comme la vie est faite, et que le train du monde
Nous pousse aveuglément en des chemins divers ;
Pareil au juif maudit, l’un, par tout l’univers,
Promène sans repos sa course vagabonde ;

L’autre, vrai docteur Faust, baigné d’ombre profonde,
Auprès de sa croisée étroite, à carreaux verts,
Poursuit de son fauteuil quelques rêves amers,
Et dans l’âme sans fond laisse filer la sonde.
Eh bien ! celui qui court sur la terre, était né
Pour vivre au coin du feu ; le foyer, la famille,
C’était son vœu ; mais Dieu ne l’a pas couronné.
Et l’autre, qui n’a vu du ciel que ce qui brille
Par le trou du volet, était le voyageur ;
Ils ont passé tous deux à côté du bonheur.

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