CHAPITRE VIII.
DES ÉCRITURES OCCULTES.
On donne le nom d'encre de sympathie aux substances dont on fait usage, qui ne laissent point de traces sur le papier et qui apparaissent derechef, lorsqu'elles sont soumises à l'action de divers procédés.
Lorsqu'on veut avoir recours à un pareil moyen, il faut faire attention à ce que la dépêche ostensible ne mentionne rien qui puisse donner lieu à quelque soupçon. Le papier doit conserver sa couleur et son éclat habituels. Les phrases tracées à l'encre ordinaire doivent être conçues de manière que le lecteur, sous les yeux de qui elles tomberaient, n'ait aucune raison de croire qu'elles n'expriment pas réellement la pensée de l'écrivain et qu'elles n'appartiennent pas à une correspondance sérieuse. On tracera sur les marges, entre les lignes ou sur le côté du feuillet demeuré blanc, ce que l'on veut communiquer en secret.
Il importe que les passages écrits en encre sympathique demeurent invisibles jusqu'à l'accomplissement des procédés qui doivent les rendre au jour; il faut qu'après l'application de ces procédés ils puissent être lus nettement et sans difficulté.
On convient d'un signe quelconque qui, placé soit sur l'adresse, soit dans le corps de la lettre, indique, à celui qui la reçoit, qu'il y a des passages tracés en encre de sympathie. Nous n'avons pas besoin d'ajouter que ce signe doit être mis de manière à échapper aisément aux regards des curieux et à n'offrir aucune importance apparente.
Il est des caractères qui reparaissent, lorsqu'on répand sur eux quelque poudre.
On peut tracer sur le papier une écriture invisible de ce genre, avec tous les sucs glutineux et non colorés des plantes ou des fruits, ou bien avec de la bière, du lait, des liqueurs grasses ou aqueuses.
On laisse sécher ce qu'on a écrit. Pour le rendre visible, on frotte la feuille de papier avec une poudre très-fine et de couleur foncée; du charbon pilé extrêmement menu, du cinabre, du bleu de Prusse, peuvent servir à cet usage. La poudre s'attache aux lettres qui ont été tracées et elle la fait revivre.
Diverses écritures deviennent visibles, lorsqu'on les expose au grand jour.
L'extrait de saturne, étendu d'eau, donne une écriture invisible qui apparaît et devient noirâtre, lorsqu'elle est livrée à l'action de l'air. On obtient un résultat semblable avec de l'argent dissous dans de l'acide nitrique; les caractères tracés avec pareil liquide deviennent verdâtres, lorsqu'ils sont exposés à l'air; placés de manière à recevoir les rayons du soleil, ils se montrent d'un noir rougeâtre.
On peut aussi se servir de substances qui reparaissent, lorsque le papier est fortement échauffé.
Ce qui est écrit avec du lait devient rougeâtre;
Avec du jus de cerise, verdâtre;
Avec du jus d'oignon, noirâtre;
Avec du jus de citron, brun;
Le vinaigre donne une couleur rouge pâle;
Le lait, une couleur rousse, ainsi que l'acide vitriolique affaibli dans une certaine quantité d'eau.
Le cobalt, le vitriol, et d'autres agents chimiques, ont été employés avec plus ou moins de succès dans la composition d'encre de sympathie de différents genres. On a découvert des substances bonnes pour former des caractères qui ressuscitent, pour ainsi dire, lorsque le papier auquel on les a confiés est légèrement mouillé ou lorsqu'il est plongé dans l'eau. Écrivez avec de l'alun dissous dans l'eau, mouillez le papier dont vous vous êtes servi et présentez-le au jour: vous distinguerez très-bien ce qui était invisiblement écrit; les caractères seront beaucoup plus obscurs que le reste du papier, et il leur faudra bien plus de temps pour s'imbiber.
En écrivant avec un liquide formé d'une portion d'eau-forte et de trois portions d'eau, on obtient des caractères qui ne paraissent pas, lorsque le papier est plongé dans l'eau; à mesure qu'il sèche, ils disparaissent. Ils pourront devenir visibles une seconde et même une troisième fois.
Il est aussi des écritures occultes qui reparaissent, lorsqu'on les humecte avec un liquide approprié. C'est ainsi qu'une dissolution de vitriol ou de couperose donne des caractères qui se montrent à l'oeil, lorsqu'on frotte le papier avec une éponge imbibée d'un liquide, dont voici la composition: noix de galle concassées et mises dans de l'eau ou du vin blanc. On obtient le même résultat, en plaçant cette écriture invisible entre deux papiers légèrement imbibés de cette dernière dissolution; il faut que le tout soit enfermé et serré dans un livre pendant quelques moments.
Un procédé assez ingénieux consiste à masquer l'écriture invisible au moyen d'autres caractères que l'on trace dessus en se servant d'une encre formée de paille d'avoine brûlée et délayée dans de l'eau. Quant on passe l'éponge, cette écriture disparaît et laisse voir à la place celle qui était invisible.
L'extrait de saturne donne un marc, avec lequel on trace une écriture, qui, une fois séchée, ne paraît plus; afin de la rendre visible, il suffit d'imbiber le papier de jus de citron ou de verjus, et alors elle paraîtra d'un blanc de lait qui ressortira sur la blancheur du papier.
Des caractères tracés avec du bleu de Prusse paraîtront d'un bleu éclatant, si on les imbibe avec la dissolution acide du vitriol vert.
Une dissolution d'or fin dans de l'eau végétale, coupée avec de l'eau pure, fournit une encre sympathique qui disparaît en séchant, lorsqu'on veille à tenir le papier renfermé et à le soustraire à l'influence du grand air. Ces mêmes caractères, exposés au soleil, reparaîtront au bout d'une heure ou deux.
Disons, une fois pour toutes, que, dans l'écriture occulte, il faut employer des plumes neuves et affectées à cet usage spécial.
Les anciens auteurs qui ont écrit sur la Cryptographie n'ont point oublié les procédés que nous indiquons. Vigenère explique longuement qu'il faut «escrire avec de l'alun brûlé, ou du sel ammoniac, ou du camphre, destrempez en eau, ce qu'estant sec blanchist à pair du papier, qu'il faut tremper puis après dans de l'eau qui le rend noir et l'escriture demeure blanche, ou le chauffer devant le feu, tant que le papier roussisse et l'encre s'offusque; le mesme faict le jus d'oignon et l'eau encore toute simple. Si l'on trasse quelque chose sur le bras, un autre endroit du corps, avec du laict ou de l'urine, en jectant de la cendre dessus, elle y adhère et monstre ce qui y aura été desseigné. Le sel ammoniac, resouls à part soy à la cave ou autre lieu humide, si on escrit de ceste liqueur, tout demeure blanc; frottez le papier avec du coton trempé en eau distillée de vitriol ou de couperose: l'escriture apparoistra noire.
«Il y a un autre artifice de faire une petite incision à un oeuf, avec la pointe d'un tranche-plume bien affilé, par laquelle on fourre dedans de petits billets de papier escris des deux costez, de la largeur de l'ouverture, non plus grande que de petit doigt et y en peult assez tenir. Puis, on la replastre avec de la craye ou ceruse, et de la chaulx vive empastées avec de la glaise. Si qu'il seroit bien malaisé d'y rien remarquer ne connoistre, quand bien mesme on les aurait fait durcir et peller, car cela demeure enclos en leur substance, sans que rien paroisse dehors.
«Il y a un autre malin artifice qui se faict avec de l'alun bruslé, destrempé en eau dont on escrit sur du papier: estant sec, tout deviendra blanc. On brusle d'autre part de la paille de froment qu'on estend en un linge, sur quoy on passe de l'eau tiedde par tant de fois qu'elle ait emporté toute la noirceur de la paille: puis, on escrit de cette encre, sur l'escriture blanche dessusdite, ce qu'on ne veut pas tenir secret: et pour lire ce qui est caché, s'effaçant ce qui apparoit manifeste, il fault avoir de l'eau-de-vie où l'on aye fait tremper des noix de galle concassées grossièrement, tant que l'eau-de-vie en ait attiré et embeu la teinture avec du coton mouillé dedans; l'escriture apparente s'esvanouira et l'occulte viendra à se descouvrir, noire comme est la commune. En quoy il y a certain secret qu'il ne m'a pas semblé devoir divulguer, non plus que d'une autre manière d'encre qui s'efface d'elle-mesme en quinze jours ou trois sepmaines, composée de pierre de touche, sablon d'Estampes, sang de pigeon, noix de galle et autres ingrediens, mesme de l'huille de tartre avec laquelle il fault destremper le tout, y adjoustant un peu d'encre affoiblie avecques de l'eau.»
De son côté, Porta indique ce qu'il appelle une manière très-simple d'écrire sur la peau en caractères ineffaçables: c'est avec de l'eau-forte imprégnée de cantharides; ou, si l'on veut que l'écriture ne soit visible que pendant quelques jours, il faut employer, pour écrire sur la peau, une dissolution d'argent ou de cuivre dans de l'eau-forte, et cette opération peut se faire sur un homme endormi, sans qu'il le sache.
Résumons les autres détails dans lesquels cet auteur et ses émules entrent à l'égard du sujet qui nous occupe.
L'écriture faite avec une eau de vitriol ne devient visible, qu'en passant par-dessus de la décoction de noix de galle. Le sel ammoniac, avec la chaux ou le savon, donne à l'écriture une couleur blanche.
Après avoir critiqué l'antique secret des tablettes enduites de cire, Porta indique les procédés suivants: Écrivez avec de la graisse de bouc sur du marbre; les lettres, en séchant, deviennent invisibles; plongez le marbre dans le vinaigre, elles reparaissent sur-le-champ. Imprimez sur un bois tendre, tel que celui de tilleul, de peuplier ou autre, des caractères, à la profondeur d'un demi-doigt; aplatissez ce bois à la presse jusqu'à ce que le creux ait entièrement disparu et qu'on ne voie plus de traces de lettres; celui à qui vous enverrez ce morceau de bois lira l'écriture en le plongeant dans l'eau.
Enduisez un oeuf de cire; écrivez dessus, de manière à pénétrer jusqu'à la coquille sans l'endommager; tenez l'oeuf pendant une nuit dans une dissolution d'argent par l'acide nitreux; ensuite, enlevez la cire, écaillez l'oeuf et mettez la coquille entre votre oeil et la lumière, les lettres paraissent plus transparentes et très-lisibles. La même chose a lieu en écrivant avec du jus de citron, qui amollit la coquille de l'oeuf: faites durcir un oeuf, enduisez-le de cire, gravez sur la cire des lettres qui laissent la coquille à découvert; mettez l'oeuf dans une liqueur faite avec des noix de galle et de l'alun broyés ensemble; ensuite passez-le dans de fort vinaigre: les caractères pénétreront plus avant; ôtez la coquille, et vous verrez sur le blanc de l'oeuf de belles lettres couleur de safran.
Écritures que l'eau rend visibles: Qu'on écrive avec du jus de citron, ou de coing, ou d'oignon, ou tout autre suc acide; quand ces lettres sont sèches, on n'aperçoit rien; écrivez, entre les lignes, avec de l'encre, des choses indifférentes, afin de dérouter tout soupçon. En approchant la lettre du feu, l'écriture cachée devient lisible. Broyez du sel ammoniac, mêlez-le dans l'eau, écrivez avec cette liqueur: l'écriture paraîtra de la même couleur que le papier; approchez-le du feu, les lettres paraîtront noires. Si l'on écrit avec du jus de cerises, l'écriture paraîtra verte au feu.
Il est aussi des écritures qu'on peut rendre visibles par l'emploi de l'eau seule. Ce que l'on écrit avec une dissolution d'alun devient invisible, en séchant; il ne faut que plonger le papier dans l'eau pour faire revivre l'écriture. Une lettre écrite sur du papier avec une eau de vitriol distillée ne devient visible qu'en plongeant le papier dans une infusion de noix de galle avec du verjus ou du vin, On broie aussi de la litharge que l'on met dans du vinaigre mêlé d'eau; on passe la décoction à la chausse, et on la met à part; on trace ensuite, sur la pierre, sur quelque partie du corps ou sur toute autre matière, avec du jus de citron, des caractères, qui, étant secs, n'ont aucune apparence d'écriture; en passant par-dessus de l'eau de litharge, les caractères paraissent blancs comme du lait.
Rabelais dont l'érudition encyclopédique touchait à toutes sortes de sujets, n'a point oublié les divers procédés de l'écriture occulte; il fait mention d'une lettre qu'une dame de Paris envoie à Pantagruel, lettre qui renfermait un anneau d'or, mais dans laquelle il ne se trouvait rien d'écrit. Panurge s'efforce de découvrir le sens de cette missive, disant que «la feuille de papier estoyt escripte, mais l'estoyt par telle subtilité que l'on n'y voyoit point d'escripture.
«Il la mist auprès du feu pour veoir si l'escripture estoyt faicte avec du sel ammoniac détrempé en eaue. Puys, la mist dedans l'eaue pour sçavoir si la lettre estoyt escripte du suc de tithymale. Puys, la monstra à la chandelle, si elle estoyt point escripte du jus d'oignons blancz.
«Puys, en frotta une partie d'huylle de noix, pour veoir si elle estoyt point escripte de lexif de figuier. Puys, en frotta une part de laict de femme alaictant sa fille première née, pour veoir si elle estoyt poinct escripte de sang de rabettes. Puys, en frotta un coing de cendres d'ung nid d'arondelles, pour veoir si elle estoyt escripte de rosée qu'on trouve dans les pommes d'alicacahut. Puys, en frotta ung aultre bout de la sanie des aureilles, pour veoir si elle estoyt escripte du fiel de corbeau. Puys, la trempa en vinaigre, pour veoir si elle estoit escripte de laict d'espurge. Puys, la graissa d'axunge de souris chaulves, pour veoir si elle estoit escripte avec sperme de baleine, qu'on appelle ambre gris. Puys, la myst tout doulcement dans un bassin d'eau fraische et soubdain la tira, pour veoir si elle estoyt escripte avec alun de plume.»
Rabelais cite, à l'occasion de ces tentatives infructueuses, trois auteurs auxquels la Cryptographie serait redevable d'importants travaux: «Messere Francesco di Nianse, le Thuscan, qui ha escript la manière de lire les lettres non apparentes; Zoroaster, dans son traité peri grammaton acriton, et Calphurnius Bassus, de litteris illegibilibus.»
Cet auteur Thuscan et ces livres grecs et latins sont tout à fait inconnus; il faut donc assigner à l'imagination de maître François le mérite de les avoir créés.
BIBLIOGRAPHIE
Il nous reste à signaler les principaux ouvrages qui se rapportent aux diverses branches de l'Art d'écrire par chiffres; nous ne prétendons pas offrir une liste absolument complète; c'est un but qu'on ne saurait jamais se flatter d'atteindre, mais nous espérons du moins ne pas avoir oublié d'écrits d'une importance réelle. Nous avons adopté l'ordre alphabétique comme étant celui qui facilite le mieux les recherches.
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CRELLII (L. C.) Diss. de scytala laconica, Lipsiæ, 1697, in 4.
DALGARNO (George). Ars signorum, vulgo character universalis et lingua philosophica, Londini, 1667, in-8. Cet écrit a paru à M. Nodier extrêmement remarquable (voir les Mélanges extraits d'une petite bibliothèque, pag. 268, et les Notions de linguistique, 1834, pag. 31). Les ouvrages de Dalgarno ont été réimprimés à Edimbourg en 1834; la Revue d'Edimbourg, nº 124, juillet 1835, leur a consacré un article.
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FUNKS (Chr. B.). Natürliche Magie, Berlin, 1783, in-8. (Il s'y trouve quelques détails sur l'art de déchiffrer.)
GERRAR (DI). Siglarium romanum sive explicatio notarum ac litterarum, Londres, 1793, in-4.
GODEVIN (François), évêque d'Hereford, Nuncius inanimatus Utopiæ, 1629. L'auteur expose mystérieusement les avantages d'une méthode secrète de correspondance au moyen de signes convenus.
S'GRAVESAND, Introductio in philosophiam (Lugd. Bat., 1737). Il y est question, ch. XXXV, de l'écriture en chiffres.
GRISCHOW (Aug.). Introductio in philologiam generalem, Jenæ, 1704, in-8. Le chap. IV roule sur l'art d'écrire en chiffres avec rapidité, et sur les moyens de découvrir pareils secrets.
HANEDI, Steganologia et Steganographia nova. Geheime, magische, natürliche Red- und Schreibekunst, Nuremberg (sans date), in-8, 299 pag. Le véritable nom de l'auteur est Daniel Schwenter, professeur de mathématiques à Altorf, mort en 1636.
HILLERI (L. H.) Mysterium artis steganographicæ novissimum, Ulmæ, 1682, in-8, 478 pag. Un errata de 6 pag. termine le volume. Cette multitude de fautes contribua sans doute au peu de succès de ce traité plus ample que celui de Breithaupt, mais moins méthodique. Il ne s'adapte spécialement qu'au latin, à l'italien, à l'allemand et au français, et seulement aux chiffres à clef simple ou dont l'alphabet n'est pas variable. L'auteur avait donné un aperçu de son travail dans son Opusculum steganographicum, publié à Tubingue en 1675.
HINDENBURG (C. F.). Archiv der reinen und angewandten Mathematik. (Les cahiers 3 et 5 roulent sur l'art de chiffrer.)
HOTTINGA (Domin. de). Polygraphie ou méthode universelle de l'écriture cachée et cabalistique, Groningue, 1620, in-4. C'est la reproduction textuelle de la traduction de la Polygraphie de Trithème, publiée en 1541 par Gabriel de Collange. Hottinga n'a point hésité à donner ce travail comme étant entièrement son oeuvre, et il déclare, dans sa préface, qu'il lui a consacré de longues et pénibles veilles. Il existe peu d'exemples d'un plagiat aussi effronté.
JONES. Hieroglyphic or a grammatical introduction to an universal hieroglyphic language, London, 1768.
KALMAR (Georgius). Præcepta grammatica atque Specimina linguæ philosophicæ sive universalis ad omne vitæ genus adcommodatæ. Berolini, 1772, in-4, 56 pag.
KIRCHERI (Athan.) Artificium cryptographicum, seu abacus numeralis, dans la Magia universalis de Schott, part. IV, lib. I.
--Polygraphia seu artificium linguarum, quocum omnibus totius mundi populis poterit quis correspondere, Rome, 1663, in-folio, Amsterd., 1680. Cet ouvrage curieux est divisé en trois parties; la première offre une pasigraphie en écriture universelle que chacun peut lire dans sa langue. Le principe d'où il part est un dictionnaire numéroté tel que Becher l'avait proposé sans l'exécuter; Kircher l'exécuta en petit sur cinq langues (le latin, le français, l'allemand, l'italien, l'espagnol). Son vocabulaire a environ 1,600 mots; les formes variables des noms et des verbes sont exprimées par des signes de convention. La seconde partie donne une sténographie plus ingénieuse que celle de Trithème. La troisième partie concerne l'invention d'une boîte ou bureau stéganographique pour écrire ou lire très-promptement en chiffre quelconque.
KLÜBER (Lud.). Kryptographik, Lehrbuch der Geheimschreibekunst, Tubingue, 1809, in-8, 470 p.
KORTUM (C. A.). Anfangsgründe der Entzifferungskunst deutscher Zifferschriften, Duisburg, 1782, in-8, 144 pag.
Langage (Le) muet, ou l'Art de faire l'amour sans se parler, sans écrire et sans se voir, Middelbourg, 1688, in-12.
LATOUR (Charlotte de). Le Langage des fleurs, Paris, 1820; 6e éd., 1845, in-12, 328 p. (L'auteur de cet ouvrage, en prose et en vers, est M. Aimé Martin.)
LEIBNITZ. Historia et commendatio linguæ characteristicæ universalis, dans ses Oeuvres posthumes, éditées par Rashe, 144 pag.
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Mysterienbuch alter und neuer Zeit, oder Anleitung geheimer Schriften zu lesen, Leipzig, 1797, in-8, 115 pag.
NEYRIN (J. P.). Principes du droit des gens. (Brunswick, 1783, in-8), pag. 160 et suiv.
Nouveau Traité de diplomatique, par deux religieux bénédictins (D. Toussaint et D. Tassin). Paris, 1750-65. 6 vol. in-4. Voy. tom. III, p. 499-622.
NIETHAMMER (J. M.). Ueber Pasigraphie und Ideographie, Nurnberg, 1808, in-8.
Nouvelle Découverte d'une langue universelle pour les négociants, Paris, 1687, in-12.
Opus novum, præfectis arcium, imperatoribus exercituum, exploratoribus, peregrinis, inventoribus, militibus ac omnis industriæ et litteraturæ studiosis, principibus maxime utilissimum pro cipharis lingua latina, græca, italica et quavis alia multiformiter describentibus interpretandisque. (En latin et en italien, in-8, 44 feuillets.) À la fin on lit: Impressum Romæ, anno MDXXVI. Au second feuillet, l'auteur se donne le nom de Jacques Silvestre, citoyen de Florence.
OZANAM (Jacques). Récréations mathématiques et physiques, 1778, 4 vol. in-8. On y trouve diverses méthodes de Sténographie.
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Polizeischrift, geheime, des Grafen von Vergennes, 1793, in-8, 46 pag.
PORTA (J. B.). De furtivis litterarum notis vulgo de ziferis libri quinque, Neapoli, 1563, in-4. Autres éditions: Londres, 1591, in-4.--Montbelliard, 1593, in-8.--Naples, 1602, in-folio.--Strasbourg, 1603, in-8.
--Magia naturalis, Naples, 1558.--Anvers, 1561.--Naples, 1589.--Leyde, 1644 et 1651. Il est question, dans le livre XVI, de l'art de chiffrer.
PRASSE (M. de). De reticulis cryptographicis, Lipsiæ, 1799, in-4, 14 pag.
RAMSAY (C. A.). Art d'écrire aussi vite qu'on parle, Paris, 1783, in-12. L'original est en latin; il parut dès 1678 et fut réimprimé avec une version française (par A. D. G.). Paris, 1681. Depuis cette dernière date, ce livre a été souvent réimprimé en France et à l'étranger, dans la fin du dix-septième siècle. Les anciennes éditions portaient pour titre: Tacheographie ou l'Art d'écrire, etc. On en connaît une traduction allemande, Leipzig, 1745, in-8.
SARPE, Prolegomena ad tachygraphiam romanam, Rostock, 1829, in-4.
SCHMIDT (J. M.). Vollstændiges wissenschaftliches Gedankenverzeichniss zum Behuf einer allgemeinen Schriftsprache, Dillingen, 1807, in-8.
--Grundsætze für eine allgemeine Schriftlehre, 1816-1818, 2 vol. in-8.
SCHOTT (Gaspard). Schola steganographica in classes octo distributa, Nuremberg, 1665, in-4. D'autres éditions de 1666 et de 1680 sont indiquées par les bibliographes.
--Thaumaturgus physicus seu magia universalis naturæ et artis, 1657-1659, 4 vol. in-4; 1677. On trouve, dans le quatrième volume de cet ouvrage curieux, des notions détaillées sur les divers moyens imaginés par les anciens et les modernes, pour se communiquer leurs pensées à l'aide de l'écriture secrète.
SELENI, Gustavi (id est, Augusti, ducis Brunsvicensis), Cryptomenyticis et Cryptographiæ libri IX, in quibus et planissima Steganographiæ J. Trithemii enodatio traditur, inspersis ubique auctoris et aliorum non contemnendis inventis, Luneburgi, 1624, in-folio.
SOLBRIT (Dav.). Ratio scribendi per zifras, 1726, in-8.
--Allgemeine Schrift oder Art durch Ziffern zu schreiben, Coburg, 1736, in-8. C'est la traduction de l'ouvrage latin précédent.
Steganographia recens detecta, Ulm, 1764, in-8, 97 p. Malgré son titre latin, cet ouvrage est en allemand (semblable circonstance n'est pas rare pour d'anciens écrits publiés au delà du Rhin). L'auteur a gardé l'anonyme, mais il a signé la préface des lettres C. W. P.
STEIN (A.). Ueber Schriftsprache und Pasigraphie, München, 1809, in-8.
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STUBENRAUCH. Histoire abrégée de la Cryptographie. Il s'en trouve un extrait dans les Mémoires de l'Académie de Berlin, t. I, 1745, p. 105 et suiv.
TOD (Al.). The olive-leafe or an universal A. B. C., London, 1603, in-8.
TRITHEMII (J.). Polygraphiæ libri VI, Oppenheim, 1518, in-folio.--Francof., 1550.--Colon., 1564.--Argent., 1600 et 1613.--Colon., 1671.
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--La Polygraphie et universelle écriture de Trithème, traduit du latin par Gabriel de Collange[8], Paris, 1561, 1621, 1625, in-8.
[Note 8: La triste destinée de Collange mérite qu'on en fasse mention. Il était valet de chambre du Charles IX, et, quoique catholique zélé, il fut une des victimes de la Saint-Barthélemi, succombant sans doute à quelques inimitiés personnelles.]
Voici les titres de deux ouvrages composés dans le but de défendre la mémoire de Trithème contre l'accusation de magie dirigée contre lui:
Stenographiæ nec non claviculæ Salomonis germani, J. Trithemii, genuina declaratio, auctore J. Caramuele, Colon., 1634, in-4.
J. TRITHEMII Stenographia vindicata et illustrata, auctore W. E. Heidel, Mayence, 1676, in-4. Une édition de Nuremberg, 1721, in-4, est citée.
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URQUHART (Thomas). Logopandecteision, or an introduction to the universal language, London, 1653, in-4.
VATER (J. S.). Pasigraphie und Antipasigraphie... ou sur la découverte récente d'une langue universelle pouvant servir à tous les peuples, Leipzig, 1799, in-12, 268 pag.
WALLIS (J.). Opera miscellanea, Oxoniæ, 1699, in-folio. Dans son traité De combinationibus et alternationibus, ce célèbre mathématicien donne des exemples de déchiffrement, sans expliquer toutefois les méthodes dont il fait usage.
WILDVOGEL (Ch.). Diss. de scripturis terribilibus, Francof., 1719, in-4.
WILKINS (évêque de Chester). Mercure ou le Messager secret et prompt où l'on montre comment on peut communiquer vite et sûrement ses pensées à un ami éloigné, Londres, 1641, in-4. (L'ouvrage est en anglais.)
--Essay towards a real charater and a philosophical language, Londres, 1668, in-folio. Un extrait de cet ouvrage, devenu fort rare, se trouve dans les Transactions philosophiques, nº 35.
WOLKE (C. H.). Erklærung wie wechselseitige Gedankenmittheilunen aller cultivirten Voelker des Erdkreises, oder die Paxiphrasie möglich und ausüblich sey, ohne Erlernung irgend einer neuen besondern, oder einer allgemeinen Wortschrift oder Zeichensprache, Dessau, 1797.
FIN.
TABLE DES CHAPITRES.
CHAPITRE Ier. Définition de la Cryptographie, son origine; notions historiques. 1
CHAP. II. Auteurs qui ont écrit sur la Cryptographie. 35
CHAP. III. Règles et procédés de Cryptographie. 91
CHAP. IV. Des diverses sortes d'écritures et des différents langages de convention qui se rattachent à la correspondance occulte. 156
CHAP. V. Du rôle de la Cryptographie dans la littérature. 186
CHAP. VI. Des livres à clef. 202
CHAP. VII. Du déchiffrement. 208
CHAP. VIII. Des écritures occultes. 225
Bibliographie. 242
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--page 41: "Un méchant vous demande une lettre d'introduction auprès d'un de ses amis", "ses amis" a été remplacé par "vos amis".
--page 144: "La première lettre de la dépêche, l, correspond à la quatrième, o; la seconde, e, à la quatrième,", "la seconde, e, à la quatrième," a été remplacé par "la seconde, e, à la septième,".
--page 197: "Conserui et dxoop nfouxnb delituit", "nfouxnb" a été remplacé par "nfouxmb".
--page 220: "la consonne c est toujours liée au c", "liée au c" a été remplacé par "liée au h".
--Page 151: La note 5 n'a pas de référence dans le texte.
--Les mots contenus dans [] sont imprimés dans des cases (ex: page 120).
--Cet ouvrage contient de nombreux signes qui ne peuvent être reproduit dans ce fichier; ils ont été remplacés par [Gl.] pour Glyphe, [Pt.] pour Point, etc.
--Les signes enclos dans [= =] sont encadrés dans l'ouvrage.
--Chiffres précédés par [- sont surmontés d'un trait; ceux précédés par [" de deux points.]