‹ La Dame blancheChapitre 19 sur 23 · Scène VII.

Scène VII.

Les prédédens ; ANNA.

ANNA, à part.

Voici bien le passage mystérieux qui conduit dans cette salle ; mais hélas ! je n’ai encore rien trouvé. (Avançant la tête.) Que voi-je ? Gaveston ! Écoutons, et ne nous montrons pas.

(Elle referme le panneau et disparaît.)

GAVESTON, redescendant le théâtre.

Eh bien ! qu’avez-vous à m’apprendre ?

MAC-IRTON.

D’importantes nouvelles ! Il faut vous hâter ou vous êtes perdu : le fils de vos anciens maîtres, Julien, comte d’Avenel, a reparu en Angleterre.

GAVESTON.

Qui vous l’a annoncé ?

MAC-IRTON.

Une lettre de Londres, et des titres authentiques que nous ne pouvons révoquer en doute. Vous savez qu’il y a une douzaine d’années Julien d’Avenel fut confié à un serviteur de son père, Duncan, un Irlandais que vous connaissez.

GAVESTON.

Oui. Après ?

MAC-IRTON.

On lui avait remis une somme considérable pour conduire cet enfant en France et l’y faire élever secrètement ; mais, loin de suivre ses instructions, Duncan s’était embarqué pour l’Amérique, et s’était approprié cette somme.

GAVESTON.

Eh bien ?

MAC-IRTON.

GAVESTON.

Eh bien ! qu’importe ?

MAC-IRTON.

Comment, qu’importe ? Il sert sous le nom de Georges Brown.

GAVESTON.

Ôciel !

MAC-IRTON.

Comprenez-vous maintenant ? c’est lui qui, ce matin, a surenchéri, et vous devinez dans quelle intention ?

GAVESTON.

Non, vous vous trompez ; rien n’est encore désespéré, car il ignore et son nom et sa naissance.

MAC-IRTON.

Il se pourrait ?

GAVESTON.

Mais il ne peut pas payer. Il n’a rien, aucunes ressources : il me l’a avoué lui-même ; et quand je serai propriétaire du château et du titre de comte d’Avenel, peu m’importe alors que Georges Brown soit reconnu pour un descendant de l’ancienne famille : je le lui apprendrai moi-même, s’il le faut.

MAC-IRTON.

Vous avez raison.

GAVESTON.

L’important est de se presser, venez tout disposer.

(Ils sortent sur la ritournelle de l’air suivant)

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