‹ La décomposition de l'armée et du pouvoirChapitre 31 sur 31 · Chapitre 34 QUELQUES BILANS DE LA PREMIERE PERIODE DE LA REVOLUTION

Chapitre 34 QUELQUES BILANS DE LA PREMIERE PERIODE DE LA REVOLUTION

Le temps n'est pas encore venu où l'histoire brossera, en toute impartialité, un vaste tableau de la révolution russe. Le recul manque. Nous en avons assez cependant pour constater certaines manifestations partielles et les expliquer. Nous pouvons aussi dissiper certains préjugés et erreurs qui les enveloppent.

La révolution était inévitable. On dit qu'elle a été voulue du peuple tout entier. Ce n'est vrai qu'à un point de vue : toutes les classes de la société étaient également mécontentes de l'ancien pouvoir — et ce fut la cause de la révolution. Mais touchant son extension, touchant les buts qu'elle devrait atteindre, il n'y avait aucune entente : il était fatal qu'apparussent des crevasses profondes, dès le jour qui suivit la chute du régime.

La révolution avait un visage multiple. Pour les paysans, elle était la terre qu'ils obtenaient enfin ; pour les ouvriers, les bénéfices de l'industrie ; pour la bourgeoisie libérale, une transformation de la vie politique, et des réformes sociales modérées ; pour la démocratie révolutionnaire, le pouvoir et toutes les conquêtes sociales possibles ; pour l'armée, la suppression des chefs et la fin de la guerre.

Après que le tsarisme fut tombé, le pays ne connut, jusqu'à la convocation de l'Assemblée Constituante aucun pouvoir légitime, plus ou moins fondé en droit. Le fait est tout naturel : il en est toujours ainsi dans les révolutions. Mais certaines gens, les uns de bonne foi, les autres en faussant à dessein le sens des mots, créèrent les théories tout à fait erronées de « l'origine démocratique du gouvernement provisoire » ou des « pleins pouvoirs du Soviet des députés ouvriers et soldats », organe qui représentait, soi-disant, « toute la démocratie russe ». Il faut avoir une conscience très élastique pour soutenir, d'une part, les principes de la démocratie et s'insurger avec véhémence contre tout écart dans l'application des formules et des méthodes que comportent des élections légales, et pour saluer, en même temps, l'organe tout puissant de la démocratie dans le Soviet de Pétrograd ou dans le congrès des Soviets — dont le système électif fut singulièrement rudimentaire et unilatéral. Ce n'est pas sans motif que le Soviet de Pétrograd se fit longtemps prier, avant de publier la liste de ses membres. Quant à l'autorité suprême, sans insister sur ce qu'avait de « démocratique » sa naissance au sein d'une « séance privée de la Douma d'Empire », elle avait été établie sur une base si mal agencée que des crises répétées devaient sûrement l'abattre, sans qu'il subsistât aucune continuité. Enfin, un gouvernement émané réellement du « peuple tout entier » n'aurait pu rester isolé, abandonné de tous, à la merci d'une bande d'usurpateurs. Et c'était cependant ce même gouvernement qui avait avec tant de facilité été universellement reconnu, au mois de mars. On l'avait reconnu — mais on ne le soutenait pas effectivement.

Depuis le 3 mars jusqu'à l'Assemblée Constituante, toute autorité suprême a eu les caractères d'un pouvoir usurpé ; aucune autorité n'eût été capable de contenter tous les classes de la société ; leurs intérêts étaient inconciliables, leurs aspirations immodérées.

Aucune des institutions qui gouvernaient (Gouvernement provisoire, Soviet) n'avait pour elle l'appui de la majorité. En effet, cette majorité (les 80 % de la population) a déclaré, par la bouche de son représentant à l'Assemblée Constituante, en 1918 : « Nous autres paysans, nous ne distinguons pas entre les partis ; les partis luttent pour le pouvoir nous autres moujiks, nous n'avons qu'un souci : la terre ([199]) ». D'ailleurs, même si le gouvernement provisoire, devançant l'Assemblée Constituante, avait pleinement réalisé les vœux de la majorité, il n'aurait pu réussir à la subordonner aux intérêts généraux du pays, il n'aurait pu compter sur son appui effectif. La classe paysanne, absorbée par une transformation matérielle qui intéressait vivement aussi la majeure partie de l'armée, n'aurait pas donné, de plein gré, à l'Etat, les forces et les moyens dont il avait besoin pour consolider son pouvoir — c'est-à-dire du blé en abondance et de nombreux soldats, courageux, dévoués et disciplinés. Et le gouvernement se fût trouvé en face des mêmes problèmes insolubles : une armée qui ne veut pas se battre, une industrie qui ne produit rien, des moyens de transport complètement désorganisés et… la guerre civile entre les partis.

Laissons cette question de l'origine démocratique et populaire du pouvoir provisoire : l'usurpation se retrouve dans l'histoire de toutes les révolutions et de tous les peuples. Le fait d'avoir été largement reconnu donnait au gouvernement provisoire un avantage considérable sur les autres groupes qui lui disputaient l'autorité. Cette autorité aurait dû, entre ses mains, être assez forte, assez absolue, assez autocratique, pour écraser par la violence, par les armes même, toutes les oppositions agissantes, pour amener le pays au seuil d'une Assemblée Constituante élue dans des conditions qui eussent prévenu toute falsification des suffrages, et, enfin, pour protéger cette Assemblée.

Pour justifier maints phénomènes révolutionnaires, nous avons, trop souvent, mis en avant les « forces élémentaires » déchaînées. Ce « métal en fusion » qui a supprimé Kérensky avec une rare facilité, a été comprimé par l'étau de fer de Lénine-Bronstein. Et voilà plus de trois ans que triomphe le bagne bolcheviste.

Si un pouvoir aussi cruel, mais guidé par la raison, et par le désir sincère de préparer l'avènement du peuple, s'était exercé, s'il avait réfréné la licence, en quoi la liberté avait dégénéré, et s'il avait duré jusqu'à l'Assemblée Constituante, le peuple russe ne l'eût pas condamné ; au contraire, il l'eût béni. Dans l'avenir, telle sera la situation de tout pouvoir provisoire qui prendra la lourde succession du bolchevisme. La Russie ne le jugera pas sur son origine plus ou moins légale, elle le jugera sur ses actes.

Si le renversement de l'autorité funeste de l'ancien gouvernement a été un exploit héroïque dont le gouvernement provisoire voulait consacrer la gloire par un monument érigé au cœur de la capitale, pourquoi la tentative de jeter bas le pouvoir pernicieux de Kérensky — tentative que Kornilov risqua après avoir épuisé tous les moyens pacifiques et qui fut provoquée par le ministre-président lui-même — est-elle qualifiée de rébellion ?

Du reste, le besoin impérieux d'une autorité puissante n'est pas particulier à la période qui a précédé l'Assemblée Constituante. C'est en vain que cette Assemblée elle-même, en 1918, a demandé au pays non plus de lui obéir, mais de la soustraire aux voies de fait qu'exerçait sur elle une horde de matelots en révolte. Il n'y eut pas un bras pour la défendre. Il est possible que cette assemblée, née dans l'émeute et la violence, n'exprimât pas les aspirations du peuple russe : la prochaine les reflétera plus exactement. Cependant les partisans les plus enthousiastes du dogme démocratique, ceux qui ont la foi la plus ardente en son infaillibilité, sauront, je l'espère, regarder en face toutes les éventualités. L'avenir, en effet, héritera d'un peuple dont l'entière métamorphose, physique et psychologique, est un phénomène inédit que personne n'a jamais étudié encore. Sait-on s'il ne faudra pas établir par le fer et par le sang le principe de la démocratie, l'Assemblée Constituante elle-même et ses prescriptions ?…

Quoi qu'il en soit, le gouvernement provisoire avait été, en apparence, universellement reconnu. Il est difficile et inutile de distinguer ce qui procédait de sa bonne volonté et de ses convictions sincères, et ce qui lui a été imposé par la violence du Soviet. Tsérételli avait le droit d'affirmer « qu'en aucun cas, touchant les problèmes essentiels, le gouvernement provisoire ne refusa la conciliation » — mais nous aussi, nous avons le droit de peser au même poids leurs travaux et leurs responsabilités.

Toute leur action, intentionnellement ou non, s'est réduite à détruire. Le gouvernement supprimait, abolissait, réformait, autorisait… C'était là toute son œuvre. La Russie de cette période, c'est, à mes yeux, une vieille maison prête à s'écrouler, exigeant une entière reconstruction. Mais les moyens manquent ; en attendant le moment de la reconstruction (Assemblée Constituante), les architectes commencent par retirer les solives pourries dont quelques-unes ne sont pas remplacées ; d'autres le sont par des poutres légères ; d'autres encore sont étayées par une charpente neuve sans armature ; — ce dernier procédé est le pire. Et la maison s'effondre.

Pourquoi toutes ces disparates dans la construction ? En voici les raisons : premièrement, les partis politiques n'avaient pas de plan d'ensemble bien étudié. Toute leur énergie, tout l'effort de leur pensée et de leur volonté, tendaient surtout à détruire le régime précédent. Car on ne peut voir un plan réalisable dans les esquisses que présentent les programmes abstraits des partis ; ces programmes ne sont guère que des diplômes, officiels ou illégaux, autorisant les porteurs à bâtir. Deuxièmement, les nouvelles classes dirigeantes manquaient des connaissances les plus élémentaires en matière d'administration ; pendant des siècles, en effet, elles avaient été tenues, par système, à l'écart de toutes les fonctions. Troisièmement, on ne devait pas devancer les résolutions de l'Assemblée Constituante ; il fallait, en tout cas, prendre des mesures énergiques pour en hâter la convocation et, en même temps, d'autres mesures non moins puissantes pour assurer l'entière liberté des élections. Quatrièmement, on haïssait tout ce qui portait le sceau de l'ancien régime, même quand il s'agissait d'une institution saine et légitime. Cinquièmement, les partis politiques souffraient d'un excès de présomption — chacun d'eux se flattait d'incarner la « volonté du peuple entier » et se distinguait par une hostilité déclarée à l'égard des autres.

Il serait facile d'énumérer d'autres motifs encore. Je me bornerai à un seul fait dont l'importance est aussi grande aujourd'hui qu'autrefois. On attendait la révolution, on la préparait — mais aucun groupe politique n'était réellement préparé à cette révolution. Elle arriva à l'improviste ; elle trouva tous ceux qui la souhaitaient dans l'embarras : leurs lampes étaient éteintes, comme celles des vierges dont parle l'Evangile. On ne peut tout expliquer, tout justifier par l' « allure catastrophique » des événements. Personne n'avait, à temps voulu, tracé le plan des canaux et des écluses qui auraient empêché l'inondation de dégénérer en déluge. Aucun parti n'avait conçu un programme provisoire qui eût convenu à la période de transition par où allait passer le pays, un programme qui aurait pu, en attendant le plan régulier de la reconstruction, se modifier et s'adapter aux circonstances dans son essence et dans son étendue, soit en matière d'administration, soit aux points de vue économique et social. Il est à peine exagéré de soutenir que les deux blocs, progressiste et socialiste, n'ont à leur actif, après le 27 mars 1917, que les faits suivants : le premier, la nomination du prince Lvov au poste de ministre-président, le second, la création des Soviets et la rédaction de l'ordre du jour n° 1. Tout de suite après commencèrent les fluctuations du gouvernement et du Soviet ; leur action convulsive n'obéissait à aucune méthode.

Malheureusement, la conscience publique n'a pas encore la notion claire des différences qui séparent, très nettement, les époques de transition de celles de reconstruction. Il y faut deux systèmes distincts, deux programmes.

Ce qui a marqué la période active de la lutte anti-bolcheviste, c'est la confusion de ces deux méthodes, la divergence des opinions et l'impuissance à créer une forme transitoire de l'autorité.

Et aujourd'hui encore, semble-t-il, les groupes qui s'opposent au bolchevisme continuent à creuser les abîmes qui les séparent et à construire des plans pour l'avenir, mais ils ne se préparent pas à gouverner après la chute des Soviets ; ils tendront de nouveau vers le pouvoir des mains désarmées, ils n'auront pour l'exercer que des idées confuses. Seulement, le problème sera alors infiniment plus complexe. Car le deuxième argument (après le caractère « catastrophique » des événements) qu'avançaient, pour excuser leurs échecs, les hommes du début de la révolution, l'argument de « l'héritage du régime tsariste » sera devenu singulièrement diminué quand on l'examinera à travers le brouillard sanglant dont les bolcheviks ont enveloppé la terre russe.

· · ·

Le nouveau pouvoir avait à résoudre un problème capital : celui de la guerre ; de la solution dépendait le sort du pays. Pour maintenir l'alliance et pour continuer la guerre, on avait des raisons morales — qui, à l'époque, semblaient péremptoires — et des raisons pratiques, plus ou moins discutables. Aujourd'hui, les premières sont moins absolues : nous avons pu constater l'égoïsme cynique de nos alliés et de nos adversaires à l'égard de la Russie. Et pourtant je crois encore qu'on avait eu raison de continuer la lutte. On peut émettre toute espèce de suppositions touchant les résultats éventuels d'une paix séparée : elle aurait pu être un « Brest-litovsk », elle aurait pu être moins dure pour l'Etat et pour notre amour-propre national. Mais il est certain que cette paix, signée au printemps 1917, aurait entraîné le démembrement de la Russie et sa ruine économique (c’eût été la paix générale aux frais de la Russie) — ou bien qu'elle aurait donné aux puissances centrales une victoire complète sur nos alliés, ce qui aurait provoqué dans leurs pays des perturbations autrement profondes que celles de l'Allemagne actuelle. Rien d'ailleurs, dans l'un ou l'autre cas, n'aurait amélioré les conditions politiques, sociales et économiques de notre existence, ou poussé la révolution russe dans une nouvelle voie. Seulement, outre le bolchevisme, nous aurions pu inscrire à notre passif la haine des vaincus, pendant de longues années.

On décida de continuer la guerre. Il fallait par conséquent maintenir l'armée et permettre qu'il y régnât un certain esprit conservateur, gage de sa stabilité et de la sécurité du pouvoir. Il est, certes, impossible de tenir l'armée à l'écart, lors des grands bouleversements historiques — mais il ne faut pas qu'elle se transforme en une arène de luttes politiques, il ne faut pas que ses hommes, au lieu de servir l'Etat, deviennent des prétoriens ou des gardes du corps (à la solde des tsars, de la démocratie révolutionnaire ou des partis).

On la détruisit.

Une armée ne peut exister selon les principes que la démocratie révolutionnaire avait instaurés. Voici qui est significatif : toutes les tentatives faites, dans la suite, pour combattre le bolchevisme par les armes ont débuté par l'organisation d'une armée selon les principes réguliers de l'administration militaire, et c'est là aussi que le haut commandement des Soviets en est venu. C'est une vérité immuable que ne sauraient dénaturer ni les catastrophes, ni les erreurs des dictateurs militaires ou des forces qui ont soutenu ou combattu ces derniers. Peu importe que ces erreurs aient entraîné des échecs (plus tard, je dirai la vérité là-dessus). Et voici encore qui est frappant : les groupes dirigeants de la démocratie révolutionnaire n'ont pu créer aucune force armée — si ce n'est cette ridicule « Armée populaire » sur le « front de l'Assemblée Constituante ». C'est cette expérience qui a conduit les socialistes russes émigrés à la théorie de la non-résistance : il ne faut plus lutter les armes à la main, il faut souhaiter et attendre l'évolution du bolchevisme à l'intérieur, ou son renversement par certaines forces — immatérielles ! — « du peuple lui-même ». Mais ces forces, quoi qu'il en soit, ne pourront s'exercer que par le fer et dans le sang. Et ainsi la « Grande Révolution sans une goutte de sang » nage dans le sang du commencement à la fin.

Laisser tomber cette question — la reconstruction, d'une armée nationale sur des bases solides — ce n'est pas la résoudre.

Eh quoi ? Pense-t-on qu'à la chute du bolchevisme la paix et la béatitude descendront brusquement sur ce malheureux pays qui aura subi un esclavage pire que celui des Tartares, qui aura été saturé de querelles, de vengeances, de haines… et qui possédera des armes en abondance ? Est-ce qu'à la chute du bolchevisme les aspirations intéressées de mainte puissance étrangère s'évanouiront ? Ne se feront-elles pas plus ardentes, au contraire, quand tout danger de contagion soviétique aura disparu ? Enfin même au cas où la vieille Europe, moralement métamorphosée, aurait transformé ses glaives en faucilles, est-il impossible qu'apparaisse un nouveau Gengis Khan surgi des entrailles de cette Asie qui a, depuis des siècles, tant de comptes à régler avec l'Europe ?

L'armée renaîtra. C'est indubitable.

Mais, ébranlée dans tous ses principes, dans toutes ses traditions, elle hésitera longtemps à choisir sa voie. Pareille aux preux de la geste populaire russe, elle s'arrêtera indécise, au carrefour. Elle examinera, avec angoisse, l'horizon sombre, voilé encore de brumes matinales. Elle cherchera à distinguer parmi les voix confuses qui s'élèveront. Elle devra — dans une tension douloureuse — discerner au milieu des appels menteurs le seul qu'elle doive suivre… celui de son peuple.

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[1] Le diagramme a été converti en texte pour une meilleure lisibilité. [Note du correcteur]

[2] Ludendorff, Mes souvenirs de guerre.

[3] Chef des services sanitaires de l’armée

[4] Sous ce rapport, on ne peut rien reprocher à la plupart des chefs supérieurs. La bravoure personnelle, allant parfois jusqu'à la témérité insensée, est chose fréquente parmi eux.

[5] Chef de l'Etat-major du grand-duc Nicolas Nicolaïevitch. En 1918, il fut tué par les bolcheviks.

[6] Le député français M. Louis Martin, évalue conne suit les pertes des armées rien qu'en tués (en millions d'hommes), la Russie : 2,5 ; l'Allemagne : 2 ; l'Autriche : 1,5 ; la France : 1,4 ; l'Angleterre: 0,8 ; l'Italie: 0,6, etc. La part de la Russie dans le martyrologe de toutes les armées alliées atteint les 40 % du chiffre total.

[7] Extrait d'un ordre du jour de l'Armée Volontaire.

[8] Milioukov, Histoire de la deuxième révolution russe.

[9] M.-V. Rodzianko, N.-V. Nekrassov, A.-.T. Konovalov.
J.-J. Dmitrioukov, A.-F. Kérensky, V.-V. Choulguine.
S.-J. Chidlovsky, P.-N. Milioukov, M.-A. Karaoulov, V.-N. Lvov, V.-A. Rjevsky.
N.-S. Tchéidzé déclina l'offre qui lui fut faite, préférant le poste de président du Conseil des délégués ouvriers.
Plus tard se joignit à ce Comité B. Enguelgardt.

[10] Télégramme de Rodzianko à l'empereur.

[11] Président du Comité.

[12] Le prince Lvov, Milioukov, Goutchkov, Konovalov, Manouilov, Terestchenko, Lvov, Chingarev, Godnev, Kérensky.

[13] Ludendorff. Mes souvenirs de guerre.

[14] Ministre de la Guerre

[15] Chessin. La révolution russe.

[16] Général-quartier-maître de l'état-major du Généralissime.

[17] Chef de l'état-major du front du Nord (armée de Rouzsky).

[18] Frédériks, Narychkine, Rouzsky, Goutchkov, Choulguine.

[19] Récit de V.-V. Choulguine.

[20] Le prince Lvov, Milioukov, Kérensky, Nekrassov, Terestchenko, Godnev, Lvov, Goutchkov, Rodzianko, Choulguine, Efremov, Karaoulov.

[21] Milioukov, Histoire de la Deuxième révolution russe

[22] L'assassinat eut lieu dans la nuit du 17 juillet 1918.

[23] Le général Dieteriks a consacré beaucoup de temps, d'attention et de travail à rechercher des renseignements sur le sort de la famille impériale.

[24] Tué en 1918, à Kiev, par les soldats de Petlioura.

[25] Décret du 5 mars.

[26] Au Congrès des Soviets (le 30 mars 1917), Tsérételli reconnut que dans la commission mixte (dite commission « de contact »), il n'y eut pas une seule question importante dans laquelle le Gouvernement Provisoire n'eût pas fait de concession.

[27] V. chapitre XX.

[28] Claude Anet. La révolution russe.

[29] Le 2 mars, à la foule demandant qui avait élu le Gouvernement Provisoire, Milioukov répondit « Nous avons été élus par la révolution russe ».

[30] Le général Klembovsky avait été nommé à ce poste par le général Gourko à l'époque où celui-ci remplaçait Alexéiev, malade, à la tête de l'état-major du Généralissime.

[31] Le général Krymov, chef de la division d'Oussouri, plus tard commandant du 3ème corps de cavalerie, a joué un rôle important dans l'action de Kornilov. Avant la révolution, il fut un des instigateurs du coup d'Etat de palais qui se préparait.

[32] Filatiev, Novitzky, Manikovsky et le sénateur Garine.

[33] Kornilov, près de Goumenny, et moi, près de Mesolabortche.

[34] « Il se barricade », plaisantait-on au G.Q.G. où l’on suivait avec anxiété la marche des négociations.

[35] D'aucuns attribuent une importance exagérée à la collaboration dans ce domaine, du général Borissov, attaché à la personne du général Alexéiev.

[36] Deuxième général-quartier-maître.

[37] D'après l'esprit du code relatif à « l'administration des armées actives », le Généralissime était subordonné au Gouvernement Provisoire, en tant que pouvoir suprême, mais non au Ministre de la Guerre.

[38] Au commencement il n'était question que de la « plénitude du pouvoir » du commandement supérieur dans les limites de ses compétences.

[39] « Souvenirs de Guerre ».

[40] Plus tard encore, je l'appelai souvent ainsi en manière de plaisanterie amicale et en souvenir de son professorat à l'Académie.

[41] Tué au cours d'un combat dans l'été de 1918 à l'âge de 39 ans.

[42] Les positions près du mont Odril.

[43] Cette mesure d'ordre général était rendue indispensable par le manque d'officiers d'état-major, le fonctionnement normal de l'Académie ayant cessé. Avant d'obtenir le commandement d'une division, les colonels et les généraux devaient reprendre, dans des conditions spéciales, le poste de chef de l'état-major de la division.

[44] Milioukov : Histoire de la Deuxième Révolution Russe.

[45] Stankevitch : Mémoires.

[46] La durée légale de cinq ans expirait le 25 octobre.

[47] Discours au Soviet.

[48] Paroles de Kérensky.

[49] Dans ce sens que le Gouvernement Provisoire ne s'y opposait nullement.

[50] Avant il y avait dans le Comité trois officiers de temps de guerre et plusieurs soldats.

[51] Stankevitch : Mémoires.

[52] Appel aux marins de Cronstadt, le 26 mai 1917.

[53] Membre du Comité, qui délivrait des permis pour l'expropriation des terres.

[54] « Terrorisme et Communisme ». J. Povolozky, édit.

[55] La villa Dournovo, l'hôtel de Mme Kchessinskaïa, etc.

[56] Ses raisons intimes étaient, sans aucun doute, dans la divergence essentielle entre les deux tendances dont j'ai parlé plus haut. Tout le reste ne fut que prétexte.

[57] « L'avènement du bolchevisme ».

[58] Les membres du Soviet qui entrèrent au Gouvernement furent Skobelev (Travail), Tchernov (agriculture), Piechekhonov (ravitaillement), Tsérételli (postes et télégraphes).

[59] Résolution du Congrès Panrusse ; juin 1917.

[60] Résolution du Soviet, le 5 mai.

[61] Kérensky (socialiste-révolutionnaire), Nékrassov (républicain-démocrate), Avksentiev (socialiste-révolutionnaire), Terestchenko (sans parti), Skobelev (social-démocrate), Piechekhonov (socialiste-populiste), Tchernov (socialiste-révolutionnaire), Oldenbourg (cadet), Zaroudny (socialiste-révolutionnaire), Efremov (républicain-démocrate), Yourenev (républicain-démocrate), Prokopovitch (social-démocrate), Nikitine (social-démocrate), Kokochkine (cadet), Kartachov (cadet).

[62] Kérensky : L'affaire Kornilov.

[63] Voir chapitre IV.

[64] Seul le paragraphe stipulant les droits du soldat était déclaré inadmissible.

[65] Kérensky : L'affaire Kornilov.

[66] Jour de l'offensive de Kornilov.

[67] Déclaration officielle du 25 avril 1917.

[68] On sait que c'était un des titres de l'empereur de Russie (Note du traducteur).

[69] Le parti cadet admettait la nationalisation du sous-sol et des forêts.

[70] Circulaire du 17 juillet.

[71] « Commissions extraordinaires », sûreté générale bolcheviste (Note du traducteur).

[72] Au mois d'août, nous trouvons déjà, dans une déclaration de la démocratie révolutionnaire, la revendication tendant à faire participer l'appareil du commerce au ravitaillement du pays, sans renoncer toutefois au monopole.

[73] L'exportation annuelle du blé russe à l'étranger était, avant la guerre (de 1909 à 1914), de 870 millions de pouds en moyenne.

[74] Les données statistiques citées dans cet article sont empruntées au rapport du professeur G….r, en 1920, et aux déclarations de Koutler, Chingarev, Pokrovsky, Skobelev, etc., en 1917.

[75] Entre autres, 75 % des tissus fabriqués allaient à l'armée.

[76] A la fin de novembre 1916, on révéla, du haut de la tribune de la Douma d'Empire, quelques-uns de ces « bénéfices de guerre » pour l'année 1915-1916 : la Société Riabouchinsky : 75 % de bénéfice net ; la Manufacture de Ter : 111 % ; la Cuivrerie de la Société Koltchouguine : 12, 2 millions de roubles pour un capital social de 10 millions.

[77] Dans l'industrie de l'Oural, par exemple, sur 20 directeurs des entreprises, il ne resta que 4.

[78] Comité Exécutif Panrusse de l’Union des Cheminots.

[79] Kornilov et ses amis. (Note du traducteur).

[80] Le 28 juillet une livre sterling valait 21 roubles ; un franc français, 77 kopeks. Le 28 août une livre sterling valait 37,5 roubles ; un franc français, 1 rouble 10 kopeks.

[81] Le chef fictif du Ministère était Nekrassov, mais, en fait, c'était Bernatzky qui le gérait.

[82] Terestchenko, Chingarev, Nekrassov, Bernatzky.

[83] Désignation formée par les lettres initiales des mots précédents (en russe).

[84] Le Ministère de l'Agriculture gérait également les services du ravitaillement.

[85] Commandé successivement par les généraux Rouzsky, Dragomirov, Klembovsky, Tchérémissov.

[86] Il fut successivement commandé par les généraux Evert, Gourko, Dénikine et Balouev.

[87] Je n'ai pas trouvé de caractéristique analogue dans nos communiqués.

[88] Commandé successivement par les généraux Broussilov, Goutor, Kornilov, Balouev, Dénikine, Volodtchenko.

[89] Commandé successivement par les généraux Sakharov et Stcherbatchov.

[90] Commandé successivement par le grand-duc Nicolas Nicolaïevitch, les généraux Youdénitch et Prjevalsky.

[91] De telles définitions permettaient à la propagande défaitiste d'expliquer des opérations telles que, par exemple, l'offensive de Lemberg, par des « tendances impérialistes et annexionnistes ».

[92] A la fin d'avril 1920.

[93] Discours au Congrès de délégués du front, le 29 avril 1917.

[94] De ce nombre, il en est cinq que je ne connais pas du tout ; c'est pourquoi je n'en parle pas.

[95] Mort en 1920, à Riga, où il prenait part, en qualité d'expert du Gouvernement des Soviets, aux négociations de paix avec la Pologne.

[96] Actuellement ambassadeur des soviets en Chine.

[97] Discours au Grand Quartier, le 20 mai.

[98] « Rietch », le 18 mars 1917.

[99] Commissariat du front du Sud-Ouest.

[100] Plus tard Ministre de la Guerre.

[101] Ainsi, au point de vue de la centralisation de l'organisation, le décret allait même plus loin que ne le demandait alors les représentants des soldats.

[102] Le président de la section était le général Apouchkine.

[103] Expression de Kérensky.

[104] Je ne cite pas les questions qui étaient vraiment du ressort de ces organes.

[105] Savinkov fut commissaire de la 7ème armée, puis au groupe d'armes du front sud-ouest. Il dirigea ensuite le ministère de la guerre.

[106] Etaient présents : le généralissime Alexéiev, les généraux Broussilov, Scherbatchov, Gourko, Dragomirov, Yousefovitch et moi ; en outre, un certain nombre de fonctionnaires du Grand Quartier Général.

[107] Sauf celui du Caucase.

[108] Le « Rietch » du 11 mai.

[109] Le rétablissement de la Pologne dans ses limites ethnographiques avait également été promis par la Russie.

[110] « Mes souvenirs de guerre »

[111] Dans ces listes figuraient les noms de ceux qu'on soupçonnait d'entretenir des rapports avec les gouvernements ennemis.

[112] Zourabov et Perasitch qui avait servi sous Parvous furent dans la suite membres du Comité.

[113] Il est curieux que le même Bronstein (Trotsky) qui devait être suffisamment renseigné quant aux rapports secrets avec les états-majors de nos ennemis, écrivit le 8 juillet 1917 dans les « Izvestia » « Dans le journal « Naché Slovo » j'ai désigné et attaché au pilori comme agents de l'état-major autrichien, Skoropis-Ioltoukhowsky et Mélénewsky ».

[114] Recueil de discours. Discours, prononcé le 27 avril, à la séance des membres de la Douma d'Empire.

[115] Voir chapitre IV. Les articles 7 et 8 ne purent provoquer dans l'opinion publique qu'un accueil défavorable.

[116] Le grand-duc Michel Alexandrovitch.

[117] Ici je donne à mon exposé de la vie sur le front la forme d'un récit, dont, toutefois, les moindres épisodes sont des faits réels, pris sur le vif.

[118] Il est à noter que les régiments techniques, et en particulier l'artillerie, gardèrent jusqu'au bout une attitude plus digne et maintinrent dans leurs rangs une certaine discipline.

[119] Drame de Tchekhov, Les Trois Sœurs.

[120] A Moscou.

[121] A Pétrograd.

[122] Léonide Andréev. Article intitulé « A toi, soldat ! »

[123] Les plus actifs en furent le lieutenant-colonel de l'état-major général Lebedev (dans la suite commandant de l'état-major de l'amiral Koltchak) et Pronine.

[124] Son président était le colonel Novossiltzev, membre de la 4ème Douma d'Empire.

[125] Le dernier rescrit octroyé par l'empereur Nicolas II aux troupes du lion est daté du 24 janvier 1906. On y lit ce passage : « Nous confirmons tous les droits et tous les privilèges qui leur ont été accordés. Nous leur donnons Notre parole Impériale de ne modifier en rien les conditions de leur service militaire — service où elles se sont couvertes de gloire — et de maintenir intangibles leurs biens et propriétés, conquis au prix de leurs travaux, de leurs efforts et du sang des ancêtres ».

[126] On appelait ainsi, dans les territoires cosaques, l'élément immigré, non autochtone.

[127] Toutes ces troupes avaient leur artillerie.

[128] Il y avait, dans le Don, 48 % de paysans et 46 % de Cosaques.

[129] Dans les territoires principaux (Don et Kouban), les Cosaques formaient la moitié de la population environ.

[130] Je reviendrai en détail sur tous ces faits.

[131] Celles du Don, du Kouban, du Térek, d'Astrakhan et les montagnards du Caucase septentrional. Voir la suite.

[132] Comité exécutif panrusse des cheminots.

[133] 3ème corps de cavalerie pendant la marche de Kornilov sur Pétrograd contre Kérensky.

[134] 3ème corps de cavalerie aux ordres de Kérensky contre les bolcheviks.

[135] Les troupes de l'Oural ont ignoré le bolchevisme jusqu'à leur anéantissement tragique, fin 1919.

[136] Le général Alexéiev ordonna la refonte immédiate de ces troupes. Kérensky permit qu'elles fussent maintenues.

[137] Qui furent disloquées.

[138] Président du Comité militaire ukrainien.

[139] Socialiste-révolutionnaire, émigré, joua un rôle très actif dans son parti. Il fut nommé à son poste par Kérensky, sur la proposition du Soviet des députés soldats de Kiev.

[140] Entre autres, on « ukrainisa » la 4ème division de tirailleurs, que j'ai commandée autrefois.

[141] L'hetman d'Ukraine Skoropadsky fut un de ses ancêtres.

[142] Il avait auparavant commandé le 38ème corps.

[143] C'est lui qui conseilla à l'empereur Nicolas II d'abdiquer.

[144] Lettre officielle de Goutchkov au président du gouvernement provisoire.

[145] Les colonels Baranovsky, Yakoubovitch, prince Toumanov et, plus tard, Verkhovsky.

[146] « Souvenirs : 1914-1919 ».

[147] Grâce aux démarches du général Alexéiev, cette nomination fut annulée : le général Gourko fut mis en disponibilité.

[148] Ce qu'il y avait de plus original dans cette combinaison, c'est que des représentants des ouvriers siégeaient aussi au comité du front ouest.

[149] Jeune colonel de l'Etat-major. Kérensky le consultait sur toutes les questions militaires.

[150] Il resta deux jours sur le front ouest, puis il fut appelé dans le nord. Kalinine vint le remplacer.

[151] C'est l'infanterie qui résistait. L'artillerie a conservé, jusqu'aux derniers jours, sa volonté de combattre, presque intacte.

[152] Allusion aux émeutes de Pétrograd (du 3 au 5 juillet).

[153] Petchersky, président d'un comité ; Kalinine, commissaire aux armées.

[154] On y avait incorporé deux divisions turques.

[155] Rapport officiel du Grand Quartier Général.

[156] Qui avait remplacé le général Kornilov, nommé le 7 juillet commandant en chef du front Sud-ouest.

[157] En Bukovine et dans les Carpathes du nord.

[158] « Souvenirs de guerre ».

[159] Danilov fit partie, en qualité d'expert, de la délégation bolcheviste qui conclut la paix de Brest-Litovsk. En 1920 il avait un poste dans l'armée russe de Crimée.

[160] Voir le chapitre XVII.

[161] C'est le jour où il occupa le poste de commandant en chef du front Sud-Ouest et où il transmit au gouvernement provisoire ses premières exigences.

[162] Siège de l'état-major du front Sud-Ouest.

[163] Relation de l'état-major du front.

[164] Relation de l'état-major du 20ème corps.

[165] Relation du premier corps sibérien.

[166] Compte-rendu du journal Le Front, n° 25.

[167] Séides du tzar Ivan le Terrible.

[168] Relation du 38ème corps.

[169] Cette modification progressive fut exposée pendant le discours du Ministre de la Guerre.

[170] Dans l'affaire Kornilov.

[171] 9 juillet — réponse aux félicitations du Soviet de Mohilev.

[172] Extrait de ses dépositions devant la commission d'enquête.

[173] Déposition de la commission d'enquête.

[174] Allusion à un passage de Schiller, souvent cité dans les débats de la Douma d'Empire.

[175] Conversation, par le télégraphe, avec le colonel Baranovsky.

[176] Locution en vogue pour désigner un dictateur militaire.

[177] Savinkov. « L'affaire Kornilov ».

[178] Chef d'état-major de l'armée.

[179] Ancien directeur de la revue Le Monde contemporain. Socialiste-démocrate, il dirige aujourd'hui un journal bolcheviste à Helsingfors.

[180] Cette conférence se réunit le 14 août 1917. On y avait convoqué des représentants des municipalités autonomes des zemstvos et des villes, des organisations sociales associées, des coopératives, des comités de députés ouvriers et soldats des Doumas d'Empire, des groupes commerçants et industriels, des associations professionnelles d'ouvriers, des sociétés savantes, des travailleurs intellectuels, des organisations nationales, militaires et autres.

[181] En août, au Soviet, les opinions évoluèrent rapidement, à l'avantage des bolcheviks, qui y avaient presque la majorité.

[182] Le général Parsky occupe, actuellement, un poste important dans l'armée des Soviets. Le général Boldyrev a été, dans la suite, commandant en chef de l' « armée antibolcheviste de l'Assemblée Constituante », sur la Volga.

[183] Le 21 août.

[184] Motions votées par le comité principal de l'association des officiers, par la ligue militaire, par le Conseil de l'Union des troupes cosaques, par la société des chevaliers de Saint-Georges, par la conférence des organisations sociales et par d'autres.

[185] Le 27 août, c'est-à-dire le jour de sa rupture avec Kornilov, Kérensky n'avait encore pu se décider à signer les projets de lois émanant du « programme ».

[186] Le troisième corps de cavalerie avait été mandé à Pétrograd par le Gouvernement Provisoire.

[187] Voici ce qui ressort de l'enquête : Savinkov, administrateur du Ministère de la Guerre, et son chef de cabinet, le colonel Baranovsky, envoyé en mission au Grand Quartier Général par Kérensky, estimaient que, vraisemblablement, outre les bolcheviks, le Soviet des députés ouvriers et soldats se soulèverait aussi (sous l'influence du programme Kornilov). Il aurait fallu, dans ce cas, écraser impitoyablement l'insurrection. (Procès verbal. Déposition de Kornilov. Appendice XIII.)

[188] Savinkov — on le verra dans la suite — déposa qu'il n'avait proposé aucune combinaison politique au nom du Ministre-Président.

[189] Il s'agissait du « programme Kornilov ».

[190] Les commandants en chefs des autres fronts adressèrent au gouvernement provisoire, le 18 août, des dépêches très franches, dont les extraits qui suivent indiqueront la tendance :
Le général Klembovsky, commandant du front nord :… « J’estime extrêmement dangereux un changement dans le commandement suprême à l'heure où l'ennemi menace le territoire de notre patrie et notre liberté: Le moment exige l'application immédiate de mesures susceptibles de relever la discipline et la force de l'armée ».
Le général Balouev, commandant du front ouest : « la situation actuelle de la Russie exige l'adoption en toute hâte de mesures exceptionnelles. Le maintien du général Kornilov à la tête de l'armée m'apparaît éminemment nécessaire, quelles que soient les complications de la politique ».
Le général Cherbatchov, commandant du front de Roumanie : « la destitution du général Kornilov exercera sûrement une influence désastreuse sur l'armée et sur la défense de la Russie. Je m'adresse à votre patriotisme au nom du salut du pays ».
Tous les commandants en chef mentionnèrent qu'il était urgent d'appliquer les mesures proposées par Kornilov.

[191] L'état-major n'a pas reçu cette dépêche. Voici comment Kérensky présente l'incident Lvov : « Le 26 août, le général Kornilov m'envoya V.-N Lvov, membre de la Douma d'Empire. Il l'avait chargé d'exiger la remise par le Gouvernement Provisoire de tous les pouvoirs civils et militaires. Il aurait constitué ensuite, à son gré, un nouveau gouvernement. »

[192] Le 29, au matin, une dépêche du général-quartier-maître du Grand Quartier nous arriva encore, par hasard. L'espoir d'un dénouement pacifique, de nouveau, s'y exprimait.

[193] Faubourg de Berditchev.

[194] Communiqué officiel, publié par la « Rietch » du 3 septembre 1917.

[195] Les membres de la commission étaient : les lieutenants colonels Raoupach et Oukraïntzev, juges militaires ; Kolokolov, juge d'instruction ; Liber et Krochmal, représentants du comité exécutif central du Soviet des députés ouvriers et soldats.

[196] Chablovsky, Kolokolov, Raoupach et Oukraïntzev.

[197] Le matin même de notre départ on nous conduisit aux bains, accompagnés d'une seule sentinelle, à une verste de la prison. Personne n'y prêta attention.

[198] Plus tard, ce brillant officier fut parmi les premiers inscrits à l'Armée volontaire. Il fut blessé, à nouveau, en 1918, lors de la première campagne de Kornilov dans le Kouban. Au printemps 1919, il mourut du typhus exanthématique.

[199] Journal d'Oganovsky.

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œuvre du domaine public

Source :

B.N.F. - Wikisource

Ont contribué à cette édition :

Gabriel Cabos

Fontes :
David Rakowski's
Manfred Klein
Dan Sayers
Justus Erich Walbaum - Khunrath

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