Scène X.
LES MÊMES, LE DUC DE RICHELIEU, SEIGNEURS DE LA COUR.
LE DUC, très-ému. Monsieur de Maurepas !… Où est-il ?
MAUREPAS., vivement. Me voici ; qu’est-il arrivé ?
LE DUC. Le roi est fort mal !
TOUS. Grand Dieu !…
LE DUC. Il est tombé sans connaissance au moment où l’archevêque entonnait le Te Deum.
MAUREPAS. Ah ! quelques traîtres, sans doute ?
LE DUC. Non ; les médecins assurent que cet évanouissement est la suite des fatigues d’une marche forcée. Le roi a fait hier une longue course à cheval par un soleil brûlant ; il avait déjà la fièvre, et l’on craint que cette fièvre ne soit pernicieuse. Les princes vous demandent d’expédier sur-le-champ un courrier à la reine et à monsieur le dauphin pour qu’ils viennent au plus vite : la situation ne permet aucun retard.
MAUREPAS. Mais où a-t-on transporté le roi ?
LE DUC. Ici près, dans son appartement. L’évêque de Soissons, les princes, sont avec lui ; ce sont eux qui m’envoient vers vous.
MAUREPAS. Je cours exécuter leurs ordres.
Il sort.