‹ La Femme de cireChapitre 18 sur 22 · Chapitre 4 EN SORTANT DU PARKER-CLUB

Chapitre 4 EN SORTANT DU PARKER-CLUB

Moins de quinze jours après sa réception au Parker-Club, James Gobson en était un des membres les plus assidus. Grand buveur et gros joueur, il avait trouvé là des adversaires dignes de lui, dont il était bientôt devenu l’intime et qui l’avaient entraîné, sans nulle difficulté, dans tous les excès.

On le savait riche ; peu importait la source de sa fortune. On lui faisait excellent visage, il était de toutes les courses, de tous les paris, de toutes les fêtes, et comme certains autres viveurs du même cercle, il avait fini par prendre une chambre au club, afin d’avoir un lit tout prêt, pour les jours où l’ivresse ne lui permettrait plus de rentrer chez lui, à moins qu’il ne s’y fît porter.

Master Gobson menait donc une existence des plus joyeuses et des plus décousues, pendant que sa femme restait seule dans sa villa de Prairie-Fields. C’eût été pour l’inconsolable Saunders une véritable satisfaction que de voir combien était délaissée celle qui, pour se marier une seconde fois, avait repoussé son amour.

Fort gai, même lorsqu’il était complètement gris, le mari d’Ada Ricard acceptait toutes les plaisanteries, sauf celles qui avaient trait à son procès. Il n’aimait pas qu’on lui rappelât les jours critiques qu’il avait passés aux Tumbs, et il aimait encore moins à parler de celle qui portait son nom.

Lorsqu’on s’étonnait de ne le voir jamais avec la belle mistress Gobson, qui lui avait sauvé la vie et donné une véritable preuve d’amour en l’épousant une seconde fois malgré le passé, il répondait d’une façon évasive. Si on insistait sur ce même point, il pâlissait et ses regards prenaient une expression haineuse qu’on ne pouvait s’expliquer.

Mais ces questions, on le comprend, n’eurent qu’un temps. Au bout d’un mois, ses compagnons de plaisir s’occupèrent aussi peu de la jeune femme que si elle n’existait pas. James fut alors tout à fait heureux.

C’est ainsi qu’il atteignit le jour où nous avons vu mistress Gobson répondre avec empressement au billet de Charles Murray et se rendre, sans hésitation, au rendez-vous qu’elle lui avait donné.

Ce soir-là, Gobson passa toute la nuit à son cercle, mais, le lendemain, il lui fallut bien rentrer à la maison, car le jeu avait absolument vidé ses poches. Tout naturellement il s’attendait à des reproches, ainsi que de coutume en semblable occurrence. A sa stupéfaction, Ada le reçut d’une façon charmante.

Que pouvaient lui faire désormais les folies et les absences de celui qu’elle allait tromper !

Certaines femmes ne deviennent douces et bonnes que lorsqu’elles commettent une faute, soit parce qu’elles veulent rendre aveugle le mari ou l’amant, soit parce que leur pitié féminine leur ordonne d’accorder une compensation à celui qui est leur dupe.

Mais James se souciait trop peu de mistress Gobson pour ce demander d’où provenait ce changement subit. Froidement sceptique, profondément égoïste, il accepta l’effet sans chercher à remonter à la cause. Ce fut dans le plus parfait accord que les deux époux passèrent la journée, et vers cinq heures, quand son mari, le portefeuille regarni, lui annonça qu’il retournait à son cercle, Ada lui dit amicalement adieu.

Gobson tenait beaucoup à dîner ce soir-là au Parker, car on y recevait un nouveau membre, et cette cérémonie donnait toujours lieu à un banquet auquel ne manquaient jamais d’assister les plus importants personnages du club.

Ce nouvel élu, qui s’appelait Harris Burnett, était arrivé à Boston avec les plus chaudes recommandations et précédé d’une réputation de buveur intrépide.

On lui présenta James Gobson, qu’on mit à sa droite, et ces deux messieurs se lièrent si rapidement le verre en main, qu’à dix heures, au moment de se lever de table, ils étaient intimes.

De la salle à manger, on passa dans le salon ; mais là, au lieu de prendre place à une table de jeu, ainsi que l’y invitait le mari d’Ada Ricard, Harris demanda un instant de liberté, sous le prétexte d’aller jusqu’à son hôtel.

Il y courut en effet. Un homme l’attendait sur le pas de la porte.

C’était Charles Murray.

– Eh bien ! lui demanda celui-ci, où en êtes-vous ?

– A la plus tendre amitié, répondit Harris Burnett ; seulement, je ne crois pas qu’il sorte cette nuit du Parker. Il va jouer et il est tellement gris qu’il couchera probablement au cercle.

– Tant mieux ; je ne suis pas prêt, et cela nous assure sa rentrée pour demain à Prairie-Fields. Mais demain, il ne faudra pas qu’il sorte avant minuit et demi. Ne le grisez pas trop ; qu’il lui reste encore assez de jambes pour monter dans la voiture qui stationnera à deux portes plus loin que le club. Surtout, s’il a un revolver, comme c’est possible, prenez-le lui ou, mieux, déchargez-le. Le reste me regarde.

– Comment vous préviendrai-je ?

– Je serai ici demain à la même heure. S’il se présente quelque obstacle imprévu, ce sera pour le jour suivant.

Ces étranges instructions reçues, Burnett retourna au Parker et Charles Murray, remontant dans la voiture qui l’attendait, prit le chemin de Prairie-Fields.

Les choses se passèrent comme les avait prévues le voisin d’Ada : James Gobson joua une partie de la nuit et coucha à son club.

Le lendemain, son nouvel ami vint le voir ; ils allèrent ensemble aux courses, puis rentrèrent au Parker pour dîner, puis, à dix heures, ils commencèrent à jouer avec des adversaires qu’on avait désignés à Harris comme ne veillant jamais fort tard.

Aussi, vers minuit, ces messieurs exprimèrent-ils le désir de cesser la partie, et James Gobson, qui, tout en jouant, n’avait cessé de boire, se disposa lui-même à se retirer.

– Retournez-vous chez vous ? lui demanda Burnett, qui, à l’heure convenue, s’était absenté un instant pour avertir Charles Murray de ce qui se passait.

– Ma foi oui, répondit James ; voilà quarante-huit heures que je n’y ai mis les pieds.

– Alors descendons ensemble ?

– Parfaitement.

Ils entrèrent au vestiaire, où Harris, ne pouvant exécuter plus complètement les ordres qu’il avait reçus, se contenta d’enlever fort adroitement de la poche du paletot de Gobson le revolver qui s’y trouvait.

Cela fait, il prit le bras de son nouvel ami qui titubait un peu et ils sortirent.

La rue était déserte.

– My God, murmura l’ivrogne, pas de voiture ! Je remonte au club, je n’ai pas envie d’aller sur mes jambes à Prairie-Fields ; d’abord elles se refuseraient à m’y conduire.

– Voici une voiture, au contraire, répondit Harris Burnett en riant de la plaisanterie de son ami.

Il lui montrait un cab dont le cocher attendait évidemment un client, car il fit avancer son cheval du côté de ceux qui venaient à lui.

Le mari d’Ada Ricard se hissa dans la voiture, serra énergiquement la main de son nouveau compagnon de table, bégaya son adresse et s’étendit dans un coin en fermant les yeux.

Le cheval partit au grand trot.

Le cab roulait déjà depuis près de trois quarts d’heure et n’était plus qu’à quelques centaines de mètres de l’avenue où se trouvaient les villas que connaissent nos lecteurs, lorsque Gobson, qui s’était endormi, se réveilla tout à coup aux jurons que débitait son automédon.

Cet homme avait quitté son siège et examinait attentivement une des roues de sa voiture.

– Qu’y a-t-il donc ? lui demanda James que ces quelques instants de sommeil avaient à peu près dégrisé.

– Il y a qu’un des écrous est parti et que je ne puis aller plus loin, répondit l’individu.

– Baste ! c’est un petit malheur, reprit Gobson en sautant sur la chaussée ; j’irai bien à pied jusque chez moi. Tenez, voilà pour vous.

Il lui donna un dollar, le cocher remercia, et, pendant que son voyageur se dirigeait en sifflant vers l’avenue, il fit tourner son cab, puis, conduisant son cheval par la bride, reprit le chemin de la ville.

Mais cinq minutes après, il tirait tranquillement un écrou de sa poche, le mettait en place, sautait sur son siège et s’éloignait au galop.

Quant à James, sans se douter du tour dont il était victime, il avait atteint l’avenue où, grâce aux grands arbres qui la bordaient, régnait une certaine obscurité.

Soudain, au moment où il longeait le mur d’un vaste parc, deux hommes s’élancèrent sur lui et cela si brusquement, qu’il eut à peine le temps de jeter un cri.

L’un de ses agresseurs l’avait saisi à la gorge ; l’autre s’efforçait de le coucher à terre en lui disant :

– Si vous appelez, vous êtes mort. Vite, votre argent et votre montre !

Mais Gobson était brave et robuste. Contenant d’une main le bras du voleur qui le menaçait de son couteau et donnant un vigoureux coup de tête dans le visage de celui qui l’étranglait, il se dégagea suffisamment pour pouvoir pousser un second appel au secours.

– Tenez bon, voilà ! lui cria-t-on aussitôt.

Et il entendit courir vers lui.

Comprenant immédiatement que leur coup était manqué, les deux bandits lâchèrent leur victime et bondirent de l’autre côté de la chaussée ; mais le sauveur de James ne voulait pas sans doute qu’ils en fussent quittes à si bon marché, car deux coups de feu retentirent et l’un des deux misérables jeta un cri, cri que Gobson, s’il avait été moins gris, ne se serait guère expliqué, car son libérateur avait tout simplement tiré en l’air.

Mais le mari d’Ada Ricard, à peine délivré, avait voulu, lui aussi, se venger ; seulement, à sa stupéfaction, il n’avait plus trouvé dans la poche de son pardessus le revolver qu’il était cependant certain d’y avoir mis.

Du reste, les voleurs avaient disparu, et l’homme qui était venu si heureusement à son aide s’était approché.

– Vous n’êtes pas blessé, monsieur ? lui demanda cet inconnu.

– Non, répondit Gobson ; mais, sans votre arrivée, je crois bien que c’en était fait de moi. Les gredins ! L’un d’eux m’a presque étranglé ! Nom de nom ! Je n’ai pas besoin de vous dire combien je vous suis reconnaissant.

Tout en prononçant ces mots, James rajustait un peu sa toilette dont cette agression avait singulièrement troublé l’harmonie, et il fouillait inutilement ses poches en disant :

– C’est singulier ! Je suis cependant certain de l’avoir pris hier chez moi.

– Quoi donc ? interrogea son sauveur.

– Mon revolver ! Enfin ! grâce au vôtre, l’un de ces bandits a payé son audace. Mais, une question, monsieur ; comment vous trouvez-vous à pareille heure dans cette avenue ?

– Je rentrais chez moi.

– Chez vous ?

– Oui, je demeure à deux cents pas d’ici, au n° 67.

– Par exemple ! Nous sommes voisins alors. J’habite la villa 66.

– Vous êtes monsieur James Gobson !

– Lui-même ! Mais vous êtes plus avancé que moi ; j’ignore votre nom.

– Je me nomme Charles Murray.

– Et bien ! monsieur Charles Murray, je vous dois la vie, je ne l’oublierai pas ; et puisque nous sommes voisins, nous ne nous séparerons pas ainsi. Vous allez me faire le plaisir d’entrer chez moi prendre un verre de champagne.

– Il est bien tard.

– Une heure à peine.

– N’êtes-vous pas marié ? Nous allons éveiller Mme Gobson.

– Peuh ! Et puis mistress Gobson sera enchantée de voir le sauveur de son mari ! A moins que ce ne soit elle qui ait voulu me faire assassiner !

James avait prononcé ce dernier mot en riant, mais d’un rire ironique, qui semblait exprimer combien il croyait sa femme parfaitement capable d’un acte de ce genre.

Charles Murray n’eut pas l’air de comprendre ; il se contenta de faire observer à son voisin que les hommes qui l’avaient attaqué semblaient n’avoir eu d’autre intention que de le dévaliser.

– Oui, c’est vrai, fit Gobson en riant de nouveau. D’ailleurs, vous pensez bien que ce n’est là de ma part qu’une plaisanterie.

Tout en causant ainsi, les deux Américains s’étaient remis en marche.

Ils atteignirent bientôt la première des deux villas.

– Comment ! vous voulez vraiment que j’entre chez vous à cette heure ? demanda Murray à celui qui avait ouvert la grille et s’effaçait pour le laisser passer.

– Certes oui, cher monsieur, répondit le mari de miss Ada, j’y tiens absolument. Vous me désobligeriez beaucoup en refusant.

– Qu’il soit fait alors selon votre désir.

Et suivant le maître de la villa qui le précédait pour lui montrer le chemin, Charles Murray traversa le jardin et pénétra dans la maison.

– Ohé, Betsy, Betsy, descendez ! appela bruyamment Gobson du bas de l’escalier.

Betsy était la femme de chambre d’Ada.

Elle venait de se coucher, mais ne dormait pas encore. Elle répondit aussitôt et James, s’emparant de la lampe qui éclairait le vestibule, fit entrer son voisin dans la salle à manger.

La servante arriva presque immédiatement.

– Allumez le gaz, lui commanda son maître, donnez-nous du champagne, des cigares et des biscuits, et dites à mistress Gobson de nous rejoindre.

– Madame dort, observa Betsy.

– Réveillez-la, riposta durement le brutal.

– Non, je vous en prie, supplia Murray, j’aurai l’honneur de voir Mme Gobson demain.

– Du tout, du tout ! Elle aura le temps de se remettre au lit ; elle n’a rien de mieux à faire. Allons, vite, stupide créature !

Ces derniers mots s’adressaient à la femme de chambre, qui, sans doute accoutumée à ce ton grossier, ne hasarda pas d’autre réflexion. Elle donna de la lumière, servit du champagne et se hâta de disparaître pour obéir.

Gobson déboucha la bouteille en homme expert en ce genre d’opérations, remplit les verres et vida le sien d’un seul coup, après avoir salué son sauveur.

Murray fit raison à son hôte, qui lui dit en remplissant de nouveau les verres :

– C’est vraiment une bonne fortune pour moi de vous avoir pour voisin. Est-ce qu’il y a longtemps que vous habitez l’avenue ?

– A peu près un mois. L’air de ce quartier a été recommandé à ma nièce. C’est à cause d’elle que je suis venu m’installer ici.

– Vous n’êtes pas marié ?

– Non.

– Vous êtes bien heureux !

– Vous l’êtes davantage ; on dit mistress Gobson remarquablement jolie.

– Oui ! c’est possible, mais, voyez-vous, cher monsieur Murray, la meilleure femme… légitime ne vaut pas le diable. C’est une gêne, un obstacle. Moi, j’aime la liberté.

Le frou-frou d’une robe dans l’escalier interrompit cette boutade grossière de James, qui reprenait rapidement le chemin de l’ivresse ; et, quelques secondes après, la maîtresse de la maison parut sur le seuil de la salle à manger.

Ada était plus jolie que jamais. Enveloppée dans un long peignoir de satin bleu, ses beaux cheveux relevés simplement sur sa tête, on ne pouvait rêver rien de plus charmant, rien de plus désirable.

En reconnaissant, dans le compagnon de son mari, celui qu’elle aimait, elle s’arrêta un instant sur le pas de la porte ; mais, comprenant qu’il y avait là quelque mystère qui lui serait expliqué plus tard, elle imposa silence aux battements de son cœur, redevint maîtresse d’elle-même et, saluant M. Murray comme elle eût salué un étranger, elle s’avança en disant sèchement à James :

– Betsy m’a réveillée en affirmant que vous me demandiez. Que pouvez-vous me vouloir à pareille heure ?

– Eh parbleu ! répondit Gobson d’un ton railleur, je veux tout simplement, ma chère amie, vous présenter l’homme qui vient de me sauver la vie : M. Murray, notre voisin. Sans son aide, deux gredins allaient me faire un mauvais parti.

– Je ne vous comprends pas, fit la jeune femme en haussant légèrement les épaules.

– Oh ! je sais bien, répliqua l’ivrogne qui avait surpris ce mouvement, que, si ces gaillards-là m’avaient planté six pouces de fer dans le ventre, vous n’en auriez éprouvé qu’un médiocre déplaisir. J’ai été attaqué, on voulait me dévaliser, mais mon sauveur est arrivé. Il était temps, j’étais déjà à demi étranglé.

– Madame, dit Charles Murray, qui s’était levé à l’arrivée d’Ada, votre mari exagère un peu le service que je lui ai rendu. Je crois qu’il se serait tiré d’affaire sans moi. Quoi qu’il en soit, je m’excuse d’avoir troublé votre repos. Je ne voulais pas entrer chez vous, mais M. Gobson a insisté.

– Eh ! certes, oui, j’ai insisté, reprit vivement James, et je compte bien que nous n’en resterons pas là ; vous m’avez l’air d’un joyeux compagnon. Encore un verre de champagne ! Voyons, Ada, buvez avec nous ; ou je croirai, Dieu me damne ! que vous êtes désolée que je sois rentré sain et sauf.

– Je ne demande pas mieux, répondit en souriant mistress Gobson qui devinait que cette agression dont son mari avait été victime n’était qu’une comédie. Quoi que vous en pensiez, je suis heureuse, au contraire, qu’il ne vous soit rien arrivé. J’en remercie bien sincèrement monsieur, monsieur…

– M. Murray.

– J’en remercie bien sincèrement M. Murray. Et, prenant le verre plein que lui tendait son mari, elle y trempa ses lèvres roses en échangeant un long regard avec son voisin.

– Maintenant, dit celui-ci, vous me permettrez, cher monsieur Gobson, de ne pas être indiscret plus longtemps ; nous nous reverrons, puisque vous voulez bien m’ouvrir votre maison.

– Laissez-moi vous reconduire.

– C’est inutile, je vous en prie.

C’était surtout à peu près impossible pour James, car les quatre ou cinq verres de champagne qu’il venait de boire l’avaient grisé de nouveau.

– Alors, balbutia-t-il, que Betsy vous montre au moins le chemin.

– Je vais le faire moi-même, proposa la jeune femme.

Gobson approuva du geste et tendit la main à son hôte, en lui faisant promettre de revenir le lendemain.

Ada était déjà sur le perron ; Charles Murray la rejoignit ; ils traversèrent ensemble le jardin.

– Eh bien ! lui dit-il lorsqu’ils eurent atteint la grillé, vous voyez que j’ai tenu ma promesse ; me voilà l’ami de votre mari. Ne me donnerez-vous pas un mot d’espoir ?

– Vous êtes charmant, répondit mistress Gobson avec un éclair de passion dans ses beaux yeux. A demain !

Et fermant la grille sur celui auquel elle venait de se promettre, Ada remonta rapidement chez elle sans entrer dans la salle à manger, où James, les coudes sur la table et le regard haineux, murmurait :

– Oh ! si je croyais que gens-là aient été apostés par elle, je la tuerais comme un chien !

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