‹ La Ferme à GoronChapitre 15 sur 15 · 15

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Quelle drôle d’idée vous avez là, Madame Goron, de venir, par un froid de chien, faire une promenade sur la Seine !

— Mon père Sandré, puisque je vous paye, qu’est-ce que ça vous fait.

— Ça me fait plaisir. Je viens de payer mon terme, et je n’ai plus le sou.

M Goron monta dans la barque du passeur, s’assit à l’arrière et posa sur ses genoux un panier fermé.

— Où qu’y faut que j’aille, dit le père Sandré.

— Où vous voudrez, répondit-elle. Mais, en descendant le courant : et vous remonterez quand je vous le dirai.

La barque allait lentement. M Goron, vêtue de noir, avec un long voile, fit un signe de croix et, tirant de son panier un petit paquet, le jeta à l’eau.

Le père Sandré qui n’avait pas eu le temps de voir l’objet ainsi lancé demanda :

— Je suis bien curieux, mais qu’est-ce que vous jetez comme ça dans la Seine ?

— Mon pauvre défunt y est, dans la Seine, répondit-elle, vous le savez bien, mon père Sandré.

— Ah ! oui, dit-il, et que je me rappelle bien l’accident !

— Eh bien, dit la veuve, en pleurant, c’est aujourd’hui la Toussaint, on porte des fleurs aux morts ; j’ai fait des bouquets que j’ai attachés à une pierre, et je les jette à l’eau. Il y en a bien un qui ira le trouver !

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