‹ La fille du pirateChapitre 28 sur 115 · XVII

XVII

Angèle se leva, courut à la porte, et la ferma au verrou. Puis revenant vers Alphonse:

--Essayez de vous traîner, dit-elle.

Le jeune homme parvint à se mettre debout, et s'appuyant sur l'épaule de sa protectrice, entra dans un petit cabinet attenant à la chambre.

--Restez ici et ne bougez pas, lui souffla Angèle, qui, aussitôt, retourna dans la pièce principale.

On frappait à la porte. Angèle éteignit la lampe et se jeta tout habillée sur son lit. Les coups redoublèrent contre le frêle panneau de pin, et la jeune fille, tremblante, allait essayer de répondre, lorsque l'audition du dialogue suivant l'engagea à rester muette.

--Que faites-vous là, vous autres?

--Mais, sergent, on a aperçu le prisonnier de ce côté.

--Est-ce une raison pour troubler l'ordre public? Allons, décampez! D'ailleurs, on l'a vu il n'y a qu'un instant filer le long du quai.

--Dick prétend qu'il s'est introduit dans cette allée.

--Oui, _by God_, j'en suis sûr. Tenez, regardez, voici des empreintes humides sur le plancher.

--Bast! c'est un soulier de femme!

--Hors d'ici! cria le premier interlocuteur. Au quai. En avant! marche!

Ce commandement reçut aussitôt son exécution. Le bruit des voix, le son des pas s'éteignirent peu à peu dans le lointain, et l'on n'entendit plus que les sifflements du vent et le clapotis de la pluie qui tombait sur un sol fangeux.