VI
LE PAVILLON D'ARMENONVILLE
Le pavillon d'Armenonville s'élève dans la partie du bois de Boulogne qui confine à la porte Maillot.
C'est un cabaret à la mode dans le goût de ce qu'était le Moulin-Rouge aux Champs-Elysées.
Ses charmilles, épaissies avec art, entourent de véritables paravents de verdure ses tables dressées pour les petits soupers fins et dispendieux,--et ses cabinets sont cités pour la quantité de noms de célébrités du demi-monde tracés au diamant sur leurs glaces et pour le moelleux de leurs sophas, qui ne le cèdent en rien à celui de M. de Crébillon fils.
Il a même, en manière d'antichambre à ses salons du rez-de-chaussée, une sorte de lac-cuvette sur lequel une barque semble attendre les pèlerins et les pèlerines d'un nouveau voyage à Cythère. Mais l'eau du lac se moire de moisissures, et le fond de la barque s'embourbe dans les herbes; car, en s'échappant des bosquets, des retraits dont nous venons de parler, pèlerines et pèlerins préfèrent les coussins d'un huit-ressorts ou l'abri discret d'un coupé.
Lorsque la voiture de mademoiselle Fine-Lame s'arrêta devant l'établissement, le «chasseur» de celui-ci, qui paraissait guetter l'arrivée du véhicule, se précipita à la portière de ce dernier et s'empressa de questionner:
--Est-ce que madame demande quelqu'un?
--M. Marignan, répondit notre héroïne d'une voix qui avait peine à sortir de ses lèvres.
Le domestique se découvrit:
--Madame veut-elle prendre la peine de me suivre? Je vais avoir l'honneur de servir de guide à madame. M. Marignan attend madame sous les charmilles, ici, à gauche.
Cette affectation de respectueuse politesse devait contribuer à rassurer la jeune fille, si celle-ci avait hésité dans l'accomplissement de la démarche, au moins insolite, qu'elle tentait.
Mais, nous le répétons, Florette était une de ces natures qui, fortes d'une conscience irréprochable et de la pureté de leurs intentions, vont droit au but qu'elles se sont proposé.
L'émotion, qui s'était manifestée dans le tremblement de sa voix, s'était déjà évanouie devant la netteté de la résolution prise.
Elle descendit donc de voiture sans apparence d'embarras ni de faiblesse, et accompagna le valet sans prêter aucune attention à l'endroit où elle se trouvait,--le pas ferme, la tête haute, le coeur vaillant.
Le cocher qui l'avait amenée avait été stylé d'avance. Il démasqua aussitôt la porte de l'établissement: ne fallait-il pas que Roger parvînt sans encombre à cette place et ne perdît aucun détail de ce qui allait se passer?
Le fiacre du jeune homme serrait, en effet, de près celui de la mignonne, et M. de Saint-Pons arriva juste à point pour voir cette dernière s'avancer derrière le chasseur, dans l'allée pleine de lumière qui aboutissait au perron du pavillon.
Cette allée est bordée de bosquets «particuliers».
Comme Roger sautait à terre, un homme sortit de l'un de ces bosquets.
Le domestique désigna cet homme à la jeune fille.
Cet homme, notre amoureux le reconnut de suite: les jaloux ont la mémoire prompte!
Il le reconnut à son air suffisant et effronté, à sa moustache insolente, à son élégance plus exagérée que correcte, à son chapeau planté sur l'oreille, à ses allures prétentieuses, triomphantes et vulgaires à la fois:
C'était le personnage qu'il avait rencontré jadis, en compagnie d'une dame, dans la baraque des frères Snail, et qui lui avait disputé la rose tombée des cheveux de la _Filleule de Lagardère_.
Celle-ci avait marché vers ce personnage.
Ils semblèrent échanger rapidement quelques paroles...
Puis le cavalier offrit son bras à la mignonne et tous deux disparurent dans l'ombre des charmilles.
Cette scène, qui dura à peine le temps que nous avons mis à l'écrire, M. de Saint-Pons l'entrevit à travers un brouillard,--confuse, indistincte, et, cependant, affreusement réelle...
Ce qui suivit dura moins encore:
La certitude de ce qu'il croyait être la trahison de Florette avait arraché à Roger un cri de colère et de douleur...
Eperdu, affolé, le jeune homme s'élança sur les traces du couple...
Il voulait écraser Florette sous les foudres de son courroux, de son désespoir et de son mépris!...
Il voulait surtout souffleter d'abord et tuer ensuite,--sinon se faire tuer par lui,--le misérable qui lui volait son bonheur!...
Mais tout à coup, jaillissant, pour ainsi dire, de l'un des bosquets qui précédaient celui dans lequel avaient pénétré Marignan et notre héroïne, une femme se jeta devant lui, s'accrocha à ses vêtements et demanda:
--Où allez-vous?
Roger essaya de se dégager:
--Que vous importe?... Je ne vous connais pas!... Laissez-moi!...
Mais, quoique petite et frêle, la survenante était douée d'une certaine vigueur nerveuse. Elle ne lâcha point prise et poursuivit:
--Vous allez faire un éclat, du _chabanais_, un tas de bêtises... Tout l'établissement vous tombera sur le dos... Et, pendant que vous vous expliquerez, vos tourtereaux se pousseront de l'air...
M. de Saint-Pons renouvela son effort pour l'écarter:
--Encore une fois, madame, livrez-moi passage!
Mais elle, s'attachant à lui:
--Voyons, soyez donc raisonnable!... Suivez-moi plutôt... Je vous fournirai les moyens de les pincer et de les punir...
--Vous?...
--Foi de bonne fille!... Venez!... Et tâchez d'avoir l'air plus calme, pour ne pas éveiller l'attention des garçons!...
Elle glissa son bras sous celui de Roger et s'efforça de l'entraîner.
Le jeune homme eut une dernière tentative de résistance:
--Où prétendez-vous me conduire? questionna-t-il.
--A la vengeance!
Le ton mélodramatique de cette réponse, ainsi que la trivialité de quelques-unes des expressions employées par l'inconnue,--expressions empruntées au langage, à l'argot des ateliers, du demi-monde et des coulisses,--auraient, en d'autres circonstances, paru bizarres à M. de Saint-Pons.
Mais celui-ci n'était pas en état de rien remarquer.
Il ne s'appartenait plus. Quoiqu'il se sentît éveillé, il lui semblait que ses pensées, ses actions, ses mouvements participaient de l'hallucination et du rêve.
Il céda donc,--machinalement.
Sa conductrice, à qui les habitudes et les détours du restaurant étaient évidemment familiers, le poussa vers le perron du pavillon, puis dans un vestibule, un escalier, un corridor; puis enfin dans un cabinet où un couvert était dressé pour un souper en tête-à-tête.
Ce cabinet, très exigu, comme sont, du reste, les retraits de ce genre, était en quelque sorte éclairé _à giorno_ par deux candélabres placés sur la cheminée, en face de la fenêtre, et dont chacune des six branches supportait une bougie.
Quand elle y eut introduit Roger, l'inconnue en referma la porte à double tour, retira la clef de la serrure, coula cette clef dans la poche de sa robe de soie noire à passequilles de jais et dit en éclatant de rire:
--Vous voici en cage, bel oiseau!... Je m'institue votre pipelette... Pour sortir, il faut désormais me demander: _Cordon, s'il vous plaît!_
--Que faites-vous? s'écria le jeune homme.
--Tiens! je vous enferme, parbleu! C'est une précaution nécessaire. J'entends que vous ne me quittiez que quand nous aurons échangé tout ce que nous avons intérêt à nous communiquer.
--Mais vous m'aviez promis de...
Elle l'interrompit:
--Patience! Chaque chose viendra en son temps. Paris n'a pas été bâti en cinq minutes... Ah çà! on étouffe dans cette boîte... La chaleur de ce luminaire... Vous permettez, n'est-ce pas, cher?...
Elle alla à la fenêtre, l'ouvrit toute grande et s'accoudant sur l'appui:
--A la bonne heure, au moins!... On respire ici... Allons, approchez-vous et causons...
Elle ajouta avec une coquetterie enjouée:
--Est-ce que vous avez peur de moi?... En voilà un effet que je ne suis pas habituée à produire!... On n'a jamais mangé personne...
M. de Saint-Pons fit un pas vers elle et interrogea:
--Qui êtes-vous?
--Qui je suis?... Une jolie femme d'abord!... Voyez plutôt!...
Et, en un tour de main, d'un geste leste et crâne, elle enleva et envoya promener à travers la chambre son chapeau, dont l'épaisse voilette de dentelle recouvrait le museau mignon, capiteux et félin de mademoiselle Sergine Gravier.
Certes, Roger avait assisté à plusieurs des représentations de l'actrice en vogue, dont la photographie avait, d'ailleurs, popularisé les traits mutins à l'étalage des papetiers et des marchands d'estampes, de stéréoscopes et de joujoux...
Mais, en ce moment, il était tout à Florette...
Aussi ne se rappela-t-il même pas que celle qui lui parlait était cette personne qui accompagnait jadis son adversaire, son rival, au théâtre des _Dislocations-Amusantes_... Et, faisant un nouveau pas en avant, il répéta:
--Qui êtes-vous?
--Une amie.
Ce mot traversa comme un coup de pointe la poitrine de notre amoureux.
N'était-ce pas celui dont était signé le billet qui lui dénonçait la trahison de notre héroïne?
L'actrice s'était assise sur la tablette de la fenêtre, le dos appuyé à la balustrade ouvragée.
Le pauvre garçon se tenait devant elle, debout dans le cadre de l'ouverture.
Lui aussi, maintenant, il avait besoin d'air et il cherchait avidement dans la fraîcheur qui lui venait du dehors l'apaisement de son front, de son sang embrasés:
--Ainsi, murmura-t-il, c'est vous, vous qui m'avez écrit la lettre que j'ai reçue ce matin?
--C'est moi.
Les doigts du jeune homme se crispèrent sur son vêtement à la place de son coeur, qui l'étouffait, comme horriblement gonflé.
Ensuite il s'informa les dents serrées:
--Pourquoi?...
--Pourquoi je vous ai expédié ce poulet?...
--Oui, pourquoi?... Que vous ai-je fait?... Que vous avait fait cette jeune fille?...
Sergine l'enveloppa d'un regard étrange, et, lentement, avec un léger haussement d'épaules:
--Vous n'avez pas compris?... Vous ne comprenez pas?...
M. de Saint-Pons frappa du pied:
--Je ne comprends rien... Ma tête se perd... Il faut parler...
Elle se tut et continua à le regarder...
Il se pencha vers elle, et, les yeux dans les yeux, visage contre visage, ses mains serrant d'instinct celles de la comédienne, il réitéra tout bas d'une voix pareille à un soupir, mais chargée de la plus terrible des colères:
--Encore une fois, pourquoi m'avez-vous écrit cette lettre?
D'une brusque saccade, Sergine dégagea ses poignets de l'étreinte, et, d'un mouvement d'autant plus irrésistible qu'il était plus imprévu, nouant ses bras au cou du questionneur et attirant les lèvres de celui-ci sur ses lèvres:
--Es-tu bête, mon petit Roger! répondit-elle. Parce que je t'adore!...
· · ·
En abordant mademoiselle Fine-Lame, Marignan s'était incliné, puis, désignant le pavillon:
--Je n'ose, vraiment, vous proposer d'entrer dans cet endroit public; mais si vous consentez à m'entendre derrière une de ces charmilles...
Florette avait accepté le bras qu'il lui offrait avec un respect étudié.
Tous deux avaient pénétré dans celui des bosquets qui se trouvaient en face de la croisée du cabinet dans lequel sa complice allait conduire Roger de Saint-Pons.
L'obscurité de ce retrait de verdure n'était combattue que par le reflet des illuminations du rez-de-chaussée du restaurant. On y avait éteint le bec de gaz qui l'éclairait ordinairement.
Notre héroïne ne prit point garde à cette mise en scène calculée.
Elle se laissa tomber sur un siège.
Son oeil--farouche--interrogea l'amant de Sergine Gravier.
--Mademoiselle, commença celui-ci, pardonnez-moi, d'abord, de vous avoir fait venir dans un établissement fréquenté par une société de plaisir qui ne saurait être la vôtre; mais, je vous le jure sur l'honneur, il m'était impossible de vous fournir ailleurs les preuves de ce que j'ai avancé dans le billet que mon dévouement m'a donné l'audace de vous adresser...
--Ces preuves, je les attends, monsieur, prononça la jeune fille avec une froideur résolue.
--Vous ne les attendrez pas longtemps, hélas! repartit son interlocuteur d'un ton de pitié affectée.
Il écarta les branchettes entrelacées qui formaient parois autour d'eux; puis, avec un geste tragique, montrant ce judas improvisé:
--Je n'ajouterai plus un seul mot, déclara-t-il emphatiquement. Veuillez vous approcher: les faits réussiront mieux que moi à vous convaincre...
Florette mit avidement ses yeux dans l'ouverture...
Ensuite elle eut un cri sourd,--un cri de surprise, de douleur et d'épouvante:
--Roger!... Et cette femme!... Oh! mon Dieu!...
Par cette sorte de meurtrière, qui permettait d'embrasser la façade du pavillon, elle avait vu M. de Saint-Pons monter le perron de ce dernier en compagnie de la comédienne qui se pressait amoureusement contre son cavalier.
Elle se demandait si elle n'était pas le jouet d'une ressemblance, d'une illusion, d'un songe affreux...
Et dans le vertige de son esprit, se parlant haut à son insu:
--Non, ce n'est pas lui! balbutia-t-elle. Qui me dit, d'ailleurs, qui me dit que cette femme est sa maîtresse?...
Marignan sourit méchamment:
--Ah! vous doutez encore? fit-il. Eh bien, vous n'allez plus douter...
Il jeta un coup d'oeil à travers l'ouverture qu'il avait pratiquée dans la charmille...
Ensuite, s'écartant, il ricana:
--La place est bonne. Prenez-la. Voici le moment psychologique.
Notre héroïne obéit à cette invitation quasi impérative.
Elle se pencha et regarda:
Au premier étage du pavillon, une fenêtre se dessinait, resplendissante de lumière...
Sur ce foyer violent, deux formes--celle d'un homme et celle d'une femme--se détachaient en noir avec une singulière intensité de relief.
Vous auriez juré de deux «ombres chinoises» évoluant sur le fond étincelant de la scène de Séraphin.
La femme, c'était Sergine Gravier.
L'homme c'était M. de Saint-Pons.
Florette ne pouvait se tromper: Roger lui faisait face. Elle ne perdait pas un seul de ses mouvements; mais elle était trop loin--et aussi trop émue--pour distinguer le jeu de sa physionomie.
Ce qui la frappa, dès l'abord, c'est que l'actrice et lui causaient de fort près.
Bientôt l'entretien parut s'animer. Le jeune homme s'inclina vers son interlocutrice. Leurs mains se rencontrèrent. Leurs visages se touchaient presque.
Puis, d'un bond, Sergine enlaça Roger. Les deux corps n'en formèrent plus qu'un. Un baiser sembla s'échanger...
· · ·
La _Filleule de Lagardère_ était allée se rasseoir loin de la fatale embrasure.
Nul ne saurait décrire les tortures inouïes qui broyaient son coeur, comme jeté sous une meule ou comprimé entre les serres d'un étau.
Mais elle se raidissait dans sa pose immobile, et rien de l'horrible supplice ne transparaissait sur ses traits impassibles.
Marignan la considérait avec une compassion affectée.
Cette attention la gênait dans l'expansion de sa douleur.
Elle se leva et, la gorge sèche, la voix rauque:
--Quel que soit l'intérêt qui vous a guidé, je vous remercie, monsieur, dit-elle. Vous m'avez rendu un service dont je garderai longtemps, oh! oui, bien longtemps, la mémoire!... Je n'ai plus rien à faire ici, n'est-ce pas?... Eh bien, je sollicite de votre courtoisie l'aide de votre bras pour retourner à la voiture qui m'a amenée; car je me sens faible,--bien faible...
L'autre salua:
--Je suis à vos ordres, mademoiselle; mais, avant de nous séparer, ne vous plairait-il pas d'apprendre quel est cet intérêt auquel vous faites allusion?
Florette commença:
--Ma pauvre tête est si fatiguée...
Son interlocuteur se rapprocha, et avec chaleur:
--Vous m'entendrez, cependant; il le faut; je l'exige...
--Comment?...
Il poursuivit avec une violence croissante:
--Voilà des mois que j'attends cette occasion. Elle se présente. J'en profite.
Notre héroïne s'était redressée de toute sa hauteur:
--Je n'ignore pas, interrompit-elle amèrement, que toute peine mérite salaire, et celle que vous avez prise de porter en moi la conviction de mon malheur est telle, que je n'ai point l'intention de vous refuser le vôtre; mais c'est vraiment le réclamer trop tôt et avec une insistance qui a droit de m'offenser...
Hélas! j'ai peur de deviner quels sentiments vous ont animé dans tout ceci...
Quoi qu'il en soit, je vous écouterai plus tard, si vous y tenez absolument; je vous écouterai devant sir Murphy, mon oncle et tuteur, qui saura demain, de ma bouche, tout ce qui s'est passé ce soir...
Pour l'instant, ma volonté est de sortir d'ici libre et seule, comme j'y suis entrée...
J'ose croire que vous ne tenterez pas de me retenir.
Dans ce cas, je vous en préviens, je n'hésiterais pas à appeler; on viendrait, et, parmi les gens de plaisir qui fréquentent cet endroit public, il se trouverait bien un homme de coeur pour me protéger et me défendre.
· · ·
En donnant à Marignan et à Sergine les instructions nécessaires pour jouer leur double et coupable comédie, M^e Bouginier leur avait adressé cette recommandation:
--Surtout, pas de bruit, de tumulte, d'intervention étrangère. Que la chose s'arrange en famille. Evitez avec soin tout ce qui serait de nature à mettre les parties en présence; car, alors, elles s'expliqueraient, et, ma foi, va te faire lanlaire!...
Devant la menace de la jeune fille, Marignan songea:
--Si ce Roger allait l'entendre!...
Et, se courbant, s'effaçant, avec une déférence exagérée:
--Il suffit. Je me tais. Mademoiselle, vous pouvez partir...
Il ajouta entre ses dents:
--Mais nous nous reverrons, sur mon âme!
· · ·
La _Filleule de Lagardère_ avait franchi le seuil du bosquet. Blême, égarée, chancelante, elle s'était dirigée vers l'endroit où son cocher était revenu juste à point pour l'attendre, s'était jetée dans la voiture et, comme si elle avait hâte de fuir ce lieu maudit,--théâtre de la ruine de toutes ses espérances:
--Ramenez-moi où vous m'avez prise, avait-elle crié à l'automédon. Mais vite! pour Dieu, allez vite!...