Chapitre 1
RABINDRANATH TAGORE
LA FUGITIVE
TRADUCTION DE RENÉE DE BRIMONT
ÉDITION ORIGINALE
PARIS ÉDITIONS DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE 3, RUE DE GRENELLE. 1922
IL A ÉTÉ TIRÉ APRÈS IMPOSITIONS SPÉCIALES CENT HUIT EXEMPLAIRES IN-QUARTO TELLIÈRE SUR PAPIER VERGÉ LAFUMA NAVARRE AU FILIGRANE DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE, DONT HUIT EXEMPLAIRES HORS-COMMERCE MARQUÉS DE A A H, CENT EXEMPLAIRES RÉSERVÉS AUX BIBLIOPHILES DE LA NOUVELLE REVUE FRANÇAISE NUMÉROTÉS DE I A C ET SEPT CENT QUATRE-VINGT-DIX EXEMPLAIRES SUR PAPIER VELIN PUR FIL LAFUMA-NAVARRE DONT DIX HORS-COMMERCE, MARQUÉS DE A A J, SEPT CENT CINQUANTE EXEMPLAIRES RÉSERVÉS AUX AMIS DE L’ÉDITION ORIGINALE NUMÉROTÉS DE 1 A 750, TRENTE EXEMPLAIRES D’AUTEUR HORS COMMERCE NUMÉROTÉS DE 751 A 780.
EXEMPLAIRE Nº
TOUS DROITS DE REPRODUCTION ET DE TRADUCTION RÉSERVÉS POUR TOUS LES PAYS Y COMPRIS LA RUSSIE, COPYRIGHT BY LIBRAIRIE GALLIMARD 1922.
AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR
Les poèmes qu’on va lire furent primitivement écrits en bengali. L’auteur les a lui-même traduits en anglais, la seule langue européenne qu’il connût, et c’est lors de son récent séjour à Paris qu’il voulut bien me confier la traduction française.
Quelles images, quelles expressions rendraient la noblesse de cette figure de prophète, l’atmosphère à la fois mystérieuse et sereine dont elle est baignée? D’une voix juste, musicale, Tagore psalmodiait plutôt qu’il ne chantait, sur des rythmes composés par lui, ses poèmes hindous métrés et rimés comme la prosodie occidentale...
Il eut la grâce de m’en envoyer un certain nombre qui ne figurent pas dans le recueil paru en Angleterre. De mon côté, pour des raisons de dilection, je ne pris pas dans son entier l’ouvrage anglais: en sorte que les lecteurs de celui-ci relisant en français La Fugitive, y verront des dissemblances même quant au fond.
Pour la forme, je me suis moins attachée à rendre le mot à mot précis qu’à retrouver la fraîcheur de sentiment, la balsamique senteur d’Asie un moment respirée, quand j’écoutais Tagore au fil des strophes dont je ne saisissais que l’expressive mélodie.
Si le traducteur ne se sert point des mots qui cheminent pas à pas c’est que l’idée, à ce moment, est ailée. Des deux fidélités, celle qui suit la pensée comme une esclave entravée et celle qui l’accompagne avec d’autant plus d’amour et de piété qu’elle est libre, j’ai cru pouvoir préférer la dernière.