XXI - XXII
Je suis pour toi comme la nuit. Je ne puis te donner que la paix et le silence cachés dans l’ombre.
Lorsque dès l’aurore tu ouvriras les yeux, je te laisserai au bourdonnement des abeilles et au chant des oiseaux.
Mon offrande ne sera qu’une larme versée sur ta jeunesse; tes sourires en en sortiront plus frais; elle saura voiler la cruelle jubilation du jour.
Nous sommes venus ici tous les deux, amie, et voilà qu’à ce carrefour je m’arrête pour te dire adieu.
La route s’ouvre large et droite devant toi; mon but, à moi, ne peut être atteint que par d’inconnus chemins de traverse.
Je suivrai le vent et les nuées; je suivrai les étoiles jusqu’au faîte de la colline où l’on voit poindre l’aube; je suivrai les amants qui tressent avec leurs paroles nombreuses une même guirlande.