‹ La Galerie du PalaisChapitre 13 sur 57 · Scène X

Scène X

Hippolyte, Florice

Hippolyte

Tu me railles toujours.

Florice

S’il ne vous veut du bien,

Dites assurément que je n’y connais rien.

Je le considérais tantôt chez ce libraire ;

Ses regards de sur vous ne pouvaient se distraire,

Et son maintien était dans une émotion

Qui m’instruisait assez de son affection.

Il voulait vous parler, et n’osait l’entreprendre.

Hippolyte

Toi, ne me parle point, ou parle de Lysandre :

C’est le seul dont la vue excite mon ardeur.

Florice

Et le seul qui pour vous n’a que de la froideur.

Célidée est son âme, et tout autre visage

N’a point d’assez beaux traits pour toucher son courage ;

Son brasier est trop grand, rien ne peut l’amortir :

En vain son écuyer tâche à l’en divertir,

En vain, jusques aux cieux portant votre louange,

Il tâche à lui jeter quelque amorce du change,

Et lui dit jusque-là que dans votre entretien

Vous témoignez souvent de lui vouloir du bien ;

Tout cela n’est qu’autant de paroles perdues.

Hippolyte

Faute d’être sans doute assez bien entendues.

Florice

Ne le présumez pas, il faut avoir recours

A de plus hauts secrets qu’à ces faibles discours.

Je fus fine autrefois, et depuis mon veuvage

Ma ruse chaque jour s’est accrue avec l’âge :

Je me connais en monde, et sais mille ressorts

Pour débaucher une âme et brouiller des accords.

Hippolyte

Dis promptement, de grâce.

Florice

A présent l’heure presse,

Et je ne vous saurais donner qu’un mot d’adresse.

Cette voisine et vous… Mais déjà la voici.

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