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Chapitre 11

C’était vrai. Toute la difficulté était de prouver quelque chose. Comment trouvait-on, comment pouvait-on découvrir des preuves ? Par exemple, si Kate, debout devant elle lui avait positivement fait la grimace, n’aurait-il pas été possible que cette grimace fût causée par quelque malaise ? Aurait-on pu, en tout cas, demander à Kate si elle faisait la grimace exprès ? Si elle avait répondu : Non ! – et elle aurait dit non, bien entendu – quelle situation ! quel manque de dignité ! Et d’autre part, Constance soupçonnait, elle avait presque la certitude que Kate fouillait dans sa commode, quand elle et Joséphine étaient sorties, non pas pour voler, mais par indiscrétion. Bien des fois, à son retour, elle avait trouvé sa croix d’améthyste aux endroits les plus invraisemblables, sous ses rabats de dentelles ou sur la berthe qu’elle portait le soir. À maintes reprises, elle avait préparé un piège ; elle avait disposé les objets dans un certain ordre et pris Joséphine à témoin.

— Tu vois, Jou ?

— Parfaitement, Connie.

— Maintenant, nous saurions bien.

— Mais, ah ! mon Dieu, lorsqu’elle allait voir, elle ne découvrait pas plus de preuve qu’avant. Si quelque chose avait changé de place, cela avait fort bien pu se produire quand elle avait fermé le tiroir ; une secousse pouvait si facilement en être cause.

— Viens voir, Jou, et décide. Moi, je ne peux vraiment pas. C’est trop difficile.

Après un moment d’attente et de longue contemplation, Joséphine soupirait :

— À présent que tu m’as mis des doutes dans l’esprit, Connie, je ne peux vraiment rien dire moi-même.

— Enfin, nous ne pouvons plus remettre cette décision à plus tard, déclara Joséphine. Si nous la repoussons cette fois-ci…

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