‹ La guerreChapitre 3 sur 4 · L'AVEUGLE - L'EXODE

L'AVEUGLE - L'EXODE

(d'après un croquis original).

FEMME ET BLESSÉ

(d'après un croquis original).

(d'après une eau-forte).

CROQUIS

LA GLOIRE

(d'après une lithographie).

LES TROIS COMPAGNONS

(d'après une lithographie).

CALVAIRE SERBE

(d'après une lithographie).

EN SERBIE, 1916

(d'après une lithographie).

[Illustration]

LA CATHÉDRALE DE REIMS

UNE LETTRE DU FRONT

. . . . . . . . . . . . . . . . . ..... C'est du fond de la plus criante injustice qu'on voit le mieux la justice. . . . . . . . . . . . . . . . . . J'ai essayé de m'élever au-dessus de la mêlée, mais plus je m'élevais, plus j'entendais ses cris et mieux j'apercevais sa démence et son horreur, la justice de notre cause et l'infamie de l'autre. Il est probable qu'un jour, lorsque le temps aura tassé les souvenirs et réparé les ruines, des sages affirmeront que nous nous sommes trompés et n'avons pas regardé d'assez haut, qu'on peut tout oublier, tout expliquer et qu'il faut tout comprendre; c'est qu'ils ne sauront plus ce que nous savons aujourd'hui, et qu'ils n'auront pas vu ce que nous avons vu.

Maurice MAETERLINCK.

SOUS ce titre: Que deviendra la Cathédrale de Reims? (essai d'une solution collective) nous avons publié dans le numéro de La Revue[2] du 1er Juillet 1917, les résultats d'une enquête ouverte sur cet intéressant et émouvant sujet. Qu'on nous permette d'en résumer ici les traits principaux, puis de reproduire une lettre que nous avons reçue tout récemment du «front», lettre, en tous points remarquable, et, au bas de laquelle nous ne sommes autorisé à inscrire que les initiales P. L. du nom de notre correspondant, sergent d'infanterie au secteur 155.

[2] La Revue, 45, rue Jacob.

L'enquête en question fut motivée par une autre lettre venue également du front de guerre, et signée des initiales C. T. Et nous fûmes si vivement séduit par l'indiscutable noblesse du projet qui s'y trouvait formulé que l'idée nous vint d'en faire l'objet d'une consultation qu'il eût été facile d'ailleurs de généraliser davantage.

Voici le texte de cette lettre qui fut d'ailleurs publiée dans l'Art et les Artistes[3]. Mais le sujet est d'ailleurs assez important, assez passionnant, pour qu'on y revienne inlassablement, au grand scandale des entrepreneurs de restaurations, nouveaux vandales, déjà mobilisés à l'arrière.

Monsieur,

J'ai lu votre article sur la Cathédrale de Reims. Oui, c'est l'avis de nous tous officiers: il ne faut pas la réparer. Il faut la consolider, la recouvrir adroitement et la laisser comme un témoin de la barbarie teutonne. Il faut y transporter les ossements des soldats épars sur les champs de France. Il faut inscrire, en lettres d'or, sur des plaques de marbre noir, les noms des héros morts pour la Patrie. Il faut entourer cet ossuaire, des canons pris à l'ennemi, mis debout et reliés par des chaînes fondues dans du bronze allemand. Et que tous les ans, à la date de la signature de la paix, proclamant l'écrasement de l'Allemagne, la France aille s'agenouiller devant les morts; et que l'Armée envoie ce jour-là tous ses drapeaux, avec une délégation d'officiers et de soldats, saluer les héros.....

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