L'ANEMONE.
Madrigal.
Ie m'offre à vous, belle IVLIE, Mais ne refusez pas mes vœux; La COVRONNE qu'on met dessus vos beaux cheueux Sans moy ne peut estre accomplie. Ie dois entre les Fleurs tenir le premier rang; On ne sçauroit cueillir que parmy les épines Cette Fleur que Vénus fit naistre de son sang, Et ie n'en mesle point à mes beautez diuines; Mais l'éclat de votre beauté M'accuse de temerité, Ie céderai toujours aux Roses, Tandis qu'elles seront sur vôtre teint écloses.
De M. le marquis DE MONTAUSIER.
[Illustration]
[Illustration]
LA VIOLETTE[14].
Madrigal.
Franche d'ambition, ie me cache sous l'herbe, Modeste en ma couleur, modeste en mon séiour; Mais si sur vostre front ie me puis voir vn jour, La plus humble des Fleurs sera la plus superbe.
De M. DES MARESTZ.
[Illustration]
LA VIOLETTE.
Madrigal.
De tant de Fleurs par qui la France Peut les yeux et l'ame rauir, Vne seule ne me deuance Au juste soin de te seruir. Que si la Rose en son partage Fait gloire de quelque auantage Que le Ciel daigne luy donner, Elle a tort d'en estre plus fiére, I'ay l'honneur d'estre la premiére Qui naisse pour te couronner.
De M. DE MALLEVILLE.
[Illustration]
[Illustration]
LES LYS.
Madrigal.
Merveille de nos jours, dont les charmes vainqueurs Rauissent les esprits et regnent dans les cœurs, Rare present du Ciel, adorable IVLIE; Lors que toutes les Fleurs d'vn email precieux Viennent rendre à l'enuy ta COVRONNE embellie, C'est sur moy que tu dois arrester tes beaux yeux. De la Reyne de l'air ie suis la fleur diuine, Ma blancheur de son lait tire son origine, Il se fait voir encor sur mon teint sans pareil; Et le Dieu dont les loix forment la destinée Veut que le plus grand Roy qu'éclaire le Soleil Ayt de moy seulement la teste couronnée. Au temple de Thémis ie preside auec luy; Son Throsne glorieux est mon illustre appuy; La valeur de ce Mars fait pour moy des miracles, Et ie dois espérer que par son bras puissant S'accompliront bien-tôt les celebres oracles Qui me promettent place au dessus du Croissant. Mais parmy ces grandeurs, le bruit de ton merite A me donner à toy si fortement m'jnuite, Que ie veux de ma gloire enrichir ta beauté. En vain toutes les Fleurs, dans leur pompe suprême Se vantent de t'orner d'vn Royal Diadême, Leur plus superbe éclat n'a point de majesté. Nulle autre que le LYS sans audace n'aspire A te rendre vn honneur qui soit digne de toy: Elles parent ton front, et ie t'offre vn Empire, Puis qu'en te couronnant, ie t'égale à mon Roy.
De M. D'ANDILLY.
[Illustration]
LES LYS[15].
Madrigal.
Le plus ardent de tous mes vœux Est de couronner tes cheueux, Et ie croy, si ie ne me flatte, Que ie puis aspirer à cet honneur nouueau; Car par moy ton visage est beau, Et par moy de nos Roys le Diadême éclatte: Mais i'ay plus de gloire cent fois, Et ie tire plus d'auantage D'éclatter dessus ton visage Que dessus la teste des Roys.
De M. le marquis DE MONTAUSIER.
[Illustration]
LES LYS[16].
Madrigal.
Reçoy les LYS que ie te donne, Pour en former vne Couronne Par qui ton pouuoir soit dépeint; C'est l'ornement que ie t'apreste: Pour rendre ce qu'on doit aux LYS de ton beau teint, Il t'en faut mettre sur la teste.
De M. DE MALLEVILLE.
[Illustration]
LE LYS.
Madrigal.
Devant vous je pers la victoire Que ma blancheur me fit donner, Et ne preten plus d'autre gloire Que celle de vous couronner. Le Ciel, par vn honneur insigne, Fit choix de moy seul autres fois, Comme de la Fleur la plus digne Pour faire vn present à nos Roys. Mais si i'obtenois ma requeste, Mon sort seroit plus glorieux D'estre monté sur vôtre teste Que d'estre descendu des Cieux.
De M. DES REAUX-TALLEMANT.
[Illustration]
LES LYS.
Madrigal.
Ie puis mettre, entre les louanges Qui me rendent si glorieux, D'auoir fleury dedans les Cieux, Cultiué de la main des Anges; Mais, certes, c'est y retourner Que de vous pouuoir couronner.
De M. MARTIN.
[Illustration]
LES LYS[17].
Madrigal.
Qve i'ay de gloire à cette fois, Que j'ombrage ces belles tresses! Ie ne couronnois que les Roys, Et ie couronne les Déesses.
De M. MARTIN.
[Illustration]
LES LYS[18].
Madrigal.
Vn diuin oracle, autres fois, A dit que ma pompe et ma gloire Sur celle du plus grand des Roys Pouuoit emporter la victoire; Mais si i'obtiens, selon mes vœux, De pouuoir parer vos cheueux, Ie dois, ô IVLIE adorable, Toute autre gloire abandonner, Car nul honneur n'est comparable A celuy de vous couronner.
De M. C... (?)
[Illustration]
LES LYS[19].
Madrigal.
Belle, ces LYS que ie vous donne, Auront plus d'honneur mille fois De seruir à vôtre COVRONNE Que d'estre couronnez aux armes de nos Roys.
De M. DES MARETZ.
[Illustration]
[Illustration]
LA TVLIPE[20].
Madrigal.
Ie fus vn Berger, autres fois, Qui, poussé d'vne belle audace, Alla cueillir dessus Parnasse Des lauriers plus fameux que les lauriers des Roys. Ce genereux desir d'vne éternelle gloire Ne m'empécha pas de seruir Auec les Filles de Mémoire Les mortelles beautez qui me sceurent rauir. Mais mon âme fut si volage, A tant d'obiets diuers elle rendit hommage, Et les bergeres si souuent, En me reprochant leurs caresses, Se plaignirent que mes promesses Se perdoient parmy l'air dessus l'aile du vent, Qu'Amour vint d'vne main puissante Me transformer en cette Fleur, Qui, comme i'eus l'ame inconstante, Est inconstante en sa couleur. Miracle de nos iours, si mes yeux t'eussent veuë Avec tous ces appas dont le Ciel t'a pourueuë, Mon cœur n'eut point esté leger; Mais mon sort me console, et pour ma gloire ordonne, Depuis que i'ay l'honneur d'embellir ta COVRONNE, Que mes viues couleurs ne pourront plus changer.
De M. GODEAU.
[Illustration]
LA TVLIPE.
Madrigal.
Ie suis le plus brillant ouurage Dont le pinceau de Flore embellit les estez, Et sur les autres Fleurs i'ay le même auantage Qu'a le feu de tes yeux sur les autres clartez. Mais dans l'éclat qui m'enuironne, Et qui de cent couleurs reléue mes beautez, La gloire que le Ciel me donne, D'estre vne fleur de ta COVRONNE, A pour moy de si doux appas, Que, bien que de ma mort ma gloire soit suiuie, Pour mourir d'vn si beau trépas, J'ayme mieux la mort que la vie.
De M. ARNAUD DE CORBEVILLE.
[Illustration]
LA TVLIPE, AV SOLEIL[21].
Madrigal.
Bel Astre à qui je dois mon estre et ma beauté, Ajoûte l'jmmortalité A l'éclat nompareil dont ie suis embellie; Empêche que le temps n'efface mes couleurs: Pour Throsne donne-moy le beau front de IVLIE; Et si cet heureux sort à ma gloire s'allie, Ie seray la Reyne des Fleurs.
De M. C. (CORNEILLE.)
[Illustration]
LA TVLIPE
NOMMÉE FLAMBOYANTE.
Madrigal.
Permettez-moy, belle IVLIE, De mesler mes viues couleurs A celles de ces rares Fleurs, Dont vôtre teste est embellie: Ie porte le nom glorieux Qu'on doit donner à vos beaux yeux.
De M. le marquis de MONTAUSIER.
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[Illustration]
LA IONQUILLE[22].
Madrigal.
Dans la Fable, ni dans l'Histoire Il ne se parle point de moy; Je ne me puis vanter de posséder la gloire De descendre du sang ni d'vn Dieu ni d'vn Roy: Mais la passion véritable Que vous témoigne ma couleur, Plus qu'vne plus illustre Fleur Me doit rendre recommandable. O beauté qu'on doit adorer! Permettez-moy de vous parer, Et ie m'estimeray cent fois plus glorieuse Que celle dont l'histoire est cent fois plus fameuse.
De M. le marquis de MONTAUSIER.
[Illustration]
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