L'HYACINTHE[24]. - L'ELIOTROPE
Madrigal.
D'vn éternel bon-heur ma disgrace est suiuie; Ie n'ai plus rien en moy qui marque mon ennuy, Autres fois vn Soleil me fit perdre la vie; Mais vn autre Soleil me la rend aujourd'huy.
De M. C. (?)
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OV TOVRNESOL.
Madrigal.
A ce coup, les Destins ont exaucé mes vœux; Leur bonté me permet de parer les cheueux De l'jncomparable IVLIE; Pour elle, Apollon, ie t'oublie, Ie n'adore plus que ses yeux. C'est auecque leurs traits qu'Amour me fait la guerre; Ie quitte le Soleil des Cieux, Pour suiure celuy de la terre.
De M. le marquis DE MONTAUSIER.
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LE SOVCY.
Madrigal.
Si l'on vous donne vn Lys, vn OEillet, vne Rose, Ie vous veux présenter aussy Vn triste et languissant SOVCY: Le sort ne me laisse autre chose. Ie souffre vne telle douleur De vous offrir la moindre Fleur, Qu'on verra dans vôtre COVRONNE Que ie deuiens ce que ie donne.
De M. le marquis DE MONTAUSIER.
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LE SOVCY.
Madrigal.
Favt-il donc que la Rose ait sur moy l'auantage D'étaler ses beautez dessus vôtre visage, D'y charmer tous les cœurs et d'y donner des loix? Luisez, Astre viuant, dessus ma dernière heure, Vne jalouse ardeur ordonne que ie meure, Pour vn second Soleil, vne seconde fois.
De M. HABERT, C... de l'artillerie.
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LE SOVCY.
Madrigal.
Ne pouuant vous donner ni Sceptre, ni Couronne, Ni ce qui peut flatter les cœurs ambitieux, Receuez ce SOVCY, qu'aujourd'huy ie vous donne, Pour ceux que tous les jours me donnent vos beaux yeux.
De M. HABERT, C... de l'artillerie.
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LE SOVCY AV SOLEIL.
Madrigal.
Qvoy que tu sois pourueu d'vn éclat nompareil, Ce n'est pas de ton feu que ie suis embellie; Si ie suis la Fleur du Soleil, C'est du Soleil qui luit dans les yeux de IVLIE.
De M. COLLETET.
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LE SOVCY[25].
Madrigal.
Iadis les rigueurs du Soleil Me coûtérent la vie; I'attens vn accident pareil A cause que i'ai même enuie; Mais il m'importe peu qu'elle me soit rauie, Puis-que, même après le trépas, Ie sçay l'art de suiure ses pas.
De M. DE SCUDERY.
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LE SOVCY[26],
SOVS LE NOM DE CLYTIE.
Madrigal.
Mortels, qu'on ne m'accuse pas D'estre jnfidéle, ni volage, Bien qu'vn miracle de cet âge Ait pris mon âme en ses appas; Ie puis sans crime, et sans folie, Cherir cet objet nompareil; Aymer Apollon, ou IVLIE, C'est toujours aymer le Soleil.
De M. DE MALLEVILLE.
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LE SOVCY,
SOVS LE NOM DE CLYTIE.
Madrigal.
Ie suis l'Amante, et l'Image De l'Astre étincellant qui regne dans les Cieux, Et ie puis sans orgueil prétendre l'auantage De parer son front glorieux; Mes riualles ont eu l'audace, Dans leur plus superbe appareil, De t'oser demander ma place; Mais, jncomparable Soleil, Plus digne de mes vœux que celuy qu'on adore Nulle dans l'Empire de Flore Ne me peut disputer cet honneur sans pareil. Ie n'exalte point ma naissance, Ie ne vante point mes appas; Pour conceuoir cette espérance, I'ay ce que les autres n'ont pas: De rayons éclattans ie suis enuironnée; Telle est ma destinée, Que tu ne peux qu'à moy cette gloire donner: Qui pourroit, qu'vn Soleil, vn Soleil Couronner?
De M. D'ANDILLY le filz.
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LA PENSEE.
Madrigal.
Vovs qui suiuez l'Amour, dont le feu vous égare, Ne jettez point les yeux sur vn obiet si rare; C'est auecque respect qu'il en faut approcher: Quoy que de ses beautez vôtre âme soit blessée, Apprenez que les mains n'ont pas droit d'y toucher, Et que cet heur n'est deu qu'à la seule PENSÉE.
De M. COLLETET.
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LES SOVCYS ET LES PENSÉES.
Madrigal.
Lors que, pressé de mon deuoir, Ie veux t'offrir vne GVIRLANDE, Ta beauté m'oste le pouuoir D'accomplir ce qu'il me commande;
Ce qui te la fait mériter Empesche que tu ne l'obtiennes: Ton beau teint ne peut supporter D'autres merueilles que les siennes;
Par luy la Rose est sans couleur, Les OEillets ont perdu la leur, Les Tulipes sont effacées,
Les Lys n'ont plus de pureté; Et pour toy rien ne m'est resté Que des SOVCYS et des PENSÉES.
De M. DE MALLEVILLE.
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LA FLEVR D'ORANGE[27].
Madrigal.
Dv palais d'emeraude où la riche Nature M'a fait naistre et regner auecque maiesté, Ie viens pour adorer la diuine beauté Dont le Soleil n'est rien qu'vne foible peinture. Si ie n'ay point l'éclat ni les viues couleurs Qui font l'orgueil des autres Fleurs, Par mes douces odeurs ie suis plus accomplie, Et par ma pureté plus digne de IVLIE. Ie ne suis point suiette au fragile destin De ces belles infortunées Qui meurent dès qu'elles sont nées, Et de qui les appas ne durent qu'vn matin; Mon sort est plus heureux, et le ciel fauorable Conserue ma fraîcheur et la rend plus durable. Ainsi, charmant objet, rare présent des Cieux, Pour mériter l'honneur de plaire à vos beaux yeux, I'ai la pompe de ma naissance, Ie suis en bonne odeur, en tout temps, en tous lieux, Mes beautez ont de la constance, Et ma pure blancheur marque mon jnnocence; I'ose donc me vanter, en vous offrant mes vœux, De vous faire moy seule vne riche Couronne, Bien plus digne de vos cheueux Que les plus belles Fleurs que Zéphire vous donne. Mais si vous m'accusez de trop d'ambition, Et d'aspirer plus haut que ie ne deurois faire, Condamnez ma présomption, Et me traittez en temeraire; Punissez, i'y consens, mon superbe dessein Par une seuére défense, De m'éleuer plus haut que iusqu'à vôtre sein, Et ma punition sera ma récompense.
De M. C. (CORNEILLE).
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LE SAFFRAN.
Madrigal.
Ie viens m'offrir à vous pour parer vos cheueux, Diuin obiet de mille vœux, Par qui toute ame est enflammée; La Nature, Mere des Fleurs, Pour me distinguer de mes sœurs, De langues m'a toute formée; Mais, aymable IVLIE, il le faut auouër, Ie n'en ay pas encore assez pour vous louër.
De M. le marquis DE MONTAUSIER.
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LA FLAMBE.
Madrigal.
Ie ne croy pas que ces GVIRLANDES, Dont chacun vous fait des offrandes, Conseruent toutes leurs couleurs; Si votre bel œil les éclaire, Ie m'attens bien de luy voir faire Des FLAMBES de toutes les Fleurs.
De M. DE MALLEVILLE.
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LA FLAMBE.
Madrigal.
Parmy toutes ces autres Fleurs, Receuez cette FLAMBE, ô IVLIE adorable! C'est le viuant portrait des mortelles douleurs Que cause dans mon sein vne playe jncurable; Pour vous montrer l'état de mon cœur consumé, Ie ne pouuois choisir qu'vn obiet enflammé!
De M. le marquis DE MONTAUSIER.
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LE MVGVET[28].
Madrigal.
I'abandonne les bois, dont les feüillages sombres, Malgré l'Astre bruslant qui répand les clartez, Conseruant ma fraicheur sous leurs épaisses ombres, Pour venir rendre hommage à tes rares beautez. Mais ie crains, en voyant l'éclat qui t'enuironne, Que ton feu sans pareil, Ne me soit plus fatal que celuy du Soleil. N'jmporte, toutes fois, quoy que le Ciel ordonne, Ou i'embelliray ta COVRONNE, Ou, mourant au feu de tes yeux, Mon sort égalera le sort des demy-Dieux.
De M. DE BRIOTTE.
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LA FLEVR DE GRENADE[29].
Madrigal.
Dans l'Empire fameux de Flore et de Pomone, Mon pere a mille enfans qui portent la Couronne; Mais, préférant mon sort au leur, I'ay mieux aymé demeurer Fleur, Auec le vif éclat dont ie suis embellie, Afin de m'offrir Vierge à la chaste IVLIE. O perte fauorable! ô change précieux! Ie quitte vne gloire mortelle, Pour l'jmmortel honneur de parer cette belle, Et le destin des Roys pour le destin des Dieux.
De M. C... (?)
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LA FLEVR DE GRENADE.
Madrigal.
D'vn pinceau lumineux l'Astre de la lumiere Anime mes viues couleurs, Et regnant sur l'Olympe en sa vaste carriere, Il me fait regner sur les Fleurs; Ma pourpre est l'ornement de l'empire de Flore; Autres fois ie brillay sur la teste des Roys, Et le riuage More Fut suiet à mes loix; Mais, méprisant l'éclat dont ie suis embellie, Ie renonce au Flambeau des Cieux, Et viens, ô diuine IVLIE! Adorer tes beaux yeux, Pour viure par le feu d'vne plus noble vie, Ie viens par vne belle ardeur, A la honte du Ciel, acheuer ta grandeur; Il te deuoit vne Couronne, Et moy ie te la donne.
De M. DE BRIOTTE.
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LA FLEVR D'ADONIS[30].
Madrigal.
Si quelque soin vous tient de vous rendre jmmortelle, Et de voir vôtre nom par le monde semé, Rendez-vous à l'Amour, ne soyez plus rebelle; Si ie fleuris encor, c'est pour auoir aymé.
De M. DE MALLEVILLE.
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LA PERCE-NEIGE.
Madrigal.
Fille du bel Astre du jour, Ie nays de sa seule lumiere, Alors que sans chaleur, à son nouueau retour, Des mois il ouure la Carriere. Ie vis pure, et dans la froideur; Et mon teint, qui la NEIGE efface, Conserue son éclat dans l'extréme rigueur De l'hyver couronné de glace. Fleurs peintes d'vn riche dessein Que le chaud du Soleil fait naistre, Et qui, peu chastement, ouurez votre beau sein Au Pere qui vous donna l'estre; Vous qui sans pudeur aux Zéphirs Souffrez découurir vos richesses, Et vous laissant toucher à leurs foibles soupirs, Ployez sous leurs molles caresses; Osez-vous, peu modestes Fleurs, Prétendre Couronner cette beauté séuère? Et ne craignez-vous point les cruelles froideurs Dont elle sait punir vne ame temeraire? N'ayez plus cette vanité, Puis que seule ie dois obtenir l'auantage D'orner de son beau chef l'auguste maiesté, Lors que de tous les cœurs elle reçoit l'hommage, Au Throsne de la pureté.
De M. DE MONTMOR-HABERT.
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LA PERCE-NEIGE[31].
Madrigal.
Sovs vn voile d'argent la Terre enseuelie Me produit, malgré sa fraicheur; La NEIGE conserue ma vie, Et, me donnant son nom, me donne sa blancheur; Mais celle de ton sein, nompareille IVLIE, Me fait perdre aujourd'huy le prix Que ie ne cede pas au Lys.
De M. DE BRIOTTE.
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LE PAVOT.
Madrigal.
Accordez-moy le priuilége D'approcher de ce front de nége; Et si ie suis placé (comme il est à propos) Auprès de ces Soleils que le Soleil seconde, Ie leur donneray le repos Qu'ils dérobbent à tout le monde.
De M. DE SCUDERY.
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