‹ La messe là-basChapitre 5 sur 6 · L’OFFRANDE DU TEMPS

L’OFFRANDE DU TEMPS

Le militant, plein de déchirures et de boue, et qui certes n’est pas un saint,

Mais qui porte audacieusement la grande croix rouge sur le cœur comme Saint Georges, afin que chacun sache qu’il est dans les ambulances et chrétien,

N’a pas fait quatre pas de sa route qu’il n’entende de tous côtés

Le gémissement de ces Ames qui sont dans la captivité.

Que lui parle-t-on, comme s’il ne les connaissait pas, de l’Enfer et du Purgatoire?

Son pas chaque jour dès ce monde en emprunte le territoire

Et réveille sous la terre tout un peuple embouteillé

En des vases si étroits que la tête ne peut y passer!

Ils ne bougent aucunement, ils cuisent et crient avec désespoir!

Et certes, on voudrait les secourir, s’arrêter et leur donner à boire.

Mais bonnes âmes qui parlez d’altruisme, allez-y! voici notre frère humain,

Croyez-vous que ce soit une chose facile à faire que de lui faire du bien?

Je dis de lui arriver pour de bon à l’unique moment opportun.

Dieu seul qui ne nous a pas lâchés en série mais nous a faits tous un par un,

Dieu qui seul nous prend au sérieux, son œuvre, à Lui seul cela est possible.

Et quand l’homme nous est fermé, Lui toujours nous demeure accessible.

Il n’y a qu’à faire ce que nous pouvons et à prier,

Nommant ce grain avec foi dans la terre dont on ne sait ce qu’il va sortir ou fructifier.

Mais vous, prêtres, vous n’êtes pas à nous pour un seul moment.

Votre prière n’est pas comme la nôtre cette fumée qui se dissipe à tous les vents,

Vous n’êtes que prière vous-mêmes, vous êtes la jointure et le ciment,

Vous ne faites qu’un avec Dieu, vous ne faites qu’un avec nous aussi,

Vous commandez à Dieu, vous le faites et le tenez à votre merci,

Nous vous tenons, vous le tenez, et tout tient dans une seule Église,

Vous êtes l’Ordre par excellence en qui tout le corps s’organise.

Tout ne fait qu’une seule obsécration, tout ne fait qu’un seul malheur et tout ne fait qu’un seul sacrifice,

Quand vêtus d’or et de lin à l’autel vous vous retournez vers vos frères,

Prenant le peuple obscur avec vous et l’offrant entre vos bras ouverts!

Mais, prêtres, tous ces morts-vivants, ah s’ils savaient comment faire pour parler,

Sur qui vous avez juridiction et sur qui vous serez un jour interrogés,

Ils vous diraient: Ce n’est pas tant de nous qu’il faut tout d’abord vous occuper!

Ce n’est pas nous par nous-mêmes tels quels qui sommes intéressants.

Premier est Dieu Notre Père à qui nous faisons détriment.

A quoi bon tant de mains jusqu’à nous et de machines profanes et compliquées?

Ce n’est pas de ne pas mourir pour nous qu’il s’agit, c’est de ressusciter!

Ce n’est pas tant la terre au hasard la gratter qu’il faut pour en retirer des morts,

C’est Dieu courageusement qu’il s’agit d’entreprendre Corps à Corps.

Il s’agit de tenir bon, là où nous nous sommes achoppés,

Là où votre frère n’est pas, il s’agit de le remplacer,

La prière qu’il ne fait pas, c’est en elle que vous êtes constitués,

Il n’y a pas d’autre moyen d’obtenir que de demander,

Il n’y a pas d’autre prière à Dieu que l’exécution de Sa Volonté.

C’est pourquoi l’Artisan de tous les êtres qui les a faits avec tant d’esprit,

Et qui a tellement rédigé la Charte des Abeilles et des Fourmis,

Une Constitution si maligne et compensation si ingénieuse d’intérêts

Que la petite Cité pour toujours ne puisse pas périr quand elle le voudrait,

La bénédiction qu’il donne à tous les êtres qui vivent ensemble,

Cette invention de l’équilibre à chaque instant, et cette enceinte stricte et ample,

Nulle part, mais qui de tous les bourgeois en corps fait une seule personne sensible,

Outre la Foi écrite et Pierre distinctement intelligible,

Dieu a voulu que Sa ruche aussi en fût jusque dans chaque cellule pénétrée,

Je dis de ce sens, au regard du Prochain et de Lui qui porte le même nom de Charité.

Il y a quelqu’un qui a plus d’esprit que chacun de nous, c’est l’Église.

Quelqu’un qui a plus de vertu qu’un homme seul qui fait ce qu’il peut faire à sa guise,

Et c’est l’Église tout entière, ô prêtres, qui est à votre service comme un engin

Et comme une puissante armée que son chef pèse et et balance dans sa main,

Toute l’Église une seule chose avec vous par l’Ordre et par la sainte hiérarchie,

Une seule chose avec vous et par vous qui s’ébranle et qui vous obéit!

Un homme tout seul qui prie, quand il serait un saint, qu’est-ce qu’il offre pour ce qu’il demande à Dieu?

Mais nous savons que pour l’obtenir il nous suffit d’être deux.

Il n’est pas deux hommes en Son nom sans que Lui-même soit au milieu.

L’Office qu’un prêtre dit, c’est le devoir de toute la nature.

De l’hommage qu’elle doit il acquitte la Créature.

Il ne prie pas seulement, il ne demande pas seulement, il satisfait.

Il ne Vous demande pas seulement l’ordre, mais il le fait.

Il ne prie pas seulement «Advienne Ton Règne!» il y est.

Le Temps qui passe par lui participe à Votre Éternité.

Chaque Heure de ce Temps qu’il célèbre et qu’il sacrifie avec solennité,

(Et ce qui parle par vos bouches, ô prêtres, et qui demande ce que vous ne savez pas,

Ce n’est pas vous, c’est le Saint Esprit en vous qui supplie et qui dit: Abba!)

Témoigne par son ornement qui varie tout à l’entour de Sa gloire

L’inclinaison de l’Éternel soleil qui éclaire notre séjour transitoire.

Voici la prière complète, le jour plein et la Louange Pérennelle!

L’Acte par excellence vers Dieu et Jésus entre ses ministres vers le Ciel!

Non plus un homme qui prie, mais l’Église en sa personne officielle.

Heureux qui du Pauvre et de l’Indigent a reçu l’intelligence!

Et de Celui-là, le plus délaissé entre tous, qui a sa résidence,

Si loin de nous et si près, selon que l’Évangile nous le décrit,

«Éloigné d’un jet de pierre» dans la Peur et le silence de Gethsémani!

Il veille, et nous, ne pouvons-nous veiller et soutenir une heure avec Lui?

Une heure de cet Office fraternel en la continuation des Apôtres

Qu’au regard aussi de Dieu nous devons nous prêter l’un à l’autre.

Chacun prend les devants tour à tour; l’un parle, l’autre répond:

L’un offre, l’autre est offert; l’un chante et l’autre donne le ton;

L’un propose, l’autre l’assiste, et chacun est tour à tour enseigné;

Quand l’un cesse, l’autre aussitôt va le reprendre et le rechercher.

Le Verbe devient parole et l’homme lui est attentif.

Tout dans le ciel et sur la terre est conclu dans le devoir alternatif.

Tout est devenu religion, tout est ensemble solidaire.

Tout est gloire à Dieu dans le Ciel et paix entre les hommes sur la terre.

Il n’y a plus de temps, mais Dieu seul, et le soleil est arrêté,

Comme par ce Jésus jadis que nous appelons Josué.

Hambourg, 1914

TABLE DES MATIÈRES

LA MESSE LA-BAS

INTROÏT PAGE 7 KYRIE ELEISON PAGE 15 GLORIA PAGE 17 LECTURES PAGE 21 CREDO PAGE 23 OFFERTOIRE PAGE 27 PRÉFACE PAGE 35 CONSÉCRATION PAGE 37 PATER NOSTER PAGE 45 COMMUNION PAGE 49 ITE MISSA EST PAGE 54 LE PAIN BÉNIT PAGE 57 IN PRINCIPIO ERAT VERBUM PAGE 59

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