L'HONNEUR, ET MARGUERITE. - L'HONNEUR.
Qui me reconnaîtrait en d'insensés tournois Où l'on m'a travesti sous un pesant harnois? Les dehors belliqueux dont cet âge me pare N'étalent en mon nom qu'un appareil barbare; Et vous riez de voir tant de palmes coëffer Un Rodomont sans cœur s'il n'est bardé de fer, Et si toujours ses mains, dans l'escrime exercées, N'ont pas contre la mort rassuré ses pensées.
MARGUERITE.
Noble Honneur, il est vrai; ce siècle fanfaron Affermit sous l'acier plus d'un homme poltron: Ton maintien est singé par la chevalerie, Comme le tendre amour par la galanterie. Mais nous aimons mieux voir nos polis écuyers Triompher en ces jeux sur de prompts destriers, Que d'affliger notre œil aux combats téméraires Où s'égorgent les preux et leurs auxiliaires, Et qui placent un brave, appelé par ta voix, Entre l'affront du blâme et le mépris des lois.