‹ La Panhypocrisiade, ou le spectacle infernal du seizième siècleChapitre 68 sur 80 · L'ÉPOUX.

L'ÉPOUX.

Comment? vous semble-t-il si glorieux, madame, D'être élevée au rang d'une maîtresse infâme?.... Mais ô ciel! j'interprète avec trop de rigueur Un mot dit au hasard et démenti du cœur. Je sais qu'à tes appas la pudeur est unie: Mais je crains que la ruse ou que la tyrannie N'altère de nos jours l'aimable pureté. Je crains mon propre cœur par ses feux emporté, Qui, jaloux de toi seule, oserait te défendre Contre tout ce qu'un roi pourrait même entreprendre, Et qui, s'il m'outrageait, saurait lui rappeler Qu'il doit suivre les lois, et non les violer, Et laisser aux Tarquins, aux Nérons impudiques, Le crime de souiller les vertus domestiques.

LA FERRONNIÈRE.

En quel transport vous jette un chimérique effroi? Déja comme un tyran vous traitez votre roi. Sur quel pressentiment fondez-vous tant d'alarmes? Sur ce qu'en une fête il me vit quelques charmes, Qu'il daigna m'aborder, me présenter des fleurs, Simple bouquet lié d'un nœud de ses couleurs, Et sur quelques récits qu'en rivales coquettes Ont semés de la cour les femmes inquiètes, Depuis que tour-à-tour les grands ont cru devoir Flatter leur souverain en accourant me voir.