‹ La petite femme de la merChapitre 3 sur 11 · II

II

LA CHANSON DE L’ENFANT MORT

Un gentil oiseau a fait son nid--dans la mousse du toit.--Mon petit enfant n’avait pas trois ans;--un oiseau sous son aile emporta son âme,--comme descendait sur les plaines l’hiver.

L’oiseau n’est plus revenu,--je suis restée veuve de ma vie.--Ensuite les pommiers ont fleuri,--les fleurs du verger étaient roses comme ses petits pieds quand il marchait devant le seuil.

J’ai porté les fleurs à ma bouche,--j’ai cru baiser la chair froide--de celui que je n’ai pu réchauffer.--Et maintenant toujours son ombre--va devant moi au soleil.

Va-t’en, horrible oiseau! va là-bas--où est partie la petite âme de l’enfant!--Il n’y a plus de place pour un nid dans la maison.

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