‹ La petite Jeanne Le devoirChapitre 104 sur 138 · Chapitre 105 La petite Nannette comprend la chagrin de sa mère et le partage

Chapitre 105 La petite Nannette comprend la chagrin de sa mère et le partage

Nannette, qui avait bien compris le chagrin de sa mère, essayait quelquefois de la consoler.
« Ma pauvre fille, il n’y a pas de consolation pour une peine comme celle-là. Si ton frère ne vaut rien quand il sera grand, ce sera le chagrin de toute ma vie. Mon enfant, il faut cacher avec soin sa mauvaise humeur et sa dureté. Vois-tu, il n’y a pas de plus grande richesse que la bonne réputation, et elle commence en même temps que nous. Si le monde savait combien Paul est mauvais, l’enfant aurait beau se corriger par la suite, on n’en dirait pas moins qu’il ne vaut pas grand-chose : n’en parle donc à personne, pas même à nos meilleurs amis ni à M. le curé.

— Oui, ma mère, soyez tranquille ; d’ailleurs, puisque Dieu nous l’a donné comme ça, il faut l’aimer pour tout le monde ; car, au fond, il est bien malheureux. »

À force de douceur et de patience, Nannette vint à bout d’apprendre à Paul sa prière ; elle le faisait compter aussi deux fois par jour, et, tantôt bon gré, tantôt mal gré, il apprit tout ce qu’un petit enfant de son âge pouvait apprendre ; comme il avait assez d’intelligence et qu’il n’était mauvais qu’à la maison, on l’aimait bien ailleurs. Il s’attacha à sa sœur plus qu’on ne l’eût cru capable de le faire.

Nannette avait un caractère si heureux que tout le monde l’aimait comme on avait aimé sa mère à son âge. Elle guérit enfin, parce qu’elle fut bien docile et ne manqua jamais de faire ce que le médecin et M. le curé, qui venait la voir tous les jours, lui avaient ordonné.

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