Chapitre 28 La mère Nannette trouve que Jeanne dépense trop
La mère Nannette la laissait faire ; pourtant elle lui disait quelquefois :
« Tu me gâtes, petite Jeanne ; tu dépenses trop d’argent, ma fille : cela n’est pas raisonnable.
— Hé bien donc, répondait Jeanne, n’avez-vous pas assez travaillé quand vous étiez jeune, et n’est-il pas juste que vous jouissiez à présent de quelques douceurs ?
— Mais écoute donc, petite, si tu dépenses tout, tu te feras tort ; car c’est toi qui hériteras de ce que je laisserai, entends-tu !
— C’est bon, c’est bon, ma chère mère ; ne vous inquiétez pas de cela ! laissez-moi faire ; j’en aurai toujours bien assez. N’ai-je pas de bons bras pour travailler ? Et d’ailleurs, ne faut-il pas que vous engraissiez un peu pour aller faire la veillée cet hiver avec les voisines ?
— Eh bien, ma fille, j’entends que tu manges de toutes les bonnes fricassées que tu me fais.
— Merci, mère Nannette ; ne serait-il pas honteux qu’il fallût des fricassées à une grande fille comme moi ! »
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