‹ La petite Jeanne Le devoirChapitre 3 sur 138 · Chapitre 3 La mère Nannette donne asile à Catherine

Chapitre 3 La mère Nannette donne asile à Catherine

« Comment vous appelez-vous donc ? demanda la mère Nannette.

— On m’appelle Catherine Leblanc.

— Eh bien ! Catherine, j’ai là un vieux lit, une paillasse et une couverture ; si vous voulez rester ici, je vous logerai de bien bon cœur et je vous soignerai de mon mieux, ainsi que votre petite ; j’aime beaucoup les enfants ; j’en ai eu quatre, que le bon Dieu m’a retirés, et je suis bien seule au monde.

— Grand merci ! ma brave femme ; vous me rendrez là un service qui nous sauvera la vie à moi et à mon enfant. J’ai encore mon lit, avec un coffre et une petite chaise. Maître Guillaume, le cousin de feu mon pauvre homme, me les garde dans sa grange ; il me les apportera bien dimanche. Si vous me logez avec mon chétif mobilier, je vous donnerai les sous que je ramasserai en allant aux portes.

— Je ne vous demande rien, Catherine ; j’aime déjà votre petite Jeanne et j’en aurai bien soin. Dieu veut que nous fassions aux autres ce que nous voudrions que les autres fissent pour nous ; et si j’étais dans votre position, je serais bien heureuse de trouver quelqu’un qui voulût me recevoir dans sa maison. »

Catherine était bien contente, et sa petite fille lui sauta au cou.

« Maman ! il ne faut plus pleurer », lui dit-elle.

Puis, se tournant du côté de la mère Nannette, elle dit en baissant la tête :

« Je voudrais bien vous embrasser aussi. »

La mère Nannette la prit sur ses genoux et l’embrassa de bon cœur.

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