‹ La santé des enfantsChapitre 3 sur 45 · Chapitre 2 Du refroidissement

Chapitre 2 Du refroidissement

Il faut, pour éviter les refroidissements, couvrir l’enfant, mais non l’étouffer sous une multitude de vêtements ; ne pas assez couvrir est mauvais ; couvrir trop est détestable.
Si l’enfant est en robe (à l’anglaise) dès sa naissance, mettez-lui en été sa chemise, une robe de flanelle, une robe de percale ; en dessous une couche de fil, des bas de laine et des chaussons.

En hiver, ajoutez sur la robe de flanelle une robe de futaine ou finette, un fichu de mousseline autour du cou, et une couche de flanelle sur la couche de fil.

Si l’enfant est à la française (en langes), mettez sur la chemise une brassière de flanelle, une autre de futaine ou en percaline doublée, un fichu de mousseline autour du cou.

Enveloppez-le d’une couche, d’un lange de molleton de laine, d’un autre molleton de coton.

Ne serrez pas l’enfant.

Laissez-lui les jambes libres.

Relevez le bout du lange sans gêner le mouvement des jambes.

Évitez les épingles ; mettez des cordons aux langes comme aux brassières.

Mettez sur la tête un béguin en toile ou batiste, un bonnet de percale ou jaconas par-dessus.

L’été, ne laissez qu’un seul bonnet sans béguin.

Trop couvrir la tête est mauvais ; il est très-important de couvrir les membres inférieurs, surtout les pieds et les jambes.

Chez l’enfant, toute la vie se porte vers la tête.

S’il a des humeurs, c’est à la tête qu’elles se portent ; s’il a la fièvre, c’est la tête qui se prend. Dégagez donc toujours la tête et attirez toujours vers les pieds.

Ne tenez pas l’enfant dans une chambre trop chaude ; la chaleur de l’appartement le rend susceptible de refroidissement.

Ayez soin de renouveler l’air de la chambre de l’enfant, au moins deux fois par jour. S’il fait froid, s’il gèle, ouvrez cinq minutes seulement pendant que l’enfant est absent, mais ouvrez tous les jours, matin et soir.

Quand vous promenez l’enfant en hiver, enveloppez-le bien d’un manteau ouaté, couvrez la tête d’un capuchon, préservez le cou et la nuque du froid et du vent.

Sortez l’enfant toutes les fois qu’il fait beau.

Ne le sortez pas quand il fait du brouillard ou un vent froid.

Le brouillard dispose au croup, aux irritations d’entrailles ; le vent froid, aux rhumes, aux maux de gorge.

Défendez à la nourrice de changer l’enfant à l’air en hiver ; le froid qui tombe sur le ventre et les jambes est mauvais. Il vaut mieux que l’enfant reste mouillé pendant une heure que risquer le refroidissement.

Laissez l’enfant circuler dans l’appartement, dans la maison, en l’enveloppant d’un châle ou d’un manteau ; il s’habitue ainsi à changer de température et il devient moins sujet à prendre froid, à s’enrhumer.

Ne permettez pas, je le répète, que la chambre de l’enfant soit trop chauffée.

Dans les premiers mois de la naissance, faites-y entretenir un feu couvert toute la nuit, qui conserve dans la chambre à peu près la même température le jour comme la nuit.

Faites chauffer les couches de l’enfant quand vous le changez.

Qu’il perde cette habitude en prenant des forces ; à trois ou quatre mois il n’est plus nécessaire de chauffer le linge.

En résumé, tenez l’enfant dans une chaleur modérée.

Évitez les grandes transitions de chaud et de froid.

Couvrez-le assez pour qu’il n’ait pas froid.

Habituez-le graduellement à l’air extérieur.

Ne couvrez pas trop la tête.

Couvrez bien les membres extérieurs et le cou.

q

Page 1