‹ La santé des enfantsChapitre 9 sur 45 · Chapitre 8 Croup - Moyens préservatifs - Moyens curatifs

Chapitre 8 Croup - Moyens préservatifs - Moyens curatifs

Le croup véritable est fort rare, tandis que sa première phase ou le faux-croup est malheureusement très-fréquent ; je vais indiquer les moyens de reconnaître et combattre le faux-croup.
Il se manifeste par une toux enrouée qui ressemble au chant d’un jeune coq ou à l’aboiement d’un chien enroué, et par une gêne visible dans la respiration.

Des observations faites pendant quinze ans par un médecin plein de talent et de tact médical, le docteur Mazier, de L’Aigle, constatent :

Que le croup ne se déclare jamais que la nuit ;

Que le croup provient d’un courant d’air qui vient frapper la figure et le cou de l’enfant pendant son sommeil.

Des centaines d’expériences ont confirmé cette observation.

Placez le lit de votre enfant de manière que les portes, en s’ouvrant et en se fermant, ne fassent pas soufflet sur lui quand il dort, que les fenêtres soient assez éloignées pour qu’il ne sente pas l’air qui en vient ; placez-le enfin hors de tout filet d’air, et il n’aura jamais le croup. Évitez de mettre le lit de l’enfant contre le mur, car les courants d’air suivent toujours les murs.

Si malgré ces précautions, l’enfant se réveillait avec une toux croupale, commencez par changer le lit de place ; une crevasse dans le mur, une fente suffisent pour donner le croup.

Ensuite, mettez à la plante des pieds des cataplasmes de farine de lin, saupoudrés d’une bonne pincée de camphre en poudre.

(J’indiquerai plus loin la manière de faire les cataplasmes et de réduire le camphre en poudre.)

Si la toux croupale disparaît et fait place à une toux ordinaire, ne faites plus rien que tenir les pieds chauds au moyen d’une bouteille d’eau bouillante et faites boire chaud soit de l’eau sucrée, soit de l’eau gommée.

Si au bout d’un quart d’heure la toux persiste ainsi que l’enrouement et surtout la suffocation, délayez un grain d’émétique dans un verre d’eau sucrée tiède, et faites-en prendre à l’enfant deux cuillères à café toutes les cinq minutes jusqu’à ce qu’il vomisse.

Quand il aura vomi deux ou trois fois, si la respiration devient plus facile, la voix plus claire, la toux plus naturelle comme une simple toux de rhume, laissez l’enfant dormir ; mettez-lui seulement une bouteille d’eau chaude aux pieds, et enveloppez-les de laine ou de ouate après avoir retiré les cataplasmes.

Le lendemain, donnez une nourriture très-légère et tenez l’enfant chaudement, mais sans excès, et hors des courants d’air.

Dans les croups les plus violents, l’enfant a grande chance d’être sauvé quand il a vomi.

Pour empêcher une rechute, changez l’enfant de chambre, ou tout au moins changez son lit de place.

Quand une toux croupale prend un enfant de jour, soyez sûr qu’il a avalé quelque chose qui s’est logé dans la cavité du larynx ; j’en ai été témoin plus d’une fois.

Dans ce cas, il faut faire vomir l’enfant avec l’eau émétisée prise d’après l’indication ci-dessus, et si cela ne suffit pas pour amener des vomissements, alternez avec du sirop d’ipécacuanha pris par demi-cuillerée de quart d’heure en quart d’heure ; quand l’enfant vomit, penchez-le vivement en avant pour que le corps étranger sorte plus facilement.

Continuez à faire vomir jusqu’à ce que la toux prenne le caractère d’une toux ordinaire, et que la respiration soit facile.

Attendez-vous à une toux prolongée de quelques jours, à cause de l’irritation causée par le séjour d’un corps étranger dans la cavité du larynx.

Soignez alors l’enfant comme pour un rhume ordinaire.

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