Sa vie
1871 (18 février) – Naissance à Beauharnois. Famille de cultivateurs. Laberge a beaucoup de frères et sœurs. Dans ses œuvres, il a décrit âprement le mode de vie campagnard. Il a sans doute ainsi voulu un peu renier ses origines.
1887-1892 – Études au collège de Beauharnois, puis à Montréal au collège Sainte-Marie, chez des Jésuites. On l’y chasse en 1892 parce qu’il a lu un livre défendu.
1892-1896 – Emploi de commis à Montréal. En même temps il suit, le soir, des cours de droit.
1895 – En avril, il publie quelques récits dans le Samedi. Il fréquente certains membres de L’École littéraire de Montréal (Gill, Nelligan, Jean Charbonneau, Louvigny de Montigny…) Il participera d’ailleurs à la première réunion de cette école, en novembre 1895 ; mais il ne se liera pas au groupe, le quittant très vite, pour n’en revenir qu’en 1909. Il se lie d’amitié avec des écrivains et des artistes de l’époque.
1896 – Il devient chroniqueur sportif à La Presse, poste qu’il occupera jusqu’en 1932. En 1907, il cumule la fonction de critique d’art dans ce même journal.
1903 – Quelques passages de son roman La Scouinecommencent à paraître dans divers périodiques.
1910 – Il marie Églantine Aubé. Le couple aura un seul enfant, Pierre, qui sera aussi écrivain.
1918 – Il publie à compte d’auteur son unique roman, La Scouine, auquel il avait mis plus de quinze ans à le rédiger. Quelques épisodes du livre avait d’abord paru dans des revues. L’ouvrage est tiré à 75 exemplaires. La critique est très froide. Mgr Bruchesi condamna ce roman (avant même sa publication !) comme une « ignoble pornographie » et mit en demeure le journal La Presse de licencier Laberge. Cependant, Olivar Asselin en présente une critique sympathique.
1932 – Laberge prend sa retraite et partage son temps entre Montréal et Beauharnois. Commence alors sa véritable carrière littéraire. De 1936 à 1955, il publie treize livres, tous à compte d’auteur, et dans des tirages de moins de cent exemplaires. Il ne vend pas ses livres, mais consent parfois à les donner à ses amis.
1960 (4 avril) – Il meurt d’une pneumonie à Montréal, à l’âge de 89 ans. Il avait exigé d’être incinéré sans aucun appareil religieux.
1962 – Paraît en librairie une Anthologie d’Albert Laberge préparée par Gérard Bessette, qui fait en quelque sorte découvrir cet écrivain méconnu.
q
A mon cher frère Alfred qui, près des grands peupliers verts, pointus comme des clochers d’église, laboure et ensemence de ses mains le champ paternel, je dédie ces pages…
Albert Laberge
q