‹ La vaine foiChapitre 21 sur 27 · Chapitre 20 15 août.

Chapitre 20 15 août.

Je suis à Montréal pour la profession religieuse de Marie (Odile) Rémur. Ce matin à mon arrivée, en attendant la voiture, la pensée m’est venue d’aller entendre la messe à Bon-Secours.
Je trouvai l’église remplie. Les Séminaristes de Saint-Sulpice étaient là en pèlerinage. Le chant puissant et beau me retint. Debout près de la porte, je regardais ces jeunes gens tout à la prière, et un respect très doux me pénétrait. Je me disais : Ils ont entendu l’appel d’en Haut, ils seront prêtres ; ils auront la mission d’apprendre aux pauvres humains à se surmonter, à aimer l’Invisible Beauté.

Mission auguste, mais si souvent ingrate, si souvent stérile. En nous il y a tant d’oppositions à notre propre bien. Nous naissons si contraires à l’amour de Dieu.

Et pourtant si nous étions moins aveugles, moins déchus, si nous nous aimions nous-mêmes, en quelle horreur, en quelle exécration, nous aurions tout ce qui nous éloigne de Dieu.

Je me disais cela et comme j’allais sortir, en regardant toutes ces têtes, noires, brunes, blondes où la tonsure était encore fraîche, où il n’y avait peut-être pas un cheveu blanc, la pensée me vint : Il est peut-être là celui qui viendra m’apporter la force de mourir, celui qui bénira ma fosse.

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