‹ L’Abbé de plâtreChapitre 15 sur 18 · Scène XV.

Scène XV.

M. DE LEURMONT, M. DE St. IVAL, M. DE St. IVAL pere, LE COMISSAIRE, LAURENT, M. L’ÉCHALAS, DES ARCHERS.

M. L’ÉCHALAS, ivre.

Monsieur le Commissaire ?

LE COMMISSAIRE.

Qu’est-ce qu’il y a ?

LABRIE, à Monsieur l’Échalas.

Taisez-vous donc.

M. L’ÉCHALAS.

Je vous dis que je suis au fait.

LE COMMISSAIRE.

Laissez-le parler.

M. L’ÉCHALAS.

Monsieur le Commissaire, vous cherchez un Abbé qui est mort ?

LE COMMISSAIRE.

Oui, mon ami.

M. L’ÉCHALAS.

Eh bien, Monsieur le Commissaire, je l’ai trouvé ici tantôt, moi.

LE COMMISSAIRE.

Vous ?

M. L’ÉCHALAS.

Oui, moi.

LE COMMISSAIRE.

Où cela ?

M. L’ÉCHALAS.

Il étoit là… Quelque part.

LE COMMISSAIRE.

Vous verrez qu’on l’a fait enlever.

M. L’ÉCHALAS.

Eh tenez, parbleu, le voilà.

LE COMMISSAIRE.

Qu’est-ce que vous dites-donc ?

M. L’ÉCHALAS.

Oui, Monsieur le Commissaire. Quand je dis que c’est lui… c’est-à-dire que c’est son esprit.

LE COMMISSAIRE.

Son esprit ?

M. L’ÉCHALAS.

Oui, l’esprit de l’Abbé que vous cherchez. Oh ! rien n’est plus vrai, & je ne vous conseille pas de vous en trop approcher ; car il pourroit bien…

LE COMMISSAIRE.

Quoi donc ?

M. L’ÉCHALAS.

Il pourroit bien… Vous rosser comme tous les diables, comme il m’a fait tantôt. Demandez-lui, & s’il ne m’a pas assuré qu’il me tordroit le cou, si je ne m’en allois pas bien vîte ; aussi je n’ai pas demandé mon reste.

LE COMMISSAIRE.

Expliquez-nous ce que cela signifie, Monsieur l’Abbé ; répondez, je vous prie.

M. DE St. IVAL.

Monsieur, cela est fort aisé ; je ne suis point Abbé, & je sais ce qui a causé l’erreur de celui qui vous a conduit ici.

LE COMMISSAIRE.

Comment l’erreur ?

M. DE St. IVAL.

Oui, Monsieur, j’ai voulu faire une plaisanterie à Monsieur de Leurmont, & pour cela, j’ai enterré, cette nuit, un Abbé de Plâtre qui étoit dans ce jardin, afin de pouvoir me mettre aujourd’hui à sa place. Voilà ce que le paysan qui vous a amené a vu. Si vous voulez faire fouiller…

LE COMMISSAIRE.

Eh ! si ce n’est que cela, nous l’avons déjà trouvé. Voilà une plaisanterie dont nous nous serions bien passez. Messieurs, je vous souhaite bien le bonjour. Allons, allons-nous-en.

M. DE LEURMONT.

Mais n’avez-vous pas cassé mon Abbé en fouillant ?

LE COMMISSAIRE.

Monsieur, je n’en sais rien.

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